Call me Livia
108 pages
Français

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Call me Livia , livre ebook

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Description


Psychologue de renom, je me suis battue pour me faire un nom dans ce milieu machiste.




Célibataire, j'aime disposer des hommes comme bon me semble.



Lorsque mon meilleur ami, Connor, me présente à la directrice d'une agence d'escortes, j'y vois un moyen de prendre mon pied sans entrave.



Tout se déroulait parfaitement bien, jusqu'à ma rencontre avec Caleb Prescott. Fils unique d'un armurier connu, multimillionnaire, cet apollon arrogant et fier est persuadé qu'il peut m'attraper dans ses filets.



Idiot !



Il n'imagine même pas qu'il représente tout ce que je déteste. Il veut jouer ?



Que la partie commence !


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 2
EAN13 9782957987504
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
Titre
Copyright
Biographie de l’auteur
1. Olivia
2. Olivia
3. Caleb
4. Olivia
5. Caleb
6. Olivia
7. Olivia
8. Caleb
9. Olivia
10. Olivia
11. Caleb
12. Olivia
13. Caleb
14. Olivia
15. Caleb
16. Olivia
17. Caleb
18. Olivia
19. Caleb
20. Olivia
21. Olivia
22. Caleb
23. Olivia
24. Caleb
25. Caleb
 
H ÉLÈNE
CARUSO
Call Me Livia
(Olivia Kincaid #1)

Caruso Hélène
Call Me Livia
(Olivia Kincaid #1)
 
 
© Helene Caruso, 2021
Dépôt légal : septembre 2021
ISBN numérique : 978-2-9579875-0-4
Couverture  : ManyDesign
Composition numérique réalisée par Helene Caruso Company
 
 
1. Olivia
Le réveil sonne et je m’étire. Le soleil laisse déjà filtrer ses rayons par le store de la fenêtre de ma chambre. À demi remonté, il laisse la lumière inonder la pièce et y déposer toute sa chaleur, je la sens à travers mes paupières closes. Ma main gauche bute contre quelque chose de dur et je me dis que j’ai encore dû m’étaler dans le lit. Ma table de chevet n’est pas très loin et je l’entends grogner.
Hein ?
J’ouvre un œil et fixe la masse qui est allongée à côté de moi. Le genre de masse que tu retrouves dans ton pieu après une soirée arrosée. Trop arrosée . Elle tourne la tête vers moi et me gratifie d’un large sourire, que j’ai certainement dû trouver sexy hier soir mais qui m’exaspère au plus haut point ce matin.
— Salut poupée.
Poupée ? Sérieusement ?
Sa voix est rauque et encore un peu ensommeillée. Ses yeux bleus me regardent intensément et ses cheveux en bataille me donnent envie d’y glisser mes doigts. Son dos est musclé et ses biceps saillants.
Seigneur .
Voyant que je ne réagis pas, il se tourne sur le dos, laissant échapper le drap qui glisse le long de ses abdos trop bien dessinés et laisse entrevoir un attribut de taille plus que correcte. Plaçant ses bras derrière sa tête, il remonte le buste afin de se caler contre la tête de lit. Je revois mon jugement et j’estime la bête de très, très belle taille. Je n’y ai pas prêté attention mais le drap a découvert ma poitrine et y voyant là un signe d’encouragement de ma part, la masse tend la main pour m’attraper un sein, prestement arrêtée par le claquement de ma paume sur le revers de la sienne.
Interloqué, le mâle me regarde en haussant un sourcil. Il se marre.
— Tu faisais moins la prude, hier soir.
— J’étais complètement soûle.
Il siffle entre ses dents.
— Qu’est-ce que ça doit être quand t’es en pleine capacité de tes moyens, poupée !
J’ai envie de lui coller une baffe pour le faire taire mais les courbatures que je sens dans mes muscles trahissent la partie de jambes en l’air de la veille, indiquant que nous n’avons pas dû y aller de main morte. Mon esprit encore embrumé a bien du mal à se remémorer ce que j’ai fait hier. Je me souviens juste que j’avais rendez-vous avec Connor et Gabriel, un couple d’amis gay, au Billy’s pour prendre un verre. Et à en juger par ce que j’ai ramené de cette soirée, j’ai dû avoir une sacrée levée de coude.
Je me lève et j’ouvre la fenêtre. L’air est un peu frais en ce jeudi matin mais j’ai bien besoin de ça pour reprendre un peu mes esprits. C’est la première fois que je ramène un spécimen à la maison et je me fais la promesse que ce sera la dernière. Je me tourne vers la table de chevet qui se trouve de mon côté du lit et j’en sors un paquet de cigarettes. De retour à la fenêtre, je l’allume et en tire une longue bouffée. La nicotine s’insinue dans chaque pore de ma peau et commence à connecter mes neurones. La masse me déshabille du regard, bien que je sois nue. Je n’ai aucun problème de pudeur, les heures que je passe à suer sur le tapis de course font leur job et m’assurent un corps musclé et fin. Lorsque je jette un regard en direction du lit, je grimace.
— Encore là ?
Il rigole mais ne bouge pas. Il est vraiment beau, c’est dommage. Il doit bien faire deux têtes de plus que moi, bien bâti, brun aux yeux bleus, ses lèvres sont épaisses et charnues. Ses bras et ses abdos laissent à penser qu’il doit passer son temps dans les salles de sport à lever de la fonte comme un possédé. Je soupire.
— C’était sûrement très sympa…
Je bute sur son prénom. Mon taux d’alcoolémie d’hier a effacé une partie de ma mémoire et je suis bien incapable de me souvenir de son prénom. En y regardant bien, il a une tête de Bryan. Ou de Jesse. Un prénom basique, sans grande originalité. Il se rend compte que je peine et sourit comme un idiot.
— Je m’appelle Austin.
Raté . C’est joli, Austin.
— C’est ça. Austin . Alors, c’était sûrement très sympa hier, mais la fête est terminée. Remballe tes affaires et casse-toi.
Il se débarrasse du drap qui le couvre et dévoile sa plastique parfaite. L’engin semble taillé dans le roc et pointe vers le ciel comme la statue de la Liberté. Je sens mes jambes trembler et le feu se déclencher dans mon bas-ventre. Ma vulve pulse sous le désir et je peste contre ma faiblesse. Mais il est hors de question que je cède. Je le vois faire le tour du lit et s’approcher de moi. La masse est grande, et même très grande, et elle avance à pas lents, comme s’il elle voulait faire durer le plaisir. Arrivé à ma hauteur, Austin commence à dessiner des cercles sur la peau de mon épaule. Je tire sur ma clope pour me donner une contenance mais mon corps me trahit une nouvelle fois en me faisant frissonner. Avec une lenteur calculée, il descend le long de mon bras, caresse mon ventre et au moment où il va atteindre mon pubis, je lui attrape le poignet et le stoppe en pleine course.
— Jamais deux fois avec la même personne.
Il m’aura fallu tout le courage du monde pour aligner tous ces mots les uns derrière les autres. Ma volonté s’est fait la malle et si j’écoute mon cerveau, je dis à Austin de me sauter dans la seconde, là, contre la fenêtre ou sur le tapis, cela m’est bien égal. Il ne semble pas offusqué et tente d’accéder tout de même à ma zone interdite. Je resserre mon étreinte sur son poignet.
— Essaie et je te le casse.
Austin rigole et celui-ci retombe le long de son corps. Croisant les bras, il me regarde et demande :
— Tu ne déjeunes pas ?
Interloquée, je lui montre ma clope à demi fumée et pointe son caleçon qui traîne par terre.
— Ramasse tes affaires. Tu as deux minutes, sans quoi, tu te retrouveras le cul à l’air sur mon palier.
Le mâle soupire et commence à s’habiller. J’ai hâte qu’il dégage, j’ai besoin d’éteindre le foyer qui commence à prendre vie entre mes cuisses.
Satanées hormones.
Même une fois vêtu, le spécimen a encore de l’allure. Un jean, des boots et un blouson de cuir. Je le vois faire le tour du lit et revenir vers moi. Que veut-il, encore ? Lorsqu’il se penche vers moi, il m’arrache un petit rire.
— Un baiser ? J’espère que tu plaisantes !
À son air renfrogné, je vois qu’il est blessé. Je m’en tape. Je ne suis pas sa copine, il n’est pas mon mec. Juste un plan cul . Et on n’embrasse pas son plan cul quand il te quitte au petit matin comme on le ferait avec son mari qui part au travail. Mon état de la veille lui a accordé le privilège de dormir dans mon lit, c’est déjà bien plus que ce à quoi il aurait dû avoir droit. Alors qu’il quitte la chambre, je lui dis d’une voix forte :
— Et claque la porte derrière toi.
Les murs tremblent et m’indiquent que le mâle est vexé. Je jette ma clope par la fenêtre et me dirige vers la salle de bains. Cet aparté était bien agréable mais je dois me préparer pour aller au cabinet. Je suis psychologue pour célébrités. Dit comme ça, ça semble très glamour mais passer mes journées à écouter des stars se plaindre du commun des mortels est particulièrement épuisant. Passant devant mon bureau, j’en profite pour compulser rapidement mon agenda et voir qui est mon premier client.
Paris Hilton.
Un coup d’œil à ma montre m’indique que j’ai largement le temps de me faire du bien car cette nana est toujours en retard. J’entre dans la salle de bains et me décide pour une douche. J’ouvre le robinet et le temps que l’eau soit à température, je me regarde dans le miroir. Mes cheveux sont emmêlés et les vestiges de mon maquillage me donnent dix ans de plus. La buée qui s’installe dans la pièce m’indique que l’eau est chaude. Je me glisse dans la large cabine et actionne les jets massant.
Alors qu’ils agissent sur les parties meurtries de mon corps, j’attrape un sein que je pince légèrement de ma main gauche. Mon téton réagit immédiatement et durcit comme la pierre. Tandis que ma main droite glisse sur mon ventre plat et se dirige lentement vers mon intimité déjà bien échauffée, ma respiration s’accélère alors que je n’ai encore touché aucune partie sensible. Je replie les doigts pour n’utiliser que le majeur. L’eau chaude de la douche pleut sur moi mais n’empêche pas mon corps de frissonner. Mon doigt s’attache à titiller mon clitoris et m’arrache un gémissement. Ma main s’active de plus en plus vite et l’orgasme me fauche en faisant trembler mes jambes. Je m’adosse à la paroi pour garder l’équilibre et attrape la fleur de douche que j’abreuve de savon. Je termine par un shampoing démêlant et m’enroule dans une serviette pour sortir et respirer un peu d’air frais.
Après m’être séchée, j’enfile un tailleur jupe. Un chemisier blanc en flanelle, une jupe crayon qui épouse parfaitement les courbes de mon corps et enveloppe mon cul rebondi. Un peu de mascara, un rouge à lèvres bordeaux et me voilà prête pour commencer ma journée.
J’attrape mon mobile et appelle mon chauffeur pour qu’il soit prêt dans dix minutes. Je descends en vitesse un café noir qui me remettra, je l’espère, les idées en place. Mon attaché-case en cuir est prêt, il ne reste que mon agenda que je fourre dedans sans ménagement. L’interphone bipe pour indiquer que l’on m’attend en bas de mon immeuble de l’Upper East Side. Je saute dans ma paire d’escarpins Jimmy Choo et je claque la porte d’entrée, non sans avoir vérifié que j’ai bien mon jeu de clés dans mon sac à main Louis Vuitton.
Une fois sortie de l’immeuble, je vois que la berline m’attend et que le chauffeur est adossé à la portière. À première vue, il est nouveau car sa tête ne me dit rien. J’avance d’un pas assuré et me glisse sur la banquette en cuir alors qu’il referme la porte en la claquant comme s’il s’agissait de celle d’un trente-six tonnes, m’arrachant un soupir agacé. L’homme à la casquette s’installe au volant, démarre et s’engouffre dans le trafic routier. Je toque à la fenêtre qui nous sépare dans l’habitacle et il me regarde dans le rétroviseur.
— James. Au cabinet.
Il me toise et m’interpelle :
— Je ne m’appelle pas James, madame.
Sans même lui adresser un regard, la tête tournée vers le paysage, je marmonne :
— Croyez-moi, au prix où je vous paie, je peux bien vous appeler James, si l’envie m’en prend.
Le reste du trajet se fait dans le plus grand silence. L’agenda posé sur mes genoux, je checke mes rendez-vous du jour.
Paris Hilton. Kim Kardashian. Justin Bieber et Selena Gomez, pour une séance de couple.
Une journée en enfer.
Lorsque la berline se gare le long du trottoir, juste devant le bâtiment où se situe mon cabinet, j’éprouve une certaine fierté. À force de volonté et de persévérance, j’ai réussi ma vie. Mes revenus sont exorbitants, je baigne dans le luxe, j’ai une vie sexuelle très active et je ne dois rien à personne. Surtout pas à mes parents. Des jours comme celui-ci, j’aimerais qu’ils soient là pour contempler l’œuvre de leur fille et leur montrer que, malgré les coups et les brimades, je suis toujours debout. Je ne m’attarde pas et monte au premier étage. La bimbo blonde va bientôt arriver et j’aimerais m’installer avant.
Dix minutes de retard. Fidèle à elle-même. Lorsqu’elle arrive enfin, Paris trimballe ses cabots avec elle. Deux chihuahuas ridicules, sapés de rose et de diamants.
— Olivia !
Elle beugle plus qu’elle ne parle et me fait deux bises fictives comme si nous étions amies depuis des lustres. J’affiche un sourire hypocrite, la salue et d’un geste de la main, l’invite à entrer dans la pièce dédiée aux consultations.
— Paris, bonjour.
Suivie de ses deux chiens qui se dandinent et flairent partout, je soupire en sachant pertinemment qu’ils vont encore chier sur mon tapis hors de prix et me coûter une blinde en pressing. La bimbo s’installe sur le divan, assise en amazone et prend Tinkerbell dans ses bras. Je m’assois à mon bureau et attrape mon calepin.
— Très bien, Paris. Commençons.
 
 
2. Olivia
La journée va être longue, je le sens . Je dois supporter les gémissements de Kim Kardashian, qui revient une fois de plus sur sa foutue sex-tape avec Ray J. Ce film amateur date de 2007 et l’a rendue célèbre. Sa mère s’est engouffrée dans la brèche et a fait de sa famille son fonds de commerce. Chaque soir, à l’heure où les mômes sont censés faire leurs devoirs, tous suivent la folle vie de ces cinq filles et de leur mère. Le fils est le moins con de tous, il ne souhaite plus être filmé. Mais je dois avouer qu’ils seraient un bon sujet d’expérience. Des filles incapables de garder un mec, des mariages éclair, des tromperies, des gendres aux ego démesurés, alcooliques ou dépressifs, c’est au choix, des enfants aux prénoms improbables. Et le must, un père qui devient une femme. Le rêve pour une psy !
Je tapote mon stylo contre mon bloc-notes et je regarde négligemment par la fenêtre de mon bureau. Kim m’a perdue au moment où elle m’a dit que Ray J. l’a larguée après cette histoire de baise commercialisée. Le soleil perce par la grande baie vitrée de mon bureau. Les buildings de New York s’élèvent, majestueux et immenses, et je me surprends à me demander ce que je ferais à l’heure actuelle si j’étais partie avec Ben, quand il m’a demandé de le suivre à Memphis. Je plisse le nez. Certainement pas là où j’en suis maintenant, c’est évident. Ben était mon premier amour à l’université. Il a été témoin de ma volonté farouche de me sortir du marasme qu’était ma vie à cette époque, élevée par des parents à la sexualité débridée et à la main un peu leste. Je soupire et Kim s’en rend compte.
— Olivia ? Vous m’écoutez ?
Je soupire de nouveau et porte un regard glacial sur elle, me forçant à sourire.
— Bien sûr, Kim. Je ne fais que ça.
Pas certaine de saisir le cynisme de ma réplique, elle sourit timidement et reprend :
— Si Kanye repart en tournée, je serai à nouveau seule avec North et Saint, et avec Chicago qui doit bientôt rejoindre notre famille, j’ai peur de ne pas m’en sortir. Qu’en pensez-vous ?
Je ferme les yeux quelques secondes et je pense surtout aux brimades que subiront plus tard ces pauvres enfants affublés de prénoms plus ridicules les uns que les autres. Lorsque je les rouvre, Kim K. est pendue à mes lèvres comme si j’étais le Messie apportant la bonne parole. Je tente un sourire que j’espère rassurant, même si, intérieurement, je me fous bien de savoir si cela la réconforte ou non.
— Kim. Voyons. Vous passez votre temps chez votre mère ou avec vos sœurs. Vous êtes suivie H24 par une équipe de télévision et votre maison peut accueillir la moitié du tiers-monde tant elle est spacieuse. Une armada de nounous est présente jour et nuit pour s’occuper des enfants. Alors ? Vous souvenez-vous seulement de la dernière fois où vous vous êtes retrouvée seule ? Vraiment seule, je veux dire ?
La starlette me dévisage comme si je lui demandais de résoudre une équation à plusieurs inconnues. Sa bouche est à moitié ouverte et ses yeux sont ronds comme des queues de pelle.
Quelle idiote.
Elle semble réfléchir longuement à la question et me répond dans un souffle :
— Eh bien… C’est vrai, je ne sais plus.
Je claque mon stylo sur mon calepin et regarde ma montre, sans aucune gêne. Je dois absolument abréger mes souffrances avant de commettre un meurtre.
— Voilà ! Donc vous n’êtes pas seule ! Kanye peut bien partir en tournée et vous irez faire les boutiques pendant qu’une nourrice grassement payée occupera les enfants.
J’affiche mon sourire chaleureux qui signifie que la séance est terminée et la brunette se lève.
— Vous avez toujours les mots justes, Olivia.
Je la toise et me lève à mon tour.
— C’est sûr…
Je lui serre la main et la raccompagne à la porte, où l’attend son équipe de tournage à qui j’interdis formellement de foutre un pied dans mon cabinet. Il est hors de question que mon image soit associée à ce genre de programme pour adolescentes attardées. Je n’ai pas fondé mon petit empire pour le voir s’effondrer avec ce genre de conneries. Je suis sortie de ma rêverie par Kim qui me tend le chèque qui règle ma prestation. Les zéros que j’y vois m’arrachent un sourire carnassier. Écouter les confidences de célébrités, persuadées d’être le centre du monde, vaut bien un montant à cinq chiffres.
Après avoir refermé la porte, je retourne au bureau et attrape mon paquet de Vogue Menthol. Je sors sur le balcon qui donne directement sur l’arrière de l’immeuble. Un petit parc commun aux quatre bâtiments qui l’entourent de quelques mètres carrés. Le soleil est toujours présent et réchauffe mes pommettes. Je tire une longue bouffée sur ma cigarette quand mon téléphone bipe, indiquant que je viens de recevoir un SMS. Soudain, je pense à Austin et prie intérieurement pour ne pas avoir fait la connerie monumentale de lui refiler mon numéro, en plus de l’avoir ramené chez moi. Lentement, je me dirige vers le bureau et prends mon iPhone dernier cri. Un sourire chaleureux retrousse mes lèvres lorsque je prends connaissance du texto.
T’es dispo ce soir ? 22 h
au Billy’s ? J’aimerais te
présenter quelqu’un. Connor
J’arque un sourcil. Il a piqué ma curiosité. C’est d’accord. Je pianote rapidement une réponse.
Tu m’intrigues.
Dois-je prévoir quelque chose ?
La réponse ne se fait pas attendre.
Ramène ton petit cul sexy,
ça suffira .
 
Charmeur ! À ce soir.
J’ai juste le temps de prendre ma dose de nicotine que j’entends la porte d’entrée s’ouvrir. Justin et Selena entrent, timides. C’est la première fois que je les reçois, faisons en sorte que ce ne soit pas la dernière. Je rajuste ma jupe et lisse ma veste.
The show must go on.
— Justin ! Selena ! Bonjour, je suis Olivia. Mais je vous en prie. Installez-vous.
* *     *
Rentrée chez moi, je me débarrasse de mes talons dans l’entrée. Je pose mon sac et mon attaché-case sur la commode installée à gauche de la porte. Au fur et à mesure que j’avance dans mon loft, je m’effeuille en laissant tomber un à un mes vêtements sur le sol. J’aime être nue. Pas de carcan, pas de gêne. Juste le corps que la nature m’a donné, sculpté par les séances de sport que je m’impose. Je possède ma propre salle dans l’une des nombreuses pièces que compte l’appartement. J’y ai disposé un tapis de course, un rameur, un vélo elliptique et différents poids. Un grand miroir mural me permet de m’assurer que je fais les bons mouvements afin d’obtenir un maximum d’efficacité. D’ailleurs, il me faudra un nouveau coach. Celui que j’ai actuellement ne me convient pas. Trop sexy. Pas bon pour ma motivation.
Je me rends dans la cuisine en quête de quelque chose à grignoter. Une salade, des fruits, peu importe, pourvu que ce ne soit pas gras. Je ne suis pas une affolée de la balance mais je tiens à ce corps parfait. Mes seins sont ronds et fermes. Mon ventre est plat et mes cuisses sont fines. L’apparence est très importante pour moi. Le physique est la première barrière visuelle avec autrui et ceux qui disent que le physique n’a pas d’importance sont soit laids, soit hypocrites. J’ouvre le frigo et mon choix se porte sur une salade verte, des carottes et des tomates cerises. Une bouteille d’eau pour accompagner tout cela et ce sera parfait.
Le repas terminé, je me fais couler un bain à la rose. Le parfum embaume la salle de bains et je me démaquille d’un geste mécanique. Mon esprit vagabonde et je revois ma mère, tirant sur mes cheveux emmêlés par le vent lorsque j’allais traîner au bord de la plage, avec les copains. Elle ne supportait pas que je me néglige, comme elle disait. J’étais un vrai garçon manqué, toujours fourrée avec les garçons à jouer dans la boue ou dans les bois. Mais pour ma mère, je n’étais qu’une traînée. J’avais 10 ans à l’époque, et je ne voyais pas le mal à jouer avec les autres. Elle me réprimandait souvent, me tapait, m’enfermait dans ma chambre sans manger pendant qu’elle se faisait sauter par mon père et ses copains, dans la pièce mitoyenne à la mienne. J’ai passé des nuits entières, les mains appuyées sur les oreilles afin de ne plus entendre ses cris de truie qui m’empêchait de dormir.
Je sors de ma léthargie et stoppe le robinet d’eau avant que la baignoire ne rejette toute la mousse formée par les sels. Je me glisse dedans, non sans avoir été préalablement me servir un grand verre de vin rouge. La chaleur de l’eau m’arrache un soupir de bien-être et je ferme les yeux, détendue. Je pense au rendez-vous mystérieux que Connor m’a préparé pour ce soir et je souris. Je suis certaine qu’il a un collègue de boulot en manque et il a pensé à moi pour le satisfaire. Pourquoi pas ? J’aime cette liberté qui me permet de choisir des partenaires d’un soir. Pas d’attache. Pas d’obligation. Pas de problèmes. Je leur offre une nuit d’extase et en échange, ils disparaissent de ma vie. Je ne leur parle pas de moi et je me fous bien de savoir qui ils sont. Nos rapports sont tous protégés et je fais des tests réguliers. Je ne pratique pas les hommes mariés. Trop de problèmes. Je n’ai pas besoin de voir débouler une femme bafouée hystérique à mon cabinet. L’image de Ben me revient en tête. Deviendrais-je sentimentale ? Certainement pas ! Les sentiments, c’est pour les mauviettes ! J’ai donné mon cœur une fois, on me l’a rendu piétiné et broyé. Je me suis juré de ne plus jamais laisser un homme entrer dans ma vie, encore moins pour y rester. Ils n’y font qu’un passage éclair et c’est largement suffisant.
Je termine mon verre et m’extirpe de la baignoire, dont l’eau est devenue froide. Séchée, je vais dans mon dressing afin de choisir une tenue pour la soirée. Connor veut que je ramène mon petit cul. Ça sent le beau mâle. J’enfile des sous-vêtements rouges à dentelle, on ne sait jamais. J’opte pour une robe bustier courte en cuir noir et des escarpins Louboutin ouverts au bout. Je boucle légèrement mes longs cheveux bruns et le smoky eyes fait ressortir le bleu glacial de mes yeux. Dernière touche apportée grâce à mon rouge à lèvres rose mat. Pas de rouge ce soir, ne soyons pas vulgaire. Quelques gouttes de Dior pour me parfumer et me voilà partie.
Lorsque j’arrive au Billy’s, il y a déjà foule et au vu des regards masculins affamés et des regards féminins dédaigneux qui se posent sur moi, je sais que je fais mouche avec ma tenue. Sûre de moi, je scrute les tables occupées et repère Connor, qui me fait un signe de la main. Je traverse la salle sous les regards de la gent masculine et rejoins la table de mon ami. Il n’est pas seul. Avec lui, il y a Gabriel, son compagnon. Et, contre toute attente, une femme est assise en face d’eux. Je ne la connais pas et la dévisage sans retenue. J’adore tester les gens. Si elle détourne les yeux ou si elle rougit, je ne lui accorderai aucune seconde de mon temps. Je l’examine, debout devant elle qui est assise face à Connor. Gabriel me connaît bien et se marre. Il sait que je veux m’assurer qu’elle vaut la peine que je m’attarde ici. La femme doit être dans mes âges, blonde aux yeux marron, elle est plutôt jolie. Sexy sans vulgarité. Ses doigts sont fins, pas d’alliance. J’arque un sourcil et elle m’adresse un regard franc. Elle se lève et me tend la main en se présentant :
— Bonjour, Olivia. Je suis Laura Garrett. Connor m’avait dit que vous étiez superbe, mais il était bien en dessous de la vérité.
Elle me prend par les sentiments. Bien joué.
Je souris et jette un coup d’œil à Connor, qui se marre en tapant l’épaule de son compagnon.
— Connor a dit ça… Tiens donc !
Le jeune homme rigole et précise :
— Je n’ai dit que la vérité. T’es canon, Olivia. Si j’aimais les femmes, je t’aurais déjà demandé de m’épouser.
Je secoue la tête devant ce ramassis de conneries et le pousse pour m’asseoir en face de Laura. Elle fait signe au serveur et sans me quitter des yeux, commande pour moi.
— Un verre de votre meilleur vin rouge, s’il vous plaît.
Je penche la tête et la dévisage. Je sens qu’on va bien s’entendre, toutes les deux. Un rapide coup d’œil à Connor m’assure qu’il ne l’a pas rencardé sur ma boisson alcoolisée préférée, c’est donc un très, très bon début. Je me penche vers elle, les bras croisés sur la table et lance à ma nouvelle amie :
— Alors Laura, vous vouliez me rencontrer ? Que puis-je faire pour vous ? Si vous êtes journaliste, sachez que je ne vends pas de renseignements sur mes clients.
Puis, marquant une pause, j’ajoute, moqueuse :
— Sauf à très bon prix, bien entendu.
Le serveur revient avec un verre de vin et des olives dans une coupelle. À l’aide d’un petit pic, j’en chope une et sensuellement, je l’enfourne dans ma bouche. Laura esquisse un sourire et se penche à son tour vers moi. Nos visages ne sont plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre et je peux sentir son parfum envoûtant.
Bon sang, qu’est-ce qui m’arrive ?
Laura plonge ses yeux dans les miens et sourit :
— Aucun sens moral.
Je m’offusque et réponds aussitôt :
— Bien sûr que j’ai un sens moral ! Il a un prix, voilà tout.
Laura se marre et m’annonce :
— Je tiens une agence d’escortes et j’ai une nouvelle clientèle à satisfaire. Des hommes riches. Très riches. Et j’ai besoin de femmes de votre trempe.
Je m’adosse au dossier de la banquette en cuir sur laquelle je suis assise. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer alors j’attrape mon verre d’alcool et le descend cul sec. Je lance un regard noir à Connor et reporte mon attention sur Laura.
— Je ne suis pas une pute, madame Garrett.
La blonde secoue la tête en pinçant les lèvres.
— Qui parle de prostitution ? Je parle d’accompagner des hommes lors de leurs déplacements à New York. Un dîner, un opéra, une pièce de théâtre. Ils cherchent une compagnie agréable et surtout quelqu’un capable de tenir une conversation intelligente. Ce que vous faites ensuite de votre soirée ne regarde que vous.
Je dois avouer que l’idée est tentante. De la baise comme je l’aime. Pas d’attache. Pas de problèmes. Je hèle le serveur et lui réclame un nouveau verre de vin. L’alcool m’aidera à prendre une décision. Connor se penche vers moi.
— J’ai pensé que ça pouvait te plaire. C’est déjà ce que tu fais quand tu lèves un mec dans un bar. Vois le bon côté des choses, tu seras payée.
Laura croise les bras sur sa poitrine et je lis dans ses yeux qu’elle a déjà compris que j’avais pris ma décision. Je soupire et peste après ce foutu serveur qui tarde à apporter mon verre.
— J’ai certaines conditions.
Laura ouvre les bras pour m’inviter à développer.
— Tout d’abord, je ne veux savoir que le minimum sur mon partenaire. Nom et profession suffiront amplement. Je me fous de savoir s’il ne baise plus sa femme ou s’il a des gosses. Ensuite, je suis libre de refuser un rendez-vous. J’ai déjà un métier qui reste ma priorité donc je ne serai pas forcément disponible à la demande.
J’interroge Laura du regard, elle hoche la tête en signe d’acceptation et demande :
— Autre chose ?
Le serveur arrive enfin et je lui arrache le verre des mains pour en boire une longue gorgée. Je rêve d’une clope mais je me retiens.
— Oui. Jamais deux fois la même personne.
Cette fois, Laura répond par la négative :
— Impossible. Si certains clients sont satisfaits de vos services, il est hors de question que je leur refuse un autre rendez-vous.
Je grimace. Je déteste être à la merci de quelqu’un. J’aime être libre de prendre mes propres décisions. Je la regarde en silence, espérant qu’elle cède mais, visiblement, elle campe sur ses positions.
Je fais tourner le vin dans mon verre. Je suis partagée entre l’envie d’accepter et celle de fuir en courant. D’un claquement sec, je repose le verre et lui souris.
— Dans ce cas, ce sera plus cher.
Laura sourit. L’affaire est conclue.
 
 
3. Caleb
J’attrape le costume et la cravate, je la noue en m’assurant que le nœud est bien visible. Cela donne un aspect maîtrisé à ma tenue. Ce soir, j’ai opté pour un deux-pièces Hugo Boss de couleur bleu nuit et une paire de mocassins Gucci. L’image que renvoie le miroir de ma chambre me comble. Tout est parfait. Mon corps est parfait. Je suis parfait . Il faut bien avouer que les bonnes fées n’ont pas lésiné sur les moyens lorsqu’elles se sont penchées sur mon berceau. Fils unique d’un grand exportateur d’armes américain, j’ai fait mes études à Princeton avant d’intégrer l’entreprise paternelle. Je suis plus grand que la moyenne, brun aux yeux verts, épaules carrées et plastique de rêve. Je suis un adepte des salles de sport. J’y passe plusieurs heures par semaine car comme dit le bon vieil adage : « On n’a jamais rien sans rien. » Mon sourire Ultra Brite fait des ravages auprès de la gent féminine. Malheureusement, je n’attire que des bimbos siliconées incapables d’aligner deux mots et de tenir une conversation compliquée. Lorsque je les sors pour mes rendez-vous d’affaires, je suis toujours un peu tendu, j’ai peur qu’elles me foutent la honte. Un coup d’œil à ma montre m’indique que la bimbo du soir va bientôt arriver. Je fais appel au même service d’escortes depuis quelque temps, mais si ma partenaire de ce soir ne fait pas l’affaire, je devrais en changer. Sauf si elle assure après le dîner…
Un rictus s’imprime sur mes lèvres en pensant à toutes ces écervelées qui ont atterri dans mon lit, persuadées de se faire passer la bague au doigt un jour ou l’autre.
Idiotes !
Ce n’est pas près d’arriver ! Avant cela, je dois trouver la partenaire parfaite. Quelqu’un qui aura autant de cran que moi, capable de se soumettre tout en me tenant tête. Une femme avec une prestance, du goût, de l’allure. Et surtout, une femme capable de me satisfaire sexuellement. Rien qu’en y pensant, je sens mon sexe durcir dans mon pantalon et pousser la braguette pour que je l’ouvre et le libère.
La sonnette retentit et me ramène au moment présent. Je vais devoir remettre mon petit plaisir à plus tard. L’agence a fait apprêter une limousine et je vais enfin découvrir ma compagne pour la soirée. Prions pour qu’elle soit un peu moins limitée que toutes celles qu’ils m’ont envoyées jusque-là. J’ouvre la porte et retiens mon souffle. La jeune femme qui se trouve devant moi est jolie, certes, mais quelque peu vulgaire. Blonde, saucissonnée dans une robe rose qui semble sur le point d’exploser à tout moment, elle a cependant un corps superbe. Des seins que je rêve déjà de pétrir, un cul rebondi avec lequel je vais bien m’amuser et pour le reste, espérons qu’elle sache s’en servir. Je soupire et la salue :
— Bonjour, tu dois être…
Merde. J’ai complètement oublié son prénom.
Grande classe, Caleb, grande classe…
Et puis merde, on s’en cogne. J’ai comme l’impression qu’elle ne fera qu’un aller-retour éclair dans mon plumard alors son nom importe peu...

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