Au nez et à la barbe de tous
208 pages
Français

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Description

Vladimir Gusev vit un enfer quotidien. Un an plus tôt, pendant les Jeux olympiques, il a été forcé à utiliser un juron homophobe pendant un match, et la culpabilité le ronge. Non seulement Vladimir n’est pas homophobe, mais en plus, à la suite des JO, il a enfin été capable de s’avouer sa véritable nature. On l’a élevé en lui disant que l’homosexualité était un péché, alors il tente d’ignorer ses sentiments, sans succès.


Joe Bufford est un homosexuel affiché et ancien membre de la Delta Force. Une blessure aux mains l’empêche d’effectuer son travail et cause ainsi son retour à la vie civile. Son poste de mécanicien à l’aéroport n’est certainement pas sa carrière de choix, mais Joe n’a aucune idée de l’endroit où il pourrait utiliser les compétences qu’il a apprises dans l’armée.


Lorsque Vladimir et Joe se rencontrent, Joe voit de suite que Vladimir est terrifié et très loin de sortir de son placard. Mais avant d’y réfléchir à deux fois, Joe propose d’aider Vladimir à découvrir qui il est et ce qu’il veut. Au fil du temps, Joe commence à espérer de plus en plus ardemment que les réponses à ces questions se trouvent en lui.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 106
EAN13 9782376768791
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Au nez et à la barbe de tous
Copyright de l’édition française © 2020 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2014 Cassandra Carr
Titre original : Hiding in plain sight
© 2014 Cassandra Carr
Traduit de l’anglais par Lucile Vila
Relecture et correction par Agathe P., Déborah Bourguignon, Miss Relect addict
 
Conception graphique : © Tanya pour More Than Words Graphic Design
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l'ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-879-1
Première édition française : octobre 2020
Première édition : février 2014
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dédicace
 
 
Pour tous ceux qui ressentent le besoin de se cacher à cause de qui ils sont.
 
Au nez et à la barbe de tous
Safe Harbor #2

 
Cassandra Carr
 

 
Chapitre 1
 
 
 
 
C’est. Quoi. Ce. Bordel ?
Joe Bufford observait l’homme se tenant à l’intérieur de son bar sportif gay préféré. Pour être honnête, c’était le seul bar sportif de Pittsburgh. Le gars s’arrêta après avoir franchi le seuil de la porte. Il était d’une beauté à couper le souffle, mais ce ne fut pas le détail qui attira l’attention de Joe : ce dernier était sur ses gardes depuis qu’il avait vu les poings serrés de l’individu le long de son corps et sa posture tendue. Il connaissait cet homme.
S’il cherche la bagarre ici, on peut renchérir.
Sal, le barman, avait dû aussi le remarquer à en juger par la soudaine expression féroce sur son visage.
— Qu’est-ce que tu fous là ?
— Je… je…
Joe ne le lâchait pas du regard tandis que l’homme s’humectait les lèvres.
— Si tu es ici pour trouver quelqu’un à frapper, tu es au mauvais endroit, déclara Sal, contractant ses biceps dignes de Popeye.
Joe ne put réprimer un petit rire. C’était peut-être cliché, mais Sal avait raison. Très peu de travestis, de minets ou d’autres catégories de gays encore plus efféminés traînaient ici. L’homme croisa son regard et Joe fronça les sourcils : la lueur dans ses yeux montrait à quel point il était terrorisé. Joe l’avait assez vu en mission pour savoir comment déceler la terreur chez quelqu’un.
L’homme se retourna brusquement et sortit. Joe sauta de son tabouret et le suivit sans vraiment y réfléchir, ce qui était une surprise vu son entraînement militaire de haut niveau. Comme Sal, il connaissait cet individu : Vladimir Gusev. Tout le monde savait qui il était : enfin, tout fan de hockey qui se respectait. Il avait prononcé un terme homophobe à l’encontre d’un joueur américain durant les Jeux olympiques l’an dernier et quand il était revenu chez les Panthoms de Pittsburg, l’équipe LNH 1 pour qui il jouait, il avait eu beaucoup de retours de la foule, positifs ou négatifs. En cet instant précis, Joe voulait savoir ce qu’il faisait dans un bar gay. Il était sûr d’avoir lu cette expression hantée et angoissée dans les yeux de cet homme plus tôt.
— Hé, pas si vite.
Un type récemment à la retraite – et c’était une assez jolie manière d’expliquer ce qui avait été fait – de la Delta Force et un athlète professionnel étaient égaux en matière de fitness, mais le Russe était plus jeune que Joe, qui en avait vingt-huit. Si Joe s’en souvenait bien, Vladimir devait avoir vingt-quatre ou vingt-cinq ans. Même si Joe l’interpellait, le type ne s’arrêtait pas.
— Sérieusement, je ne vais pas te faire du mal. Je veux juste te parler. Je lèverai les mains pour que tu puisses les voir. Promis. Mais arrête-toi.
Vladimir ralentit avant de se retourner pour faire face à Joe.
— Qu’est-ce que tu me veux ?
Ses lèvres se retroussèrent et il se mit à grogner. Un homme autre que Joe, sans la même expérience, aurait sûrement reculé, mais cela n’intimida pas Joe.
Il fut surpris par son anglais impeccable, mais se rappela que Vladimir était arrivé aux USA pour s’entraîner quand il était adolescent. Dans ce cas-là, cela faisait probablement une dizaine d’années qu’il habitait dans le pays ; Joe se souvenait avoir lu que Vladimir venait de finir sa période d’essai et avait resigné pour un accord à long terme, même s’il n’avait que vingt-trois ans à l’époque. C’était avant les Jeux olympiques à peine un an auparavant, alors Vladimir devait avoir tout au plus vingt-quatre ans.
Joe s’arrêta et, comme il l’avait promis, leva les mains devant lui. Il parla de la même voix calme et claire qu’il utilisait pour rassurer les femmes et enfants qu’il avait croisés en Afghanistan.
— J’aimerais savoir pourquoi tu es venu au Reggie’s .
Alors qu’il surveillait tout signe de violence de la part de l’homme en face de lui, Joe observait la myriade d’émotions qui traversaient son visage. Ils étaient éloignés de quelques pas, mais Joe pouvait très bien distinguer la plus dominante de toutes : la panique. La bouche de Vladimir s’ouvrait et se fermait comme celle d’un poisson, et Joe suivit ce que lui dictait son instinct, espérant que Vladimir ne lui saute pas dessus. Si c’était le cas, Vladimir allait devoir donner le premier coup, car ce serait le seul qu’il pourrait réussir. Un homme pouvait quitter la Delta Force, mais la Delta Force ne quittait jamais l’homme.
— Tu es gay.
Vladimir le regarda, mais ne répondit pas. Entre le revers ouvert de sa veste, Joe vit sa pomme d’Adam déglutir plusieurs fois. Malgré le froid glacial d’une fin de mois de janvier à Pittsburgh, une perle de sueur dégoulina sur le côté de son visage. Oui, ce type cachait quelque chose.
Joe tenta une nouvelle fois.
— Il n’y a rien de mal à être gay. Je le suis, tout le monde au Reggie’s l’est, et une bonne partie du quartier l’est aussi, déclara-t-il, montrant d’un geste ce qui les entourait.
Pendant une courte seconde, les yeux de Vladimir regardèrent leur environnement avant de retourner sur lui.
— Tout va bien.
Joe savait qu’il n’était pas rare que des gays utilisent des insultes homophobes pour que l’attention se détourne d’eux. Il imaginait bien que le monde professionnel du sport ne devait pas être facile pour un homme gay, surtout si c’était semblable au milieu militaire.
— Tout va bien, vraiment, répéta-t-il, et la posture de combat de Vladimir se relâcha un peu.
— Rien ne va.
Ses mots étaient remplis de venin.
Joe pencha la tête de côté, faisant de son mieux pour ne pas paraître intimidant pour qu’il continue de parler.
— Pourquoi ?
— Parce que je suis Russe et joueur de hockey.
Le gars n’avait pas complètement révélé son homosexualité avec cette phrase, mais cela s’en était rapproché.
— On s’occupera de cela plus tard. Avant cela, tu peux m’expliquer pourquoi tu as traité ce joueur de tapette durant les Jeux olympiques ? Si tu es gay, pourquoi ferais-tu cela ?
Vladimir baissa la tête et scruta le sol, le tapant du bout du pied. Cela dura quelques minutes, mais Joe attendit patiemment sa réponse. Vlad positionna ses bras le long du corps, croisa son regard et sembla prendre une décision.
— Ils m’ont obligé à le faire, rétorqua Vlad avec le même ton féroce et presque rebelle.
Il croisa les bras contre sa large poitrine et Joe dut se battre pour rester concentré et ne pas laisser son esprit errer là où ses pensées l’emmenaient. Mince, ce type était pile-poil son genre.
— Qui ?
— Mon coach et mon chef d’équipe.
Vladimir haussa les épaules et détourna le regard. Joe était surpris.
— Et pourquoi t’ont-ils demandé de faire ça ?
Il observa Joe comme si une deuxième tête avait poussé de son corps.
— Pour perturber le match, nous étions en train de perdre.
— Mais tu commençais à remonter la pente, non ?
— Oui, à trois buts près. Ils voulaient déstabiliser les Américains.
Joe hocha la tête. D’un point de vue dégueulasse et tordu, cela paraissait logique. Il avait déjà vu des méthodes moins orthodoxes pour terrasser l’ennemi.
— Pourquoi as-tu accepté ?
Vladimir lui lança de nouveau un regard confus.
— Parce que personne ne le sait, donc je ne pouvais pas refuser en prétextant être gay moi-même. Personne n’est au courant, et je veux que cela reste tel quel. Et puis, si je ne l’avais pas fait, ils auraient fait du mal à ma famille.
C’était beaucoup d’informations d’un coup à enregistrer.
— Comment cela, faire du mal à ta famille ?
Il leva la main.
— Ne réponds pas. Continuons cette conversation autre part. M’accompagnerais-tu dans un autre bar sportif ? Un bar « hétéro », dit-il en citant ce mot tout en pliant les doigts. On pourrait en discuter plus en détail et trouver un endroit plus intime. Cela ne serait pas bizarre de te voir dans un lieu pareil.
Vladimir fronça les sourcils.
— Pourquoi voudrais-tu aller dans un bar hétéro si tu es gay ?
Joe réprima un soupir. Il avait espéré que Vladimir ne serait pas hétérophobe. Ces gens-là l’agaçaient au plus haut point. Selon lui, ils n’étaient pas mieux que les homophobes.
— Je n’ai rien contre les hétérosexuels. Quelques-uns de mes meilleurs amis le sont. Parfois, j’aime aller dans un endroit tel que le Reggie’s , où je peux vraiment être moi-même : passer un bras autour de mon rendez-vous, poser ma main sur son genou… et j’aime faire ces choses, là où personne ne viendra me prendre la tête. Après, tous les hétéros ne sont pas homophobes.
Merde, il bafouillait.
— Enfin bref, je suis garé juste là. Sais-tu où se trouve le Strike Zone ?
Vladimir acquiesça.
— Bien. Retrouve-moi là-bas, et nous en discuterons ensemble.
Quand l’un de ses sourcils touffus se leva, Joe fit de même et répondit :
— Juste discuter. Comme je l’ai dit plus tôt, c’est un bar hétéro.
Vladimir l’examina quelques instants, et Joe ne broncha pas.
— Je t’y retrouverai.
Joe hocha la tête et se mit à marcher vers sa Jeep, tout en restant à l’affût. L’instinct de survie qui l’avait tant servi jusque par-delà les mers était toujours présent. Quand il atteignit sa voiture, il jeta un œil autour de lui. Vladimir rentrait dans sa Navigator un peu plus loin de lui. Compris.
Joe déverrouilla la porte de sa Cherokee déglinguée. Il ne s’était pas embêté à garder une voiture pendant ses missions et maintenant qu’il était de retour et à la retraite, il voulait s’acheter une voiture plus sympathique que cette Jeep. Cependant, son travail à l’aéroport comme mécanicien ne payait pas beaucoup. Il avait pensé à aller à l’université, pouvant le faire avec les sous de l’Oncle Sam, mais il n’avait aucune idée quelle carrière pourrait l’intéresser. Pour l’instant, son job à l’aéroport demandait les mêmes compétences qu’il avait apprises à l’armée. Il était le mécano de son unité. Cela n’avait pas été un rôle officiel, mais chaque fois qu’un problème mécanique était survenu, on lui avait demandé de le résoudre.
Il démarra le moteur et conduisit quelques kilomètres jusqu’au Strike Zone, et appela Sal en chemin pour lui dire que tout allait bien et qu’il le paierait la prochaine fois qu’il viendra...

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