Cox Brothers - tome 2 : Caleb
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Cox Brothers - tome 2 : Caleb , livre ebook

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Description

Caleb Cox et Sacha Davidson se rencontrent à un âge où la vie leur offre insouciance et innocence. Ils grandissent ensemble et découvrent à quel point aimer peut dévaster les gens. L'année de ses seize ans, Sacha disparaît comme elle est arrivée, aussi intensément et follement dans la vie de Caleb.


Ce jour-là, son monde s'écroule. Alors il se promet de tout faire pour la retrouver.


Les années passent et le jeune homme se retrouve seul avec le cadet de la fratrie Cox après l'emprisonnement des deux aînés. Entre kidnapping, réseau de proxénète et combats illégaux, la vie du jeune homme va se retrouver bouleversée. Il dévie, s'éloigne, prend des risques, mais garde toujours en tête son seul objectif.


Lorsque deux âmes sœurs se rencontrent, rien ne peut les séparer.


Son entêtement l'aidera-t-il à mettre la main sur la jolie petite rousse ?


Caleb arrivera-t-il à intégrer le Cercle ?


Et si la vie s'acharnait une nouvelle fois sur eux ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 4
EAN13 9782493219275
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Cox
Brothers
 
 
Caleb
 
 
ELYS
 
Cox
Brothers
 
 
Caleb

 
«Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur ou l’éditeur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.»
 
ISBN papier : 978-2-493219-28-2
ISBN numérique : 978-2-493219-27-5
©Elys
 
Édition : Plumes de Mimi éditions, 122 rue de l’Argonne, 62117 Brebières.
Siret : 84469800100014
Dépôt légal : 12/2021
 
ELYS
 
Revenue vivre sur les terres qui l’ont vue naître, Elys quitte la région parisienne et s'installe au fin fond de la Bretagne avec sa fille et ses animaux.
 
Lectrice passionnée depuis toute petite, elle a suivi des études en Arts Appliqués, puis la découverte de l'écriture est née sur une des nombreuses plates-formes pour jeunes auteurs.
 
Elle concrétise un jour cette envie de pouvoir tenir entre ses mains son premier livre.
 
Depuis, plus rien ne l’arrête !
 
 
 
 
 
« Il y a des silences qui font du bruit
jusqu'à s'en déchirer le cœur »
Anorexiquedetesmots
 
TABLE DES MATIERES
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29

 
CHAPITRE 1
 
Caleb
 
J'ai six ans.
 
— Viens manger, Caleb. Tes frères sont déjà à table.
 
J'entends à peine maman m'appeler. Mes yeux sont rivés sur les cartons qui s'entassent sous le porche des voisins. La maison est abandonnée depuis un moment. Les peintures blanches s'écaillent sur la façade tandis que le volet le plus proche de moi risque de tomber à tout moment. L'homme aux cheveux bruns tient contre lui un énorme carton et entre en criant sans cesse un prénom. Sa voix s'éloigne à travers l'habitation.
Sacha. Sacha. Sacha.
Au pied des escaliers, je distingue à peine une seconde tête à cause de la hauteur des herbes qui ont envahi le terrain au fil des années.
Des cheveux roux.
 
— Sacha ! Bon sang... Qu'est-ce que tu fous ?
 
Sur la première marche, le corps d'une fillette toute menue apparaît, les bras remplis de sacs en plastique. Je plisse les yeux en distinguant des tresses assez longues pour lui arriver au-dessus des fesses. Son pantalon rose à petits pois jaunes traîne par terre, il est beaucoup trop long pour sa petite taille. Quant à son t-shirt bleu marine, il lui arrive en dessous des fesses. Alors que je l’observe peiner à monter le restant des marches, j’entends :
 
— Cal ! On t'attend... Allez !
 
Je sursaute lorsque je tombe sur Orlando, se tenant sur le pas de la porte. Mon frère a deux ans de plus que moi, mais je suis presque aussi grand que lui. Maman dit que je suis celui qui ressemble le plus à mon père, tandis que mes frères tiennent plus d'elle.
Je ne sais pas. Peut-être… On ne le voit jamais de toute façon.
 
— J'arrive, marmonné-je.
— Qu'est-ce que tu regardes comme ça ?
 
Mon grand frère passe devant moi et porte son attention sur la maison voisine. Il fronce les sourcils en épiant l'homme qui redescend les escaliers pour porter un autre carton. La petite fille le suit de près. Soudain, j’entends un ricanement près de moi.
 
— C'est ton amoureuse ?
 
Le sourire qui fend les lèvres de mon frangin ne me dit rien qui vaille. Je ne réponds pas, grognant contre le jeune garçon qui me guette tout en rigolant.
 
— Caleb a une amoureuse ! Caleb a une amoureuse ! Caleb a une amoureuse !
— C'est pas vrai ! Tais-toi !
 
Il remonte rapidement tandis que je me lève pour le faire taire. Avant de rentrer chez moi, je jette un dernier coup d’œil à nos nouveaux voisins et rencontre le regard de la fillette assise sur la dernière marche du perron. Elle tient contre elle une vieille poupée en chiffon sur laquelle elle pose son visage qui me scrute, puis lève sa main pour me saluer.
Je ne réponds pas, trop intimidé, et longe le couloir pour entrer dans la cuisine où tout le monde est déjà assis. Orlando murmure que j'ai une amoureuse à Jackson, l'aîné de la fratrie, qui se met à rire. Maman leur demande d'arrêter et reporte son attention sur Bayley, assis dans sa chaise haute, qui plonge ses doigts dans la purée devant lui.
Je les entends chuchoter tous les deux pendant que notre mère remplit mon assiette. Ils m’énervent. Jacks est penché sur Orlando et ils me lancent des coups d’œil insistants tout en engouffrant leur repas.
Plus tard dans la journée, alors que mes deux frères sont partis rejoindre leurs copains, je m’assois sur le haut des marches. Je ne peux pas m’empêcher de regarder ce qu’il se passe juste à côté. Tout à coup, je sursaute en me confrontant aux plus beaux yeux verts que j’aie jamais vus. J'ai l'impression que son regard accroche le mien pour ne jamais le lâcher. Elle ne fait aucun mouvement, se contentant simplement de m'observer.
Pas un sourire ni même un mot, toutefois, je ressens déjà un lien s'installer entre nous.

 
CHAPITRE 2
 
Caleb
 
J'ai douze ans.
 
— Tu crois vraiment que la vieille Clarks vole tous les chats du quartier ?
 
Je hausse les épaules, observant Sacha, accroupie près de moi devant la clôture de la maison au bout de notre rue. Il y a peu, elle a coupé ses cheveux. Je ne lui ai rien dit, mais j'adorais quand ils étaient longs. Ma mère aussi. Je l'ai souvent vue tresser les cheveux de ma meilleure amie. Une fois à droite, une fois à gauche et encore à droite, à gauche… Je suis certain de pouvoir le faire sur des centaines de mètres. Seulement, elle arbore désormais une crinière remplie de boucles rousses qui rebondissent sur le haut de ses épaules.
 
— Kay m'a appris que son chat a disparu. Elle est passée devant chez la vieille Clarks et a entendu un tas de miaulements. Même que Debby habite juste à côté et elle m'a dit que son jardin était rempli de cages.
— Ça ne veut rien dire.
— Et si on allait voir ? On court plus vite qu'elle de toute façon. Qu'est-ce que tu veux qu'elle nous fasse avec sa canne ?
 
Sans un mot de plus, je me dirige sur le côté de la maison, puis longe la clôture en ferraille, suivi de la petite rousse. Hors de question que je me dégonfle. Surtout devant elle !
Je pose mes doigts sur le grillage, écartant comme je peux les feuilles des arbustes qui nous cachent la vue. Un souffle chaud se dépose dans mon cou, je tourne légèrement la tête et tombe sur les yeux verts de Sacha.
Je ravale difficilement ma salive, me sentant beaucoup trop près d'elle. Son corps est littéralement collé au mien. Elle mordille sa lèvre inférieure tout en portant son regard devant nous.
 
— Regarde au fond, tu vois la cage ? Près de l'abri en bois.
 
Je chuchote rapidement un « oui », quand soudain, la porte arrière de la maison s'ouvre. La vieille dame descend péniblement dans son jardin, un sac en papier dans la main, et se dirige vers la cabane qui se trouve au fond. Nous retenons notre respiration en attendant de voir une multitude de chats débouler du cabanon.
 
— Tu crois qu'elle en fait quoi ? Elle les mange ?
 
À l'entente de cette question, ma meilleure amie pousse un cri de stupeur qui nous laisse sur le qui-vive. Clarks plisse les yeux et regarde dans notre direction, soulevant sa canne en l'air.
Je sens le corps de Sacha se crisper contre le mien tandis que je la tire lentement pour fuir cet endroit.
 
— Je suis peut-être âgée, mais j'entends encore très bien ! Petits voyeurs ! Je vais appeler vos parents, si vous revenez !
 
Nous filons vers la rue, la remontant aussi rapidement que possible, quand nous croisons mes deux frangins, accompagnés d'un groupe de filles.
 
— Courez pas si vite, tous les deux ! Qu'est-ce que vous foutiez ?
 
Orlando nous regarde durement l'un après l'autre. Nous tentons de reprendre une respiration normale après notre course imposée. Sur le côté, Jackson a un bras sur les épaules d'une petite blonde qui le regarde amoureusement, pendant qu'une autre fille est assise près d'eux, une main sur son bras. Il ne prête pas attention à nous, trop occupé à regarder les filles qui l'entourent. Son meilleur ami, Warren, tire sur une cigarette, rejetant sa tête en arrière pour recracher la fumée dans les airs au-dessus de lui.
 
— Maman vous cherche depuis tout à l'heure. Tu devrais rentrer, maintenant, frangin.
— On vous dérange ? demande Sacha.
 
Orlando secoue la tête tout en regardant derrière lui. Puis il passe sa main plusieurs fois sur son crâne rasé alors qu'une grimace tendue fend son visage. Il nous regarde ensuite tour à tour en soufflant longuement, les bras croisés sur sa poitrine. Le léger sourire qui apparaît au coin de ma bouche le fait grogner. Ma meilleure amie fronce les sourcils tout en regardant derrière mon frère.
 
— Il a combien de copines, Jackson ? Pourquoi elle a sa main...
— Ouste ! Retournez à la baraque. Tout de suite !
 
Nous reculons, puis reprenons notre course jusque chez moi. Pour éviter la maison, nous passons par le chemin qui la longe et entrons dans le jardin, préférant aller nous asseoir dans l’herbe en bas de la terrasse, afin que maman ne nous voie pas.
 
— Pourquoi Jackson avait sa main sous le t-shirt de la fille ?
 
Je repense à mon frère entouré de ces filles tandis que le second bougon bouillonnait de ne pas pouvoir les rejoindre. J'évite de la regarder, sentant le rouge me monter aux joues. Je sais parfaitement ce qu'ils faisaient tous les deux.
 
— Des trucs de grands. La dernière fois, dans leurs chambres... ils regardaient une vidéo.
— Et ?
— Ben, la fille faisait des bruits bizarres, je chuchote, gêné d'en parler avec Sacha.
— Je vais leur confisquer l'ordinateur et leur interdire de sortir, à ces deux zigotos ! Ce n'est pas possible !
 
La voix qui s'élève au-dessus de nous nous fait sursauter, Sacha et moi. Ma mère nous regarde l'un après l'autre, furieuse.
 
— À la maison, vous deux ! Vous surveillez Bayley. J'en ai pour dix minutes. Je dois avoir une discussion avec ces idiots.
 
J'entends encore maman jurer tandis qu'elle ouvre la porte vitrée pour partir à la recherche d'Orlando et Jackson.
 
CHAPITRE 3
 
Sacha
 
J'ai seize ans.
 
Cal et moi sommes allongés sur son lit, écoutant une musique country qui passe en fond sonore. Il emprisonne ma main de la sienne, la portant de temps à autre à ses lèvres pour y déposer de doux baisers chauds qui me retournent l’estomac.
 
— Et si tu devais partir d'ici...Tu irais où ?
 
Je réfléchis un certain temps, examinant les options qui s'offrent à moi.
 
— Tant que je suis loin de lui et près de toi, l'endroit m'est égal.
 
Je dis cela en coulant un long regard tendre vers le jeune homme allongé contre moi. Il m’embrasse du bout des lèvres, satisfait de ma réponse.
 
— Et si un jour... On était séparés ?
— Aucune chance que ça arrive, dis-je en secouant la tête. De toute façon, je finirai ma vie à travailler à la supérette du coin ou à faire le ménage chez la vieille Clarks.
— Ne dis pas ça. Tu vas faire de longues études et tu réaliseras tes rêves. Comme je te l'ai promis.
 
Je n'en dis pas plus, rêvant tout simplement d’un avenir à ses côtés. Je ne suis pas rentrée chez moi depuis quelques jours, puisque mon vieux est porté disparu. J'ai l'habitude qu'il se fasse la malle. Ce connard revient toujours errer dans sa bicoque pourrie avec la dernière de ses pouffes.
Je le hais, lui et ses bonnes femmes.
Chez les Cox, tout est différent : un repas chaud tous les soirs, une chambre qui ferme à clé, un plat à emporter pour le midi au lycée, une salle de bains propre avec toutes sortes de produits que je n’ai jamais eus. Sans oublier l’attention de Lucinda, la mère de Caleb, mais aussi celle de ce garçon qui me cajole tous les jours.
Tout ça peut paraître banal, mais ce sont des choses que je n'ai jamais eues. Je remercie ma bonne étoile, qui doit finalement exister, pour m'avoir permis de débarquer dans cette maison, il y a dix ans de ça. Je n'ai ni frères ni sœurs, mais en me liant d'amitié avec Cal, j'ai trouvé ce que je n'aurais jamais pensé avoir.
Mon petit ami plante son visage dans mon cou, humant mon odeur avant d'expirer dans un râle satisfait. Lorsque je sens sa main se poser sur le peu de peau découverte par mon haut en coton blanc, c'est à mon tour de retenir ma respiration. Il me fait toujours cet effet-là : l'impression que tout mon corps essaie d'évacuer les innombrables épines qui l'ont envahi. Je tremble toujours, attendant la prochaine caresse qui est infiniment trop longue à arriver.
Nous avons décidé de ne pas passer au cap suivant. On se contente d'un tripotage en bonne et due forme. Quand l'un de nous n'en peut plus, on se débrouille tout seul. J’attise la flamme que nous avons allumée tandis qu’elle me consume. Le voir empoigner son membre me rend chaude de désir. Je sais que quand je commence à me toucher sous ses yeux, le grand brun meurt d'envie de prendre la place de mes doigts.
L'impatience et la convoitise se lisent dans ses yeux. À ce moment-là, je redouble d'ardeur, gémissant aussi silencieusement que possible.
Il est tenté, mais il ne fera jamais rien sans mon accord. À seize ans, nous avons une libido très active. Nous laisser seuls nous entraîne généralement à nous retrouver transpirants et essoufflés après de multiples orgasmes.
Je ne m'en plains pas, seulement, je vois bien que mon amoureux aimerait passer à l'étape suivante.
 
— Tu t’ennuies avec moi ?
 
Ma question le prend au dépourvu. Ses yeux se plissent tandis qu'il se redresse sur son coude, abandonnant le bout de peau quémandant encore ses caresses.
 
— Comment ça ? Tu parles de quoi exactement ?
 
Je lance un regard appuyé vers son entrejambe. Il suit la direction de mes yeux sur la bosse qui déforme le devant de son short. Cal ne cache pas la grimace qui fend son visage, mais secoue la tête.
 
— Ça... dit-il en pointant son sexe gonflé. Ce n'est rien. Ça m'arrive tout le temps quand je suis trop proche de toi. Ce qu'on fait me convient. On a toute notre vie pour le reste. Quand je me caresse devant toi, j'imagine ta main sur moi et ça me suffit.
Je ricane silencieusement, l'imaginant en action. Si je ferme les yeux, je peux imaginer la douceur de ses gestes.
 
— Les enfants ! On mange.
 
Les quelques coups à la porte nous font sursauter. Caleb et moi n'avons pas vu les heures passer. Heureusement que Lucinda nous a interrompus. Je sais pertinemment ce qu’il se serait passé si elle nous avait laissés continuer.
Le mois dernier, elle m'a demandé de venir la voir pendant que Cal était à son entraînement de Cross. Je me suis longuement demandé ce que j'avais fait de mal, imaginant qu'elle ne voulait plus de moi chez elle ni auprès de son fils. Mais Lucinda a toujours été observatrice et soucieuse de mon bien-être. Je n'ai jamais eu l'habitude de cette attitude, je n'ai pas bien connu ma mère, quant à mon père, il est plutôt du genre absent. Incapable de subvenir à mes besoins. Cet homme préfère se barrer des semaines entières et courir après la femelle en chaleur. Je ne compte plus le nombre de belles-mères qu'il a ramenées à la maison. Je ne suis même pas certaine de pouvoir les appeler comme ça, puisque la plupart ont tenu moins d'une semaine. Mais aucune n'est Lucinda Cox !
Je me vois encore frapper à la porte, chose que je n'avais jamais faite avant, mais cette fois-là, je ne me sentais pas à ma place, je craignais qu'elle me rejette. Lorsqu'elle a ouvert, ses doux yeux verts se sont plissés, elle était étonnée que je ne sois pas entrée directement.
Ce jour-là, Lucinda m'a proposé de m'emmener voir le médecin pour qu'il puisse me prescrire un contraceptif. Mes joues ont rougi tellement fort que j'ai eu l'impression de rentrer en combustion. À cet instant-là, je me suis dit que lui ou moi avions gémi un peu trop fort.
Mais, elle a été là tout du long. Sans jamais me lâcher de son regard qui me fait me sentir en sécurité.
Comme son fils.
Cal et moi, nous assoyons l'un près de l'autre tandis qu'Orlando prend place en face de mon petit ami. Leur mère revient avec un plat fumant dégoulinant de fromage.
 
— Tu nous as manqué hier soir, frangin !
 
Le sourire de Cal vers son frère se fait moqueur tandis que ce dernier secoue sa tête la plongeant sa fourchette dans son assiette débordante de macaronis.
 
— Ferme-la, mec, tu veux bien ! J'ai encore mal au dos d'avoir passé la nuit en cellule.
 
Je sens leur mère se raidir face à la révélation du plus âgé. Elle évite son regard et continue de nous servir sans rien dire, m'offrant toutefois un faible sourire lorsque je lui tends mon assiette.
 
— Qu'est-ce que t'as encore foutu ?
 
Le regard noir d'Orlando me fait frissonner. Depuis quelques années, le jeune homme ne tourne pas rond. Il passe plus de temps en garde à vue qu'au lycée. Sa dernière année risque d'être compliquée s'il continue comme ça. Lorsqu'on le croise dans les couloirs du lycée, il est toujours au bras d'une nana différente ou mêlé à une bagarre.
 
— C'est Warren... Il a voulu se venger de son vieux. Il a crevé les pneus de sa bagnole. On s'est fait choper en train d'enlever le pare-chocs.
 
Nous nous regardons avec des yeux ronds alors que Lucinda s'assoit lourdement sur la chaise en bois. Elle ne dit rien, dépassée par les conneries de son fils.
 
— Tu peux me dire ce que vous alliez faire avec ça ?
 
Le grand brun lève ses épaules tout en mâchouillant ses macaronis. Il plante sa fourchette une fois de plus dans son assiette en observant son frère, quand tout à coup, un lourd coup cogne contre la porte en bois.
Je les vois tous se redresser d'un bond, sur le qui-vive, délaissant leurs assiettes. La voix d'Orlando brise le silence pesant tandis que sa mère se lève lentement pour aller voir la personne qui attend derrière la porte.
 
— Si c'était le vieux, il n'aurait pas frappé.
 
D'un regard entendu, Caleb se lève à la suite de sa mère, qui entrouvre fébrilement la porte. Plusieurs fois, mon petit ami a fait allusion à son père, mais j'ai rapidement compris qu'il n'était pas le bienvenu chez eux.
Ce n'est pas cet homme qui apparaît sur le pas de la porte, mais le mien. Accrochée à sa veste, une blonde se redresse vivement sur ses talons hauts tout en remettant sa jupe en jean en place. Ses poignets étincellent d'un tas de breloques qui couinent entre elles tandis que mon vieux passe un bras au-dessus de ses épaules.
Le sourire langoureux qu'elle affiche me donne un haut-le-cœur, je me demande ce qu'ils faisaient derrière la porte avant que Lucinda n'ouvre.
 
— Monsieur Davidson, bonjour ! Nous étions à table.
 
Ce qui veut dire : Reviens plus tard. Je nourris ta fille !
 
— Sacha, prend tes affaires, on rentre. Suzy va te faire à manger.
— Laissez-la au moins terminer. Elle dormira chez vous ce soir.
— C'est ma fille. C'est encore à moi de décider.
 
Je vois le dos de Cal se tendre lorsque mon père s'avance d'un pas et entre chez lui sans y être invité. Près de moi, la chaise d'Orlando grince sur le carrelage. Rapidement, il les rejoint et fait reculer mon vieux sur le perron.
La blondasse à son bras vacille quelque peu, s'accrochant toujours aussi désespérément à mon père. Ses yeux vitreux se posent lentement sur moi et ce que j’y vois me répugne déjà.
Une droguée.
Pour ne pas faire d'histoire, je me lève rapidement et les rejoins, empoignant mon sac de cours resté à l'entrée. Ma main se pose délicatement dans le bas du dos de mon petit ami qui se retourne, surpris de me trouver là. Il m'implore du regard de retourner dans la cuisine, mais je sais que mon vieux ne laissera pas tomber.
Lucinda me jette un regard résigné au-dessus de son épaule, m'intimant silencieusement de me tenir tranquille quand je serai chez moi. Je hoche discrètement la tête alors que mon vieux s'éloigne vers chez nous. Sa pouffe blonde se cramponne à lui en descendant les escaliers.
 
— Je t'appelle, Sacha. Laisse ton téléphone allumé.
 
Avant de sortir, je dépose un léger baiser au coin des lèvres de mon amoureux, pendant que sa mère serre ma main au passage. Orlando grogne, ne comprenant toujours pas le fonctionnement de mon père, mais ne fait jamais de remarque.
Je descends les escaliers la boule au ventre. Un mauvais pressentiment naît en moi lorsque je passe le portillon en ferraille de mon terrain.
Les ricanements qui s'élèvent dans le salon me retournent l'estomac. En y entrant, je trouve « blondie » assise à califourchon sur mon vieux. Je monte rapidement dans ma chambre, incapable de dire quoi que ce soit.
Bienvenue chez moi.

 
CHAPITRE 4
 
Caleb
 
J'ai 23 ans.
 
— Allez, mec ! Bouge-toi. La fête est finie. Va cuver ailleurs, Birdy va débarquer, dit Wolf en me secouant.
 
Je roule sur le côté, découvrant brutalement que je ne suis pas dans mon lit ni même chez moi. Je ne suis pas rentré depuis plusieurs semaines. À quoi bon ? Ma mère pleure à longueur de journée depuis l'arrestation d'Orlando. Bayley reste l'ombre de lui-même. Quant à May, elle est introuvable.
La petite brune a disparu et je n'ose pas le dire à mon frangin.
J'aurais dû savoir où je me trouvais, rien qu’à l'odeur nauséabonde qui flotte autour de moi. Cette flagrance brute de tabac mélangée à l'alcool me retourne le bide. Ma chute aussi. Je me redresse difficilement, observant le canapé qui m'a accueilli cette courte nuit.
 
— Elle va gueuler ! Son appart est sens dessus dessous.
 
Je le distingue péniblement au fond de la pièce, tenant un sac poubelle. Il ramasse tout ce qui lui tombe sous la main, mais je ne rêve que d'une chose : rallonger et terminer ma nuit.
 
— Cette nana va me défoncer. Elle va m'étriper et je vais finir...
— Ferme-la, Wolf ! grogné-je.
— Tu ne la connais pas ! On parle de ma gonzesse quand même !
 
Je ricane en pensant au mètre cinquante qui va une fois de plus péter un câble. Mais qui confie son appartement à Wolfgang Deket ? Une tarée. Ce mec ne sait pas faire grand-chose à part des fêtes indécentes, toujours abreuvé d'alcool et de drogue.
Nous nous sommes rencontrés en dernière année au lycée. Repenser à cette période de ma vie me laisse toujours ce même goût amer que je peine à refouler. Tout me ramène à elle. Ma petite rousse ne l'aimait pas spécialement, mais c'était le genre de mec qui savait tout sur tout le monde.
Et en ce moment, j'en ai bien besoin.
Je me relève abruptement du tapis en prenant appui sur le canapé en cuir gris qui trône dans un coin de la pièce. Brusquement, la vodka me remonte dans la gorge tandis que je baisse la tête pour porter mon t-shirt à mon nez. Je pue l’alcool bon marché.
 
— On se voit plus tard, mec ! J'ai un combat demain soir.
— Pas de souci. Envoie-moi un SMS... Si je suis toujours en vie.
 
Je rigole silencieusement en passant la porte, pressé de sortir d'ici. Les escaliers qui s'offrent à moi me paraissent descendre à l'infini, quand tout à coup, je vois une masse de cheveux bleus monter l'escalier un peu plus bas. Trop tard pour se cacher, puisque Birdy pointe déjà sur moi un regard furieux. Elle ne m'adresse pas la parole, comprenant sûrement que Wolf a une fois de plus merdé.
 
— Je vais me faire ce connard ! Il va morfler si je...
 
Le restant de son monologue s'évapore dans la cage d'escalier puisqu'elle passe rapidement près de moi sans m'offrir le moindre bonjour.
Elle est tarée. Complètement baisée. Mais ces deux-là vont bien ensemble.
Ma moto n'a pas bougé, elle m’attend sagement là où je l'ai laissée hier soir. Au moment de passer mon casque sur ma tête, mon corps se retrouve plaqué contre le mur de l'immeuble derrière moi. Je jure silencieusement, la joue écrasée contre la pierre.
 
— Caleb Cox ?
 
Je grogne à l'entente de mon prénom, mais la poigne sur mon bras ne fait que se renforcer.
 
— Arrête de gigoter, on veut simplement papoter un peu avec toi.
— De quoi, putain ?
— Tu le sauras bien assez tôt.
 
Je me sens partir en arrière, butant contre un tas de muscles alors qu'un des deux gars se présente à moi. Un homme bien bâti d'origine asiatique se tient à quelques mètres de moi. Il m'observe attentivement de bas en haut. Rien sur son visage ne laisse transparaître ce qu'il ressent. Ses yeux en amandes me scrutent d'un profond noir d'encre alors qu'une de ses mèches de cheveux retombe en travers de son front.
...

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