Le plaisir brut
109 pages
Français

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Description

Prise au piège d'une guerre entre deux compagnies pétrolières en plein cœur du Mexique, je me retrouve dans une prison de femmes et suis livrée aux désirs pervers de mes geôlières et compagnes de cellule. Je trouve l'évasion dans les hallucinations extatiques d'une orgie torride.

Moi Audrey, je suis une Nouvelle Amazone et je vous raconte mon aventure mexicaine pour un baril de plaisir brut !


Dans l'Antiquité, les Amazones étaient un peuple de guerrières, d'une beauté irrésistible.
 Aujourd'hui, les Nouvelles Amazones allient, comme leurs ancêtres, la séduction et l'indépendance. 
Maîtresse-femmes, elles savent ce qu'elles veulent. 
Où et quand, ce sont elles qui décident. Avec qui et comment, ce sont elles qui dominent. 
Libérées, les Nouvelles Amazones assument leur jouissance et chassent à l'homme pour assouvir leurs désirs. Découvrez-les

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 28 mai 2013
Nombre de lectures 4 413
EAN13 9782919071319
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Audrey Seurat ********

Le Plaisir Brut



© Les érotiques, 2013 - pour l'édition numérique
Chapitre 7


L e soleil n'est plus. Seule une tache de son sang subsiste à l'horizon.
Juan demeure silencieux, immobile, observé, respecté. Je ne pourrai rien lui dire encore. Lorsque je suis arrivée, il m'a annoncé qu'une cérémonie un peu particulière devait avoir lieu, pendant la nuit, et que je pouvais rester. J'ai tout de suite pensé à une séance incantatoire.
Encarnacion m'a parlé de ces cérémonies secrètes sans me donner trop de détails, car elle n'a jamais participé elle-même à l'une d'elles.
Dans la vie courante, les habitants de hameaux et de villages pauvres des régions désolées mènent une existence simple, voire banale. Le soir, parfois, sous l'invocation de certains dieux, ils se réunissent pour participer à une sorte de montée vers la divinité révérée.
Coati, le dieu serpent, motive la séance de cette nuit.
Nous avons peu mangé. Le pulque semble ronger mon estomac fragile. Je n'ai pas abusé de cette boisson trop forte bien que, sans cesse, on m'en ait proposé dans la soirée. Chaque fois que la coupe venait à moi, je trempais mes lèvres simplement, passant aussitôt l'espèce de calice à mon voisin.

Une ivresse légère me berce.
L'obscurité se fait plus profonde.
La lueur du feu éclaire à peine les visages devenus soudain fantastiques.
Des hommes restent debout, observant dans le noir quelque apparition venue d'ailleurs. Juan m'a expliqué qu'ils ne participeraient pas à la séance, obligés à jouer les vigiles. La loi interdit formellement les séances d'incantation et surtout l'utilisation de ces fameux champignons hallucinogènes dont mon ami n'a jamais voulu me parler. Cependant, à Pratéo, les autorités n'ont jamais cherché à gêner l'épanouissement de ces coutumes ancestrales, fermant les yeux et feignant d'ignorer les pratiques en cours. Les vigiles ne sont qu'une précaution presque inutile, au cas où...
Sortant enfin de sa paralysie mystérieuse, Juan se lève et s'enfonce dans l'obscurité, en direction d'une demeure en pierre, un peu plus grande que les autres, qui sert de temple à ces adeptes d'une philosophie interdite.
Une vieille femme se penche vers moi et m'explique que Juan est allé préparer le peyotl et les champignons. Le peyotl ! Cette plante typiquement mexicaine dont on découpe des rondelles qui, desséchées, offrent une drogue particulièrement forte capable de déclencher des hallucinations violentes, capable aussi de dérégler complètement l'être humain.
Une peur sordide me bloque.
J'ai envie de me lever et de fuir. Je songe soudain à la toxicomanie et à ses conséquences. Morts par overdose ! Folies à vie ! Carcan de pseudo-bonheur dont on ne réussit plus à se sortir !
Juan revient.
Les hommes se lèvent et disparaissent dans l'obscurité, s'éclairant à la torche pour trouver le chemin. Les femmes suivent, bientôt. Un défilé étrange se forme, lent, effrayant, jusqu'à la demeure qui revit un peu dans les ténèbres menaçantes.
« Je te sens tendue, Audrey !
— Juan... j'ai peur.
— Peur de quoi ? La drogue, peut-être ?
— Oui.
— Je m'en doutais ! En Europe, vous n'imaginez la drogue que comme un danger et je vous comprends. Utilisé à outrance, même l'alcool devient un danger. Il ne s'agit pas de cela, ici ! Fais-moi confiance. Je ne t'ouvre pas les portes de l'enfer ! »

Il me prend par le bras droit et je sens qu'il ne m'invite plus, mais me contraint. Je me laisse faire parce que j'ai toujours voulu combattre mes peurs. Au fond de moi, la raison divague. Le pulque fait son effet.
Des nattes étalées sur le sol, quelques coussins, une douzaine de bougies suspendues à un mètre du sol, contre les murs. Le silence.
Au centre de la pièce, un serpent dort dans une sorte de cage rudimentaire en bois.
Partout, des ombres s'animent, reflets d'êtres humains excités par une étrange soif presque religieuse. Une intensité sexuelle naît progressivement et plusieurs participants se dénudent totalement, en silence, venant au centre de l'endroit pour s'agenouiller près du serpent indifférent.
Juan me lâche enfin, me sentant sans doute moins nerveuse, plus associée à cette cérémonie, plus libérée de principes qui m'étonnent moi-même. On lui passe un creuset où il puise une poudre blanchâtre qu'il renifle. Je l'imite. Une assiette passe ensuite. J'y prends un morceau de cette galette mal modelée que je mastique.
Peu à peu, mon esprit s'envole. Dans ces ténèbres enfin amicales, je découvre des couleurs qui n'existent que dans ma tête. Un instant, une nausée profonde déclenche une série de crispations abdominales. Je tombe à genoux sur le sol. J'ai envie de vomir. Je crie. Puis, le calme revient, définitivement assuré par cette douceur interne qui semble s'accroître sans cesse.
D'autres choses à manger, à sentir, à fumer.
Je ne sais pas vraiment ce que je fais. Chaque fois, la quantité est infime. De nouveaux univers s'ouvrent devant moi jusqu'à cette main tendue par une femme nue, belle, offerte, fraternelle.
À genoux toujours, je rampe jusqu'au centre de l'endroit et j'ai l'impression de monter la pente d'une dune souple, fraîche, connue.
Ma compagne se plie devant moi, se cambre, écarte les cuisses et me tire à elle, obligeant mon visage à se coller au bas de son ventre. Une humidité parfumée me stimule. J'entends une mélodie monter en moi qui devient bientôt la symphonie de mes sens. Instinctivement, je pose mes lèvres sur le pubis, j'insinue ma langue dans le sexe et je lape comme une chatte gourmande.
Tout semble évoluer lentement, comme si mes gestes étaient ralentis par la puissance de ce serpent inerte, mort peut-être. Sans cesse, je balance mon corps en un va-et-vient délicat. Mes doigts se promènent sur les hanches de ma partenaire. Ma bouche recueille la sève d'une fleur constamment ouverte qui palpite au rythme de mes succions.
Un Indien, jeune, ivre comme moi, caresse ma croupe arrondie, fouille mon entrejambe du bout des doigts, du bout de la langue, aventure sa bouche autour de mon anus et me stimule jusqu'à me donner envie de planter mon corps sur le sien. Je m'acharne à vouloir offrir l'orgasme à la jeune femme toujours offerte.
D'autres mains me touchent. Je veux me rouler sur la natte mouillée pour qu'on puisse m'aimer et prendre le bonheur en moi. La volonté du jeune Indien est tout autre et m'oblige à demeurer dans la posture d'une chienne en chaleur, les cuisses légèrement ouvertes.
La bouche glisse entre mes fesses, la langue frôle l'extrémité de mon clitoris qui semble enflé comme une énorme verge masculine. Je me balance toujours, plus frénétiquement, plus follement.
La jeune femme ne m'offre plus son sexe, mais sa bouche à présent, s'amusant à faire coulisser sa langue extraordinairement gonflée dans ma bouche. Bientôt, ce n'est plus la langue d'une femme que je suce, mais le pénis érigé d'un mâle dont je ne vois que le ventre et les testicules contractés. Ma croupe est prise dans un étau à crochets. Un pieu de chair s'enfonce en moi, profondément, et me fait hurler. Je lâche un instant l'arbre phallique noyé dans ma bouche pour l'effleurer du bout de la langue. Puis, je referme à nouveau mes lèvres sur l'organe puissant, chaud.
Étrange sensation que celle qui m'envahit. Être moi-même témoin de mon comportement sans en être totalement responsable. Deux personnes en une seule. J'observe, spectatrice de mes ébats amoureux, et je les vis intensément.
Puis, tout se précipite. Une vague chaude dans ma gorge, une révolution au bas de mon ventre, au plus profond de mes entrailles. Les bruits et les couleurs qui s'acharnent à me créer un univers fantastique, débordant, presque insoutenable. Ma tête qui disparaît sous une pluie de sable fin. Mon corps qu'on torture et caresse à la fois. Mon sexe ! Rien d'autre que mon sexe resserré autour d'une force divine, détestable, merveilleusement délicieuse.
Là, on chante. Ici, on hurle. Jadis, il y a quelques minutes, j'ai aperçu le visage d'un homme que je connais. À moins que ce ne soit un dieu.

Une étrange solitude, soudaine. Un moment de lucidité que je repousse de toute ma sensualité. Mes mains s'accrochent à mes propres cuisses, mes doigts voudraient déchirer mon sexe, ma bouche cherche à embrasser ma bouche. Pourquoi m'a-t-on abandonnée ? Pourquoi suis-je seule soudain ? On me regarde, on me juge, on me condamne. Visages difformes, sexes tuméfiés, membres découpés. Tous font l'amour autour de moi. Cette femme cavale sur un amant allongé sous elle, essayant de le vider de sa sève magique. Ce vieillard masturbe une jeune fille. Deux êtres se mêlent en une posture bestiale. L'Indienne aux yeux de sorcière serre une verge dégoulinante entre ses seins, tentant de prolonger une érection qui semble compromise. Je tourne sur moi-même, doucement d'abord, vite ensuite, jusqu'à me noyer dans un tourbillon de flammes. Pourquoi me laisse-t-on seule encore ?
Un mâle viril reste planté au milieu de la pièce étrangement parfumée. Son pénis oscille irrégulièrement au bas de son ventre velu. Personne n'ose encore profiter de sa force nouvelle. Je me rue, lui saute presque sur le corps. Il est musclé, puissant, dominateur. Le phallus frissonne sous mes fesses. Je croise les jambes dans le dos de l'amant qui ne bouge pas, s'amusant à me voir si gourmande de son corps. Il ne m'aide pas. Je dois guider son sexe en moi. Mes mains s'agrippent à son cou de taureau. Je piaille, je roucoule, je ronronne doucement. Je m'agite sur lui, m'enfonçant la lame virile au plus profond de ma vulve, recherchant l'extase qui ne vient pas parce qu'elle est constante.
L'homme ne bouge toujours pas. Sa respiration est forte. J'ai l'impression d'entendre son cœur me battre dans les entrailles, juste au-dessus du vagin, comme un animal enfoui en moi qui me rongerait.
Je m'acharne encore.
Il jouit.
Je n'ai toujours rien obtenu de sa virilité lorsque la chair plantée en moi se rétracte lentement, me vide, se détache, pend sous ma croupe.
Déçue, je

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