Harley Club
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Description

Alexandra et Louis se battent envers et contre tous pour que leur couple perdure. Seulement, les rudes épreuves auxquelles ils doivent faire face les amènent à faire des choix qu’ils risquent de regretter.


Entre trahisons et vérités dévoilées, la vie au Harley Club est loin d’être de tout repos !


Sont-ils assez unis pour franchir toutes les barrières qu’ils trouveront sur leur chemin ?

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 25
EAN13 9782902427239
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Harley Club
Tome 2 : Vérités et trahisons
 
Du même auteur
 
 
 
Ne m’approchez pas
Jiji - Vol 1 : Une infirmière à la recherche de l’amour
Jiji - Vol 2 : En amour, rien n’est acquis
Jiji - Vol 3 : Pas sans toi
Harley Club - Tome 1 : Secrets destructeurs
 
Émilie Achin
Harley Club
Tome 2 : Vérités et trahisons



 
 
« Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur ou l’éditeur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de ce livre. Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayant droit ou ayant cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. »
© Émilie Achin
Éditions Plumes de Mimi éditions, 122 rue de l’Argonne 62117 Brebières.
Siret : 84469800100014
ISBN : 978-2-902427-23-9
Dépôt légal : 09/2019
 
 
Émilie Achin
 
 
Toujours débordante d’idées et d’énergie, Émilie continue à écrire ses romans, tout en travaillant dur pour mener à bien ses différents projets.
Mère de deux enfants, compagne et bénévole, elle aime donner de son temps pour aider, et trouve dans l’écriture, un moyen de se vider l’esprit.
Elle aime la vie, sourit constamment et trouve toujours une façon de positiver.
 
 
Vous pouvez la suivre sur les réseaux sociaux :
Facebook : Émilie Achin auteure
Twitter : @EmilieAchin
Instagram : plumedemimi
 
 
 
 
 
Lorsque le danger nous entoure, l’amour est notre seul refuge.
Il nous donne de l’espoir et la force de nous battre.
Émilie Achin
 
Table des matières
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30

 
Note de l’auteur :
Voici la playlist des musiques référencées dans ce tome. Libre à vous de les écouter lors des passages concernés.
 
— Lady Gaga - I’ll never love again
— Aerosmith - I don’t wanna miss a thing.
— X Ambassadors - Renegades
— Imagine Dragons - Next to me
— Maroon five - Girls like you
 
 
 
Précédemment, dans Harley Club :
 
Je me réveille avec un mal de dos terrible et la tête en vrac. J’ai passé la nuit à me poser des questions sur la façon d’annoncer à Speed, que je soupçonne sa mère d’être une manipulatrice qui a peut-être fait tuer son père et qui a aidé Sky à organiser mon enlèvement, mon agression ou encore, mon éviction du club.
 
Je crois que pour le bien de notre relation et pour mon estime dans le club, je devrais attendre d’avoir des preuves pour lui en parler. Alors je vais faire mes recherches sans que cela se sache et rassembler un maximum d’éléments pour faire tomber Nina, afin qu’elle soit évincée du club et qu’elle ne puisse plus faire de mal à qui que ce soit ici.
Mais pour cela, il faut que je sois libre de sortir du territoire du club. Je dois enquêter partout où elle met les pieds, la suivre et chercher des indices qui me mettront sur la bonne voie.
 
Je dois voir ma sœur au plus vite, pour qu’elle sache que je vais bien et qu’elle cesse de me chercher. Ainsi, je récupérerai ma liberté et Speed sera écarté de l’affaire.
 
C’est décidé, j’irai la voir ce matin et personne ne pourra m’en empêcher, pas même l’homme que j’aime.
 
 
 
Chapitre 1
Alex
 
Lorsque je suis sortie de l’appartement en douce, j’étais sûre de moi et je savais exactement ce que je voulais dire à Audrey. Pourtant, je suis sur le parking de la gendarmerie depuis une demi-heure, à paniquer à l’idée qu’elle fasse arrêter Speed. S’il lui arrivait quelque chose par ma faute, je ne me le pardonnerais pas.
Je souffle un bon coup, rassemblant tout mon courage, et sors de la voiture que j’ai empruntée au garage, pour me diriger vers le bâtiment.
Seulement, avant que j’ouvre la porte de la brigade, je m’écroule au sol.
 
* * * * *
 
Je ne sais pas combien de temps je suis restée inconsciente, mais j’ai une impression de déjà-vu. Je connais cet endroit, cette odeur de graisse… je suis dans le sous-sol du garage.
 
— Hé ! Y’a quelqu’un ?
 
La porte s’ouvre et Nina avance vers moi. Elle inspecte mon visage en souriant, puis me gifle de toutes ses forces.
 
— Tu pensais réellement qu’on te laisserait aller nous balancer aux autorités ?
— Où est Speed ? je crache.
— Mon fils est en garde à vue. Il sera ravi de savoir qu’on t’a retrouvée à deux doigts de nous faire tomber.
— Vous faites erreur ! J’y suis allée pour parler à ma sœur afin de protéger le club !
— Ne te fatigue pas, petite. Personne ne te croira, dit-elle en croisant les bras sur sa poitrine.
— Pourquoi vous faites ça ? De quoi avez-vous peur, Nina ?
 
Elle ne répond pas et se lève pour sortir, me laissant attachée sur une chaise dans le froid et l’obscurité.
J’ai mal aux épaules et mes muscles sont tétanisés à force d’être immobilisés dans la même position. J’ai aussi très soif, et mal au ventre. Pourvu que quelqu’un vienne rapidement me libérer…
 
* * * * *
 
 
Speed
 
J’espère qu’Alex va bien. Quand je suis parti, elle n’était pas chez moi ni au bar. Ma mère m’a dit qu’elle l’avait vu partir et qu’elle avait envoyé des gars pour la surveiller. Je n’aime pas ça, mais c’est mieux pour sa sécurité.
Sa sœur n’est pas encore en service, alors au lieu de me demander de revenir plus tard, ses abrutis de collègues m’ont foutu en garde à vue. J’ai donc appelé Clarisse, l’avocate du club.
Je ne l’ai pas revue depuis la fois où elle m’a proposé de quitter le club pour partir avec elle. Nous avions une relation plutôt sympa. Elle arrivait à me faire oublier mes problèmes et on s’entendait vraiment bien au lit. Mais j’étais encore jeune et je n’imaginais pas me caser avec une femme ni abandonner mes frères. Alors j’ai joué l’enfoiré en emmenant Mélodie dans la réserve, sous les yeux de la belle avocate qui est partie en courant.
 
Depuis, elle m’évite comme la peste. Lorsque Sky faisait appel à elle, elle lui donnait rendez-vous en ville pour être sûre de ne pas me croiser, tandis que, de mon côté, je me fichais complètement qu’elle m’en veuille. J’imagine qu’elle me déteste toujours et que je vais avoir droit à quelques réflexions bien méritées, mais cette histoire date de plusieurs années, alors avec un peu de chance, elle est passée à autre chose et acceptera de me défendre.
Si je demande ses services, c’est parce que je sais qu’elle ne balancera rien sur le club. J’ai entièrement confiance en elle. Elle nous a prouvé à plusieurs reprises qu’elle était honnête avec nous et elle sait qu’au moindre faux pas, on s’en prendra à sa famille.
 
— Louis Vandal, votre avocate est arrivée, dit un homme en ouvrant la porte de ma cellule.
 
J’avance, menotté, vers la salle d’interrogatoire. Le gendarme qui m’accompagne serre mon bras de toutes ses forces. Il pense peut-être que je vais tenter de m’enfuir.
Il me fait asseoir dans la pièce encore vide, puis la sœur d’Alex entre accompagnée de Clarisse, et me rappelle mes droits.
 
— Salut, Louis. J’ai été surprise que tu fasses appel à moi… dit Clarisse à voix basse, en s’installant sur la chaise qui se trouve à ma gauche.
— Hum, je n’avais pas vraiment le choix…
— Surtout, laisse-moi faire et garde le silence, m’enjoint-elle avant qu’Audrey ne commence.
— Monsieur Vandal. Je vais être directe avec vous. Je pense que vous êtes derrière les disparitions d’Alexandra et de Pascal Milleville.
— Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? demande mon avocate.
— Plusieurs témoins ont aperçu votre client accompagné d’une femme ressemblant fortement à Alexandra Milleville, sortant de la ville à bord d’une moto.
— Quand était-ce ? Comment ont-ils pu voir qui était sous le casque ? Et pourquoi mon client aurait-il fait disparaître ces personnes ?
— Je n’ai pas encore de réponse à votre dernière question, mais ils disent les avoir vus le 14 mai dernier. La fille avait de longs cheveux noirs et la même posture que ma… qu’Alexandra Milleville…
— Pardonnez-moi, mais cette personne n’est pas la seule à avoir une longue chevelure noire ! Vos soupçons sont infondés ! Que reprochez-vous exactement à mon client ? Vous ne pouvez pas soupçonner quelqu’un sans aucune preuve !
— Je sais ce que je peux faire ou pas, Maître. Il est vrai que je n’ai pas encore de preuve, mais j’en aurai bientôt. J’espérais seulement que Monsieur Vandal répondrait à mes questions, pour me permettre d’avoir plus d’éléments afin de retrouver ces deux personnes. Il sait qui je suis…
— Et qui êtes-vous ?
— Brigadière Audrey Milleville. La sœur d’Alexandra et la fille de Pascal Milleville. J’ai été autorisée à enquêter sur leur disparition, sous les ordres du commandant Willehem.
— Avez-vous la moindre preuve que Monsieur Vandal aurait fait disparaître ces membres de votre famille ?
— Non…
— Bon, je vous demande de laisser mon client rentrer chez lui. Je vous suggère d’enquêter davantage et de rassembler des éléments prouvant sa culpabilité, avant de le convoquer à nouveau pour le mettre en garde à vue. Tout ceci est une mascarade ! finit par dire Clarisse en se levant.
— Monsieur Vandal, vous êtes libre… dit Audrey d’une voix tremblante.
 
Cette fille me semble désemparée. Elle est inquiète pour ses proches et je ne peux que la comprendre. Je vais trouver un moyen de la rencontrer avec Alex, dans un endroit isolé où personne ne pourra venir nous interrompre, pour qu’on lui avoue la vérité sur son père et l’histoire de sa famille.
Un jeune gendarme entre dans la pièce et me retire les menottes. Je fais un signe de tête à Audrey et suis Clarisse jusqu’à sa voiture.
 
— Merci…
— Je n’ai fait que mon travail. Je ne sais pas ce que tu as à voir dans cette histoire, mais je te conseille de me dire toute la vérité si tu veux que je continue à te défendre.
— Je sais… je t’appellerai pour te donner rendez-vous et je te raconterai tout. La seule chose que je peux te dire aujourd’hui, c’est que les disparus vont bien.
 
Je la laisse pour rejoindre ma Harley et je rentre chez moi.
 
Comment Alex réagira-t-elle en apprenant qui est Clarisse ? Je sais à quel point elle est possessive et je la comprends. Mais elle n’a rien à craindre, je n’ai jamais été sérieux avec une fille avant elle, et je ne compte pas cesser de l’être avec elle.   
 

 
Chapitre 2
Speed
 
Je fais démarrer ma bécane et roule jusqu’au club. Lorsque je mets la béquille, Camille court vers moi, complètement paniquée.
 
— Louis ! Il faut que je te parle tout de suite.
— Je t’écoute ! Que se passe-t-il ?
— C’est Alex. Elle a quitté le club…
— Merde !
 
Je remets mon casque et retourne sur mes pas pour aller la chercher. Ce qui m’étonne, c’est que je ne l’ai pas vue alors qu’il n’y a qu’une seule route pour aller en ville. Je n’ai croisé aucune voiture appartenant au club en chemin, et personne d’autre que Camille n’a semblé inquiet de l’absence d’Alex. Y’a un truc qui cloche. Je fais demi-tour et décide d’aller questionner mes frères.
Bad et Stick sont au garage, ils changent le pare-chocs d’une camionnette.
 
— Les gars ! Vous avez vu Alex ?
— Non ! Elle n’est pas au bar ?
— Non. Cam m’a dit qu’elle avait quitté le club, mais y’a quelque chose de bizarre…
— T’as demandé à ta mère ?
— Pas encore, j’y vais de ce pas, dis-je de plus en plus inquiet.
 
Nina est dans son bureau. Elle porte ses lunettes et semble très concentrée sur l’écran de son ordinateur. Elle sursaute quand la porte claque.
 
— Tu sais où est Alex ?
— Bonjour, mon fils ! Oui, je sais où elle est, mais je sais surtout ce qu’elle s’apprêtait à faire quand je l’ai trouvée.
— Où est-elle ?
— Dans l’interrogatoire. Ta chère petite amie s’apprêtait à tout balancer à la gendarmerie ! Par chance, nous avons pu l’intercepter avant qu’elle n’en ait le temps.
— Tu fais erreur. Alex allait parler à sa sœur pour protéger le club. Elle m’en a parlé hier soir, mais je lui ai demandé d’attendre encore un peu. Tu peux comprendre qu’elle s’impatiente ! Elle est ici depuis plusieurs mois et n’a pas tenté une seule fois de fuir !
— Elle préparait certainement son coup ! Quand cesseras-tu de croire ses mensonges ? Cette fille te mène par le bout du nez !
— Arrête, maman ! Ça n’a rien à voir. Tu ne connais pas Alex et tu ne fais rien pour !
— Sérieusement, Louis… ne me dis pas que tu es amoureux de cette pauvre fille ! Tu mérites bien mieux qu’une idiote qui n’est même pas capable de voir que son père est un truand !
— T’aurais préféré que je fasse de Mélodie, ma régulière ? Désolé, je vais te décevoir, mais je ne veux personne d’autre qu’Alex. Et franchement, je me fiche de ce que tu en penses ; mais je te mets en garde, si tu lui fais encore le moindre mauvais coup, je te fais exclure du club !
— Je te signale que je suis ta mère et que si tu en es là aujourd’hui, c’est principalement grâce à moi !
— Alors, laisse-moi te dire que je ne t’en remercie absolument pas ! Si j’avais pu me passer de ce statut, ça aurait été avec plaisir !
 
Je fais quelques pas pour sortir de son bureau, puis m’arrête et dis d’un ton sans appel :
 
— Maintenant que je suis le président de ce club, tu as plutôt intérêt à te montrer coopérative. Tu présenteras des excuses sincères à ma petite amie, au risque de te retrouver enfermée à ton tour dans cette salle poisseuse.
 
Puis je sors en claquant la porte vitrée. Je n’en reviens pas qu’elle ait profité de mon absence pour s’en prendre à Alex. Je ne reconnais pas ma mère. Elle qui était douce et câline avec ses enfants… elle devient complètement odieuse et venimeuse.
Je me précipite vers l’interrogatoire pour libérer Alex et trouve Tex devant la porte.
 
— Que fais-tu ici ? je lui demande.
— Nina m’a demandé de rester devant la porte et de ne laisser entrer personne, répond-il.
— Tu n’as pas à obéir à ma mère, elle n’est pas chef. Tu peux retourner bosser, y’a deux vidanges en attente.
— OK, Prés'.
 
J’aimerais lui dire de ne plus m’appeler comme ça, ce nom ne me plaît pas. Je n’aime pas ce statut et si j’avais pu, je l’aurais refusé. Mais je dois faire avec, et c’est peut-être ce qui sauvera Alex.
J’ouvre la porte, et trouve ma belle, assise, le front posé sur la table en métal. Je m’approche et me mets à sa hauteur.
 
— Bébé… je suis là. Il ne peut plus rien t’arriver…
 
Elle relève la tête, ses joues sont remplies de larmes et ses yeux me supplient de l’emmener ailleurs.
 
— Viens, on rentre…
 
Je la détache et l’emmène chez moi, puis je vais à la salle de bains et lui fais couler un bain bien chaud. Elle tremble de froid.
Elle reste silencieuse et regarde dans le vide. Je lui tends la main et la rapproche de moi pour l’embrasser. Ses lèvres m’ont manqué et je meurs d’envie de lui faire oublier le mauvais moment qu’elle vient de vivre. Seulement, lorsque je tente de passer la barrière de ses lèvres avec ma langue, elle me refuse l’entrée. M’en veut-elle pour ce qui lui est arrivé ? Je passe mes mains dans ses cheveux et la force à me regarder dans les yeux.
 
— Alex ?
— J’aimerais que tu me laisses… s’il te plaît.
— J’ai fait quelque chose de mal ?
— Non, pas toi… mais j’ai besoin de réfléchir.
— Réfléchir à quoi ?
— À ton avis ? À nous deux ! À cette vie ! Tout le monde veut me voir déguerpir d’ici ou mourir. Un jour, toi aussi tu te lasseras et tu te débarrasseras de moi comme d’une vieille chaussette, dit-elle en baissant les yeux.
— Ne dis pas ça ! On en a déjà parlé et tu sais ce que je pense de tout ça. N’écoute pas les conneries de ma mère, elle fait tout pour nous séparer parce qu’elle aurait préféré que je me case avec une fille du bar. Mais ce n’est pas à elle de décider. C’est toi que je choisis… je t’aime, Alex.
— Mélodie lui aurait plu…
 
Elle relève la tête et ses yeux se remplissent à nouveau de larmes. J’entoure son visage avec mes mains et repose mes lèvres sur les siennes. Cette fois, elle me laisse faire et pose ses mains sur mon torse.
 
— Louis… moi aussi je t’aime, mais je ne veux pas de cette vie pour toujours.
— Moi non plus. Je te promets de te protéger et de t’offrir une vie meilleure. Je sais que je t’en demande beaucoup, mais il va falloir que tu sois patiente. Je suis devenu le président de ce club et je ne peux pas tout changer en un claquement de doigts.
— Ne me fais pas de promesses que tu ne sauras pas tenir. Je sais très bien que tu ne pourras jamais te détacher du club.
— Non, en effet, et je ne t’ai jamais dit que je le quitterais… mais je peux faire en sorte que nos affaires soient moins dangereuses.
— Ce que tu ne sembles pas comprendre, c’est que j’ai besoin de liberté. Je veux pouvoir sortir de ce territoire sans risquer de me faire enlever ou pire… Je veux pouvoir me promener seule, aller au cinéma avec toi sans que tu sois obligé de porter une arme, aller dîner au restaurant, partir en vacances…
— Je sais, bébé. Tu veux faire ce que toutes les femmes normales font… mais tu n’es pas et tu ne seras jamais une femme normale. Dès ta naissance, tu étais différente. Tu me demandes l’impossible. Garde ces rêves pour une autre vie, parce que, que ce soit avec moi ou pas, tu ne pourras jamais avoir une vie sereine. Jusqu’à mon dernier souffle, je serai là pour te protéger, car tu seras toujours en danger. Tu es la fille d’un bandit, la petite amie d’un président et membre d’un club réputé pour sa dangerosité. Crois-moi, si je pouvais te sortir de là, quitte à t’envoyer à des milliers de bornes de moi, je le ferais. Seulement, où que tu sois sur cette putain de planète, nos ennemis pourront te retrouver. Tu es ma faiblesse et ils l’ont bien compris, alors ils n’hésiteront pas à s’en prendre à toi à la première occasion. Je ne peux pas te promettre mieux, j’en suis désolé.
 
Elle éclate en sanglots et se serre contre moi, puis après un long moment, dit :
 
— Merci pour tout ce que tu fais pour moi… je ne te mérite pas…
— Pourquoi dis-tu ça ?
— Je ne suis rien, je n’ai rien à t’offrir et je réagis souvent comme une idiote, te mettant dans des situations dangereuses. Si ta mère n’avait pas envoyé des membres pour me stopper, je serais allée parler à ma sœur et tu serais certainement en prison à l’heure qu’il est. Je n’ai pas réfléchi, je n’ai pensé qu’à moi…
— Je ne t’en veux pas. Tu pensais nous aider…
 
Je prends une grande respiration et ajoute :
 
— Demain, je donnerai rendez-vous à ta sœur pour que tu puisses la voir. Je te dois bien ça.
— Tu es fou ? Comment sauras-tu si elle est seule ? Tu risques d’avoir des ennuis ! Elle te fera arrêter !
— Ne t’en fais pas pour moi, je sais être prudent. N’en parle à personne, je vais organiser cette rencontre dans le secret. Seuls mes frères les plus proches en seront informés et nous accompagneront afin d’assurer nos arrières.
 
Je sais parfaitement que je mets une fois de plus le club en danger, mais je ne peux pas laisser Alex dans cette situation. Elle a besoin de retrouver la seule personne qui lui reste de sa famille.
Il est grand temps que j’agisse humainement pour lui montrer que sa place est ici, avec moi.
 
 
 
 
 

 
Chapitre 3
Alex
 
Speed me montre encore une fois à quel point il tient à moi et cela ne fait que confirmer les sentiments que j’ai pour lui. Moi aussi je tiens énormément à lui et je sais que mon cœur lui appartient. Je ne veux plus que nous soyons séparés.
J’ignore comment il s’y est pris, mais il est parvenu à donner rendez-vous à Audrey. Je suis accrochée à lui, équipée de ma veste en cuir et de mon casque, tandis qu’il roule tranquillement vers le lieu de la rencontre. Il m’a expliqué qu’il lui a demandé de venir seule et que cela concernait sa famille, alors au moindre faux pas de sa part, elle perdrait tout espoir de me revoir.
 
J’ai très peur. Tout d’abord, quelle sera la réaction de ma sœur lorsqu’elle me verra avec un membre du Harley Club ? Qui plus est, son président ! Ensuite, comment prendra-t-elle les informations que je vais lui dévoiler sur notre père ? Me croira-t-elle ? Un tas de questions me traverse l’esprit.
 
Speed emprunte un chemin qui mène à un lac. Puis il s’enfonce dans la forêt qui l’entoure, s’approche d’une cabane en bois et arrête le moteur. L’endroit est désert, il n’y a que nous pour l’instant.
 
— C’est ici que tu lui as donné rendez-vous ? je demande.
 
Il hoche la tête pour seule réponse, scrutant les environs à la recherche d’un signe indiquant l’arrivée d’Audrey ou de quelqu’un d’autre.
 
— Comment sais-tu qu’elle viendra seule ?
— Elle est surveillée. Au moindre écart de sa part, on se casse.
 
S’ensuit un long silence, durant lequel je prie pour que ma sœur soit assez intelligente pour faire ce qu’on lui dit, pour une fois.
Alors que je tourne en rond, imaginant qu’elle ne viendra pas, j’entends Speed parler dans un petit micro et je comprends qu’elle arrive. Puis je vois une silhouette approcher et la reconnais. Elle a perdu du poids, mais c’est bien elle.
Lorsqu’elle me voit, elle se met à courir et crie mon nom en pleurant.
 
— Alex ! Oh, mon Dieu…
 
Je la serre dans mes bras et laisse couler quelques larmes à mon tour. Speed parle à nouveau dans son micro, restant à l’écart pour nous permettre de nous retrouver.
 
— Où étais-tu pendant tout ce temps ? Papa et moi, on s’est fait un sang d’encre ! D’ailleurs, je pense qu’il est parti à ta recherche, il a disparu, lui aussi…
— Je vais tout t’expliquer. Mais je voudrais d’abord te présenter quelqu’un et te demander de m’écouter jusqu’au bout avant de tirer des conclusions.
 
Elle regarde Speed, puis repose les yeux sur moi et acquiesce.
Je fais signe à mon biker, qui nous ouvre la cabane abandonnée et nous fait entrer pour nous mettre à l’abri des regards. Il reste debout près de la porte, tandis qu’Audrey et moi nous assoyons sur un tronc d’arbre coupé. Je rassemble mes idées et croise le regard de Speed, qui me redonne confiance. Je me lance.
 
— Voici Louis Vandal. Tu le connais déjà en tant que biker, membre d’un club de moto. Mais il est celui qui m’a sauvé la vie, à plusieurs reprises. C’est aussi mon petit ami…
 
Audrey nous regarde avec surprise, puis se concentre à nouveau sur ce que je m’apprête à dire. Je lui explique tout, depuis ma panne de voiture à la vérité sur notre père. J’omets volontairement les détails qui peuvent nuire à la liberté de Louis, même si je sais qu’elle a forcément des preuves contre lui et qu’elle peut le faire coffrer à tout moment.
J’insiste bien sur le fait que je ne suis pas prisonnière du club et que sans Speed, je serais morte à l’heure qu’il est, et elle aussi. Elle reste attentive jusqu’à la fin de mon récit, puis elle se tourne vers mon biker et lui sourit. C’est un bon début.
 
— Je crois que je dois vous remercier, Monsieur Vandal.
— Commence par m’appeler par mon prénom et me tutoyer, ça sera un bon moyen de me remercier, lui répond Speed avec un sourire craquant.
Elle rit et reprend :
— Merci, Louis. Une question subsiste tout de même. Qu’as-tu fait de mon père ?
— Je l’ai écarté. Alex voulait qu’il ait la vie sauve, alors je l’ai envoyé à l’autre bout du monde en m’assurant qu’il ne puisse pas revenir. Il bosse sur une récolte… dit-il en restant évasif sur le sujet.
— Pourquoi tu fais tout ça pour Alex ?
— Au départ, c’était pour la protéger et préserver le club, mais maintenant il est évident que ce ne sont plus les seules raisons.
— Je dois avouer que je suis très surprise… je n’aurais jamais imaginé ma sœur avec un biker ! Pourquoi avez-vous mis autant de temps à me contacter ? nous demande-t-elle soudain.
Je me racle la gorge et lui réponds :
— J’avais besoin de rester à l’abri… on me voulait du mal et au moindre pied en dehors du club, je pouvais me faire tuer.
— Et qu’en est-il aujourd’hui ?
— Le danger a été supprimé, répond froidement Speed.
— Oh ! Je suppose que vous savez que vous me mettez dans une situation pour le moins… inconfortable ! Ma direction attend que je termine mon enquête sur la disparition de ma sœur et de mon père. Étant en début de carrière, je suis très surveillée. Si mes résultats sont mauvais, je peux être écartée de l’affaire.
Speed croise les bras sur sa poitrine, puis la regarde en fronçant les sourcils et dit :
— Je suis persuadé que tu es assez intelligente pour clore cette enquête sans nous nuire.
 
Elle écarquille les yeux et nous regarde tour à tour. Speed reprend :
 
— Ne me dis pas que tu n’étais au courant de rien pour ton père. Tu ne peux pas me la faire !
 
Je n’y crois pas ! Je questionne Audrey du regard, mais elle m’évite, fixant le mur derrière moi pour réfléchir à ce qu’elle va répondre. C’est vrai qu’elle n’a eu aucune réaction lorsque je lui ai raconté cette partie de l’histoire ! Complètement perdue, je me lève et rejoins mon biker. Sa présence me donne du courage.
 
— Audrey ! Que savais-tu sur papa avant de venir ici ?
— Hum… pratiquement tout.
— Quoi ? Mais, comment ?
— Quand tu as disparu, j’ai remué ciel et terre pour trouver des indices. Je ne dormais plus… j’étais tellement inquiète… Je ne voulais pas laisser papa seul, alors je me suis réinstallée à la maison. Une nuit, je l’ai surpris en train de parler dans son sommeil. Il demandait pardon à maman et à Vincent. J’ai alors commencé à chercher des informations sur leur accident. J’étais petite lorsque c’est arrivé et je n’avais que sa version des faits, tout comme toi d’ailleurs. Ne trouvant rien dans les archives de la gendarmerie, j’ai fouillé la maison de fond en comble… et alors que j’allais abandonner, j’ai trouvé une lettre cachée dans un album photo. Il y expliquait tout ce que tu viens de me dire. Il souhaitait qu’on la trouve après sa mort, pour ne pas avoir à répondre de ses actes. Il avait peur de nous perdre, peur que nous le fassions souffrir… et peur d’aller en prison.
— Pourquoi n’as-tu rien fait ? je demande estomaquée.
— J’ai mis cette lettre en sécurité, puis j’ai réfléchi à ce que je pouvais faire en tant que gendarme, fille et orpheline de mère… J’avais besoin de temps pour prendre ma décision. J’aurais voulu le tuer de mes propres mains, ensuite j’ai pensé à le forcer à avouer pour le coffrer, puis j’ai eu l’idée de l’emmener voir cet homme, Ricky, pour les laisser s’entre-tuer. Seulement, vous m’avez devancé. Depuis qu’il a disparu, je regrette de ne pas avoir agi assez vite. Mais maintenant que je sais ce que vous avez fait de lui, je suis rassurée. Je vous remercie de ne pas l’avoir tué, je veux qu’il paie pour ce qu’il a fait et vous avez trouvé la meilleure solution.
— C’est Alex qui m’a convaincu de lui épargner la vie. C’est elle qu’il faut remercier, dit fièrement Speed en m’attirant vers lui pour me serrer dans ses bras.
 
Ma sœur me sourit et son regard me montre sa reconnaissance. Elle me transmet son amour et je suis ravie de la retrouver ainsi. Mais une question me turlupine.
 
— Que fait-on maintenant ?
— Nous devons rester discrets pour le moment. Personne ne doit être au courant de cet entretien, dit Speed.
Audrey le regarde, tout en réfléchissant, puis annonce :
— Nous allons mettre un plan en place.
 

 
Chapitre 4
Alex, trois jours plus tard
 
Quand Audrey nous a exposé son plan, ça paraissait simple. Mais maintenant que je suis à l’hôpital, habillée avec des vêtements sales et troués, les cheveux emmêlés et les ongles crasseux, je sens mon cœur battre si fort que j’ai peur qu’il sorte de ma poitrine. L’infirmière qui me questionne est douce, elle semble touchée par ma situation.
Je simule du mieux que je peux, mais je suis une piètre comédienne. Je ne sais pas mentir, alors il m’est difficile de répondre à ses questions sans tout faire foirer.
 
— L’homme qui vous a trouvée nous a expliqué que vous étiez restée muette en sa présence. Vous pouvez me dire ce qui vous est arrivé ?
 
Je reste silencieuse, alors elle reprend :
 
— Je ne veux pas vous brusquer, mais il va falloir nous parler…
— Prévenez ma sœur, s’il vous plaît…
— Je voudrais bien, mais je ne sais pas comment vous vous appelez, vous n’aviez aucun papier sur vous.
— Alexandra...

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