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Je sais que tu m'attends

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Description

Les années quatre-vingts arrivent à grands pas, et avec elles, le visage politique de la France, ainsi que l’émergence des radios libres, de nouveaux sons musicaux, et, pour moi, ma plus belle histoire d’amour. Nous ne sommes jamais vraiment préparés à dire adieu à l’amour de sa vie. Malheureusement, l’univers a décidé à notre place notre destinée. Qui était-il, lui, pour briser ainsi notre avenir ?


J’en ai traversé des tempêtes depuis ton départ sans retour. Qu’aurait pu être notre existence, si la tienne n’avait pas été engloutie par un ruisseau devenu torrent en cette nuit de février glaciale ? Au fil de ce roman où je tenais à te rendre hommage, j’imagine notre vie en Aquitaine, proche de l’océan que tu adorais, voire que tu idolâtrais.


Aujourd’hui, les années aidant, je suis apaisée, prête un jour, à te rejoindre au paradis.

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 25
EAN13 9791034807048
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Je sais que tu m’attends
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Crystal Cossey
 
 
 
Je sais que tu m’attends
 
 
 
Couverture : Maïka
 
 
 
Publié dans la Collection Vénus Rose
Dirigée par Elsa C.
 
 

 
 
 
© Evidence Editions 2018
 
 
 
 
 
 
 
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« Tu m’avais donc oublié ?
— Oublié, non… mais tu dormais dans mon cœur et je n’osais te réveiller »
Henry de Montherlant
 
 
 
 
« La vie a une fin, le chagrin n’en a pas »
CHARLES BAUDELAIRE
 
 
 
 
À CHRISTIAN
 
 
 
 
 
 
 
 
Certaines destinées sont vouées à l’échec, alors qu’elles avaient commencé tel un conte de fées. Notre courte existence ensemble, la tienne plus précisément a été fauchée bien avant tes trente ans, fut une des plus belles aventures qui me soit arrivée dans ma vie. Une partie de moi est partie avec toi au paradis. J’ai tenté de me battre contre ce foutu destin, car c’est, entre autres, ce que tu m’avais inculqué avec toute la sagesse qui te caractérisait, ne jamais baisser les bras face à l’adversité. Là-haut, tu ressens le sublime, alors que moi, ici bas, je ne vois que le beau lorsque la souffrance me laisse un peu de répit, que je retrouve pour quelques instants la sérénité. Ces essences divines que tu m’envoies depuis ton nuage immaculé, lorsque tu viens me rendre visite dans mes songes, les soirs de pleine lune, me relèvent enfin. Dès que mon existence devient de plus en difficile à porter, tu m’enveloppes de ton aura sublimissime, je retrouve ainsi pour quelque temps une certaine accalmie. La douleur et la mélancolie reprennent vite leur place dans ma vie. J’essaie d’imaginer l’existence qui aurait pu être la nôtre, si le destin n’en avait pas décidé autrement pour nous deux. Il était qui, lui, pour venir briser cet amour qui devait se concrétiser devant Dieu et les hommes ? Nous lui avions fait quoi à lui, pour nous priver ainsi d’une destinée merveilleuse ? Qu’avions-nous fait de si mal pour que l’univers nous sépare et nous punisse d’une manière si violente, d’un machiavélisme destructeur, jusqu’à nous anéantir jusqu’au plus profond de nos êtres ? Qui avions-nous dérangé autant pour je sois à ce point annihilée, désœuvrée, inerte, amorphe, jusqu’à m’écrouler, terrassée de chagrin ? Difficile de vivre après, sans toi à mes côtés. Je ne t’effacerai jamais de ma mémoire, de toute façon, je n’en aurai pas le courage. Tous ces projets avortés, à l’état d’embryon, pourquoi n’ont-ils pas pu voir le jour ? Tant de question, aucune réponse.
Nos caractères sauvageons traduisaient si bien notre sensibilité, notre franchise, notre empathie envers nos prochains. Nous avions su garder nos âmes d’enfants.
Aujourd’hui m’apparaît auréolé de lumière céleste. J’implore le vent Éole de faire monter jusqu’à toi mon espoir de te revoir un jour au paradis, tu m’accueilleras, tu me prendras la main, tu nous guideras en direction de notre prochaine vie ensemble.
Tu occupes toujours mes pensées, à tel point que mon amour exacerbé pour toi me fait oublier mon existence ici-bas.
J’en ai traversé des tempêtes depuis ton départ. Des personnes mal intentionnées m’ont mise en marge de la société, en me bafouant, en m’isolant complètement. Pour autant, les années passant, je leur ai tenu tête contre vents et marées. Je pense régulièrement à toi dans la journée. Une image, presque toujours la même remonte à ma mémoire. Je nous vois marcher main dans la main, dans ce village périgourdin qui t’a vu naître, rendant visite à tes grands-parents. Nous sommes assis dans des fauteuils de velours qui n’ont plus d’âge, devant la vaste cheminée en pierres, qui semblent avoir été déposées là depuis des siècles. Le feu orange qui crépite à l’intérieur se reflète dans nos yeux, les flammes dansent dans un joyeux tintamarre, alors que le bois de hêtre se meurt petit à petit. Les chats allongés sur le vieux tapis ronronnent de plaisir, tout en interdisant aux chiens de s’approcher de l’âtre. Le grand tableau posé au-dessus, représentant un village sous la neige, nous invite au voyage dans les Pyrénées. À l’époque, nous partagions de grands moments de plénitude, de bonheur, tout comme si le temps s’était alors arrêté. Les rêves récurrents que je fais depuis toutes ces années, habitent l’intérieur de mon corps, assiègent ma mémoire défunte.
Pourtant, j’aime à me rappeler toutes ces choses agréables qui constituaient notre bonheur naissant. Les photos de notre prime jeunesse, que je triture entre mes doigts tremblants font couler des torrents de larmes le long de mes joues, que le temps a creusées à mon insu.
En ce qui te concerne, tu es resté un jeune homme pour l’éternité. Je ne veux garder de toi, que nos plus beaux souvenirs, effacer tous ces regrets qui envahissent ponctuellement mes pensées.
Dans la pénombre de mon bureau, seulement éclairé par des lampes de sel disposées aux quatre coins de la pièce, ces dernières diffusent une clarté spirituelle, mon esprit rejoint le tien par-delà les frontières de l’irréel.
La tristesse qui s’est emparée de tout mon être s’est abattue tel un brouillard londonien, me laissant anéantie, désœuvrée à tout jamais. Le chagrin n’a pas de fin, c’est le début d’une vie à vivre différemment. Ta voix féerique brise tous les murs d’incompréhension pour le commun des mortels, arrive jusqu’à ma pensée, la transperce, pour mieux prendre possession de mon cerveau.
Personne d’autre que toi ne peut comprendre l’homéostasie qui s’empare à ce moment-là de mon âme, ne faisant qu’une avec la tienne qui descend ponctuellement de là-haut.
Ma vie à tes côtés était tellement quiète, que je me sentais protégée pour l’éternité, blottie bien au chaud dans tes bras.
Mon existence auprès de toi a débuté par un beau matin de juin ensoleillé. C’était le jour de mon anniversaire, mon frère et toi m’attendiez à la sortie du lycée. Nous avons échangé quelques mots très basiques, de convenance. Déjà, sans vraiment bien nous en rendre compte, nos destins se sont scellés à cette aurore-là.
La fin de l’année scolaire arrive à grands pas. J’aime les vendredis soirs où tu viens me chercher, afin que nous allions danser dans les bals de campagne, que tu affectionnais tout particulièrement, ou dans des discothèques qui fleurissent autour de nous.
J’ai un job d’été dans une usine pharmaceutique à la sortie de ma ville. À cette époque-là, même si tu n’étais pas majeur, tu trouvais un emploi facilement. Les années quatre-vingt arrivent à grands pas, avec son florilège de changement, de bouleversements, que nos parents ne comprennent absolument pas, s’élevant face à tant de liberté qui s’offre à nous. Nous, leurs enfants, réclamons plus d’indépendance, alors qu’eux refusent nos velléités. Nos exutoires à nous étaient d’aller se déhancher sur une piste de danse. Ces fins de semaine sous la clarté d’un stroboscope, lumière psychédélique.
Nous avions l’indécence de l’espoir de nous aimer longtemps, d’un amour permanent, chaque jour un peu plus.
Nous nous disions que nous avions l’éternité devant nous. Nous sommes très sages, n’échangeant que des baisers brûlants, passionnés. Petit à petit, je sors à grands pas de l’adolescence. Les drames qui s’abattent sur ma famille me font devenir adulte plus vite, plus fort, plus loin.
Nous ne le savions pas encore, mais la fin de notre osmose amoureuse arrivait à grands pas pour quelque temps, que je n’arrivais pas à gérer. Une partie de mon être t’appartenait, malgré les bourrasques qui allaient bientôt nous malmener.
Après l’obtention de mon diplôme, je suis allée m’inscrire à la faculté de droit de Bordeaux. Pour la première fois, je me détourne de toi qui travailles comme un forcené, attendant avec beaucoup de frénésie, les fins de semaine qui voient nos retrouvailles. Tu ressens qu’au fil des mois, je m’éloigne inexorablement de toi. Sans aucun reproche, tu t’en ouvres à moi, qu’un certain manque de maturité a beaucoup de difficulté à accepter. Je ne me vois pas changer, alors que les mois s’égrènent à un rythme effréné. Pourtant, je me blottis toujours au creux de tes bras rassurants. Je ne ressens pas vraiment les coups du sort que nous réserve parfois la vie, ces vilénies qu’elle nous assène sournoisement. Est-ce qu’à ce moment-là, des diaboliques nous ont jeté un maléfice ? J’en suis convaincue encore aujourd’hui. Malgré tout, un lien indéfectible nous retenait à notre vie à deux, censée s’ouvrir devant nous. Tout ce dont j’avais besoin alors, c’était de capter la chaleur de ta voix du Sud qui, à chaque intonation, caressait mon cou.
Un dimanche après-midi, alors que nous nous promenions dans la clairière multicolore, nous nous sommes assis face à face, nos mains jointes entre elles. Ton air grave m’a saisie d’effroi. Tes paroles d’alors résonnent toujours à mes oreilles :
— Je pense que je me dois de te rendre ta liberté.
— Mais pourquoi ? Que t’ai-je fait ?
— Tu n’as rien fait de mal mon amour, ma princesse, rassure-toi
— Mais pourquoi veux-tu rompre ? Tu as rencontré quelqu’un ?
— Oh non ! en tout cas, ce n’est pas à l’ordre du jour… Mais tu es partie pour de nombreuses années d’études. Tu deviendras peut-être une magistrale avocate, ou une magistrate dithyrambique.
— Mais je ne sais pas encore où vont me mener mes études… et tu sais…
Tu as mis ta main sur ma bouche :
— Chut… Laisse-moi terminer… C’est normal que tu veuilles vivre ta vie d’étudiante, insouciante, de début de vie de femme. En ce qui me concerne, les années défilent, je rêve d’un couple, d’une maison avec beaucoup d’enfants. Tout ce que tu ne peux pas m’offrir pour le moment… Qui sait ? Peut-être que la vie nous réunira-t-elle d’ici quelque temps ? Si tel est le désir de l’univers, alors notre amour renaîtra et c’est à toi que je passerai l’anneau sacré.
Je cherche à comprendre, à rassembler mes idées, je n’arrive pas tout de suite à pleurer.
Une immense peine m’envahit. Tu me regardes avec cette candeur dans les yeux, qui ne t’a jamais quitté jusqu’à la fin.
Durant quelques mois, je vais éviter les dancings ou les bals de campagne où nous allions, préférant suivre mes amis de fac. Nous nous rendons dans des discothèques bordelaises ou agenaises. Les semaines et les mois s’écoulent sans que je n’aie de nouvelles de ta part, ma famille évitant pour autant que peut se faire de parler de toi. Je t’avais écrit une longue lettre quelques jours après notre rupture, mais tu ne m’avais pas répondu, du moins ai-je eu l’audace de le croire. En fait, ce n’est pas moins d’une dizaine de missives que tu m’avais envoyé chez mes parents, mais je n’en savais rien. En réalité, ma mère et la femme d’un de mes frères, devenue depuis de nombreuses années depuis une ex-belle-sœur, avaient réceptionné toutes ces correspondances, les avaient ouvertes, lues, cachées dans un des tiroirs d’un grand living qui trônait dans la salle à manger. Je n’en ai eu connaissance seulement des mois après, alors qu’un de mes frères cherchait les clefs d’un autre meuble. Il se trouvait seul ce jour-là dans la maison. Il n’a rien dit de sa découverte à personne, les a dissimulées à son tour dans sa chambre. Lorsque je suis rentrée ce vendredi soir là, il me les a tendues en me disant tout simplement :
— Tiens frangine… je crois que cette littérature t’appartient.
Ma colère ce jour-là fut à la hauteur de mon chagrin et de mon indignation conjuguée. J’ai attendu le repas dominical pour jeter toutes ces épîtres sur la table familiale entre le dessert et le café. Un grand froid est tombé ce jour-là sur le logis. Bien évidemment, les deux idiotes ont d’abord tout nié, puis ont été défiantes. En finalité, même si un rictus de contentement se dessinait sur leurs visages, elles ont été mises au pilori de leur bêtise. Elles ont perdu de leur superbe surtout lorsque j’ai rajouté :
— Finalement, vous êtes des voleuses, des intrusives, plus jamais aucun d’entre nous ne vous accordera une confiance aveugle.
Suite à la découverte, je t’avais envoyé une carte dans laquelle je t’indiquais de me répondre à mon adresse bordelaise, mais plus périgourdine, si tel était ton désir. C’est ce que tu fis immédiatement, dès la réception.
Même si plusieurs mois s’étaient écoulés depuis notre dernier visuel, nous avons décidé de nous revoir tout d’abord au restaurant, seulement nous deux, puis de rejoindre nos amis en discothèque. Nous avons longuement parlé ce jour-là, convenant de nous revoir en amitié ponctuellement, car tu avais rencontré une jeune fille de la campagne, quelques semaines auparavant. À mon corps défendant, je n’avais pas connaissance que tu avais tenté, contre vents et marées, de conserver un lien avec moi, durant des mois. Je ne pouvais pas légitimement te demander de rompre avec elle, qui avait pris ma place à tes côtés, et encore moins te supplier de revenir vers moi. C’est donc la mort dans l’âme que je me suis éclipsée, t’apercevant en tout et pour tout trois fois, mais ce fut trois fois de trop. Au contact de cette femme, tes yeux se sont éteints, tu as perdu ton sourire.
J’avais tellement mal au fond de mon être que j’ai évité, autant que possible les endroits où tu aurais pu te trouver avec elle. Mais notre ville était tellement petite, qu’il m’était difficile parfois de ne pas vous croiser. J’adoptais une attitude que je voulais la plus naturelle possible, afin de ne pas lui donner à elle, ce sentiment de victoire qu’elle affichait à ton bras, et pour toi, celui de la culpabilité.
À quelques jours de mon anniversaire, tu es passé chez mes parents. Il t’en a fallu un certain courage, mais tu n’as jamais été homme à te défiler. Malheureusement, ce week-end là, j’étais restée sur Bordeaux, soi-disant pour réviser. En fait, nous étions à la fin du printemps, tout début juin, avec mes copines de fac, nous avions décidé de le passer à la plage, celle-là même où nous adorions faire de longues balades. Ce fut une des rares fois où nous nous sommes ratés, où le rendez-vous fut stérile. On nous avait pourtant dit que l’amour pouvait faire mal, être dangereux, voire très douloureux. Pourtant, nos sentiments ont toujours été éclos, ils irradiaient nos visages juvéniles. Nos amis sont tristes autour de nous. Sans en avoir l’air, ils organisent des rendez-vous surprise. Lorsque j’y repense aujourd’hui, je me dis qu’ils étaient vraiment adorables, de vrais amis c’est indéniable.
 
Ni toi ni moi ne voulons laisser passer notre chance dans cette nouvelle vie qui se dessine sous nos pas, dans nos cœurs. Enfin, nous reprenons notre existence là où nous l’avions laissée, entre temps, elle s’était transformée en jachère. Nous avions repris nos chemins main dans la main, amoureux comme au premier jour, nous étions l’un pour l’autre la beauté insensée, sublime, merveilleuse. La vie enfin s’ouvrait devant nous.
Un saule trempe ses pieds dans l’eau du ruisseau qui t’a englouti une nuit de février, il y a plus de vingt ans. Je suis assise sur le muret, à côté de l’arbre qui n’a pas été capable d’arrêter cette course effrénée vers cette mort qui te tendait les bras. Pratiquement, plus personne ne traverse ce village que je déteste au plus profond de moi. En dehors de l’accident qui t’a couté la vie, d’autres personnes y sont décédées, tout comme toi dans ce bourg maudit. Cette abominable rivière a emprisonné notre destinée à tout jamais. Le soleil qui se mire dans cette eau limpide, qui ne l’était pas au moment de ton décès, semble apprécier ce que ce miroir lui renvoie comme image sublimée. Il me fait croire à un mirage. J’ai l’impression que ton ombre diaphane danse en face de moi, entre le châtaignier et le vieux peuplier. Ces eaux-là t’ont cloîtré à tout jamais. C’est comme si, subitement, ton corps était resté dans ces ténèbres ici-bas, et que ton âme était montée aux cieux. Des rayons d’or jouent au centre de la rivière qui n’excède pas trente centimètres de profondeur. Malheureusement, ce funeste jour, les pluies diluviennes d’un début de printemps humide avaient gonflé ce cours d’eau, jusqu’à atteindre plus de deux mètres. En se refermant sur toi, cette meurtrière a bridé nos espoirs, notre amour, notre destinée tout entière.
Je n’ai plus de mots pour exprimer tous ces maux qui m’emmurent tout au fond de moi, jusqu’à me jeter violemment dans un vide abyssal. Extraire l’essence même de nos baisers, de nos regards envoûtants qui nous soudaient au même moment. Je ne savais pas encore que ma vie serait si difficile à porter sans toi. Ma culpabilité ressemble à un bouquet de fleurs fanées, mes pensées sont emplies de regrets et de remords. J’ai tenté de tirer les leçons que m’infligeaient les drames qui sont apparus dans mon existence après ton départ. Je ne savais pas alors que rien n’est acquis dans la vie, qu’il faut vivre l’instant présent comme s’il était le dernier. J’ai mis longtemps à me défaire des chaînes du passé qui me ramenaient inexorablement à reproduire toujours les mêmes erreurs. Malgré tout, à ma décharge, il faut bien dire que celui qui t’a remplacé auprès de moi, mais pas dans mon cœur, m’a claustrée fermement dans une vie qui n’était pas la mienne, qu’il dirigeait d’une main de maître diabolique. En ce qui le concerne, son existence a été très belle, puisque ce sont mes enfants et moi-même, qui avons subi les affres de la violence verbale, la maladie, tout ce qu’un pervers narcissique machiavélique tel que lui peut déposer comme souffrance sur sa propre famille.
À bout de force, tout ce que j’avais à lui exposer, étaient des silences, car les monologues que je prononçais, n’étaient pas la meilleure réponse à sa machination diabolisée par des personnes du passé, ou de l’instant présent, à savoir des femmes salaces et scabreuses, à son image à lui bien sûr.
À l’instar de tout cela, tu avais la faculté de rendre magique notre grande histoire d’amour. J’ai pris à bras le corps cet amour incommensurable que tu distillais dans mon être avant que tu ne deviennes cendre. Tu me l’as donné sans rien attendre en retour. Dans mes rêves éloquents, des regrets fantômes font vaciller mon cœur et mon esprit. Je m’agenouille pour prier et implorer les cieux d’entendre ma prière, que cette dernière monte jusqu’à toi, afin de te transmettre tout cet amour que je suis seule à vivre. Je désire tant t’envoyer cet élixir concocté à l’automne, saison que tu aimais tout particulièrement. Les coups durs de la vie ont rendu mon âme si triste, même si, à présent, mon esprit est devenu plus sage. Je cherche où, à quoi me raccrocher pour ne pas tomber dans une apathie d’où je ne sortirai pas durant des années. Tu n’es plus là pour me sauver, me prendre par la main, me guider. Telle une perle éblouissante, l’enchantement de notre vie faisait plaisir à voir à tous ceux qui croisaient notre route, même si certains nous jalousaient. Mais jamais, même s’ils s’échinaient à le faire, ils n’ont pu détruire...

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