Est-ce parce que sa conception de l’amour n’a plus cours que Cécile vit encore avec sa mère? Est-ce parce qu’elle n’arrive pas à totalement s’ouvrir qu’elle reste seule? Si Cécile attire les hommes, c’est toujours pour se soustraire à eux, trop décevants, trop volages, trop inconstants, selon elle, pour bâtir une liaison solide. Or, au moment où sa meilleure amie s’apprête à s’installer à l’étranger pour y construire son couple, Cécile prend conscience qu’il est temps pour elle de se montrer plus audacieuse. Une croisière de quelques semaines devrait lui permettre de dépasser ses réserves concernant la gent masculine. Les choses commencent pourtant mal, car au moment d’embarquer, la voilà salie par un maladroit qui disparaît rapidement… Avant que celui-ci ne se manifeste le lendemain, mais cette fois-ci pour, semble-t-il, se montrer plus disert et volubile. De la séduction au doute, de la confiance accordée à la désillusion maritale, "Le Chemin de duperies" est pour Cécile synonyme d’une chute, d’une précipitation dans les enfers amoureux. C’est une femme qui a trop tôt baissé ses défenses, qui a trop cru aux paroles lénifiantes, qui a succombé aux mirages et aux cajoleries d’un Don Juan, que Sven Kellner met en scène. Ce dernier compose ainsi une œuvre où innocence et fidélité se voient pulvérisées, une œuvre qui, dans un mouvement tragique, passe de l’idylle au cauchemar.