Découverte
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Description


« Tu n’auras jamais à être sans moi, Laney, jamais. »


Les mots d’Evan – ses mensonges – sonnaient creux lorsque je suis partie pour l’université.


Et bien que le changement, aussi inévitable et effrayant qu’il puisse être, se cache dans un coin à attendre les étapes que vous pensiez pouvoir franchir pour s’abattre sur vous, je n’aurais jamais pu imaginer vers quel changement, irrévocable, je fonçais.


Mais... en fermant la porte de mon ancienne vie, une nouvelle porte s’est ouverte... et Dane Kendrick est entré, réveillant les rêves, les plaisirs et les désirs les plus sauvages qui dormaient en moi et dont j’ignorais l’existence.


Il est désormais temps de découvrir la vraie Laney Jo Walker.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782382281475
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Découverte
Copyright de l’édition française © 2021 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2016 S.E. Hall
Titre original : Emerge
© 2016 S.E. Hall
Traduit de l’anglais par ÉmelineFD
Relecture et correction par Deborah Bourguignon, Miss Salsbury, Agathe P.
 
Conception graphique : © Francessca Webster pour Francessca’s PR & Design
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-38228-147-5
Première édition française : juillet 2021
Première édition : octobre 2016
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Remerciements
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Chapitre 34
Chapitre 35
Chapitre 36
Chapitre 37
Chapitre 38
Chapitre 39
Chapitre 40
Chapitre 41
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
Remerciements
 
 
À mon merveilleux mari qui m’apporte des collations pendant que je travaille, nettoie autour de moi, me surprend avec des stylos et des cahiers sympas, et me permet d’être exactement qui je suis – je t’adore Jeff. Tu es mon meilleur trois quarts et j’ai de la chance que tu continues à me choisir.
À ces deux fabuleuses petites filles qui déambulent en m’appelant maman – vous êtes les meilleures ! Merci de m’avoir cherché et d’avoir demandé mon attention, sans jamais oublier de m’embrasser pour me souhaiter bonne nuit. Vous êtes la meilleure chose que j’aie faite et que j’ai parfaitement réussie ! J’espère que, dans toute mon absence distraite ces derniers temps, je vous ai au moins montré que vous deviez faire ce que vous vouliez… allez-y à fond et soyez reconnaissantes envers ceux qui vous attendent encore lorsque vous atteignez le bout.
À ma CP, Angela – ceux ne croient pas aux âmes sœurs n’ont pas encore trouvé leur CP ! Ce livre ne serait pas ce qu’il est, ni même terminé, sans toi. Merci beaucoup pour tous les appels, les sessions impromptues, les idées et les retours brutalement honnêtes. J’ai hâte de travailler sur nos prochains livres ensemble !
Tous mes amis et ma famille, que je n’ose pas nommer individuellement de peur d’oublier quelqu’un, merci beaucoup à tous !
Enfin, merci à ma Lue pour l’inspiration. Depuis la minute où tu as respiré, tu m’as sauvé et je suis en admiration devant toi depuis. Ta beauté, ton rire, ton esprit et ta capacité à éclairer une pièce ne me laissent jamais à court d’émerveillement. Je suis tellement fière d’être ta mère et je dois l’admettre : je tuerais pour revenir en arrière et redevenir jeune, comme toi. Le monde enroulé autour de ton petit doigt, c’est ce que tu as. Je ne doute pas que tu rebondiras toujours ; vibrante, ludique et charmante… et aimée.
 
 
Découverte
Prémices amoureux #1
 
 

 
 
S.E. Hall
 

 
Prologue
 
Petite Laney
 
 
Je ne peux tout simplement pas traîner avec les filles à la récréation. Personne ne devrait s’attendre à ce que je le fasse, non ? À dix ans, j’ai déjà compris qu’il fallait s’intéresser à autre chose que les garçons et les potins, les deux seules choses dont elles semblaient parler. De plus, elles ne veulent plus rien avoir à faire avec moi. Michelle, la bruyante, a clairement fait savoir que sa mère pensait que « c’est dommage que je n’aie pas d’influence féminine », alors mon père comprendra sûrement l’appel du principal Mills… encore une fois.
Le principal Mills ne se met jamais vraiment en colère contre moi. Il ressemble beaucoup à mon père, facile à vivre et un peu mou, donc il est facile de s’asseoir avec lui dans son petit bureau exigu jusqu’à ce que papa arrive. Je ne suis pas trop inquiète d’avoir des ennuis, je n’ai jamais vraiment de problèmes. Je les ai souvent entendus parler après m’avoir envoyée dans le couloir. Ils pensent que je suis « en colère et que je passe à l’acte ».
Ils ont tort.
Je ne suis pas en colère et je n’ai pas besoin de leur pitié. Ils devraient avoir pitié d’elle. C’est elle qui a abandonné. En tout cas, elle nous a abandonnés, de toute façon. Qui sait ce qu’était exactement son herbe plus verte.
Très vite, mon père arrive, décontracté comme toujours, et s’installe confortablement. Il est là au moins une fois par mois, après tout. Ils se serrent la main comme s’ils étaient des copains de poker ou quelque chose comme ça. Je ne suis même plus sûre que papa l’appelle Principal Mills, ou même M. Mills. Je crois qu’il l’appelle juste Paul. Pendant les dix premières minutes, ils parlent des espoirs des élèves de cette année. Cette ville vit pour le football et le base-ball au lycée, selon la saison. Espérons qu’ils oublient complètement mon dilemme.
Pas de chance.
— Tu veux me dire ce qui s’est passé, cogneur ?
Je prends ma plus belle tête de chiot.
— Papa, tu as dit de ne pas commencer une bagarre, mais que je pouvais en finir une.
Le bon principal essaie de cacher un ricanement et mon père me rappelle de surveiller mes paroles.
— Eh bien… Andy Collins m’a poussée en premier, parce que c’est un mauvais perdant, alors… je l’ai fini. Je l’ai frappé sur le terrain et ensuite je l’ai frappé pour m’avoir poussée. Ça devrait clarifier tout ça, non ?
— Maintenant, Laney, être poussé ne justifie pas un coup en retour. Si j’ai un appel, tu dois avoir amoché le garçon. Pourquoi ne pas l’avoir dit à un professeur ?
Est-il sérieux maintenant ? Je ne suis pas une balance.
— Papa, s’il te plaît. Je ne l’ai pas amoché à ce point… je n’ai pas eu besoin de le faire.
— Et pourquoi cela ?
Il arqua un sourcil avec curiosité.
Le principal Mills répond pour moi.
— Parce qu’Evan Allen l’a fait pour elle.
 
 
Il n’a pas fallu longtemps pour trouver M. Allen. Il s’avère que la famille Allen avait récemment emménagé en bas de la rue. Papa voulait faire savoir à l’homme qu’il pensait que ce que son fils avait fait était noble et espérait bien qu’Evan n’avait aucun problème. Il lui confirma qu’il n’en avait pas, et qu’il n’avait eu qu’à inviter le garçon à pêcher avec nous.
Du moins, c’est comme ça que papa me l’explique. Cela ne m’empêche pas de faire la moue pendant tout le trajet jusqu’à l’étang et d’essayer d’ignorer l’intrus assis sur la banquette arrière avec moi.
— Merci de m’avoir invité, Monsieur Walker. J’adore la pêche.
Bien sûr qu’il aime ça ; quel lèche-cul !
— Tout le plaisir est pour moi, Evan, nous sommes heureux de t’avoir avec nous. N’est-ce pas, Laney ?
— Bien sûr, papa.
Je souris gentiment avant de continuer.
— Dis, Evan, tu sais comment appâter ton propre hameçon, non ?
Quoi ? Je suis vraiment inquiète. Je ne veux pas finir par tout faire pour le gamin.
Evan me regarde du coin de l’œil, sans répondre.
— Papa, tu lui as apporté un gilet de sauvetage ? On ne voudrait pas qu’il tombe dedans et se noie s’il en accroche un gros.
Papa ne me répond pas non plus. Ils semblent tous les deux mal à l’aise ; je ne suis pas du tout perturbée. J’en ai d’autres en réserve, les gars ! Je peux faire ça toute la journée et c’est bien mérité, en ce qui me concerne. Comment papa ose-t-il inviter ce garçon sur notre temps ensemble ? Le temps que je passe avec papa est sacré. Nous n’avons pas besoin de compagnie.
— Hé, Evan…
Je parle d’une voix traînante et je donne un coup de pied au petit malin en sortant du pickup et en attrapant notre équipement.
— … ne t’habitue pas à ça. Un sauvetage, un voyage. Compris ?
Papa fait comme s’il ne m’entend pas et se dirige vers l’eau. Il pense que son nouveau petit héros peut se débrouiller avec moi. On verra bien.
— Sauvetage, hein ? C’est ce que tu penses que c’était ?
Donc… Evan peut répondre.
— Peu importe, tu sais ce que je veux dire. Je me fiche de ce que les gens pensent de moi. Mon père et moi sommes très bien sans eux. Je n’ai pas plus besoin de nouveaux amis que d’être sauvée. Je peux très bien prendre soin de moi.
— Oh, j’ai vu ça, tigre. Ce n’est pas pour ça que je l’ai fait.
Tigre ? Ne pouvait-il pas se souvenir de mon nom ? Un garçon typique.
— Pourquoi alors ?
Il réfléchit une minute, donne un coup de pied dans la terre avec son orteil, puis hausse les épaules.
— Je te le ferai savoir dès que j’aurai compris.
Je n’ai jamais entendu parler de ce qu’il a trouvé. Il s’avère que nous avions beaucoup d’autres choses à discuter.
 

 
Chapitre 1
 
LANEY
 
 
Huit ans plus tard
— Walker, à toi de jouer ! L’entraîneur Logson me crie dessus.
Nous y revoilà, héros ou zéro pointé. Comme c’est ma dernière année de lycée, et que je joue au softball depuis toujours, je devrais être habituée à la pression, mais ces papillons familiers dans mon estomac commencent à remuer.
Sortir du banc froid lors de la dernière manche, ça craint. Cela ne peut mener qu’au désastre ou à l’héroïsme, faisant souvent du frappeur désigné la pire position de l’équipe. Alors, armée de ma chance sur deux, je prends mon casque et ma batte et m’approche du cercle d’échauffement.
Je m’entraîne aux frappés, chronomètre le lanceur, je devais vraiment être trop concentrée pour entendre la voix de mon père au-dessus de la foule et mes propres pensées.
— Tombe en frappant, cogneur ! crie-t-il de sa voix. La balle, c’est la vie.
Mon père était un lanceur vedette et un héros de sa ville natale à son époque, il connaît donc le jeu de fond en comble et en a un véritable amour et respect. Il a rarement manqué une manche de mes nombreuses années de jeu et je suis toujours contente quand ma performance est à la hauteur et le rend fier.
Plus distrayant que sa voix, cependant, est le regard que je reçois de mon autre fan qui ne rate jamais un match, Evan.
Evan Allen, mon meilleur ami et mon roc, est assis sur le gradin du haut comme toujours, portant son tee-shirt bleu n° 14 qui le proclame fan des Walker. Je le regarde plus longuement du coin de mon casque et je vois qu’il a les doigts croisés sur les deux mains, la jambe gauche qui bouge de haut en bas. Parfois, je pense qu’il est plus nerveux pour moi que moi.
Il sait que je le regarde, comme je peux toujours sentir son regard sur moi, et se tourne légèrement pour me faire un clin d’œil.
— Tu l’as, dit-il d’un signe de tête ferme.
Concentré sur moi, il ne remarque pas la meute de loups déambulant dans les gradins. Riant et se pavanant, ils prennent le gradin devant lui, lui bloquant presque la vue. Je suis sûre que mon casque ne cache pas le roulement des yeux que je fais, mais je m’en fiche. Je me concentre à nouveau sur le jeu.
Kaitlyn Michaels, notre défenseuse à droite et à peu près la seule amie que j’ai, surgit et la balle est facilement attrapée, la deuxième sortie de la manche. C’est l’heure du coup de sifflet final et je m’approche du cercle. Mon père crie à nouveau et frappe la clôture. Lui aussi s’énerve quand je me fais finalement entraîner dans le froid, alors il me dit en gros de faire abstraction des signes et de frapper pour l’avoir.
Le premier lancer est à l’extérieur, et bien que mon entraîneur de père m’ait toujours conseillé de les arrêter, je frappe bien sûr… et je rate. Frappant ma batte sur le cercle, je me prépare pour le prochain lancer. Celui-ci est très bas et je l’arrête. J’ai toujours eu un bon œil. Je prends une grande respiration. Je peux le faire. Je frappe tardivement, j’ai une troisième tentative du lanceur.
— Un-deux. L’arbitre fait le décompte… juste avant que je frappe à nouveau et que je respire.
C’est le truc avec la théorie de mon père « pas de tripes, pas de gloire » : si vous vous connectez, c’est parti, vous gagnez et vous êtes le joueur le plus précieux. Mais si vous ratez… c’est comme ça.
J’avais frappé, mettant fin au match en leur faveur. Être le dernier à sortir d’un match est le pire sentiment qui soit. Je préférerais presque ne pas entrer dans le jeu du tout.
Après avoir feint de m’intéresser au discours d’après-match de l’entraîneur – non pas que je ne les respecte pas, lui et mon équipe, mais j’en ai un peu marre pour l’instant –, je commence ma marche vers les vestiaires… pour que papa se mette sur mon chemin.
— Bon frappé, gamine. Si jamais tu as un morceau de ces étrangers que tu ne peux pas renvoyer, il disparaîtra, dit-il en me frottant la tête.
Je lui fais un demi-sourire et hausse les épaules. Que puis-je faire d’autre ? Je me demande combien de personnes mon père a fait se sentir exactement comme ça pendant son séjour sur la butte.
— Je te verrai à la maison, dit-il en se dirigeant vers son pickup.
Je prends rapidement une douche et rassemble mes affaires, j’offre un « bon jeu » sans enthousiasme aux quelques coéquipiers qui traînent encore vers les casiers et je commence la marche de la honte vers mon pickup
Les lumières du terrain donnent au parking juste assez de lumière pour une lueur sinistre et je le vois immédiatement. Je savais qu’il serait quelque part à proximité ; il l’est toujours. Parfois encore entouré par la meute de loups au moment où je suis prête, parfois juste devant la porte… mais toujours à proximité. Aujourd’hui encore, je ne le tiens pas pour acquis et je suis toujours étonnée de constater à quel point je ressens un sentiment d’appréciation unique à chaque fois.
Ce soir, il est seul et a choisi de s’appuyer sur le capot de ma voiture. Avec ses bras croisés sur la poitrine et une cheville croisée sur l’autre, il n’y a pas vraiment de spectacle plus réconfortant que celui de mon Evan. Avec une taille d’un peu plus d’un mètre quatre-vingt, une carrure mince, mais solidement musclée, des cheveux bruns hirsutes qui n’ont pas besoin de gel pour paraître fixes, des yeux bleus cristallins et un sourire arrogant, Evan Allen n’a qu’à respirer pour provoquer l’émoi de toute fille qui a la chance de croiser son chemin. Ajoutez à ça son statut de star du football, sa veste bleu marine et son comportement légèrement timide et vous obtenez le fantasme de toutes les lycéennes.
— Hé, c’est tout ce que je dis en m’approchant de lui, en glissant mon sac à l’arrière de mon pickup.
Oui, je conduis un pickup, et je joue au softball… ce n’est pas le fantasme de toutes les lycéennes. Non pas que je m’en soucie.
— Hé toi-même, beau cul, dit-il en souriant, visiblement assez fier du dernier ajout à sa liste de surnoms toujours croissante pour moi.
Je l’aime secrètement et je ne suis jamais déçue par ce qu’il trouve, idiot.
En regardant autour de moi, je ne vois pas son énorme pickup surélevé, qui est très difficile à rater, alors je lui demande s’il a besoin d’un chauffeur. Il hoche la tête et tend la main vers mes clés… comme si !
— C’est mon pickup, c’est moi qui conduis, lui dis-je, même si cela devrait aller de soi.
— Même pas en rêve, femme. Tu es la pire conductrice que je connaisse, surtout quand tu es en colère, et je préférerais rentrer chez moi en vie. Donne-les-moi.
— Je ne suis pas en colère, soufflais-je, je suis déçue de moi… comme d’habitude. Je marmonne la dernière partie.
— Ne parle pas de ma copine comme ça, et ne m’oblige pas à te malmener pour ces clés. Il se précipite sur moi, ce à quoi j’échappe de justesse.
Souriant maintenant, malgré mon humeur, je lui concède et lui remets les clés. Je ne peux tout simplement pas résister aux charmes qui sont si complètement Evan ; ces yeux bleus séduisants encadrés de cils épais et sombres, et son petit sourire tordu lorsqu’il débite ces petits noms qui mettent à l’épreuve la détermination de toute fille. Sans mentionner, et je ne le ferai jamais, que je suis vraiment une mauvaise conductrice. Mais Evan m’a appris à conduire et je me réjouis de savoir que je peux utiliser cela contre lui s’il devient trop arrogant au sujet de ma remise des clés.
Conduire est une chose, mais il n’y a pas moyen que je cède le contrôle de la radio ; il sait que la musique est mon échappatoire. Je sais qu’il va essayer de parler de mon échec épique, alors j’espère qu’il comprendra que c’est la dernière chose que je veux faire.
Je tourne mon regard par la fenêtre, en pensant au jeu, à la déception de mon père, mais aussi à rien du tout, quand sa volonté cède enfin.
— Tu veux en parler ? demande-t-il gentiment.
Je me tourne vers lui, je roule des yeux et retourne à ma fascination pour tout ce qui se trouve à l’extérieur de ma fenêtre. La route qui mène à notre quartier comprend une belle étendue de terrain, encore vierge de toute société, rien d’autre qu’un grand champ ouvert et un ciel sombre rempli d’étoiles. J’essaie de choisir la plus brillante, l’étoile de mes vœux, mais la voix rauque d’Evan me détourne.
— Ça ne vaut pas la peine de s’en vouloir. C’était un coup d’éclat, pas la fin du monde. Eh oui, il t’aime toujours.
Je déteste quand il sait exactement ce que je pense… ou est-ce que je…?
— Facile à dire pour toi. Chaque fois que tu marches sur le terrain, tu rends toute la ville fière, sans parler de ton père. Et chaque fois que je foire, eh bien, c’est exactement ce que c’est : une autre erreur. Je vais probablement devoir travailler jusqu’à la fin de mes études pour les payer afin de pouvoir me mettre des échardes dans les fesses. Je le dis avec un peu plus de verve qu’il ne le mérite, et je me sens un peu coupable, mais parfois je pense qu’il ne comprend pas.
Ses offres de bourses d’études arrivent depuis des mois, pas les miennes. Mon père et moi vivons au jour le jour, il n’a pas les moyens de me payer l’université et j’ai déjà été un trop lourd fardeau pour un seul parent. Une bonne bourse d’études est vitale pour mon avenir.
— Ah, Laney, tu es bien trop dure avec toi-même.
Il a peut-être raison, mais heureusement que nous sommes arrivés à la maison, je n’ai pas à me décider maintenant.
Nous n’habitons qu’à trois maisons l’un de l’autre, alors Evan gare mon pickup dans mon allée et se retourne sur son siège pour me regarder, tirant un bout de papier de sa poche arrière, son regard bleu d’une nouvelle nuance de sérieux.
— Je pensais que tu me le dirais si ça ne s’arrêtait pas, me dit-il en me remettant le papier. Je n’ai pas vraiment besoin de l’ouvrir, ils sont tous pareils, mais je le fais quand même. Celui-ci dit : «  Super match ce soir, Laney. Tu es géniale. »
Qui est ce monstre ? Pourquoi ne pas simplement s’approcher de moi et me dire : « Hé, je t’aime bien » ou « Hé, tu veux prendre un hamburger ? » Ce serait sûrement moins gênant que de se faufiler, de laisser des notes et des cadeaux effrayants. Peut-être qu’on aurait pu avoir une amitié normale avant que ça devienne bizarre.
Au début, je pensais juste que c’était un admirateur secret mignon, surtout que nous étions si jeunes quand ça a commencé, mais maintenant nous sommes adultes et c’est effrayant. Evan me supplie tout le temps de le dire à mon père, mais il y a des choses qu’on ne dit pas à un père célibataire au sujet de sa fille unique ; il organiserait une chasse à l’homme. Une promesse que j’ai toujours faite à Evan, et que je tiendrai, est que si jamais il y a un ton menaçant dans les notes ou une rencontre personnelle, je le signalerai immédiatement.
Je soupire, je n’ai pas vraiment envie d’en parler maintenant.
— Ça fait un moment depuis la dernière, alors il n’y avait rien à te dire. En plus, c’est toi qui l’as trouvée, pas moi. Je suppose que tu n’as rien vu ?
Il me fait juste ce regard « vraiment, Laney ?». Bien sûr, il n’avait vu personne ; s’il l’avait vu, il serait encore sur le parking, réduit en bouillie.
— D’accord, eh bien, assure-toi de rester vigilante, Laney. Je ne peux pas toujours être là et je m’inquiète pour toi.
— Je sais, Ev, je le ferai
Nous sortons du pickup et il attrape mes affaires à l’arrière et me lance mes clés avec un « Attention ! » Après le câlin, comme on fait toujours pour se dire au revoir, il se dirige vers sa maison, en marchant lentement, bien sûr, en s’assurant toujours que je rentre bien à l’intérieur. Il crie par-dessus son épaule : « Bonne nuit ! », ce à quoi je souris et fais un petit signe de la main, sachant que je lui parlerai au moins une fois avant d’aller dormir.
 
 
Je suis à peine sortie de la douche qu’un texto entrant sonne. Je sais que c’est Evan avant même de regarder.
Evan : Ça va ?
Sa prévenance me fait sourire malgré mon humeur un peu lugubre.
Laney : Bien sûr, ça va toujours. La douche chaude a aidé.
Evan : Alors ce week-end, faisons quelque chose.
Je ne sais pas pourquoi il doit clarifier cela. Je ne me souviens pas du dernier week-end que je n’ai pas passé avec Evan, mais je vais jouer le jeu.
Laney : OK… ?
Evan : Je voulais dire, faisons quelque chose de différent.
Laney : Comme ?
Evan : Je ne sais pas, peut-être un bon dîner au restaurant ?
Laney : Evan, tu me proposes un rendez-vous ?
Bien sûr que non, Evan et moi ne sommes pas comme ça, mais j’adore le taquiner.
Evan : Peut-être.
Laney : Tu devrais peut-être me glisser un mot demain et je pourrai cocher la case oui ou non.
Evan : Hein ?
Laney : Viens ici, s’il te plaît.
Je me penche par ma fenêtre ouverte pendant qu’il marche d’un pas nonchalant. Il s’est changé et porte un short de basket noir et un tee-shirt gris, sans chaussures. Il passe une main dans ses cheveux en s’approchant de moi, signe qu’il est nerveux. Pourquoi ?
— Rebonjour, M. Allen. Tu aurais pu prendre le temps de mettre des chaussures. Je hoche la tête en direction de ses pieds et ris.
— Nan, ça va.
— Je suppose que tu te demandes pourquoi j’ai convoqué cette réunion.
J’essaye vraiment de garder un visage sérieux, mais il sourit.
— Oui, madame
— Si un jeune homme souhaite inviter une jeune femme à dîner, il devrait probablement le lui demander en personne. Il y a certaines choses qui ne sont pas encore acceptables par texto.
Il rit ; j’adore ce son. Il est vraiment le plus adorable des hommes. Pas étonnant que les filles à l’école se ridiculisent devant lui.
— Je veux dire, je sais que ce n’est pas un rendez-vous galant, mais quand même… fais-moi plaisir.
— Laney Jo Walker, j’aimerais beaucoup t’inviter à un bon dîner ce week-end. J’aimerais t’ouvrir les portes et t’apporter des fleurs. Tu peux l’appeler, ou ne pas l’appeler, comme tu veux.
La main dans les cheveux à nouveau ; pourquoi est-il anxieux ? Nous avons mangé ensemble plus de fois que je ne peux compter, et généralement, celui d’entre nous qui a de l’argent à ce moment-là paie, alors quel est le problème ?
Il regarde par-dessus mon épaule.
— Ça sonne bien ?
— J’accepte. Ça a l’air très bien. Je penche la tête sur le côté, le forçant à rencontrer mes yeux, et je souris. Mais à quel point est-ce que c’est bien ? Tu sais que je ne porte pas de robe, n’est-ce pas ?
— Cette pensée folle ne m’a jamais traversé l’esprit, mon soleil. Porte ce que tu veux.
— OK, alors je te verrai demain matin. Est-ce que tu conduis ?
— Oui, madame. Et sur ce, il fait un clin d’œil et retourne chez lui.
 
 
Malgré mes mains moites et agitées et ma perpétuelle bouche sèche, le dîner est incroyable ; encore mieux que ce à quoi je m’attendais. Le Vicenza est un nouveau restaurant italien situé à une ville de là, avec des bougies, de la musique douce et toutes ces autres choses du genre « restaurant de rendez-vous ». C’est le plus bel endroit où je suis jamais allée et la nourriture y est délicieuse. Je lui suis toujours reconnaissante lorsqu’il me fait essayer de nouvelles choses et je ne peux m’empêcher de me souvenir.
La fête du 11e anniversaire d’Evan était la première fois que je faisais du patin à glace. Je ne suis tombée sur lui que cinq fois avant d’avoir le coup de main, ce que j’ai considéré comme un succès.
La première fois que j’ai sauté de la falaise de Miller’s Landing, c’était parce qu’Evan avait sauté avec moi, main dans la main. Il n’y a jamais eu de rappel et nous avons juré de ne rien dire à nos parents.
Mon premier essai pour une équipe que mon père n’avait pas entraînée, en troisième, Evan m’a encouragée à le faire. Il avait laissé une carte de bonne chance dans mon casier ce jour-là et était venu me chercher avec mon père après les essais.
Il s’éclaircit la gorge pour me ramener au présent. Un regard sur lui me dit qu’il a quelque chose de grand à dire.
— Laney, je signe. Je vais jouer au ballon à l’UGA. L’Université de Géorgie, notre rêve.
Je saute de ma chaise et fais le tour de la table pour le serrer dans mes bras.
— Félicitations, Evan ! Je suis si fière de toi !
Il me tire sur ses genoux et m’embrasse le front.
— Merci, boo ! Tu as eu des nouvelles d’eux ?
Doux Evan, les yeux pleins d’espoir, comme si j’avais oublié de lui dire, car il sait qu’ils auraient dû m’appeler. Il croit complètement en moi.
Mais je ne l’ai pas fait. Pour l’instant, mes options ressemblent à Tech ou Southern. Je ne comprends pas ; ma visite au campus de Bulldog à l’automne s’est bien passée. L’entraîneur a parlé comme s’il m’observait depuis un moment et ma présentation pour lui était parfaite. J’avais chronométré ses lanceurs instantanément et j’avais réussi à frapper leurs changements du premier coup.
— Je n’en ai pas, dis-je en couvrant la tristesse autant que possible. Je veux vraiment aller à la fac avec Evan. J’ai d’abord essayé d’entrer à l’UGA dans l’espoir de le faire. Tout le monde savait depuis toujours que l’UGA voudrait Evan et nous avions prévu d’y aller ensemble.
— Tu en auras, Laney, je le sais. Sa confiance me donne envie de garder espoir, mais au fond, je suis réaliste.
— Je suis sûre que tu as raison, je suis d’accord, lui souriant et retournant à mon siège. Profitons de notre soirée.
Le reste de la soirée est merveilleux, sans plus parler de notre séparation imminente. S’il est honnête avec lui-même, il sait que cela va arriver, tout comme moi, mais aucune souffrance ne pourra changer ça, alors nous continuons dans un joyeux déni.
 

 
Chapitre 2
 
LANEY
SOCIALISATION
 
Pourquoi mon téléphone sonne-t-il à huit heures un samedi ? Je suis l’opposée d’une personne du matin, ce que tous mes proches savent, donc je l’ignore ; il s’agit manifestement d’un faux numéro. Lorsqu’il sonne à nouveau immédiatement, je sors ma tête de sous mon oreiller en grognant et je réponds avec énervement.
— Allô ?
— Hé, Walker ! Qu’est-ce que tu fais ?
La voix de Kaitlyn a-t-elle jamais été plus agaçante ?
— Je ne dors pas, si c’est ce que tu penses, grogné-je sans chercher à cacher le sarcasme.
— Eh bien, lève-toi, parce que Parker fait un feu de joie ce soir et on y va !
La belle affaire.
Parker Jones fait tout le temps des feux de joie, que je n’ai jamais honorés, même si c’est un de mes bons amis. À quoi bon ? Je peux traîner avec la meilleure personne de cette ville, Evan, quand je veux, sans spectateurs ivres et odieux. Je bâille fort, je m’ennuie déjà.
— Non seulement je n’y vais pas, mais je suppose que ça ne commence pas à neuf heures, alors pourquoi tu appelles maintenant ?
— Laney, quand es-tu sortie pour la dernière fois ? Je vais avoir besoin de toute la journée pour que ta tête soit présentable, alors lève-toi et je serai là à onze heures.
Une telle fille ; c’est une bonne chose qu’elle ne se batte pas comme telle.
Tout aussi têtue que Kaitlyn, je répète que je n’y vais pas et je doute sincèrement qu’elle trouve M. Parfait dans un champ plein d’idiots ivres qui trébuchent autour d’un feu de joie.
— C’est notre dernière année, Laney. Tu dois te rendre à une soirée avant la fin de tes études secondaires. De plus, il serait dangereux pour moi d’y aller seule.
Qu’elle soit maudite ! Ce point ouvre en fait une brèche dans mon armure et je me rends compte que je suis maintenant engagée.
— Bien, je vais aller te chercher, mais on part quand je le dis et je conduis. En plus, ne pense même pas à te présenter ici avant dix-huit heures. Je n’ai pas besoin de temps pour me préparer. Vraiment, toi non plus, diva. Non seulement il fera nuit, mais tout le monde portera des lunettes de protection pour la bière.
Elle voit sûrement le sens de mon raisonnement, mais elle ne le commente pas, elle ne fait que couiner quand je raccroche.
...

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