Constitué de lettres à l’homme aimé, perdu, gardé en soi comme témoin secret d’une existence qui continue après lui, sans lui, le texte de Tiziana Bonzon est avant tout roman des métamorphoses du sentiment amoureux, oscillant entre humilité et besoin impérieux de l’autre. Une œuvre de l’intime, sur ce que ça fait que d’aimer, que d’attendre l’autre, que d’espérer ses mains et son corps, de le voir glisser, constamment, entre ses doigts… Un récit situé en ce lieu fragile où narration et poésie s'entrecroisent, qui explore les saisons patientes, fébriles, désenchantées, sensuelles, d’un émoi conservé malgré les fossés. Réfractaire à toute classification, ces « Ardeurs fragiles » revêtent une esthétique en adéquation avec le sentiment amoureux, en ce sens que celui-ci s’empare de nous, nous déconnecte de nous-mêmes, nous enivre, nous rend aériens et légers, nous morcelle et ne cesse de redessiner nos contours intérieurs… Conteuse poétesse, nous entraînant dans les courants indolents et caressants, tourbillonnants ou résignés d’une âme féminine frappée de fascination, Tiziana Bonzon se fait ici le chantre de l’enthousiasme amoureux.