Héritage Texan
234 pages
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Héritage Texan , livre ebook

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Description

Le chagrin de Connor menace de le submerger alors qu’il se tourne vers la bouteille, repoussant tout le monde. Lorsque Mike Jarred frappe à sa porte, exigeant qu’il sorte de ce cercle infernal, Connor lui dit d’aller se faire voir. Mike refuse d’abandonner son ami et reste, exigeant que Connor change. Avec Mike le nez dans ses affaires, Connor n’a pas d’autre choix que de devenir sobre. Mais il ne peut pas rester loin de la bouteille pour toujours.



Kip craint que Jamie réalise que son voyage du côté masculin de sa bisexualité est terminé et qu’il désire une femme. Ses pires craintes se réalisent lorsqu’il suit Jamie et le trouve dînant avec une femme magnifique – pire encore, lorsque Kip les confronte, il se rend compte qu’elle est enceinte et elle n’hésite pas à lui annoncer que Jamie en est le père.



Lane et Gresh trouvent une mère porteuse prête à avoir leur bébé. Tout semble parfait jusqu’à ce que la mère porteuse découvre que Gresh est trop malade pour s’occuper correctement d’un enfant. Avec l’espoir d’un bébé envolé, Lane déprime. Il ne retrouve le moral qu’après avoir rencontré deux orphelins, se demandant s’ils pourraient faire partie de sa famille.

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Informations

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Nombre de lectures 0
EAN13 9782384400218
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0034€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Héritage Texan
Copyright de l’édition française © 2022 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2021 Samuel York
Titre original : Texas Legacy
© 2021 Samuel York
Traduit de l’anglais par Annabelle Blangier
Relecture et correction par Valérie Cavaillès, Agathe P., Miss Relect Addict
 
Conception graphique : © Lucile Kos
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-38440-021-8
Première édition française : février 2022
Première édition : septembre 2021
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Remerciements
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Épilogue
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dédicace
 
 
Je dédie Héritage Texan à Alan Bounville qui a terminé sa marche de 6000 milles et 21 mois pour l’égalité LGBT qui s’est étendue de Seattle, Washington, à la cour avant de la Maison Blanche à Washington, DC le 23 février 2013. Alan pense que tout le monde devrait avoir les mêmes droits. Je suis d’accord ! Dix pour cent de l’argent collecté lors de la marche d’Alan ont été reversés au Transgender Legal Defence & Education Fund.
 
 
 
 
 
 
Remerciements
 
 
Je tiens à remercier Adriana D’Apolito et Yvette Ganoe pour leur aide dans la préparation de ce livre. Avoir un bon bêta lecteur fait toute la différence du monde.
 
 
Héritage
Texan
Texas #6
 

 
Samuel York
 

 
Prologue
 
 
 
 
Ranch Wild Bluff, Colorado, niché au creux d’une vallée d’Eagle Peak
Grant Stovall parcourut les directives, mémorisant les détails de sa prochaine mission. Il avait endossé plus de responsabilités, depuis son arrivée à Wild Bluff, jusqu’à devenir chef d’équipe et gagner le droit de partir en mission tout seul. Duff Whitaker avait ouvert le ranch quatre ans plus tôt, quand le Pentagone l’avait approché. Bien sûr, toutes leurs missions étaient plus que top secret, si mystérieuses que leur existence était quasiment inconnue de tous.
Quatre-vingt-dix pour cent du temps, lui et les autres hommes du ranch étaient des cow-boys, mais de temps en temps, il fallait sortir les poubelles. Il n’aurait su dire ce qu’il préférait : les longues et dures journées à travailler au ranch, ou la précision requise chez un assassin. Chaque fois qu’il partait en mission, il priait pour que tout se passe sans accroc. Jusqu’ici, il avait eu de la chance.
Cette semaine, il était en route pour les Bahamas. Leur cible résidait dans une station balnéaire très select. Il ne pourrait pas se contenter d’entrer là-bas et de tuer Christopher Wylans, il devrait attendre le signal. Cela faciliterait les choses s’il pouvait faire ça vite. Ce genre de sale boulot s’avérait toujours plus difficile quand on devait attendre. C’était dans ce genre de moments qu’on commettait des erreurs. Et il ne pouvait se permettre d’en commettre une seule.
La porte s’ouvrit en claquant derrière lui et Hank entra en titubant. Il avait rejoint le groupe deux mois plus tôt. Au début, Grant ne l’aimait pas, mais il avait prouvé sa valeur au champ de tir, et maintenant il ne restait plus qu’à démontrer qu’il pouvait s’en sortir en mission.
— Hé, Grant, j’ai entendu dire que tu partais pour six semaines.
— Oui, tu sais, les affaires.
Hank rit et attrapa une pomme dans le bol posé sur la table.
— J’attends de recevoir ma première invitation au bal.
— Tu en auras une bien assez tôt. On ne met jamais longtemps avant de te dépuceler.
Hank traversa la pièce d’un pas nonchalant pour rejoindre les marches. Il grimpa les deux premières, puis s’arrêta.
— Hé, sois prudent, là-bas. Je t’aime bien, et je ne voudrais pas perdre un ami comme toi.
— Merci, et je serai prudent. Bon sang, l’arme la plus mortelle du monde, c’est un Marine et son fusil, et je compte bien garder le mien à portée de main.
— Ah ! Marine un jour, Marine toujours.
— Hourrah ! lança Grant en regardant Hank s’éloigner dans l’escalier.
Certains des hommes faisaient partie de l’armée, mais quelques-uns appartenaient aux Navy Seals, et d’autres aux Marines. Globalement, leur équipe était composée d’experts, et ne manquait jamais d’effectifs.
Grant se tourna à nouveau vers son paquetage, étudiant les cartes, les directions et, plus que tout, l’homme qu’il espérait bien voir mort avant son départ des Bahamas.
 

 
Chapitre 1
 
 
 
 
Mike Jarred cogna à la porte d’entrée, songeant qu’il devrait l’enfoncer si Connor continuait à refuser de l’ouvrir. Le poing serré, il frappa à nouveau à la porte, furieux que Connor n’ait même pas essayé de l’appeler depuis presque un mois. Il aurait dû venir vérifier que le grand costaud allait bien, mais il était rentré chez lui, vu que son affectation avec la division des Texas Ranger avait pris fin six semaines plus tôt, et son boulot avec la DEA l’avait gardé très occupé. Ils s’étaient parlé toutes les semaines, depuis la mort de Riley, et c’était une bonne chose, même si la plupart du temps, Mike avait dû insister. Mais ce dernier mois, Connor avait ignoré tous ses appels et ses messages. Il craignait le pire, et priait pour que ce salopard soit encore en vie.
— Connor, ouvre cette putain de porte.
Il entendit du mouvement et faillit hurler un remerciement. Son cœur cessa un instant de battre quand il entendit le cliquetis de la serrure. La porte s’entrouvrit et Mike la poussa pour l’ouvrir plus grand, heurtant la tête de Connor. Ce dernier poussa un cri.
— Dieu merci, tu es encore en vie, dit Mike.
Il prit une profonde inspiration, et eut aussitôt un mouvement de recul.
— Bon sang, tu empestes encore plus que le caniveau d’un bar de Bourbon Street à La Nouvelle-Orléans. Qu’est-ce que tu faisais, bon sang ?
Connor s’écarta en titubant, pencha à gauche, tenta de corriger son équilibre et manqua de s’écrouler sur la droite. Quand il fut près du canapé, il se retourna et s’y laissa tomber, le regard flou. Il leva un verre de liquide ambré et le vida, avant de le laisser tomber au sol.
Mike regarda le verre rouler sur le tapis et en repéra deux autres, abandonnés près du canapé. Connor puait comme s’il n’avait pas pris de douche depuis plusieurs jours, peut-être une semaine, et la maison était imprégnée d’une odeur de vieille nourriture rassie qui le fit se féliciter intérieurement de ne pas s’être arrêté en chemin pour manger un hamburger.
— Il est temps de prendre une douche, déclara Mike en se dirigeant vers Connor.
Il était déterminé à être intraitable. Il obligerait Connor à rejoindre le monde des vivants et à redevenir quelqu’un de productif, même si cela devait leur faire du mal à tous les deux.
Connor ne bougea pas, ce qui signifiait qu’ils étaient dans une impasse. Mike se mordilla la lèvre inférieure tout en réfléchissant à la meilleure marche à suivre. Il pouvait forcer Connor à entrer dans la douche, mais si le grand costaud refusait de venir de son plein gré, ça risquait de s’avérer difficile.
— Connor, lève-toi.
— Va te faire foutre, grogna Connor.
— Pas quand tu empestes à ce point, rétorqua Mike en hissant Connor sur ses pieds.
L’espace d’un instant, il crut que ça allait être facile, puis Connor commença à se débattre, donnant des tapes sur les mains de Mike pour le faire lâcher prise. Ils se débattirent un instant, et Mike réalisa qu’il serait bientôt surpassé. Connor avait beau être ivre, il était bien bâti et n’avait rien perdu de sa force malgré sa période de beuverie.
— Laisse-moi tranquille, grogna-t-il.
Mike poussa Connor de toutes ses forces et le fit bouger un peu, juste assez pour récupérer ses menottes. Connor tenta à nouveau de l’écarter, refermant les bras autour de Mike.
— Qu’est-ce que tu vas faire ?
Mike referma les doigts autour du bras de Connor, mais lâcha prise. Si le grand costaud n’avait pas été saoul, il serait déjà sur les fesses en ce moment, et bien dans la merde.
— Je vais te laisser te calmer jusqu’à ce que tu arrêtes de te comporter comme un crétin.
— Va te faire foutre, répéta Connor.
Il le cloua contre le mur, plaquant son corps contre celui de Mike. La panique envahit un instant ce dernier, puis Connor frotta brutalement ses hanches contre celles de Mike, et une vague de désir le traversa.
— C’est ce que tu veux, non ? Tu vas me baiser, maintenant ? s’exclama Connor.
Mike se figea, ne comprenant pas d’où venait toute cette colère.
— Non, tu as besoin d’une douche.
— Il ne serait pas mort sans toi. Espèce d’enfoiré.
Connor leva le bras pour donner un coup de poing à Mike, mais il manquait trop d’équilibre. Il balança son poing dans le vide et rata sa cible. Mike attrapa le poignet de Connor et referma les menottes dessus, avant de faire levier pour repousser Connor contre le mur comme on le lui avait appris à l’entraînement. Il referma l’autre menotte sur son deuxième poignet.
Ils étaient à bout de souffle, Mike appuyé contre le dos de Connor. Leur lutte avait réchauffé l’espace autour d’eux et une goutte de sueur coula lentement sur le visage de Mike.
— Tu vas le faire ? murmura Connor.
— Quoi ?
— Me baiser ?
— Connor, ce n’est pas le moment.
— S’il te plaît, supplia Connor d’une voix pleine de désespoir.
Mike prit Connor par les épaules et le fit se retourner. Le désespoir qu’il lut dans les yeux de ce dernier le surprit. Connor se laissa tomber à genoux, la tête basse et les épaules tremblantes. Mike effleura son bras et il leva des yeux suppliants vers lui.
— Prends-moi. Force-moi. Oblige-moi à te sucer. Abuse de moi. Enfonce ta queue si loin dans ma gorge que ça me fera hoqueter.
Six mois plus tôt, Mike aurait été ravi d’accepter les suggestions de Connor, mais pas alors que son ami se sentait aussi misérable. Mike se laissa tomber à genoux devant lui et prit son visage dans ses mains.
— Pas comme ça. Allons prendre cette douche.
— Tu ne veux plus de moi ? demanda Connor en fermant les yeux, le visage se tordant de douleur.
Mike tendit la main et retira les menottes, avant de hisser Connor sur ses pieds.
— Il est temps d’aller sous la douche.
— Je peux le faire tout seul, rétorqua Connor.
Il repoussa Mike et se dirigea vers la salle de bain tout en se déshabillant.
Quand il retira son pantalon, Mike prit une brusque inspiration, si empli de désir que cela lui donna le tournis. Il avait envie de Connor, à tel point qu’il faillit accepter son offre. Ça aurait été mal. La dernière chose dont Mike avait envie, c’était de profiter de Connor, mais quand ce dernier avait proposé de le sucer, le sexe de Mike avait bondi à cette opportunité, et s’était épaissi dans son pantalon.
La porte claqua, bloquant les fesses sublimes et le corps parfait de Connor à la vue de Mike.
— Connor, qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ?
L’eau de la douche se mit à couler et Mike se dirigea vers la cuisine. Il regarda dans les placards et les tiroirs à la recherche de ce dont il avait besoin pour préparer à manger à Connor. Les œufs n’étaient pas périmés et il trouva un mélange de biscuits dans le garde-manger. Il nettoya un peu la maison, jetant les restes de nourriture et faisant la vaisselle. Il remplit le lave-vaisselle et le mit en route, sans se soucier d’être peut-être en train de priver Connor d’eau chaude. Il parcourut la pièce des yeux et se lança dans la préparation du repas. Avant que l’eau de la douche ait cessé de couler, Mike avait mis les biscuits au four, préparé du café et brouillé les œufs.
Il éteignit les plaques et lança une minuterie sur son téléphone pour les trois minutes restantes avant de pouvoir sortir les biscuits du four. Puis il alla retrouver Connor. Il était encore nu, sa magnifique peau sombre parsemée de gouttes d’eau. Mike dut se mordre la langue pour se réfréner de se précipiter vers lui, l’attirer dans ses bras et l’embrasser longuement et violemment.
Connor regarda par-dessus son épaule, ses yeux sombres ternis par la douleur.
— J’ai pris ma douche.
— Le repas est sur la table. Rejoins-moi dès que tu seras habillé.
Mike recula dans le salon et se dirigea vers la table en crispant les poings. Connor ne facilitait vraiment pas les choses. Bon sang, il venait de perdre son amant, et la façon dont Mike lui avait mis la pression était mal. Il méritait en partie les reproches que lui avait faits Connor. Il n’avait pas tué Riley lui-même, mais il comprenait comment fonctionnait la culpabilité, et pourquoi elle avait fait de Mike le méchant de cette histoire.
La minuterie de son téléphone sonna et il alla à la cuisine pour regarder dans le four. Les biscuits étaient cuits à la perfection et sentaient délicieusement bon. Il sortit le plateau et les plaça sur un plat. Connor entra dans la pièce, une serviette dans la main et occupé à sécher ses cheveux.
— Ça sent bon.
— Assieds-toi. J’ai aussi préparé du café.
Le crissement de la chaise sur le sol résonna dans toute la pièce, soulignant encore plus leur silence. Mike plaça la poêle avec les œufs au centre de la table et déposa les biscuits à côté. Il apporta la verseuse de café et deux tasses.
— Noir ?
— J’ai besoin d’un peu de lait, aujourd’hui.
Connor se servit une portion d’œufs et prit deux biscuits. Il mangea une bouchée d’œufs et gémit.
Mike dissimula un sourire tout en déposant le lait à côté de Connor avant de s’asseoir face à lui.
— Tu ne peux pas disparaître comme ça.
— Pourquoi pas ?
— Tu as un boulot qui a besoin de toi.
— J’ai démissionné, répondit Connor.
Il fourra des œufs dans sa bouche et baissa la tête, décidé à ignorer Mike.
— Tu as toujours un emploi ici. J’ai parlé à Shoemaker, il ne t’a jamais viré. Tu es toujours un Ranger. Tu as besoin de travailler.
— Je ne peux pas.
Connor reposa sa fourchette et s’écarta de la table. Il semblait sur le point de s’enfuir, et Mike ne pouvait pas le laisser faire.
— Arrête.
— Pourquoi ? Tu n’en as pas déjà fait assez ?
Connor se pencha en avant, mais avant même qu’il ait pu se lever, Mike bondit sur ses pieds et jeta sa serviette sur sa chaise.
— Assieds-toi et écoute-moi, rugit-il.
Une fois certain d’avoir toute l’attention de Connor, il continua :
— Je n’avais rien à voir avec la mort de Riley. C’était un accident.
— On était en train de se disputer à propos de toi, murmura Connor.
Mike se préparait à ajouter autre chose quand il prit conscience de ce que venait de dire Connor.
— Quoi ?
Connor se passa une main sur le visage et laissa échapper un grand soupir.
— Putain, je ne peux pas parler de ça.
Mike contourna la table et s’assit sur la chaise à côté de Connor. Il faillit poser la main sur son genou, avant de se réfréner.
— Tu dois en parler. Ce n’est pas bon de tout garder en toi. Passer tes journées sans rien faire à part te saouler ne t’aidera pas à aller mieux, ou à trouver ce que tu cherches.
— Il est mort. Plus jamais je ne le serrerai dans mes bras.
Mike effleura l’épaule de Connor. L’espace d’un instant, il crut que ce dernier allait le repousser, mais il n’en fit rien. Connor passa un bras autour de lui et le serra contre lui. Des larmes se déversèrent sur ses joues, mouillant le tee-shirt de Mike. Ses sanglots amers étaient douloureux à entendre. Dans les mois qui avaient suivi l’accident, pas une fois il n’avait vu Connor pleurer – pas comme ça. Bien sûr, le grand costaud avait repoussé tout le monde, et s’était mis à vivre comme un ermite plutôt que comme un être humain normal.
Après avoir pleuré jusqu’à l’épuisement, Connor s’écarta et se redressa en gardant les yeux baissés. Il fit un gros effort pour se comporter normalement, en vain. Mike se leva et attira Connor sur ses pieds. Une chaleur l’envahit, mais il ne laisserait pas son désir parler à sa place.
— Va te laver le visage, et on va s’occuper de deux-trois choses, ici. Tu as ton arme ?
— Non, Lane et Gresh me l’ont prise.
— Connor.
Mike caressa la joue de Connor du pouce alors qu’un élan de compassion le saisissait.
— Je n’étais pas… et Lane le savait. Il a pris toutes mes munitions.
— Et maintenant ? Je peux te faire confiance ?
Connor laissa échapper un soupir et garda les yeux rivés au sol un long moment, avant de lever la tête et de croiser le regard de Mike.
— Je ne sais pas.
Mike eut l’impression d’avoir reçu un coup de poing à l’estomac. Connor était bien plus déprimé qu’il ne l’avait cru au départ.
— Promets-moi que tu attendras de pouvoir me parler, si la situation devient trop accablante pour toi.
L’espace d’une seconde, Mike crut avoir dépassé les bornes et en avoir trop dit. Puis Connor hocha la tête et prit sa tasse de café pour en boire une grosse gorgée. Quand Mike avait pris des congés pour effectuer le trajet jusqu’ici, il ne savait pas ce qu’il trouverait, et une partie de lui espérait que Connor et lui puissent coucher ensemble. Mais il ne s’attendait pas à découvrir que l’homme auparavant si assuré était ébranlé au point d’être prêt à se tuer. Il n’était plus question de trouver un hôtel en ville. Il dormirait sur le canapé de Connor tant qu’il ne serait pas certain que ce dernier ne risquait plus de faire quelque chose de stupide et de se faire du mal.
 
 
Lane observa les progrès qu’ils avaient effectués, ravi de voir les bardeaux recouvrir enfin toute la maison dans laquelle lui, Gresh, Jump et Bruce allaient vivre. Gresh tourna à l’angle du bâtiment et Lane se précipita vers lui, un élan d’excitation grandissant en lui.
— Bébé, ça commence vraiment à prendre forme.
Gresh afficha son sourire en coin qui donnait à Lane le sentiment d’être au paradis. Depuis l’accident, Gresh avait physiquement changé. Émotionnellement, les choses allaient mieux, entre eux. Ils s’étaient tant rapprochés pendant la période de rétablissement de Gresh que c’était comme s’ils avaient toujours été ensemble. Gresh devait encore parler lentement, mais quand on lui donnait le temps de se concentrer, il se révélait aussi intelligent que jamais.
Le jour où Lane avait trouvé Gresh en train de s’observer dans le miroir, il avait réalisé à quel point son apparence le perturbait. Lane lui avait assuré que les cicatrices laissées par les brûlures, les entailles et les éraflures ne le dérangeaient pas. Il aimait Gresh comme il était. Les cicatrices lui donnaient une apparence un peu négligée que Lane adorait. Bien sûr, il avait fallu plusieurs semaines avant que Gresh ne le croie, mais son mari avait fini par arrêter de s’inquiéter autant au sujet de son infirmité physique. La canne dont Gresh avait besoin pour marcher constituait un problème, à la ferme. Ou plutôt, ses difficultés à garder l’équilibre en étaient un. Plus d’une fois, Gresh était tombé à cause du terrain inégal. Les premières fois, cela avait fichu une trouille bleue à Lane, mais maintenant, il s’était habitué. Bien sûr, tous les cow-boys s’étaient aussitôt mis à pied d’œuvre pour s’assurer que la zone autour de la maison soit aplanie. Quand l’équipe avait conçu les fondations de la maison, elle avait aussi créé une allée de ciment qui allait de la maison à la grange, ainsi qu’à quelques autres bâtiments, pour donner à Gresh un chemin égal à emprunter. Maintenant, quand il pleuvait, ils pouvaient marcher jusqu’à la grange sans se mettre de la boue partout.
Gresh était en colère, au début, pensant qu’on le traitait comme un bébé, mais en réalité, le chemin en ciment et les autres ajustements facilitaient la vie à tout le monde. Gresh avait fini par admettre que ce chemin était un ajout très pratique, et il n’était plus contrarié à ce sujet.
— Tu crois que Jump et Bruce apprécieront vraiment de vivre dans la même maison que nous ?
— Oui, j’en suis sûr. Tu sais, nous l’avons conçue de telle manière que Bruce et Jump bénéficient d’une aile et toi et moi de l’autre, chacun d’un côté opposé des pièces communes. C’est presque comme s’il y avait deux maisons.
— J’adore l’idée de la salle multimédia.
— Oui, je suis impatient de m’asseoir avec toi pour regarder des films.
— C’est ce que tu attends le plus, hein ?
Lane afficha un énorme sourire et son sexe se dressa.
— Je suis surtout impatient de me bécoter avec toi pendant qu’on regarde des films. Je n’arrête pas de penser à cet énorme canapé qu’on a acheté. Il est assez grand pour qu’on se couche dessus côte à côte.
Gresh passa une main le long du dos de Lane, qui s’arqua contre elle.
— Je t’aime.
— Je suis heureux que tu n’aies jamais cessé de m’attendre.
Lane prit un air sérieux. Ils avaient discuté de ça plusieurs fois, mais avec la mort de Riley, ils n’avaient pas pu en parler de manière aussi profonde qu’ils finiraient par devoir le faire.
— Je pensais ce que j’ai dit à l’hôpital. Je sais qu’il est mort et que c’est facile de dire que je ne serais jamais retourné vers lui, mais bébé, je le pensais vraiment. C’est toi, et personne d’autre. Tout ce que je fais, chaque souffle, chaque battement de cœur sont pour toi.
Gresh tourna les yeux vers la cour du ranch et observa les autres cow-boys.
— Je suis heureux qu’on ait des baraquements aussi grands, et je sais qu’on peut dormir dans l’une des cabanes quand on n’a pas d’invités, mais je ne suis pas à l’aise avec ça. J’ai envie de t’emmener quelque part, loin d’ici.
— À quoi penses-tu ?
— Les Bahamas. J’ai envie de passer une semaine sur la plage avec toi. Plus besoin de se soucier de Miller Entreprises. Plus besoin de s’occuper du ranch. Plus rien d’autre à nous soucier à part toi et moi.
— Oui, on devrait partir. Quelque part où on pourra lâcher prise.
— Je sais que notre relation ne dérange pas les autres gars parce qu’ils ont leur propre copain, enfin, pour la plupart, et ils sont heureux que nous soyons en couple, mais je n’ai pas l’impression de pouvoir vraiment être à l’aise avec toi dans les baraquements, et je ne me sens pas chez moi dans les cabanes.
Lane se rapprocha de Gresh et lui lécha le menton.
— On devrait organiser ça sans tarder. J’ai tellement envie de toi. Ce soir, on va devoir faire quelque chose, mais j’ai envie de toi sur moi, fou de désir et sans la moindre retenue. Tu veux bien t’occuper des réservations pour nous ? Quelque chose de tranquille.
— Oui. Je vais passer quelques coups de fil pour voir ce qu’il y a de disponible.
La porte du baraquement s’ouvrit en claquant et des rires parvinrent. Lane se retourna et vit Jump et Bruce traverser le chemin menant à la grange, bras dessus bras dessous. Il les considérait comme ses frères. Il avait fallu un peu de temps aux parents de Bruce pour accepter Jump comme un membre de la famille, mais tout allait bien, maintenant.
 

 
Chapitre 2
 
 
 
 
Jump salua Lane et Gresh de la main alors que lui et Bruce se dirigeaient vers la grange. Il aimait Lane comme un frère et était heureux que lui et Gresh aient arrangé leurs soucis. Depuis la mort d’Hamilton, la vie de Jump avait tant changé. Il avait commencé à suivre des cours à l’université A & M de College Station. Il voulait obtenir son diplôme de gestion des affaires, et espérait s’en servir pour mieux faire tourner Miller Entreprises.
Gresh et lui avaient passé des mois à décider quoi faire de l’entreprise. Il y avait tant de branches dont il ne savait pas quoi faire ni comment les gérer. Ils avaient vendu tellement de succursales et rogné l’entreprise jusqu’à en faire quelque chose de gérable. L’énorme maison de Houston avait été vendue, ainsi que les deux appartements d’Hamilton. Ils s’étaient séparés de plus de la moitié des propriétés de Miller, ne laissant plus que quelque chose dont il était fier, et dont il espérait que Gresh était fier aussi. Ce qui restait de Miller était toujours énorme, et Gresh avait dit à Jump plus d’une fois qu’il avait foi en lui et sa capacité à gérer l’entreprise entière, une fois qu’il aurait obtenu son diplôme de commerce. La gestion de l’entreprise à plein temps n’intéressait pas Gresh, vu qu’il devait déjà s’occuper de ses propres compagnies. Il avait fallu le convaincre, mais une fois impliqué dans les affaires de Miller et le fonctionnement interne de l’entreprise, Jump s’était rendu compte que cela lui plaisait. Gresh l’avait encouragé à passer son diplôme et à reprendre les rênes dans quatre ans. Évidemment, cela signifiait qu’il était occupé en permanence, mais Bruce avait décidé de repartir à l’école, lui aussi.
Ils avaient l’intention de diriger l’entreprise ensemble. C’était excitant, de pouvoir travailler avec son mari. Quand Bruce avait quitté son emploi au bureau du shérif, Brody était en colère, mais il s’en était remis assez vite.
— Tu es plongé dans tes pensées, remarqua Bruce, interrompant ses réflexions.
— Je repensais juste à ces derniers mois.
— Ça a été de la folie. Bon sang, je ne suis pas marié depuis longtemps, mais j’ai l’impression que ça fait des années.
— Est-ce que c’était trop dingue pour toi ? demanda Jump.
Il craignait toujours que Bruce trouve sa vie trop compliquée.
Bruce ouvrit la porte de la grange et attira Jump à l’intérieur, avant de le presser contre le mur.
— Si un jour la situation devient trop compliquée, je t’attacherai à mon lit et je ferai de toi mon esclave sexuel.
Jump éclata de rire, mais quand Bruce posa la main sur son sexe, son rire mourut aussitôt.
— Bébé, je ne me lasserai jamais de toi.
— Bruce, baise-moi.
— Ici ?
— Oui.
Le son de la porte qui s’ouvrait à l’autre bout de la grange interrompit leur baiser. Bruce poussa un juron et fusilla Jump du regard.
— Ce soir. On devra aller faire du camping dehors ce soir. J’ai besoin de me lâcher et il y a un peu trop d’hommes dans le baraquement.
Jump grogna et s’écarta de Bruce.
— Je dois étudier. Tu peux sortir te promener à cheval, mais je crois que notre balade ensemble devra attendre une autre fois, si tu me veux ce soir.
Bruce fronça les sourcils.
— Tu peux faire une pause ce soir ?
— Seulement si je vais étudier tout de suite.
Bruce donna une tape sur les fesses de Jump, qui poussa un cri.
— Ouille, ça fait mal.
— Va étudier, parce que j’ai bien l’intention de goûter à ces fesses ce soir, et je ne veux pas que tu sois distrait par tes livres ou quoi que ce soit d’autre.
Jump sourit par-dessus son épaule et lui fit un clin d’œil.
— Je te promets que quand le soleil se couchera ce soir, je serai tout à toi.
Bruce hurla alors que Jump sortait en courant de la grange pour retrouver ses livres. Ses notes étaient bonnes et il tenait à ce que ça reste comme ça. Ce soir, il ferait en sorte que Bruce se souvienne pourquoi il l’avait épousé. Non pas qu’il l’ait oublié, mais tout le stress qu’ils avaient vécu ces derniers mois était plus que ce que la plupart des gens vivaient dans toute une vie. Il faudrait encore quatre ans avant qu’il ait fini ses études, mais ce soir, il retrouverait un peu...

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