Baisers furtifs
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Baisers furtifs , livre ebook

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Description


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Quand l’amour défie les lois de l’argent !


Ce texte de Wilkie Collins, auteur britannique, a connu un énorme succès lors de sa publication en raison du sujet sulfureux qu’il aborde, ce qui lui valut de nombreuses traductions. En effet, il relate les intrigues du mariage secret d’une demoiselle de quinze ans Natalie Graybrooke à son cousin Lancelot Linzie, en dépit du fait que son père la déjà promise à un riche et vieux ami de leur famille nommé Monsieur Turlington. Ce dernier va tout tenter pour récupérer Natalie et la fortune qu’elle représente pour lui.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782357280021
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

BAISERS FURTIFS MISS OR MRS ? A CHRISTMAS STORY IN TWELVE SCENES 1871
WILKIE COLLIN S
Traduction par ANONYME (1872)
Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6
TAB L E D ES M ATI ÈR ES
CH AP I TR E 1
a nuit était finie. Le jour nouveau-né attendait l' astre vivifiant dans ce silence Linconnu à terre, ce silence qui précède le lever du soleil lorsque le calme plane sur la mer. Pas un souffle dans l'air, pas une ride sur l'eau. Rien ne changeait, excepté la lumière, qui doucement grandissait à l'h orizon ; rien ne bougeait, sinon le brouillard, dont les masses paresseuses montaient, attirées par le soleil. Graduellement la brume s'éclaircit ; aux premiers r ayons de l'aurore, elle laissait entrevoir les voiles blanches d'un schooner-yacht. De la poupe à la proue, le silence régnait à bord d u navire comme sur la mer. Un seul être vivant se trouvait sur le pont, le timoni er, qui sommeillait paisiblement, le bras sur la barre du gouvernail, devenu inutile. De minu te en minute, la clarté augmentait, et déjà la chaleur du jour se faisait sentir ; l'homme à la barre était encore assoupi, les voiles pendaient immobiles, l'eau dormait contre le s flancs de la goélette. L'orbe radieux était sorti des flots quand le premier brui t troubla le silence du matin. C'était le cri lointain d'un oiseau de mer qui retentit brusqu ement dans la dernière spirale de vapeur qui s'élevait à l'horizon. Le timonier s'éve illa, regarda ses voiles inertes, et ne put réprimer un bâillement ; puis il examina la mer , et hocha la tête en constatant un calme plat. — Où est le cap ? demanda une voix dure et impérieu se qui venait de l'escalier de la cabine. — Où vous voudrez, patron ! Il fait le tour de la b oussole. Le patron du yacht parut sur le tillac. Regardez-le bien c'est Richard Turlington, de la célèbre maison d'importation Pizzitutti, Turling ton et Branca. Agé de trente-huit ans, trapu et carré, M. Turlington présentait à ses cont emporains un visage qui pouvait passer pour un spécimen réussi du style angulaire. Le front dessinait une ligne droite perpendiculaire, la lèvre supérieure en était une a utre, et le menton la plus longue et la plus droite des trois. Lorsqu'il tourna sa figure b asanée du côté du levant et qu'il protégea contre le soleil ses yeux d'un gris clair, ses mains noueuses disaient assez haut qu'elles lui avaient gagné sa subsistance un j our ou l'autre dans sa vie. En définitive, c'était un homme qui se faisait aisémen t respecter, mais qu'il devait être difficile d'aimer. — Calme plat hier, grommela Richard Turlington entr e ses dents pendant que ses regards scrutaient l'horizon, et calme plat aujourd 'hui ! Assez comme cela !...l'année prochaine j'aurai une machine. — Pensez à la poussière des charbons et à l'inferna le vibration, et laissez votre beau yacht tel qu'il est. Nous sommes dehors par un jour de fête ; eh bien ! le vent et la mer se reposent comme tout le monde.
Celui qui donnait cette réplique au patron était un jeune homme leste et mince qui parut sur le pont tenant ses vêtements sous son bra s, une serviette à la main, et simplement couvert d'une robe de chambre avec laque lle il était sorti de son lit. — Lancelot Linzie, vous avez été admis à mon bord à titre de médecin attaché à la personne de miss Natalie Graybrooke, sur la demande de son père ; chacun à sa place, s'il vous plaît ; quand j'aurai besoin de vo s conseils, je vous en informerai. En parlant de la sorte, le plus âgé des deux hommes fixait sur l'autre ses yeux incolores avec une expression qui disait clairement : bientôt il n’y aura plus de place ici pour nous deux. Lancelot Linzie avait apparemment ses raisons pour ne pas s'offenser des observations de son hôte. — Je vous remercie, dit-il d'un ton de bonne humeur ironique. Il ne m'est pas facile de rester à ma place ici. C'est plus fort que moi j e me réjouis comme si j’étais le propriétaire du bâtiment. Cette vie est si nouvelle pour moi ! Par exemple, j'admire comme on a vite fait de se laver ; à terre, c'est u ne question compliquée de pots et de cuvettes, et l'on a toujours peur de casser quelque chose, tandis qu'ici on sort de son lit, on va sur le pont, et on fait comme je vais fa ire... II tourna sur ses talons et courut vers l'avant ; e n un clin d'œil, il avait jeté sa robe de chambre, enjambé le plat-bord, et on le vit s'éb attre dans soixante brasses d'eau salée. Les yeux de Richard Turlington le suivirent avec une attention mêlée de déplaisir pendant qu'il faisait en nageant le tour du navire. Son esprit, toujours lent et méthodique dans ses opérations, le prenait pour suj et d'un problème qu'il se posait dans ces termes : Lancelot Linzie a quinze ans de m oins que moi ; de plus, il est le cousin de Natalie Graybrooke. Étant donnés ces deux avantages, on demande : s'est-il fait agréer de Natalie ? Préoccupé de cette grave question, Richard Turlingt on s'assit dans un coin à l'arrière du bâtiment. Il était encore tout à ses m éditations quand le jeune médecin rentra dans sa cabine pour achever sa toilette du m atin ; il n'avait pas résolu son problème quand le steward vint, une heure plus tard , lui annoncer que le déjeuner était servi. On était cinq à table. D'abord sir Joseph Graybrook e, héritier d'une jolie fortune amassée par son père et son grand-père, maire élu d eux fois de suite d'une florissante ville de province, ce qui lui valait le privilège d e présenter une truelle d'argent à un personnage royal qui serait venu poser la première pierre d'une maison de charité ; visage rose plein de bonhomie, cheveux blancs soyeu x. Il était dans les sains principes, soigné dans sa tenue, gratifié par la Pr ovidence d'opinions modérées et d'une bonne digestion, un aimable vieillard, bien p ortant, propret, caractère faible et réputation sans tache. Il y avait ensuite miss Lavinia Graybrooke, la sœur de sir Joseph, restée demoiselle : on eût dit sir Joseph en jupons ; connaissant l'u n, vous connaissiez l'autre ; puis miss Natalie Graybrooke, la fille unique de sir Joseph. Elle avait l'extérieur et le tempérament de sa mère, morte depuis longtemps. La famille de feu lady Graybrooke était originaire de la Martinique, et on disait que le sang français s'y était mêlé avec le sang nègre. Natalie était brune comme sa mère, elle en avait les superbes cheveux de jais et les yeux noirs pleins de langueur. A quinze ans, elle était très grande et complètement développée, comme une Anglaise l'est r arement avant l'âge de vingt
ans. Sa taille, souple et bien prise, était celle d 'une femme faite ; la grâce indolente de ses mouvements avait pour ressort moteur une décisi on presque virile et une remarquable force physique. Cela ne l'empêchait pas d'avoir les façons gentilles d'une petite pensionnaire ; la douceur de son père sembla it greffée sur le tempérament méridional de sa mère. Elle marchait comme une dées se, elle riait comme une enfant. Au printemps, des symptômes d'une croissance trop r apide avaient inquiété son entourage ; le médecin de la famille avait conseill é une promenade en mer pendant les mois d'été. Richard Turlington s'était empressé de mettre à sa disposition son yacht et sa personne. La jeune malade s'embarqua donc pour s a croisière en compagnie de son père, de sa tante et de son cousin Lancelot, fa milièrementLance, chargé de veiller à l'exécution des ordonnances d'un célèbre docteur. Après deux mois passés à longer nonchalamment les côtes d'Angleterre, tout ce qui reste de l'infirmité de Natalie est une certaine langueur du regard et une parfaite incapac ité de s'occuper de quoi que ce soit de sérieux. Qui l'eût vue assise à cette table, dan s sa jolie toilette de voyage en nankin, ses manières enfantines contrastant gentime nt avec la florissante maturité de ses formes, celui-là aurait eu besoin d'une triple cuirasse de haute philosophie pour nier que le premier droit de la femme est la beauté , et son premier mérite la jeunesse. Les deux autres convives étaient les deux gentlemen avec lesquels le lecteur a déjà fait connaissance. — Pas un souffle dans l'air, disait Richard Turling ton ; le temps nous a pris en grippe. Nous n'avons pas fait cinq milles en quaran te-huit heures. Vous ne voudrez plus faire de croisière avec moi ; je parie que vou s regrettez la terre ? Ces paroles s'adressaient à Natalie. Il était visib le qu'il s'efforçait de lui plaire, et visible aussi qu'il perdait sa peine. Elle fit une réponse polie, et regarda sa tasse de thé, au lieu de regarder Turlington. — Vous pourriez vous croire à terre en ce moment, d it alors Lancelot. Le navire ne bouge pas plus qu'une maison, et cette table suspen due est horizontale comme celle de votre salle à manger. Lui aussi parlait à Natalie, mais sans montrer ce d ésir de se rendre agréable qu'avait laissé percer Turlington. Ce n'en fut pas moins lui qui réussit à la distraire de son thé, et ce fut son idée à lui qui trouva un éch o dans l'esprit de Natalie. — Ce sera si étrange pour moi, répondit-elle, de me retrouver dans une chambre qui ne tourne pas, de m'asseoir à une table qui ne vient pas tantôt s'abaisser sur mes genoux, tantôt se relever jusqu'à mon menton. Je re gretterai le bruit de l'eau près de mon oreille et la cloche du pont, quand il m'arrive ra de ne pas dormir la nuit. Là-bas, on ne s'inquiétera plus de savoir d'où souffle le vent et comment sont orientées les voiles. On ne demandera plus son chemin au soleil avec un p etit instrument de cuivre, une feuille de papier et un crayon. On n'ira plus au gré du vent, va comme je te pousse ! Ah ! que je regretterai donc la mer inconstante, la me r capricieuse ! Quel dommage que je ne sois pas un homme et un matelot ! Tout ceci s'adressait aux hôtes que le patron avait bien voulu admettre à son bord ; pas une parole, même en passant, pour Richard Turli ngton lui-même. Ses épais sourcils se contractèrent avec une expression de mé contentement manifeste. — Si ce calme persiste, reprit-il, s'adressant cett e fois à sir Joseph, j'ai bien peur, Graybrooke, que je ne puisse pas vous ramener à la fin de la semaine au port d'où nous sommes partis.
— Quand il vous plaira, Richard, répondit le vieux gentleman d'un ton résigné. Le temps m'est indifférent. — Indifférent dans une limite raisonnable, Joseph, intervint miss Lavinia, qui jugea évidemment que son frère faisait une concession tro p large. Elle parlait avec le sourire agréable de son frère et avec sa voix douce et care ssante. Deux jumeaux ne pouvaient se ressembler davantage. Pendant que la conversation continuait ainsi, unapartésous la table s'engagea entre les deux jeunes gens. La jolie pantoufle de N atalie chercha son chemin sur le tapis en tâtonnant jusqu'à ce qu'elle touchât la bo tte de Lancelot. Celui-ci, qui était en train de dévorer son déjeuner, leva la tête, puis, heurté une seconde fois, il abaissa ses yeux sur la table. Après avoir attendu un moment po ur s'assurer qu'on ne faisait pas attention à elle, Natalie prit son couteau, et d'un petit air distrait se mit à découper en six fragments un morceau de jambon resté sur le bor d de son assiette. Lance suivait cette opération d'un regard oblique ; il attendait évidemment que les miettes de jambon fussent disposées pour quelque signal télégraphique convenu entre lui et sa voisine. Pendant ce temps, la conversation allait son train. Miss Lavinia se tournant vers Lance : — Savez-vous, mon garçon, lui dit-elle, que vous m'avez causé une peur terrible ce m atin ? Je dormais, ma fenêtre ouverte, quand je fu s réveillée par le bruit d'un corps qui tombait dans l'eau. J'appelai la femme du stewa rd, je croyais qu'il était arrivé un accident. Sir Joseph tourna la tête. — Vous me rappelez, dit-il, une aventure bien extra ordinaire... Il fut interrompu par Lance, qui s'excusait en décl arant qu'à l'avenir il s'enduirait d'huile tout le corps et qu'il se glisserait dans l'eau sans bruit comme un phoque. — Une aventure bien extraordinaire, reprit sir Jose ph, qui m'est arrivée, il y a déjà longtemps, quand j'étais jeune, cinq ans avant que je fisse votre connaissance, Richard. Je croisais à la hauteur du Mersey sur une barque de pilotes de Liverpool que j'avais louée avec mon ami Dobbs, le même qui était célèbre pour ses favoris couleur d'acajou. Les doigts noueux de Richard Turlington tambourinai ent avec impatience sur la table. Il leva les yeux sur Natalie ; elle disposai t nonchalamment ses fragments de jambon sur son assiette de manière à former un dess in ; Lance la regardait faire d'un air de complète indifférence. Richard, les ayant co ntemplés pendant quelques instants, crut avoir trouvé la solution du problème qui l'ava it tourmenté tout à l'heure : il était simplement impossible qu'une tête aussi vide eût ga gné les bonnes grâces de miss Natalie. Sir Joseph continua son récit. — Nous étions à dix ou douze milles de l'embouchure du Mersey. Dobbs et moi, nous étions dans la cabine, occupés... Il s'arrêta en souriant pour chercher dans sa mémoi re à quoi il avait été occupé. A ce moment, Natalie posa son couteau sur la table, e t son pied vint de nouveau heurter celui de Lance ; elle avait arrangé ses miettes de jambon comme il suit : deux sur une ligne, les quatre autres sur une ligne perpendicula ire au-dessous. Lance regarda, et répondit en heurtant deux fois Natalie sous la tabl e. Interprété selon leur code télégraphique, le signal de Natalie voulait dire : j'ai besoin de vous voir en secret. La
réponse de Lance signifiait : après déjeuner. Sir J oseph avait retrouvé le fil de son histoire ; Natalie releva son couteau : c'était l'a nnonce d'un nouveau signal. — Nous étions tous deux...
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