Je suce, reviens !
110 pages
Français

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Description

Dans la crypte d'une chapelle de Cordoue, une Confrérie endiablée se livre à des cérémonies orgiaques pour absoudre des putains de passage. Et son Grand Prêtre utilise souvent un sentier étroit pour faire entrer ses ouailles dans le droit chemin.

Morgane se voit bientôt forcée de confesser ses péchés pour sauver son amant des griffes de cette Inquisition lubrique. À plusieurs et les bras en croix, la pénitence ne fait que commencer...

Morgane revient parmi les siens !



Godefroy de La Mettrie réinvente le roman de gare à l’heure du numérique. Des récits coquins et débridés qui se
savourent
comme un bonbon acidulé.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 mars 2015
Nombre de lectures 1 095
EAN13 9782919071494
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

:::::::::
Je suce, reviens !

Godefroy de La Mettrie
:::::::::



© Les érotiques, 2015
Chapitre III

Sans mal, je rattrape le petit groupe qui se coule discrètement entre les haies épaisses du jardin à l'ancienne pour contourner le bassin où le jet d'eau ne fait que cracher de rares giclées, irrégulièrement. Les quatre hommes disparaissent dans le mur de verdure.
Je me précipite. Les petites pierres tranchantes du sol me martyrisent les pieds. Prenant mon rôle au sérieux, j'oublie la douleur et ne pense qu'à rejoindre la mystérieuse expédition. Où Pablo de Consueno se trouve, il y a certainement quelque chose de louche qui se trame. Tu verras bien, Morgane-Hari, future héroïne de série noire !
Une branche basse me gifle le front. Je ralentis ma course. Le groupe est là, à quelques pas, trop près. Je risque d'être découverte si je montre tant d'audace. Dans l'obscurité inquiétante de la riche verdure, je demeure immobile un instant, guettant comme un animal menaçant une proie. Fallait-il que je m'ennuie vraiment pour entrer dans ce jeu puéril, presque ridicule, qui consiste à imaginer du mystère là où il n'y a sans doute qu'une très banale réunion d'adultes habitués à vivre la nuit ! Ma petite Morgane, te voilà retournée en enfance. Tu devrais avoir honte. Eh bien, non ! Je n'ai pas honte. Au contraire, je trouve ma curiosité tout à fait enrichissante, distrayante.
Les ombres s'éloignent vers l'extrémité du parc et je devine enfin leur destination.
La chapelle !

Église en miniature que la famille de Marchena a fait édifier à quelques mètres de la demeure, comme toutes les riches familles d'Espagne l'ont fait dans leurs propriétés à une époque où la religion dominait toute la vie sociale du pays. Il fallait avoir Dieu à portée de l'esprit.
Iraient-ils prier ? Bien qu'attachés à la tradition ancestrale, ils ne sont tout de même pas du genre à courir l' Ave Maria en pleine nuit, surtout après les délices charnels qu'ils ont dû s'offrir dans la soirée.
Je me hâte.

La chapelle n'est pas grande. C'est un véritable bijou richement décoré, une vitrine de luxe plus qu'un refuge chrétien. Ici, on ne parle pas, on murmure, on médite, on prie si l'on peut. Il faut faire acte de présence, c'est tout.
Les quatre hommes s'inclinent devant un Christ crucifié qui, depuis des dizaines d'années, regarde tristement l'hypocrisie humaine s'étaler sans pudeur à ses pieds. Pablo de Consueno ouvre la grille dorée de l'escalier qui mène à la crypte. Il passe le dernier et tire la grille derrière lui, sans la refermer.
J'attends quelques secondes avant de me faufiler entre les bancs en bois parfaitement vernis. Clin d'œil au Christ, sans irrespect : on se comprend tous les deux ! Je trottine jusqu'à la grille que je pousse en prenant bien garde de ne pas la faire grincer et je me glisse dans l'escalier en colimaçon.
Dix-sept marches.
Cimetière souterrain. Cercueils rangés dans des alvéoles creusées dans la paroi, fermées par des plaques de marbre scellées. Quatre tombeaux occupent le centre de la salle mortuaire. Là sont enterrés les premiers représentants de la lignée de Marchena. Deux lampes dispensent une lumière faible qui forme des ombres molles.
Fascinée par le spectacle à la fois merveilleux et effrayant, j'ai oublié le groupe mystérieux. Les quatre complices ont disparu. Je me précipite vers le fond de la salle et trouve l'unique issue : un autre escalier en colimaçon, dix-sept autres marches au bout desquelles s'étend une deuxième salle funéraire, plus petite.
Pablo et ses amis sont là, à quelques mètres de moi seulement. Lie confesseur allume une torche, pousse une porte et précède les autres.
Je reste sur leurs talons, à présent. L'obscurité est presque totale. Je n'ai rien d'une superwoman de bandes dessinées et je commence à me demander si j'ai bien fait de...

Les quatre hommes enfilent une cagoule rouge. Nino de Marchena actionne un anneau plaqué au mur, avec difficulté. Un déclic : la paroi coulisse lentement. Un autre couloir, plus long, légèrement coudé, éclairé par des torches maintenues dans de petits anneaux fixés au mur gauche. Trois marches vers le bas. Une salle.
Loin derrière, la paroi vient de se refermer.
La salle est grandiose, éclatante de lumière, peuplée par une trentaine de cagoulards silencieux. Des colonnes en pierre soutiennent un plafond élevé. Au fond, majestueux, un trône en bois peint entouré de sièges bas.
Elle existe donc cette Confrérie de Flagellan dont parlait prudemment un journaliste dans la presse locale ! Sorte de mafia espagnole, groupement punitif secret voué à un certain respect du Code enseigné par la tradition, fanatisme rescapé d'un passé refusant de mourir en face d'un vingtième siècle exubérant. Pablo de Consueno en est certainement le Grand Prêtre. Il a bien le physique de l'emploi. À son passage, tous le saluent respectueusement. Malgré sa cagoule, la démarche balancée et le côté démoniaque de sa silhouette le trahissent.
Je reste cachée.

Le rituel commence. Étrange cérémonie bavarde qui s'organise peu à peu en procession au centre de l'immense salle où les sons résonnent. Chants. Silence. Deux hommes sortent du rang, s'agenouillent au milieu du cercle, s'accusent de mille manquements au règlement, supplient qu'on les châtie. Solennel, Pablo de Consueno se charge de les fouetter. Ce n'est pas du cinéma. La procession repart. On ignore ce qui vient de se passer. D'autres chants. Le calme, à nouveau. Cinq minutes. Dix minutes. Plus.
J'ai froid.

Le cortège se disperse. On s'assoit. Seul le Grand Prêtre reste debout pour s'engager dans un sermon récitatif, énumération des règles du Code de la Confrérie. Il se tait. On installe une sorte de table basse au milieu du groupe, long plateau en bois épais ciré. Deux cagoulards poussent brutalement un homme aux yeux bandés, fatigué, nu. Gus Johnson ! L'amant malheureux de Juana. Le pauvre type. Il a déjà dû en voir de toutes les couleurs ! On le bouscule jusqu'au plateau où il est attaché, membres en croix.
Je tremble presque. L'impression d'être observée. Je me retourne. Rien. Une peur stupide.
Petite cérémonie officielle ressemblant à un jugement dont le verdict est prévu. Le condamné n'a pas voix au chapitre. Tout n'est qu'une mascarade, des simagrées. Pensent-ils détenir le droit de juger, ces guignols décrépits ? À les voir, on croirait qu'ils sont l'autorité divine.
Le Grand Prêtre frappe dans ses mains. D'un réduit attenant à la salle, on fait venir deux femmes, nues, l'une corpulente et usée, l'autre dessinée comme une Venus. Elles se prosternent devant le Maître et l'embrassent au niveau du sexe. Puis, automates bien programmées, elles s'approchent du supplicié, un sourire niais aux lèvres.
La matrone fait le tour du plateau et s'arrête à l'extrémité où sont attachées les jambes de Gus. Elle se courbe, pose un genou sur le bois épais, entre les pieds de l'Américain, considère la masse génitale, la tâte, fait la moue, déçue de la trouver si molle.
La Venus s'assied près du mâle allongé, les fesses calées au creux des reins à peine musclées. Plus romantique que sa collègue, elle pose une main sur le ventre du prisonnier et balade ses doigts en une caresse lente qui progresse bientôt jusqu'à la racine du pénis recourbé.
Jalouse, la grosse putain se penche pour entreprendre le sexe du bout d'une langue râpeuse, écœurante.
L'autre fille de joie plante une main nerveuse dans la chevelure en désordre et tire violemment pour envoyer la bonne femme rouler à terre et se garder le bel homme pour elle seule, un moment au moins.
Étalée sur le ventre, les cuisses bien séparées, la croupe abondante offerte au regard du premier venu, la grasse montre la sculpture brune de son vagin entrouvert, large fente velue aux replis détendus. Difficilement, elle se relève, furieuse, mais résignée : elle ne sera pas la première à faire jouir l'Américain.
Vénus caresse doucement les testicules, patiemment, observant les cagoules anonymes avec un sourire commercial ou moqueur, suivant les cas, comme si elle reconnaissait le regard de certains clients. Ses doigts manœuvrent le sexe presque automatiquement, avec une indifférence teintée de tendresse parfois. Elle oublie les curieux. Sa main se ferme sur le pénis qui se redresse un peu. Elle tire le prépuce pour dégager le gland et masturbe en un geste saccadé. La pression des phalanges est plus forte lorsque la main atteint le gland. La masse génitale s'érige, s'enfle, devient virile.
Véritable nymphomane à l'affût, la grosse se lèche les babines, songeant déjà à ce qu'elle fera du mâle lorsque ce sera son tour de le presser. Elle contourne la table et va dérober un baiser à l'Américain qui ne comprend pas vraiment ce qui lui arrive. La langue épaisse s'enfile brutalement dans la bouche, fouille, balaie la cavité buccale. L'infâme amoureuse dandine le croupion, jouissant presque.
J'ai honte. Un frisson me parcourt, un frisson désagréable. Ces hommes qui jouaient les juges divins tout à l'heure se réjouissent du spectacle, prennent un plaisir pervers à voir ces deux putains forniquer avec Gus.
La beauté accélère le mouvement de ses doigts sur le phallus puissant, faisant rougir davantage la grosse boule tuméfiée du gland. Des grimaces de plaisir rident son visage. Un simulacre de rut anime tout son corps. Elle fait gicler le sperme et pousse un petit cri de joie en secouant longtemps encore le membre souillé.
Gus n'a pas pu exprimer sa jouissance, si toutefois il a joui. La bouche de l'autre prostituée lui faisait un bâillon trop serré.
Des murmures dans l'assistance, une excitation qui croît, un plaisir de plus en plus évident qui se concrétiserait bien volontiers en compagnie de la douce venus ou de la peu gracieuse grasse.
Le pénis se dégonfle, doucement.
La femme corpulente chevauche le supplicié, écrase son bas-ventre sur son visage, l'obligeant à renifler son odeur sinon à câliner son sexe. Elle plonge en avant, colle ses énormes seins au corps de l

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