Épicuriel
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Description

À Los Angeles, Sandra, une jeune fille de quinze ans à l'aura très attirante, a une vie plutôt sereine, entourée de ses parents et amis.


Son rêve est de devenir écrivain, et elle se donne corps et âme pour y parvenir. Ce terme correspond à la perfection, puisque lorsqu'elle invoque les puissances maléfiques, c'est le diable qui apparaît, et qui va changer sa vie à tout jamais.


Elle est alors entraînée dans un univers fascinant, où son existence se teinte de violence, d'amour et de haine. Envoûtée par le désir, elle se donne au diable, consciente que ces moments de plaisir ont une contrepartie incontrôlable.


L'innocence de Sandra sera-t-elle assez puissante pour repousser les forces du mal ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 4
EAN13 9782902427376
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Épicuriel
Tome 1 : Genèse du Mal
 
Alexandrine Solane
« En collaboration avec Khunlung »
Épicuriel
Tome 1 : Genèse du Mal
 
 
 
 

 
«Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur ou l’éditeur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.»
 
 
 
© Alexandrine Solane
Éditions Plumes de Mimi éditions, 122 rue de l’Argonne 62117 Brebières.
Siret : 84469800100014
ISBN papier : 978-2-902427-40-6
ISBN numérique : 978-2-902427-37-6
 
 
Dépôt légal : 05/2020
 
 
 
 
Alexandrine Solane
 
 
 
On peut lire tant de choses à travers les lignes, à la pointe d’un stylo...
Alexandrine vit dans les Bouches-du-Rhône, elle a trente-huit ans.
En 2019, elle a publié La Femme Philosophale , une version modernisée d’une légende médiévale.  
Ses romans sont un mélange de science-fiction, fantastique, parfois dans un cadre historique.
Curieuse, elle se passionne pour l’Histoire, l’archéologie, les mythes et légendes. Son premier roman paru en 2007 Le Cercle de Stonehenge mêle sorcellerie et démons.       
 
Retrouvez Alexandrine sur sa page :
https://www.facebook.com/profile.php?id=100005562825708
et sur son site :
https://alexandrinesolane.wordpress.com/actualites/
 
 
 
 
 
Épicurien : De l’adjectif  épicurien  ; du nom propre Épicure , ‘Épicure’.
COURANT – Personne qui ne songe qu’au plaisir des sens.
 
 
 
 
 
 
 
Par moi l’on va dans la cité de douleur,
Par moi l’on va dans le tourment éternel,
Par moi l’on va parmi la race perdue.
Avant moi ne furent choses créées
Sinon éternelles ; éternelle je dure.
Laissez toute espérance, vous qui entrez.
 
Dante Aligheri  
« La Divine Comédie »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
À Khunlung  
 
Table des matières
 
Partie 1
1 - Bienvenue à Épicuriel !
2 - La frontière
3 - Last summer
4 - Les Shamigas
5 - Brouillard rouge
6 - Le dernier maillon
7 - Chase Richards
8 - Particules
9 - Fais un vœu
10 - Ambre
11-L’autre monde
12 - Mariage de sang
Partie 2
13 - Immatériel 
14 - Ma vie contre la tienne
15 - Adaptation
16 - Il est vivant
17 - L'argent tombé du ciel
18 - L’appel de l’enfer
19 - Diabolique        375
20 - Néphilim
21 - Les Enfants du Ciel
22 - Le pique-assiette
23 - Jalhel
24 - Un retour mouvementé
 
 
Prologue
 
La première fois devrait être une deuxième naissance, un passage vers la vie d’adulte. Telle la chenille qui se transforme en chrysalide pour devenir papillon, la jeune fille en perdant son hymen se transforme en femme pour devenir amante.
Cette première fois que l’on imagine fantastique et qui reste gravée dans nos mémoires est quelquefois douloureuse, car subie. Cette membrane, protectrice de l’innocence, je l’ai perdue dans des circonstances que je ne pourrais oublier. Mais pas pour les raisons que vous croyez. 
Non, c’est… vous ne pouvez pas l’imaginer, ni même le concevoir. Quand j’y repense, j’ai l’impression d’être plongée dans un cauchemar, une réalité alternative.
Comme toutes les petites filles, j’ai été bercée par des contes de princes charmants et de chevaliers servants. À la place de ce tableau idyllique, j’ai eu droit au roi de l’enfer, à la furie, l’orage ! Cette nuit-là j’ai découvert le sens du mot « passion ». Je me suis consumée dans les bras d’un mâle… comment dire… il est d’une telle intensité que tous les volcans en éruption à côté de lui, font pâle figure.
Chaque seconde qui passe, je revis ces instants teintés d’extase et de souffrance. C’est du sadomasochisme, vous trouvez ! Tant pis, j’assume mes envies contradictoires, de pulsions de vie et de destruction. 
Je suis Éros et Thanatos. L’amour et la mort. 
Stupidement, j’ai cru pouvoir défier l’entité du mal, le seigneur de Pandémonium. Arrogance, quand tu nous tiens ! 
J’ai ouvert les portes d’un monde interdit. Un monde où la seule loi est… qu’il n’y en a aucune. Là-bas, on décapite, on mutile, le viol et les machinations sont monnaie courante.
Celui qui hante mes fantasmes les plus inavouables, pervers, qui m’a procuré un plaisir incomparable assorti à l’infamie la plus abjecte possible, est le maître incontesté de la manipulation : il peut créer des illusions parfaites, usant de tous ses pouvoirs à disposition. Il peut se transformer en homme ou femme, en n’importe quel animal.
Dieu l’a créé immortel, d’une puissance sans égal, son orgueil a précédé sa chute. Son armée est Légion, d’une loyauté confinant au fanatisme. Nombre de ses démons se sont sacrifiés pour lui. Les mortels ont également succombé à cet appel du mal ; ils lui ont juré allégeance, en lui confiant leur descendance, leurs rêves, leurs espoirs.
L’expression « signer un pacte avec le diable » n’est pas qu’une banale formule !
Lucifer est fou de moi ; il m’offre son amour, son royaume, ses vassaux. Je peux tout lui demander, il ne me refusera rien. Hélas je connais le prix à payer : mon âme… et la perte de mon humanité.
Qui accepterait de renoncer à son souffle de vie, même pour une relation transgressive et alléchante ?
Je ne le nie pas ; je suis attirée par lui comme la luciole par la lumière. Un flambeau me brûle la peau, le corps, le cerveau. Il me submerge, emporte tout sur son passage : raison, conscience, logique. Ses yeux me fascinent et m’inquiètent. D’une beauté insondable, ils révèlent sa force, sa cruauté.
Que dois-je faire ? Parler à mes parents ? Impossible, je refuse catégoriquement de les mêler à cette histoire. Prier Dieu ? Notre Père ne répondra pas à une humaine envoûtée par son ennemi, sa plus grande déception.
Non, je suis seule. Seule face à lui… à mon destin. Et si je… si je me donnais à lui ? Que se passerait-il ? 
Je sais que Dieu existe, je veux aller au paradis. Pas en enfer ! 
Mon prétendant m’a marquée dans ma chair, depuis, je suis obsédée par lui.
Comment ma vie a-t-elle basculé ? En suis-je arrivée au point de non-retour ?
 
Je vais vous raconter comment tout cela a commencé. 
 
 
 
 
LOS ANGELES
1994-1996
 
 
 
Partie 1
SEPTEMBRE 1994 - AO Ȗ T 1995
 
 
 
 
1 - Bienvenue à Épicuriel !
 
7 septembre 1994
 
J’ai commencé la trame générale, les rebondissements. Quelques idées pour les personnages : noms, métiers, centres d’intérêts, personnalités… 
 
Après les cours, mes potes et moi, allons souvent au « Vif Argent ». Depuis que nous nous connaissons, c’est notre repaire. Il faut dire que ce café offre une vue imprenable sur la plage. À cette période de l’année, à L.A., les jeunes et les familles commencent à affluer sur le sable fin. Comme d’habitude, je commande un café noir. Les cocktails du Vif Argent sont réputés, mais je ne pourrais pas les goûter avant ma majorité. En attendant, je ronge mon frein… Joey, lui, a dragué une serveuse et a déjà bu un mojito, ici. Son air ravi voulait tout dire…
Pour être honnête, cela m’a bien fait enrager, que lui boive, et moi non ! James et Aurore, eux, n’oseraient jamais boire avant d'avoir l'âge légal.
En attendant ce jour, c’est-à-dire dans trois ans (quand on a quinze ans, c’est une éternité !), je me délecte d’un muffin aux pépites de chocolat. C’est… comment dire… délicieux… Les pâtisseries de notre bar sont à tomber à terre. Ce n’est pas pour rien si le lieu est bondé. Quand c’est le cas, nous prenons une commande à emporter et nous nous installons sur la plage. Savourer un muffin avec un café noir, allongée sur le rivage, je ne connais rien de mieux ! Enfin, en ce qui concerne les plaisirs simples, primaires. Je ne parle pas de nourritures spirituelles. Je suis une fille portée sur la bouffe, que voulez-vous ! 
Oui, je suis une épicurienne… D’ailleurs, c’est à quelques lettres près le nom de mon high school. Épicuriel délivre un diplôme d’auteur professionnel, au terme de quatre années d’étude. 
Nonchalamment appuyé sur une chaise, Joey me mate… l’air de rien… Il ne peut décoller ses yeux de mon jean moulant, ma blouse en dentelle ajustée ainsi que de mes peep toes 1 noires. 
Nous comparons nos plannings respectifs. Je connais celui d’Aurore : elle a calqué ses choix sur les miens pour être avec moi. À Épicuriel, comme dans les autres high schools, nous avons le choix entre différentes matières.
 
— Nous avons les cours obligatoires où nous serons ensemble, dit James. 
 
C’est-à-dire : littérature américaine, littérature étrangère, techniques d’écriture, histoire et géographie.
 
— Pour l’option, j’ai choisi théâtre, indique Joey.
— Pourquoi ?
— Pour draguer les filles, naturellement ! De plus, si je rate le diplôme, je pourrais courir les castings. On est à Los Angeles !
— Tu es incorrigible ! Je parie que tu as déjà une fille en vue, alors que tu es nouveau ici.
— Oui…, et Joey de me fixer.
 
Il m’a dragué et je l’ai repoussé. Je suis son amie, rien d’autre. 
 
— Moi, j’ai pris Psychologie comportementale. Et vous, les filles ? demande James.
— On a toutes les deux choisi Écriture de chansons, réponds-je. 
— Ta Psycho machin chose te va comme un gant, James. Tu pourras gérer ta paranoïa ! ironise Joey. 
 
Évidemment, notre chaud lapin de la bande exagère, mais il est vrai que James est véritablement méfiant. D’une paranoïa extrême… Il a des théories pour tout et n’importe quoi, et voit des complots partout… Cette prudence l’a-t-il héritée de ses parents, avocats ? En même temps, il s’intéresse à beaucoup de sujets, car sa prudence légendaire le pousse à essayer de tout savoir. Joey, Aurore et moi, savons que sa loyauté est sans faille. 
 
— Vous vous rappelez la tête de Joey, lors des journées pédagogiques ? Les professeurs ont annoncé que nous devions fournir deux romans !
— Deux livres, le premier de 150 pages minimum, le second de 250 pages ! s’indigne Joey.
— Nous avons deux ans pour chacun, dit Aurore.
— Mais ça me gonfle sévère ! insiste-t-il. 
— J’ai déjà commencé, dis-je. Les bases, pour tout dire.
— Moi aussi, précise Aurore.
— Quel est le sujet ?
— Secret défense. 
 
Le serveur apporte un thé à mon amie. Lorsqu’il dépose la tasse devant elle, elle murmure un merci en baissant la tête, ses longs cheveux blonds cachant son visage. Quel dommage que sa frange cache ses splendides yeux d’un bleu tirant sur un ciel gris.
 
— Joey, cesse de me mater !
— Pourquoi ? Pourquoi devrais-je ne pas faire ce que font tous les autres gars ?
 
En effet, les garçons d’Épicuriel me courent après. Nombre d’entre eux m’ont proposé de sortir avec eux. Pourtant, aucun de ces jeunes hommes ne m’a attiré : ils sont trop entreprenants, trop stupides. Je sais ce qu’ils ont en tête… Parce que je suis pleine d’assurance et que je prends soin de mon look, ils s’imaginent que je suis une fille facile. Pour dire la vérité, je suis exactement le contraire : je suis encore vierge… Je me destine à un homme exceptionnel. Mon amour véritable. Mon âme sœur .
 
— Parce que tu es mon ami, pas eux, réponds-je.
— Tu sais que tu n’as qu’à me faire signe, Sandra…, susurre-t-il en tripotant son bracelet de perles noires au poignet.
 
Conscient de son physique, Joey l’entretient avec des séances de sport quotidiennes. Des sessions courtes, mais intensives de musculation. Le résultat est là : sous son tee-shirt blanc, les muscles pectoraux se dessinent. Les serveuses et les clientes du café le regardent plus d’une fois… Et pas que des jeunettes ! 
 
— Aurore, James, avez-vous déjà rencontré la mère de Sandra ? demande-t-il.
— Non.
— Moi si, répond Aurore. Mr Cyrus accepte que des filles viennent voir sa fille chez lui… Pas les garçons. 
— Je l’ai vu, lors des portes ouvertes d’Épicuriel. En août, vous vous rappelez ? C’est là qu’on s’est rencontrés, tous les quatre. Bref, j’ai vu la mère de Sandra… Une bombe ! Un canon, James…
— Attention à ce que tu vas dire, Joey ! Tu parles de ma mère, dis-je sur un ton glacial. 
— Vous auriez dû la voir : elle est sculpturale ! Elle est brune. Des cheveux épais et brillants. On dirait qu’ils sont vivants ! Grande, pulpeuse… Et sa bouche… on dirait des fruits écarlates…
 
Il ose parler de ma mère dans des termes inconvenants ! Seul mon père a le droit de le faire… Pas un abruti d’ado, perturbé par ses hormones.
 
— Connard !
 
Je saisis mon verre et lui lance à la figure… James et Aurore me dévisagent, stupéfaits. Dans les yeux de Joey, je lis la colère… et le désir… Ce salaud est excité par mon agressivité ! Dégoûtée, furieuse, j'attrape mon sac avant de quitter précipitamment le Vif Argent. 
Je prends le bus. Mon high school est à 20 minutes de chez moi. Assise sur un siège, je laisse ma colère refluer lentement… Je n’ai pas supporté qu’il évoque ma mère d’une façon aussi évocatrice. J’ai eu l’impression qu’il bandait littéralement ! Intolérable… À l’entendre, les Cyrus, mère et fille, sont des catins !
Oui, ma mère est belle : elle est telle que l’a décrite Joey. Nous partageons les mêmes yeux bleus, la même chevelure ébène lustrée, la même bouche charnue rouge vif… Les photos de ma mère, à mon âge, le montrent bien : on dirait des jumelles !
Le bus me dépose à quelques pâtés de maisons de chez moi. Les journées sont encore chaudes en ce début du mois de septembre. Après avoir traversé le gazon impeccable, je monte les marches et rentre chez moi. Nous habitons dans un quartier résidentiel où les maisons s’alignent sur le même modèle : une terrasse devant et un étage soutenu par des colonnes blanches.  
 
8 septembre 1994
 
J’affine le portrait des personnages. Je sens que je tiens le bon bout…
 
Samedi. Pas d’école ! Certes, je suis consciente (et heureuse) d’aller dans le high school de mes rêves, mais je ne crache pas sur un jour de relâche.
Ma mère m’appelle : Aurore est arrivée.
Elle me rejoint dans ma chambre, et dépose son sac à dos sur un siège rembourré violet. La déco de mon antre n’a rien à voir avec la sienne : chez elle, les murs sont rose-pastel, les cadres représentent des animaux. Classique pour une ado. Chez moi, on trouve un bureau blanc laqué, un lit imposant aux draps parme, une peinture violette. Pas de posters ou de cadres, pour moi, la couleur des murs suffit. Inutile d’en rajouter.
Gênée, Aurore tripote sa bague représentant un lys. Elle fait toujours cela quand elle est nerveuse, je sais qu’elle n’ose pas aborder le sujet de la dispute d’hier. Je soupire et lui demande ce qui s’est passé après mon départ précipité : elle a fait la morale à Joey, elle n’a pas supporté qu’il tienne des propos déplacés sur les Cyrus, mère et fille. Pour Joey, dans son esprit tordu, c’est un compliment. Certes, c’est mon ami, mais son assurance et son insolence me stupéfient. Il n’a que quinze ans ! Qu’est-ce que cela sera dans dix ans ?
 
— C’est ce qu’il a dit ? Il est gonflé ! Changeons de sujet. Quelle histoire vas-tu écrire ?
— Pour l’épreuve ? Une histoire d’amour, évidemment. Toi, tu as dit que ton héroïne était une sorcière, c’est ça ?
— Oui. Parfois, je me dis que je devrais écrire une histoire inspirée de notre amitié : « comment quatre jeunes, aussi différents que la nuit et le jour, se sont rencontrés ». Il y aurait de quoi dire entre un paranoïaque, un obsédé sexuel, une…
— Une quoi ? demande-t-elle, sachant que j’allais parler d’elle.
— Tu ne m’as pas laissé finir ! Une jeune fille douce et pure, et une… (comment se décrire soi-même ?) une fille déterminée et rebelle. Il fait beau, dis-je en montrant la fenêtre éclairée par un soleil franc. Où veux-tu que nous allions ? Un peu de shopping, ça te tente ?
— Oui, répond-elle. 
 
Nous entrons dans The Last Book Store, la librairie la plus dingue de L.A. ! Si le premier niveau est classique avec ses rayonnages de livres, à l’étage, c’est une autre affaire ! C’est dément et audacieux ! Ici, les livres ne sont pas disposées de façon classique : Aurore et moi passons sous une arche de bouquins recouvrant une partie du plafond. Depuis le temps que j’en entendais parler ! Ici, on vient autant pour satisfaire sa soif livresque que pour admirer le lieu. 
Le clou du spectacle, c’est le labyrinthe où les ouvrages d’occasion sont rangés par couleur. On dirait une bibliothèque agencée par un collectionneur fou ! 
 
— Sandra, je ne sais pas si tu peux…
 
Mon amie proteste parce que, sans gêne, je m’installe sur un haut siège noir en cuir, installé derrière un bureau en bois sombre. Sur ma gauche, une délirante bibliothèque avec des étagères de traviole et où les livres sont ouverts en deux, tels des oiseaux de papier prêts à s’envoler.
 
— Je prends le droit.    
 
Toutefois, courageuse, mais pas téméraire, je libère la place au bout de quelques instants. Aurore soupire de soulagement. Nous furetons dans les rayonnages environ une demi-heure.
À la caisse, mon amie regarde attentivement mes achats : Autant en emporte le vent et Lettres de mon moulin , d’Alphonse Daudet. OK, ce livre est en français, mais c’est une vieille édition à 1 $ et je compte apprendre la langue de Molière un jour. Comme beaucoup d’Américains, la France me fascine : Paris, ses monuments, le Louvre, les Champs-Élysées. La Provence inondée de soleil. Et ses écrivains… Proust, Zola, Dumas, Pagnol, tout un programme ! 
Ensuite, nous allons faire un tour à Fashion District, où j’achète une splendide robe noire fendue. Comme d’habitude, Aurore essaye un jean dégriffé et, comme d’habitude, elle dit « ça ne me va pas ». Conneries : elle est mince, possède une petite poitrine ! C’est plus facile pour trouver des vêtements, alors que moi, avec mes seins pulpeux… Je ne comprends pas ses complexes. 
Toutefois, elle n’est pas laide, loin de là. Sa chevelure blonde s’accorde parfaitement avec son teint de porcelaine. Elle est gentille, généreuse, altruiste. Elle a déjà fait du bénévolat dans un hôpital. 
Je sais qu’elle m’envie mon assurance, mon audace, ma détermination. C’est donc nos différences qui, bizarrement, nous ont rassemblées. Les contraires s’attirent, dit-on, dans notre cas, l’adage se vérifie. 
 
À mon retour, mes parents discutent dans le salon. Ma mère demande à voir mes emplettes, alors je lui présente les deux livres. Mon père, aux yeux de lynx (ou à l’instinct protecteur de chef de meute ?) remarque un sac venant de Fashion District. J’ai beau louvoyer, rien n’y fait, il ne cède pas. Je ne voulais pas montrer la robe parce que je sais que mon père désapprouverait : il juge ma façon de m’habiller provocante. Il ne veut pas que je tombe enceinte avant ma majorité… Car ils sont devenus parents très tôt : vingt-trois ans pour mon père, vingt-deux ans pour ma mère. Maman m’a raconté qu’ils avaient tiré le diable par la queue, et le père de ma mère s’était opposé à leur relation.
« Nous ne voulons pas que tu vives les mêmes difficultés que nous. Ne commets pas la même erreur que nous ». 
Je n’ai pas l’intention d’avoir un môme avant mes dix-huit ans ! Je ne suis pas folle. Papa s’indigne : cette tenue lui déplaît fortement. Quant à maman, maligne, elle y voit une occasion de me l’emprunter un jour. Elle conclut la discussion en rappelant mes notes excellentes. Monsieur Cyrus est bien obligé de s’incliner face à cette vérité !
 
9 septembre 1994
 
Aujourd’hui, pas d’avancée sur mon roman. Je laisse mon cerveau décompresser.  
 
12 h 30. Attablées sur la terrasse, près de la piscine, ma mère et moi regardons mon père cuire la viande de porc. Chaque dimanche, pendant la belle saison, c’est le traditionnel barbecue des Cyrus. 
 
— C’est le dernier de la saison, dit-il. 
— Je déteste ça, soupire ma mère. Cela signifie que les beaux jours sont finis.
— En Californie, les jours sont toujours beaux, dit-il.
 
Papa s’efforce de toujours voir le côté positif de la situation. Ma mère oublie vite sa déception en lorgnant sans vergogne son époux : elle ne peut quitter ses yeux de sa chevelure blonde souple, son visage viril, son corps parfait. Il porte un jean qui… euh, le met particulièrement en valeur. Tous les matins, il court dans le quartier pour garder la forme. Mes parents sont encore jeunes et séduisants, j’ai toujours l’impression qu’ils vont se sauter l’un sur l’autre. 
Mon père retourne les BBQ Ribs sur le grill et, lorsqu’elles sont cuites, les dépose sur un plat. Puis il nous rejoint à table.
 
— Piper, tu as fait un véritable festin, remarque-t-il.
— C’est pour clore la saison des barbecues en beauté, répond-elle.
— La beauté ne quitte jamais cette maison…
 
En effet, maman s’est surpassée : sur la table s’étalent des smoothies aux carottes, tomates, concombres, salades césar, macaroni et fromage… C'est à la fois appétissant et nourrissant. Seul mon père, sait faire cuire les grillades aussi parfaitement ! Je me régale également de corn bread. Hé oui, les Américains savent cuisiner ! Et, pour les desserts, c’est cheesecake et muffins. 
Question nourriture… et ligne, je suis une chanceuse : comme mes parents, je peux manger en grande quantité sans grossir. C’est pour ça que, à trente-quatre ans, elle fait encore une taille 4 2 , comme moi. Nous mangeons chacun avec plaisir. La gourmandise,  mon péché mignon, j’y succombe sans scrupule. Si vous aviez l’occasion de déguster le cheesecake de maman, vous comprendriez ! Il est divin, d’une légèreté incomparable, il fond sous la bouche…
Mon père proteste lorsque je m’empare de son Los Angeles et, avant qu’il ait le temps de réagir, je savoure quelques gorgées du cocktail.
 
— Sandra, il y a de la vodka ! Tu ne peux boire d'alcool.
— Ce cocktail est le plus réputé de la ville. Je ne voulais pas attendre ma majorité pour le goûter ! 
— Sandra, ces boissons sont traîtres, m’avertit maman.
 
Ça y est, elle passe en mode maman inquiète et donneuse de leçons. Je ne regrette pas d’avoir violé la loi : Le Los Angeles est à tomber !
 
— Sandra, tu as quinze ans, dit mon père.
 
Oh merde, lui aussi va me faire la morale !
 
— Tu dois passer le permis de conduire, ajoute-t-il, passant du coq à l’âne. 
 
Une excellente nouvelle pour moi ! Je pourrais ainsi aller et venir à ma guise, et éviter d'avoir à prendre le bus. Avoir ma propre voiture, ça, c’est autre chose… En attendant, j’emprunterai celle de mes paternels. Maman trouve que c’est un peu tôt, papa rétorque qu’à partir de seize ans, les Californiens peuvent conduire. Plus je commencerai tôt, plus j’aurai de l’expérience. 
 
Après avoir commencé Autant en emporte le vent , allongée sur un transat de la piscine, je retrouve ma chambre. Je suis une artiste, comme mon papa : artiste peintre, il vend une à deux œuvres par mois. On peut les admirer dans les galeries réputées de L.A. Ses peintures se négocient entre 800 $ et 2000 $. Maman, elle, est traductrice d’espagnol. Logique. La cité des anges compte une communauté hispanique importante. Avant que mon père connaisse le succès, ma mère était la seule dans le couple à assurer un revenu stable.  
Quant à moi, mon expression artistique est l’écriture : dès que j’ai su lire et écrire, j’ai griffonné des poèmes enfantins, des histoires animalières. Depuis, j’ai élargi mon spectre aux nouvelles, romans, chansons. Je veux être écrivain… C’est ce qui m’anime. Me constitue. C’est ça et rien d’autre. Je suis sûre d’avoir trouvé ma vocation. Pour moi, écrire constitue un acte vital, instinctif, naturel…
Mes parents ont accepté de m’inscrire à Épicuriel, car les diplômés de l’école sont particulièrement demandés par les studios de cinéma et les maisons d’édition. Les élèves réussissent en devenant écrivains, naturellement, mais aussi paroliers, historiens, etc. On vit à L.A. La Mecque du cinéma. Si un scénariste peut percer, c’est bien ici. 
Mon style de prédilection ? La SF, le fantastique. Je mêle les légendes, les mythes, tels que les vampires, loups-garous, fées. Et croyez-moi, je ne suis pas prude ! 
Mes amis, eux aussi, ont chacun leur propre genre littéraire : pour James, ce sont les polars noirs où les bandits et les flics corrompus règlent leurs comptes. Un écrivain au style direct, nerveux. Aurore, qui est plutôt fleur bleue, s'est naturellement tournée vers les romans sentimentaux. Quant à Joey, il a choisi l’érotisme, le porno. Quand on le connaît, on comprend...
Je repense avec horreur aux réflexions de Joey sur ma mère. Les jeunes mâles en devenir, fantasment sur les femmes plus âgées. À leurs yeux, ces milfs 3 ont l’avantage d’avoir une expérience sexuelle et cela attise le désir des jeunes adolescents. Maman est encore belle et désirable et je chasse de mon esprit l’image de Joey se caressant en pensant à ma mère.
Malgré moi, je frissonne.
 
10 septembre 1994
 
J’ai emprunté un livre sur la psychologie à la bibliothèque du high school. Pour approfondir les relations entre personnages et être la plus juste possible.  
 
La porte du bus jaune s’ouvre, et me dépose devant l’école. Épicuriel est un petit paradis… Une construction moderne et agréable à l’œil. Des infrastructures flambant neuves. Un gymnase et une piscine. Un parking gardé par des vigiles. J’adore le parc savamment agencé entre pelouses impeccables et les essences méditerranéennes. On murmure que le proviseur, dénommé Wait, a hypothéqué sa maison pour pouvoir ouvrir le high school. Parce qu’il est précurseur, il a fait disposer des panneaux solaires sur le toit. 
Je repère Aurore m’attendant devant l’entrée. Sous le fronton, est inscrite en lettres capitales notre devise « Quod iuvat scribere » (le plaisir d’écrire). J’ai conscience de ma chance, connaissant les frais de scolarité de mon école. Ainsi, on croise des enfants d’avocats, d’hommes d’affaires, d’industriels richissimes, désirant que leur progéniture soit artiste.
 
— Bonjour, dit Aurore.
— Salut. Où sont les garçons ? demandé-je. 
— Derrière toi, répond une voix familière.
 
Je me retourne : ils nous ont rejoints. Je décide d’attaquer, pour régler mes comptes :
 
— J’exige des excuses. Ou je ne te reparle pas Joey.
 
Quelque peu honteux, il baisse la tête, pour éviter mon regard.
 
— Je regrette d’avoir offensé les Cyrus, dit-il.
— Excuses acceptées. On passe à autre chose.
— Est-ce que je peux fantasmer de vive voix sur les filles du high school ? demande-t-il.
— Du moment que tu ne fantasmes pas de vive voix sur moi, Aurore ou ma mère.
— En théâtre, j’ai vu une rousse splendide. Elle est montée comme une voiture de course !  
 
Nous nous installons dans notre salle de classe, Aurore est assise à côté de moi. Je regarde à travers la baie vitrée où un timide soleil caresse les herbes du parc. Aujourd’hui, à 7 h 30, nous avons littérature américaine. 
Avec littérature étrangère, c’est l’un de mes cours préférés. Nous étudions la base, la racine de notre raison d’être. Le prof, un écrivain reconverti, évoque les écrivains « en marge », notamment Jim Harrison 4 . J’ai très envie de lire un de ses romans. J’aime les non-conformistes, les rebelles. À la frontière de deux mondes. En lisière du bien et du mal. La tiédeur, la fadeur, c’est sans façon pour moi !   
Studieuse, Aurore prend religieusement des notes. Moi… un peu moins. James, lui, jette des regards furtifs autour de lui. Lorsqu’il a découvert que les salles du rez-de-chaussée avaient des baies vitrées, il a flippé : « elles sont une cible idéale pour un sniper »… Quant à Joey, il a carrément posé ses pieds sur les barreaux de la chaise devant lui. Et je précise qu’un élève est assis sur ladite chaise ! Oui, il cultive l’art de la décontraction et de l’arrogance comme personne.    
Pause déjeuner. Comme dans les autres salles, la cafétéria donne sur une baie vitrée. La vue est merveilleuse : la plage… La plage sans fin de L.A. À cette seconde, je brûle d’envie de courir sur les grains de sable. Sentir la chaleur du soleil sur mon visage… le sable glisser sous mes pieds… se rassasier de l’infini du ciel et de la mer… C’est ça Los Angeles : la célébration des éléments aquatiques et terrestres. 
Je tire une chaise en fer et je dépose mon plateau sur l’une des nombreuses tables colorées de la salle. On dirait des dominos hauts en couleur savamment disposés çà et là pour égayer ce lieu immaculé.    
Contrairement aux autres high school, à Épicuriel, on ne mange pas un hamburger dégueulasse, une brique de lait sucrée à mort ou un soda, une compote industrielle, le tout servi sur un plateau et des couverts en plastique ! Ici, les menus sont équilibrés : un légume accompagné d’un poisson ou d’une viande, un fruit ou un dessert préparé sur place. Nos plateaux et couverts sont en inox. Plus sympa, non ? Les fruits et légumes sont produits dans les environs. La Californie est le grenier de l’Amérique, après tout. J’enfourne avidement mon bagel aux légumes et porc dans ma bouche. Notre cuistot est un chef français. J’espère qu’il restera ici jusqu’à la fin de ma scolarité.
J’ai également choisi des burritos. Miam ! Aurore, elle, se contente d’une salade verte. Elle a un appétit de moineau. De notre bande, Joey et moi sommes les plus gros mangeurs. James, lui, se situe entre l’appétit de moineau et l’ogre. 
À l’issue de quatre ans, nous serons diplômés. Nous pouvons entrer dans la vie active, ou nous inscrire à la fac. J’ai déjà choisi la première option. Je sais que j’aurais reçu un cursus complet en littérature. L’université ne m’apporterait rien.  
Joey a déjà hâte d’achever sa scolarité. Nous connaissons tous son grand projet, louer un studio, draguer les filles, dégoter un emploi en utilisant son physique. Quant à moi, mon but, à long terme, est très simple : c’est d’être écrivain. C’est évident. Aurore propose que nous comparions l’avancée de nos romans respectifs. J’encourage Joey à s’avancer ou, s’il ne présente rien dans deux ans, il sera recalé d’office. Il se plaint de devoir pondre un pavé de 150 pages minimum, et, dans quatre ans, c’est 250 pages. 
 
— La première œuvre peut-être un recueil de nouvelles, lui rappelé-je. De quoi te plains-tu ? C’est sujet libre ! Nous sommes tenus à faire ce que nous aimons par-dessus tout ! Franchement, je ne te comprends pas. 
— Je gère, Sandra, dit Joey. 
— Pas autant que je croyais, constaté-je. 
 
Après le bagel, le burrito ! La viande et les épices explosent dans ma bouche. Puis dans ma tête… Les épices, c’est mon truc. C’est pour ça que j’ai un faible pour la cuisine mexicaine. L.A. étant peuplée d’une forte communauté hispanique, je suis servie en fait de gastronomie du soleil. 
À 14 h 40, nous rejoignons la gigantesque bibliothèque de l’école ; celle-ci est naturellement bien fournie, sur tous les sujets possibles. Les sections littérature américaine et littérature européenne sont impressionnantes.
L’architecture l’a conçue sur deux niveaux, sa particularité réside dans un plafond voûté et entrecroisé de piliers mécaniques. Évidemment, le lieu est équipé d’ordinateurs, de salles d’étude prévues pour des petits groupes. Pour être tranquilles, nous nous installons dans l’une d’elles. 
Aurore sort de son sac à dos un cahier : ce sont ses idées pour le roman. Elle est très intéressée par les techniques d’écriture. Elle souhaite s’inspirer de mes méthodes parce qu’elle a tendance à trop m’étaler dans les descriptions. Moi, en revanche, ce n’est pas mon fort : je vais droit au but, au détriment des portraits physiques et paysagers !
Pendant une heure, nous évoquons nos projets respectifs : Aurore a commencé à esquisser un portrait de son héroïne. Et un dessin… Elle est douée pour le dessin. Et pour les descriptions ! Moi, j’assure sur l’action, les personnages. Pas d’inquiétude, nous avons quatre ans pour nous améliorer. 
 
12 septembre 1994   
 
Vraiment une mine d’or sur la psychologie humaine ce bouquin !
 
Fin des cours. Je dis au revoir à Aurore, et Joey. James attend en retrait : je comprends qu’il veut me parler sans témoins. Joey monte dans la voiture de son père, mon amie dans un bus.
 
— Joey a eu de la chance de n’écoper que d’une heure de colle ! dis-je.
 
Hier, notre séducteur a été surpris par Wait, le proviseur, lisant à haute voix une histoire érotique ! Il s’est fait remonter les bretelles. 
 
— Que veux-tu me dire, James ?
— Je ne voulais pas parler devant les autres…
— Pourquoi ? 
— Euh… Joey se serait foutu de moi, et Aurore… Enfin tu la connais.
— Alors, de quel complot s’agit-il ? La police collabore avec une société secrète ? L’homme n’a jamais marché sur la lune ? 
— Sandra ! C’est sérieux, depuis trois jours, on me suit. 
— James, depuis que je te connais, t’es toujours suivi.  
— C’est différent : quand je sors de la maison, de l’école, un inconnu me suit. Sandra, il n’y a que toi qui peux me sauver.
— Pourquoi ? Tu veux que je sois ton bouclier humain ?
— Sandra, je sais que tu aimes la magie, les trucs surnaturels. Utilise la magie pour que cesse la persécution. 
— Hein ?
 
Incrédule, j’éclate de rire… 
— Tu sais, je ne suis pas une sorcière James. Pour qui me prends-tu ? 
— Tu nous as dit que tu croyais au surnaturel. 
— Oui, j’ai été confrontée au surnaturel. Et je ne veux surtout pas y replonger. Je ne sais pas ce que tu veux que je fasse, mais c’est non…
 
Jusqu’à mes neuf ans, ma famille et moi avons croisé des tueurs en série, des mutants, des extraterrestres. Nous avons traversé ces épreuves. Du jour au lendemain, tout avait cessé. D’un coup… Plus aucun fêlé n’est venu nous menacer. Les petits hommes verts nous ont oubliés. Pourquoi ? Je me le suis toujours demandé. Pourquoi nous ont-ils ignorés comme ça ? Je suis persuadée que cette ville doit posséder une sorte d’aura psychique concentrant les forces du mal…
Cependant, James ignore que les Cyrus ont failli disparaître à plusieurs reprises. Et il veut que j’y retourne volontairement !
 
— Sandra, je t’en prie. Tu es mon dernier espoir. 
— Que veux-tu que je fasse ? demandé-je. 
— Je sais qu’on peut conjurer les forces du Mal pour exaucer un vœu.
— Et c’est moi l’experte en surnaturel ! Si tu sais ce qu’il faut faire, pourquoi ne le fais-tu pas toi-même ?
— Parce que j’ai peur.
— Et pas moi ?
— Non. Tu es la femme la plus forte que je connaisse… Nous savons que tu aurais pu te laisser abattre, mais tu es toujours là. De plus, j’ignore ce que je dois faire. Toi, tu connais les lois de ce monde. Je t’en supplie, je suis désespéré, Sandra. Si tu ne m’aides pas, l’inconnu me tuera.
 
Ai-je le droit d’abandonner mon ami à son sort ? Il me dévisage avec un air de chien battu. Mes hésitations fondent comme neige au soleil face à son évidente détresse. Je lui annonce que je l’aiderais et j’invoquerais les forces du Mal…
 
 
 
Partie 2
AO Ȗ T 1995 - JUIN 1996
 
 
 
Lexique
 
Lucifer/Satan : Seigneur du Mal et souverain de l’enfer. Dieu l’a baptisé Lucifer, à sa chute, il est devenu Satan, dieu du mal.
Ygam : Démon protecteur, polymorphe. Lucifer l’a chargé de veiller sur Sandra et de la seconder dans ses enquêtes.
Alastor...

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