Au rythme de la vie
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Description

Zélie a eu des décisions difficiles à prendre, et son avenir se voit totalement chamboulé. Mais tout ce qui l'importe, c'est que ses sacrifices lui permettent d'avoir une existence normale.


Ce qui est le cas jusqu'au jour où le danger la guette de nouveau...


Heureusement, elle peut toujours compter sur ses proches pour la soutenir et la protéger. Seulement, cette fois-ci, cela risque de ne pas être suffisant.


Mike parviendra-t-il à trouver sa place dans la nouvelle vie de sa belle après une longue absence ? Saura-t-il assumer son nouveau rôle ?


La vraie question est : le couple Mike-Zélie sortira-t-il vainqueur de ce combat qu'ils mènent depuis leur rencontre ?


Un chose est sûre, Zélie trouvera toujours du réconfort dans sa passion, et elle risque d'en avoir besoin !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782902427994
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

AU RYTHME DE LA VIE
 
 
Déd icace
 
 
 
 
Émilie Achin
 
AU RYTHME DE LA VIE


 
 
 
«Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur ou l’éditeur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.»
©2020, Émilie Achin
Édition : Plumes de Mimi éditions, 122 rue de l’Argonne, 62117 Brebières.
Siret : 84469800100014
Dépôt légal : 07/2021
ISBN numérique : 978-2-902427-99-4
ISBN papier : 978-2-493219-00-8
 
 
 
 
 


Émilie Achin
 
Auteure de plusieurs romans, depuis 2017, Émilie sait fidéliser ses lecteurs grâce à sa plume fluide, ses histoires touchantes qui comportent chacune la même recette : une touche d'humour, des personnages attachants, du suspense, une petite dose de sensualité, et beaucoup d'amour.
Proche de ses lecteurs, elle fait régulièrement des séances de dédicaces, des salons et autres événements littéraires. Elle montre également souvent sa présence sur les réseaux sociaux.
Retrouvez-la sur sa page Facebook : Émilie Achin Auteure ou sur Twitter : @EmilieAchin.
Également éditrice, elle a créé sa maison d'édition en décembre 2018, avec pour but principal d’aider les auteurs à réaliser leur rêve de voir leur manuscrit se transformer en roman. Aujourd'hui, le nom de son entreprise est dans les bouches de beaucoup de lecteurs, conquis par les magnifiques romans qu'ils ont découverts chez Plumes de Mimi éditions.
Suivez toute l'actualité de cette maison d'édition sur le site : www.plumesdemimieditions.fr ou sur Facebook : Plumes de Mimi éditions.

 
 
 
Du même auteur
 
Jiji (en 4 volumes)
Ne m'approchez pas
Harley Club (en 3 tomes)
Les drôles de plumes en vacances (recueil de nouvelles écrit par 5 auteures)
Sous mon aile
Au rythme de la danse
Au rythme de l’amour
 
 
 
Le chemin qui mène au bonheur est semé d’embuches, mais une fois au bout, on se dit que ça valait le coup.
Émilie Achin
Table des matières
CHAPITRE 1 : LE RETOUR DU CHAMPION
CHAPITRE 2 : DU MAL À SE COMPRENDRE
CHAPITRE 3 : LA FUSION DES CORPS ET DES ESPRITS
CHAPITRE 4 : LE GARDE DU CORPS EST DE RETOUR
CHAPITRE 5 : UNE TOURNURE INATTENDUE
CHAPITRE 6 : DES PLANS POUR L’AVENIR
CHAPITRE 7 : JUSTE UNE MISE AU POINT
CHAPTIRE 8 : UN PERE EN COLERE
CHAPITRE 9 : RIEN N’EST ACQUIS
CHAPITRE 10 : DE SURPRISE EN SURPRISE
CHAPITRE 11 : ET LES SURPRISES CONTINUENT
CHAPITRE 12 : QUI EST ROXANE ?
CHAPITRE 13 : AVEC OU CONTRE NOUS ?
CHAPITRE 14 : RACONTE-MOI TON ENFANCE
CHAPITRE 15 : LE CHAMPION RESTE CHAMPION
CHAPITRE 16 : RIEN NE SE PASSE COMME PRÉVU
CHAPITRE 17 : DURE RÉALITÉ
CHAPITRE 18 : LES CONFESSIONS D'UNE VICTIME
CHAPITRE 19 : LE BONHEUR NE DURE JAMAIS
CHAPITRE 20 : LA FIN D'UNE IDYLLE

 
Avant-propos
Précédemment, dans Au rythme de l'Amour
 
Je vais prendre une douche et pars pour le bahut.
Depuis le retour des vacances, Sandra m'évite, elle est vexée parce que je l'ai envoyée sur les roses quand elle m'a fait remarquer qu'elle avait eu raison au sujet de ma relation avec Mike. Elle est seule, assise sur un banc, elle fait semblant de lire quelque chose sur son téléphone. Je m'approche d'elle et croise les bras.
 
— Je pensais que nous étions amies, je lance.
— C'est ce que je pensais aussi, répond-elle froidement.
— Sandra... Je sais ce que tu penses de Mike, mais il n'est pas celui que tu imagines. Je ne suis pas venue défendre sa cause, mais si tu es mon amie, tu dois respecter mes choix, même si tu n'es pas d'accord.
— Je n'aime pas te voir triste, Zélie. Je respecte tes choix, mais je ne supporte pas que les gens que j'aime soient malheureux. Avec lui, tu es heureuse trois jours et tu subis ses sautes d'humeur et sa violence verbale le reste de la semaine. Il y a toujours un moment où le vent tourne et monsieur pète un câble.
— Il a un caractère explosif, en effet, mais il sait se rattraper... Tu ne connais pas suffisamment Mike pour savoir qui il est vraiment. Je ne suis pas assez bête pour m'attacher à une personne qui ne le mérite pas, je sais ce que je fais, Sandra.
— Très bien, c'est ton choix après tout.
 
Elle se lève et emporte son sac pour aller en cours.
Madame Paulet nous parle de l'origine de certains mots de notre langue actuelle qui étaient complètement différents il y a une centaine d'années. C'est très intéressant.
 
— J'ai adoré ce cours, dis-je à Sandra et Miguel en sortant de la salle.
— Je n’ai rien écouté, ça ne m'a pas passionné, répond Miguel.
— Moi, je trouve que la prof est complètement perchée, elle a l'air d'avoir une araignée au plafond, elle me fait trop rire, ajoute Sandra.
 
Notre journée de cours passe rapidement, dans une bonne ambiance. Je rentre directement au chalet en fin de journée et trouve Mike, Baptiste et Cédric, attablés, une bière à la main, mettant en place la gestion de l'entrepôt et ma sécurité en cas de longue absence de Mike.
Baptiste est persuadé que Mike n'ira pas en prison étant donné qu'il défendait Léon qui était inconscient. Cédric pense qu'il fera une longue peine et qu'il est préférable de prévoir un plan au cas où ses doutes se confirment. Mike, de son côté, a vu son avocat aujourd'hui et est assez confiant. D'après lui, il ne fera pas plus de quelques mois. Mais dans tous les cas, il est persuadé de s'absenter un certain temps.
Rien que d'y penser, j'ai une boule au ventre et mon cœur se serre. Je préfère les laisser finir leur conversation sans en entendre davantage, et vais m'occuper de la lessive dans le cabanon. Ainsi, je n'aurais plus à entendre leurs craintes...
J'entends Mike les raccompagner jusqu'à leurs voitures et attends qu'ils partent pour sortir de ma cachette.
 
— Ah, t'es là ! Je me demandais où tu étais passée.
— J'ai préféré vous laisser entre mecs.
— Ça va ? T'as l'air triste.
— J'ai peur, Mike. Je ne veux pas que tu ailles en prison...
— Je ne peux pas te mentir et te dire que je n'irai pas, mais tu n'as pas à t'en faire, tu seras en sécurité et tu ne manqueras de rien.
— Je me fiche de tout ça, c'est toi que je veux ! Je ne veux pas m'endormir sans toi ni me lever seule ou faire les courses uniquement pour moi pendant que tu seras derrière les barreaux. Tu sais ce qui se passe dans les prisons ? Les rackets, les viols, les vols et toute autre forme de violence !
— Il ne m'arrivera rien de tout ça, bébé.
— Qu'est-ce que tu en sais ?
— Je connais du monde... Maintenant, je veux qu'on arrête de parler de ça jusqu'à vendredi. Monte en voiture, on doit partir.
— Où allons-nous ?
— Arrête de poser des questions et monte dans la bagnole, Zélie, s'il te plaît, dit-il en perdant patience.
 
Je monte et claque la portière pour lui montrer mon mécontentement. Il sourit comme un idiot et conduit en sifflotant.
 
— Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle, dis-je en croisant les bras.
— C'est parce que t'as pas vu ta tête !
 
Je me tourne vers la fenêtre et me concentre sur le paysage, je n'ai pas envie de rire. Il gare la voiture devant une grande maison fleurie et me fait signe de descendre, puis il me prend par la main et emporte un sac de sport.
 
— Mike, où est-ce que nous sommes ?
— Tu verras ça dans quelques minutes.
 
Il entre et se dirige vers l'accueil.
 
— Bonsoir, j'ai réservé au nom de Rinato.
— Oh, oui ! Bonsoir, messieurs dames, bienvenue au Domaine du charme. Veuillez me suivre, votre chambre se trouve par ici, dit la dame en se dirigeant vers un couloir.
 
Elle ouvre une porte et nous invite à entrer. C'est magnifique, la pièce est éclairée de lumières roses, il y a une petite table pour deux personnes, un grand lit aux draps en soie et un bain bouillonnant juste au pied du lit. Ça sent bon les fleurs et une musique douce est diffusée dans les haut-parleurs dissimulés un peu partout dans la pièce.
 
— Bonne soirée, dit la dame en sortant.
— Mike... pourquoi ?
— Pour toi, bébé. Je voulais qu'on soit tranquilles cette nuit et qu'on laisse nos ennuis de côté.
— Merci, c'est vraiment très beau.
 
Il ouvre le sac de sport et en sort mon maillot de bain deux-pièces.
 
— Tiens, mets ça pour l'instant, les serveurs vont apporter le dîner, je ne voudrais pas qu'on te voie nue.
 
Je m'isole dans la salle de bain et l'enfile, puis le rejoins.
Au cours de la soirée, alors que nous venons d'unir nos corps, il me serre dans ses bras et me dit :
 
— Zélie, j'ai quelque chose à te demander.
— Je t'écoute.
— Ne viens pas au procès, s'il te plaît.
— Tu ne peux pas me demander ça.
— Si, je te le demande. Si je vais en prison, je veux que le dernier souvenir de nous soit cet instant, et non celui où je pars avec les menottes aux poignets tandis que tu pleures toutes les larmes de ton corps. Je serais incapable de fermer les yeux avec cette image gravée à l'intérieur de mes paupières.
 
J'essuie mes larmes et hoche la tête, incapable de prononcer un seul mot. Je m'endors contre son torse et m'accroche à lui comme à une bouée de sauvetage.
La journée du lendemain passe trop vite. C'est peut-être la dernière journée que nous passons ensemble avant longtemps, alors nous n'allons pas en cours et profitons l'un de l'autre. Il m'emmène au restaurant le midi, nous partons en balade l'après-midi et faisons du lèche-vitrine, puis nous rentrons au chalet avec la boule au ventre. Nous faisons l'amour une grande partie de la nuit et je tente de dormir, avec les larmes au bord des yeux, sachant que cette nuit est sûrement la dernière que je passe dans ses bras s'il ne rentre pas demain.
Je n'ai pas réussi à fermer l'œil, trop d'images affreuses m'ont hanté et la peur de perdre l'homme que j'aime était trop envahissante. Je prépare le petit-déjeuner et l'apporte à Mike, qui regarde le plafond en réfléchissant. Il s'assoit en me voyant et me demande de m'installer près de lui, puis il me tend une boîte et dit :
 
— Je voudrais que tu attendes que je sois parti pour l'ouvrir. Tiens, prends-la.
— Merci.
 
Nous restons silencieux le reste du temps. Mon frère arrive quelques minutes plus tard pour venir le chercher. Je le regarde partir en pleurant et reste un moment sur la terrasse, sentant à peine le froid. Le sol est glacé et il tombe une fine pluie verglaçante. Je ne sais pas combien de temps je suis restée dehors, mais en reprenant mes esprits, je suis soudain prise de tremblements à cause du froid et de la peur. Je retourne dans le chalet et ouvre la boîte qu'il m'a donnée tout à l'heure.
J'y trouve une montagne de billets de grosses coupures. Tout ça doit représenter une très grosse somme, mais je m'en fiche. J'y trouve aussi un écrin en velours bleu marine et une enveloppe. En ouvrant l'écrin, je découvre une magnifique bague en argent, ornée de diamants en formes de cœurs. Mes larmes refont surface, mais je ne suis pas au bout de mes surprises.
J'ouvre la lettre et lis :
 
" Mon amour, Ma Zélie,         
 À l'heure où je t'écris cette lettre, je ne sais pas quel est le sort qui m'est réservé.
Peut-être que le soir où tu la liras, nous serons ensemble et rirons de cette mascarade, mais il est plus probable que je sois derrière les barreaux à purger une peine bien méritée.
Alors, je veux que tu saches que tu es la personne la plus importante à mes yeux et que tu comprennes à quel point je t'aime.
Je sais depuis le jour où j'ai posé les yeux sur toi que tu es la femme de ma vie. Tu as fait de moi un homme meilleur et je souhaite te le rendre un jour.
L'argent que j'ai mis dans la boîte est honnête, tu peux l'utiliser sans crainte. Il y en a encore si tu en as besoin. Léon pourra t'en redonner.
Pour la bague, je sais que tu dois te poser un tas de questions, alors non, je ne te demande pas en mariage dans de telles circonstances. J'attendrai d'être en pleine possession de mes moyens et de pouvoir t'emmener au bout du monde pour te demander une chose pareille. En réalité, en t'offrant cette bague, je te demande de m'attendre. Je ne sais malheureusement pas combien de temps nous serons séparés, mais j'aimerais pouvoir m'accrocher à l'espoir de te retrouver à ma sortie.
Je comprendrais que tu refuses, tu es jeune et l'avenir est devant toi, mais je sais que tu m'aimes et j'espère que notre amour ne s'estompera pas avec le temps et la distance.
Quelle que soit ta décision, je t'aimerai toute ma vie et je garderai en mémoire ton magnifique sourire ainsi que les merveilleux moments que nous avons passés ensemble.
Peu importe où je suis, je te promets d'assurer ta protection.
 
Prends soin de toi, ma beauté. Je t'aime, Mike. "
À SUIVRE…
 
 
PROLOGUE 
 
Il y a maintenant deux ans, j'ai décidé de rester forte et d'écouter mon cœur.
 
Mike venait d'être jugé et devait purger une peine de prison conséquente.
J'avais promis de l'attendre, sachant que mon amour pour lui était démesuré au point d'être incapable de l'oublier.
Je pensais mener une vie tranquille, rythmée de cours à l'université, de tournages de clips et de visites au parloir, mais un matin, je me suis réveillée avec la nausée et je n'ai pas eu le temps d'arriver aux toilettes pour vomir le contenu de mon estomac.
Les trois jours suivants ont commencé de la même manière, alors sans rien dire à personne, j'ai acheté un test de grossesse.
Je n'en croyais pas mes yeux, il était positif.
Mike était en prison depuis trois mois et je n'avais eu aucun signe avant. J'étais réglée normalement et je n'avais aucun symptôme. Comment était-ce possible ?
Je suis de toute urgence allée voir un gynécologue en ville, qui m'a confirmé que j'étais enceinte. D'après ses calculs, j'entamais déjà le deuxième trimestre.
Que devais-je faire ? Je ne pouvais plus avorter et je crois que même si ça avait été faisable, j'en aurais été incapable.
J'ai donc décidé de prendre mes responsabilités et d'annoncer ma grossesse au premier concerné lors de ma visite suivante.
Mike m'a hurlé dessus, disant que j'étais complètement folle de vouloir élever un enfant avec un père en prison et de gâcher ma jeunesse avec ce bébé. D'après lui, il aurait été plus en sécurité, heureux et n'aurait manqué de rien dans une autre famille.
Sa réaction m'a refroidie. J'étais estomaquée de voir qu'il était capable d'abandonner son propre enfant sans même tenter de réfléchir à la situation. Pourquoi ne serait-il pas bien avec moi, sa mère ? Et puis, je suis entourée, j'ai mes parents, Katia et Léon, Baptiste, Miguel et tous les autres...
Je lui ai répondu qu'il n'avait pas le choix, mais qu'il n'était pas obligé de le reconnaître. Après tout, il a bien gâché sa jeunesse en prison, je pouvais bien choisir la façon dont je voulais gâcher la mienne, si on pouvait appeler le fait d'être mère dans de telles conditions " du gâchis " !
À son tour, il a été surpris. Il m'a regardé droit dans les yeux, puis s'est mis à rire en disant :
 
— Alors, je vais être papa ! C'est un truc de fou...
 
J'aurais aimé lui sauter dans les bras, mais nous n'avions pas le droit de nous toucher, je lui ai donc répondu :
 
— On dirait bien. En tout cas, sache que je me sens parfaitement capable de l'élever seule jusqu'à ta sortie. Il ne manquera de rien, surtout pas d'amour.
 
En rentrant au chalet, j'ai annoncé la nouvelle à ma mère. J'ai cru qu'elle avait fait un malaise, il n'y avait plus un bruit dans le téléphone. Mais en réalité, elle ne savait pas quoi dire.
Elle adore les enfants, néanmoins, elle ne savait pas si elle devait être heureuse pour moi ou si elle devait m'inciter à abandonner ce bébé.
J'étais très jeune et je n'avais pas fini mes études. De plus, le père du bébé était incarcéré et je n'avais pas de situation. Alors la seule chose qu'elle ait réussi à dire ce jour-là, a été :
 
— Bon courage, ma chérie...
 
Le reste de mon entourage a été divisé. Il y avait ceux qui trouvaient que je faisais n'importe quoi, qui me conseillaient de faire adopter le bébé et de continuer mes études. Et ceux qui, au contraire, comprenaient et qui étaient là pour moi. Ceux-là, me soutenaient et avaient autant hâte que moi de découvrir ce petit être qui grandissait dans mon ventre.
 
Mike était finalement heureux, car grâce à ce bébé, nous serions liés à vie. Il regrettait de savoir qu'il ne serait pas présent pour suivre son évolution, mais je le rassurais en lui rappelant que quand il sortirait, nous l'attendrions afin de commencer une nouvelle vie, à trois. Je lui disais aussi qu'il aurait la chance d'échapper aux nuits entrecoupées de biberons et aux couches puantes. Pour cela, il était ravi !
Il voulait tout savoir sur ma grossesse afin de la vivre avec moi de là où il était. Sachant qu'il ne pourrait pas m'accompagner à mes rendez-vous médicaux ni même être là à l'accouchement, il m'a conseillé de demander à Miguel de jouer ce rôle. Mon frère en aurait été incapable, il faisait partie de ceux qui ne comprenaient pas ma décision.
Miguel m'a donc supporté, assisté, aidé et rassuré pendant les six mois qui ont suivi.
Chaque semaine, je rendais visite à Mike et lui parlais de l'évolution de ma grossesse, ainsi que de mes études.
J'avais été forcée de mettre sur pause toute activité sportive, le bébé n'aimait pas l'effort. Je devais donc me reposer au maximum et éviter tout stress et anxiété.
Mike et moi avions réussi à construire une relation stable, sans trop de conflits et basée sur la confiance. C'est dingue, il aura fallu qu'il soit en prison pour que notre couple se solidifie ! Peut-être était-il plus à-même de m'écouter...
Nous avions malheureusement très peu de moments intimes, c'est ce qui était le plus difficile à supporter. J'avais constamment envie et besoin qu'il me prenne dans ses bras, et aussi, je dois l'avouer, qu'il me fasse l'amour.
 
Après chaque visite au parloir, j'allais à l'entrepôt et dînais avec Katia, Léon, ainsi que Léna, à qui je racontais comment se portait Mike.
Léon s'était totalement remis, non sans mal. Il n'avait plus aucune trace de son agression. Il avait donc repris la gestion de l'entrepôt et avait refusé de faire remplacer Mike.
Katia pleurait souvent de ne pas avoir son fils près d'elle. Il lui manquait. Elle en voulait secrètement à Léon de ne pas avoir su se défendre ce jour-là et d'avoir laissé Mike se battre pour lui, mais elle était très amoureuse et ne pouvait pas indéfiniment le blâmer. Après tout, il n'était plus tout jeune et Nicolas Varès était bien plus entraîné. Dans un sens, heureusement que Mike était là, sinon il serait peut-être mort à l'heure qu'il est.
Pour passer le temps et penser à autre chose, elle avait créé une association d'aide aux anciennes prostituées afin de leur permettre de retrouver une vie normale. Elle distribuait des tracts aux femmes encore en activité pour les inciter à arrêter. Elle avait aussi fait stopper toute prostitution à l'entrepôt et avait trouvé un job honnête pour chaque fille.
Elle était ravie de bientôt devenir grand-mère et s'était déjà proposé de garder le bébé lorsque j'irai en cours.
 
Le jour où j'ai appris le sexe du petit être qui grandissait en moi, je devais aller voir Mike au parloir, alors j'ai emporté mon échographie pour lui montrer.
Tout allait bien, le bébé avait un bon cœur, tous ses membres étaient bien formés et... c'était une fille.
Mike avait les yeux remplis de larmes lorsque je lui avais annoncé. Il m'avait répété à quel point il m'aimait et m'avait juré que dès sa sortie, il rattraperait tout le temps perdu et serait un père exemplaire.
Il devait purger une peine de cinq ans, mais son avocat l'avait rassuré en lui expliquant comment bénéficier d'une remise en liberté au bout de deux ans. Alors, nous espérions qu'il pourrait sortir plus tôt que prévu grâce à son bon comportement.
 
Le jour de mon accouchement a été celui où il m'a le plus manqué. J'aurais tant aimé qu'il soit là pour découvrir avec moi la bouille de notre petite princesse.
Je n'ai pas souffert trop longtemps pour la mettre au monde et tout s'est bien passé. Miguel m'a assisté et je savais qu'il ferait un bon parrain. Il méritait amplement ce titre, il veillait sur nous et grâce à lui, nous ne manquions de rien.
À la fin de ma grossesse, il avait décidé de venir s'installer au chalet, ou plutôt sur le terrain. Il avait acheté une caravane et l'avait placée à l’arrière, pour toujours être à proximité.
C'est aussi lui qui avait préparé la chambre du bébé. Elle n'était pas grande, le chalet étant déjà petit, mais suffisante et pratique.
 
Quelques jours après mon accouchement, j'avais été autorisée à présenter sa fille à Mike.
 
— Voici Mila ! lui ai-je-dit en la sortant de son couffin.
— Oh, mon Dieu ! Elle est magnifique... mon bébé... ma princesse... je suis papa ! avait-il dit en pleurant à chaudes larmes.
 
Il avait eu le droit de la prendre dans ses bras et avait littéralement craqué en la tenant. Ce fut un moment riche en émotions, je n'avais pas réussi à retenir mes pleurs.
Il voyait donc sa fille grandir toutes les semaines, sans pouvoir profiter d'elle ni découvrir les joies d'être parent.
 
Après trois mois de repos, j'avais enfin pu reprendre le sport et surtout la danse, ainsi que mon poste chez Music and Dance. Je retrouvais ma liberté pendant mes heures de cours et de travail, puis lorsque je rentrais, ma fille m'attendait sagement avec sa grand-mère et sa tante.
 
* * * * *
 
Malgré l'absence de Mike, nous réussissons à être heureuses. Je ne cours plus pour fuir le danger depuis longtemps et je suis totalement indépendante.
Mila évolue rapidement. Elle a commencé à marcher à l'âge de onze mois, est devenue propre à quatorze mois et parle un peu mieux que ce que je croyais possible à son âge. Il ne lui manque que la présence quotidienne de son père pour être pleinement épanouie.
À moi aussi, il me manque. Même si je le vois une fois par semaine, cela dure depuis trop longtemps et je commence à désespérer.
Il l'a remarqué et m'a assuré que bientôt, il sera dehors et nous pourrons enfin avoir une vie de famille.
 
CHAPITRE 1 : LE RETOUR DU CHAMPION
 
 
— Maman, suis éveillée !
— J'arrive, ma puce !
 
Au moment où je me lève, j'entends du bruit dans la pièce principale.
 
— Mila, je t'ai déjà dit que je ne voulais pas que tu sortes de ton lit seule !
 
Une fois ma robe de chambre nouée autour de ma taille, j’ouvre la porte et aperçois un grand homme qui me tourne le dos, tenant ma fille dans ses bras. Sa carrure est encore plus impressionnante qu'avant et ses cheveux sont plus longs, mais je l'aurais reconnu entre mille hommes.
 
— Oh, c'est pas vrai ! Tu es bien là ? Tu es sorti ! je m'écrie en pleurant.
— Viens dans mes bras, bébé !
 
Mes mains tremblent et mes yeux se remplissent de larmes tellement la surprise est de taille. Il est aussi ému que moi de pouvoir enfin nous serrer toutes les deux dans ses bras sans qu'un garde ne s'approche pour nous surveiller.
 
— J'ai été remis en liberté sous surveillance, ajoute-t-il en m’offrant un large sourire.
 
Il dépose Mila sur une chaise, avant de me prendre les mains pour me rapprocher de lui.
 
— Depuis quand es-tu au courant ?
— Ça fait trois jours. J'ai demandé à ton frère de ne rien dire, je voulais te faire la surprise.
— Je savais qu'il me cachait quelque chose. Je n'en reviens pas que tu sois là... Oh, mon Dieu... dis-je en l’embrassant à pleine bouche.
 
Je plonge ma tête dans son cou et nous restons ainsi un long moment, à respirer l’odeur de l’autre, à prendre une dose d’oxygène qui nous manquait lorsque nous étions séparés.
C’est avec difficulté que je m’éloigne de lui pour préparer le petit déjeuner.
Mila ne comprend pas ce qui se passe, elle n'a jamais vu son père à la maison, alors elle le tire par la main et lui fait visiter le chalet.
Mike la suit en souriant. Je les regarde sans m'immiscer dans leurs retrouvailles et les laisse discuter pour mieux se connaître.
C'est une petite fille pleine de vie et très avancée pour son âge, mais elle était intimidée par le milieu carcéral et n'osait jamais parler ni bouger lorsque nous allions au parloir.
 
— Bah, dis donc, elle a la langue bien pendue ! dit-il en entourant ma taille de ses bras tandis que...

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