Le muffin sur la myrtille
99 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Le muffin sur la myrtille

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
99 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Partie travailler en Grande Bretagne quelques mois, Louise a abandonné une période de sa vie dans sa petite Bretagne. Ses alliés pour tenir le coup : sa meilleure amie et collègue, Marion mais aussi les muffins à la myrtille qu’elle trouve chaque soir à l’accueil du YMCA. Sa vie londonienne est faite de nouvelles rencontres et de quiproquos. Mais Louise est brutalement plongée dans le coma.À son réveil, elle réalise que la terre a continué de tourner sans elle et qu’elle a perdu : son travail, son copain, sa grand-mère... et surtout une année. Une année qui promettait d’être merveilleuse...Il y a toutefois une constante dans sa vie : les muffins à la myrtille ont traversé la Manche pour l’aider à surmonter ce nouveau cap. Elle n’a finalement peut-être pas tout perdu…

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 15 janvier 2019
Nombre de lectures 15
EAN13 9782365386692
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0250€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Le muffin sur la myrtille
Aëla Liper
Chapitre 1
Seule dans l’open space mal éclairé, je me concentre pour relire mon mail pour la troisième fois. Je commence à voir flou. Ce n’est pas bon signe. Il est temps que je rentre. Puis, je n’aime pas être la dernière dans les locaux. Le moindre bruit m’inquiète, le craquement du parquet, une porte qui claque… Mais j’avais promis à Benjamin d’envoyer mon compte rendu ce soir dernier délai. Il est 19 h 37, je suis donc toujours dans les temps. Allez, on se motive Louise ! 
« Bonsoir,
Veuillez trouver ci-après le compte rendu du comité projet de ce matin… »
Je suis interrompue dans ma relecture par mon téléphone de bureau qui se met à sonner. Un numéro inconnu. À cet instant précis, la lumière de l’open space s’éteint brutalement. Mon sang se glace.
Seule et dans le noir, j’hésite à décrocher. Mon cœur bat de plus en plus vite. J’ai l’impression d’être dans le film Scream. Si ça se trouve, au bout du fil, il y a un terrible psychopathe, il va me menacer d’une mort lente et atroce. Si ça se trouve, il est dans les locaux, à m’observer, à quelques mètres. Je l’imagine déjà me demander si j’aime les films d’horreur.
J’entends une porte s’ouvrir. Mon cœur s’emballe. C’en est fini de moi. Je glisse de ma chaise et j’attrape mon portable. Je compose fébrilement le numéro de téléphone de ma mère pour lui faire part de mes dernières volontés. Ça sonne. Elle ne décroche pas. J’entends des pas se rapprocher. Maman s’il te plaît, décroche. Vite. J’entends sa voix sur le répondeur. J’ai deux options : lui laisser un message d’adieu larmoyant ou raccrocher et appeler fissa la police. Le temps que les flics décrochent, je serai déjà morte dans d’atroces souffrances, j’opte pour le message affolé.
Dès que le bip retentit, je sens les larmes me monter aux yeux.
— Ma petite maman d’amour, je veux que vous sachiez que toi et papa je vous aime. Je…
— Tout va bien, madame ? me demande une voix grave au-dessus de moi.
Je lève mes yeux embués et trouve en face de moi le gars de la sécurité, visiblement surpris de trouver une employée, en pleurs, cachée sous son bureau. J’ai honte. Je suis morte de honte. Louise trouve une explication, maintenant. Justifie ton état et ta position. 
— Oui, oui. J’ai, heu, j’ai égaré le collier que, que… m’avait offert ma grand-mère aujourd’hui décédée. Je vérifiais sous le bureau qu’il n’y était pas. Et non…
— Ce n’est pas grave, mademoiselle. Il vous reste au fond de votre cœur tous les bons souvenirs avec elle. Puis, vous le retrouverez peut-être. Si je mets la main dessus lors de ma ronde, je le déposerai sur votre bureau.
— Merci beaucoup. C’est très gentil.
Le vigile s’en va pour continuer son tour. Quelle cruche ! Tout ce flip à cause d’un simple appel. Je suis ridicule. Je suis la reine pour imaginer des scénarios catastrophes. Je pense que je dois cette peur irrationnelle à ma mère qui, depuis mon plus jeune âge, m’a toujours dit de me méfier de tout et de tout le monde : il y a des êtres avec un côté très sombre qui rôdent tout autour de nous et il vaut mieux prévenir que guérir. Ma mère m’a même offert pour mes dix-huit ans une bombe au poivre. Jamais servi (fort heureusement), soit dit en passant.
Je me hisse sur ma chaise, me calme doucement et reprends la lecture de mon mail.
Mon téléphone se remet à sonner. L’agent est dans le coin, je ne risque pas grand-chose. Je prends mon courage à deux mains et décroche.
— Allo, fais-je doucement, tout de même pas très rassurée.
— Ma chérie, c’est maman.
— Maman ? Mais pourquoi tu appelles en « masqué » ?
— Quoi ? C’est quoi « masqué » ?
— Laisse tomber. Mais pourquoi tu m’appelles sur mon téléphone de bureau ?
— Pour te dire de rentrer chez toi ! Il est tard. Tu n’as qu’une vie, ma chérie. Va te reposer, tu t’uses la santé.
— Tu aurais pu me le dire sur mon portable.
J’omets volontairement de lui dire que son appel m’a littéralement fait flipper.
— Tu m’aurais menti et tu aurais dit que tu étais chez toi.
Pas faux. Elle me connaît bien.
— Bon ok. Je finis un mail et je rentre, promis. Je t’appelle en arrivant dans ma chambre.
— Je te fais confiance.
— Oui. Au fait, tu as sûrement un message alarmiste sur ton répondeur, n’en tiens pas compte, tout va bien. À tout à l’heure, ma tite maman.
— Bisous, ma chérie.
— Bisous, ma tite maman. Je t’aime.
Bon, où en étais-je ? Mon mail ! Sans le relire, je l’envoie. J’espère que je n’ai pas laissé passer une coquille. Tant pis, les dés sont jetés !
À demain travail. J’éteins mon ordinateur et file avant de me faire de nouvelles frayeurs nocturnes.
 
La rue est éclairée, mais déserte, comme si, ici, à Guildford, à 20 h, tout le monde était au chaud chez soi. Je rentre au pas de course, emmitouflée dans ma parka.
Depuis que je suis en Angleterre pour un V.I.E 1 chez Sanofi Aventis au service achat, je loge au YMCA 2 . Quand je suis arrivée pour commencer ce travail d’acheteuse, je me suis dit que ce logement serait temporaire. J’y vivrais un mois, deux tout au plus. Je pensais pouvoir trouver une colocation facilement. Mais force est de constater que six mois après j’y suis toujours. La chambre est petite, la salle de bain est sur le palier (y compris les toilettes, inutile de préciser qu’après 20 h j’évite de boire quoi que ce soit : sortir en pyjama au milieu de la nuit est ma pire angoisse), mais les hôtes sont adorables et les repas très corrects. Mais c’est surtout le muffin à la myrtille que je trouve presque chaque soir à la réception qui me fait rester. La YMCA a une sorte de partenariat avec une boulangerie huppée du coin et tous les invendus de la journée sont offerts au centre. Y compris leurs délicieux muffins à la myrtille. Le soir quand je rentre exténuée par une journée ha rassante, j’ai le secret espoir qu’il reste une douceur sucrée sur le comptoir pour moi. Et c’est presque toujours le cas. Ces muffins auront ma peau !  
Après deux minutes intensives de marche, j’arrive à destination. Je suis enveloppée par la douce chaleur de ce foyer convivial. Je me précipite vers la réception et y aperçois un seul et unique muffin à la myrtille. J’accélère, il ne faudrait pas qu’il me passe sous le nez. J’entends des pas derrière moi. Vite. J’attrape le muffin, le fourre dans ma bouche pour signifier à tout le monde que c’est « mon mien », mon précieux. Pas touche ! J’en croque un bout, puis me dirige vers le réfectoire au trois quarts vide pour dîner en tête à tête avec mon smartphone.
Le cuisinier, comme chaque soir, me complimente sur mes cheveux, ma tenue. Il est très gentil, mais aucune histoire romantique n’est possible entre nous. Trente-cinq ans et son imposante femme nous séparent.
Seule à ma table, j’envoie un texto à ma mère poule pour lui dire que je suis bien rentrée et surfe sur Facebook pour connaître les dernières news de mes amis restés en métropole. Rien de nouveau sous le soleil. Je m’ennuie. Rappelez-moi pourquoi j’ai décidé de partir faire un V.I.E ici pour un an ? Pour l’expérience, pour m’émanciper et essayer de couper le cordon familial, pour mettre en pratique ma formation, pour la culture anglo-saxonne que j’affectionne tout particulièrement… Certes, mais ce soir dans ce pays où je ne connais personne, je déprime. J’engloutis le reste de mon muffin en deux bouchées.
En rejoignant ma chambre, je tombe sur Gil, le concierge. Il remarque mon air maussade, il s’inquiète pour moi et me demande si c’est parce que j’ai loupé les muffins à la myrtille du jour. Non, j’ai été assez rapide. Je lui dis que tout va bien. Même si ce n’est pas le cas. Je n’ai pas envie de m’épancher ce soir. J’ai envie d’aller sous ma couette et de rêver ma vie telle qu’elle devrait être. Heureuse. Amoureuse. Même simplement joyeuse.
Le fait qu’il ait fait attention à moi me redonne un peu de baume au cœur.
Rebecca, ma charmante voisine, me fait redescendre aussi sec de mon mini nuage : elle a décidé d’écouter de la musique à fond jusque 3 h du matin. Grrrr quelle peste ! Si j’étais courageuse et pas aussi fatiguée, j’irais lui dire ses quatre vérités. Mon oreiller sur la tête, je bouillonne. Même à ça je n’y ai pas droit : au calme, au repos, au sommeil et aux jolis rêves !
Chapitre 2
— Rozec dans mon bureau ! lance mon chef d’un ton autoritaire dans l’open space.
Tous les regards se retournent vers moi. Merde. Qu’est-ce que j’ai fait ? Penaude, je me lève et me rends dans le bureau du boss en regardant mes pieds.
Je frappe doucement à la porte mi-close.
— Entrez ! dit-il sèchement.
Bon là, c’est sûr je vais me prendre un savon. Je ne sais pas encore pourquoi, mais je sens que ça va barder. Je pousse la porte et entre doucement dans la pièce. Benjamin est là. Adossé au mur de droite. Il semble contrarié. J’en suis persuadée, j’ai dû sacrément merder. J’ai envie de disparaître, je sens déjà les larmes me monter aux yeux.
Prends sur toi, Louise. Il ne faut pas pleurer avant d’avoir mal. 
— Votre email d’hier soir, vous l’avez relu ?
— Heu oui pourquoi ?
— Ah OK, très bien. Vous avez donc délibérément choisi de modifier votre signature ?
Je ne comprends pas. Qu’est-ce que j’ai bien pu écrire dans mon mail…
Voyant mon étonnement, il enchaîne :
— Le « Gros bisous, je t’aime » à la fin du mail…
— Le quoi ?
Je tombe des nues et je sens que mes joues deviennent cramoisies.
— Louise, je sais que vous êtes une jeune femme exubérante. Mais je suis un homme marié et ce genre d’effusion n’a pas sa place ici.
— Je vous prie de m’excuser, c’est un énorme malentendu, bafouillé-je.
Je suis morte de honte.
— N’en parlons plus, mais veillez à ce que cela ne se reproduise plus.
— C’est promis.
Je m’éclipse rapidement du bureau. J’ai envie de rentrer chez moi et de ne plus jamais remettre les pieds au bureau de toute ma vie. Tant pis pour l’argent, je ne me nourrirai que de pâtes. Je pense que le plus dur sera de me passer de sucreries.
De retour à mon poste, je sens mes joues me brûler, je me sens ridicule. Benjamin est un homme très séduisant au sourire ravageur ; que celle du service qui n’a pas, au moins une fois, rêvé de lui me jette la première pierre. Il est grand, élancé, toujours très élégant et porte une paire de lunettes à la Clark Kent qui lui confère un petit côté intellectuel. Hyper sexy. Malheureusement, il est en couple depuis presque dix ans avec une jeune femme charmante et très sympathique : Claudia. Même son prénom est sexy. Ce qui ne m’empêche pas, parfois, je le reconnais, de fantasmer un peu sur cet éphèbe. Je n’en reviens pas que dans la précipitation hier j’ai pu écrire « Gros bisous, je t’aime ». J’ai tellement honte que le seul fait d’y repenser enflamme dans la seconde mes joues.
J’envoie un texto à Marion, ma collègue et amie. On s’est connues, il y a presque dix ans, en école de commerce. Dès le premier jour, on s’est super bien entendues, les deux provinciales, venant du même trou paumé du Finistère, dans une grande école parisienne. On a toutes les deux candidaté pour le même poste ici et pour notre plus grand bonheur, on a été engagées toutes les deux. Simon, le copain de Marion, en a profité pour faire son internat aussi à Guildford. Tout était parfait. Enfin, presque. Thomas, mon copain, enfin mon ex maintenant, lui n’a pas voulu faire partie de cette aventure de l’autre côté de la Manche. Tant pis pour lui. Tant mieux pour moi.
14/12/2016 à 10 h 12
La loooooose, j’ai encore fait une gaffe. Celle de trop. Je voudrais disparaître. J’envisage même de démissionner, de partir m’installer à l’autre bout du monde et de vivre dans une Yourte, loin de tout matériel informatique.
14/12/2016 à 10 h 13
??? Qu’est-ce que tu as encore fait ? Racoooonte !
Je vois une petite tête brune dépasser de son écran, à deux bureaux du mien, l’air interrogateur. Je m’empresse d’éclairer sa lanterne.
14/12/2016 à 10 h 13
J’ai envoyé un mail à Ben en signant : « Gros bisous, je t’aime »…
J’entends mon amie pouffer derrière son poste. Elle tape sur son téléphone de manière frénétique. J’attends que les trois points de suspension affichent le message qu’elle m’écrit.
14/12/2016 à 10 h 14
Aie, en effet. Tu veux que je t’aide à réserver les billets d’avion pour la Mongolie ? C’est un peu mon job.
14/12/2016 à 10 h 14
Merci de ta sollicitude... Je savais que je pourrais compter sur toi pour me remonter le moral.
14/12/2016 à 10 h 15
Allez, je t’invite ce soir à boire un verre au Guildford bar, c’est soirée célibataires. Ça fera d’une pierre deux coups. ;)
14/12/2016 à 10 h 15
Merci de t’inquiéter de mon célibat, mais Simon ne va pas faire la gueule si tu m’accompagnes là-bas ?
14/12/2016 à 10 h 16
Non, il est plutôt compréhensif et il m’en doit une depuis sa soirée mecs au pub où il est rentré à 4 h rond comme une queue de pelle, en faisant un boucan d’enfer. Il n’a pas intérêt à me dire quelque chose.
Connaissant Marion, elle va faire payer au centuple à Simon son indélicatesse. Ce soir, c’est sûr, on ne va pas boire que de l’eau !
14/12/2016 à 10 h 16
Bon OK, ça ne me fera pas de mal de sortir un peu.
Je la joue discrète toute la journée, attendant patiemment 17 h 30 pour rentrer m’enterrer dans ma tanière, loin de Benjamin et de son regard désapprobateur. Je vais en profiter pour me faire une beauté dans le but de rencontrer de charmants Britanniques. Je mise sur cette soirée pour remettre un pied à l’étrier.
À l’accueil, il y a tout plein de choses à manger, mais pas mon merveilleux et délicieux muffin. Décidément, la chance n’est pas avec moi aujourd’hui… Mais je prends ça comme un signe : si la chance n’est pas là, l’amour, lui, sera peut-être au rendez-vous ce soir.
Je passe une heure à me pomponner. J’ai envie de plaire. C’est la première fois depuis que Thomas et moi sommes séparés que je sors dans le but de séduire. Il m’a quittée la veille de mon départ pour mon V.I.E. C’était aussi soudain qu’imprévu. Quand j’avais accepté ce poste d’un an, Thomas m’avait dit que, même s’il ne me suivait pas, il viendrait me voir souvent, que notre amour résisterait à la distance. Ce n’est pas un an qui allait effacer trois ans de bonheur. Rassurée, je m’étais préparée à cette nouvelle aventure loin de mon chéri. Puis une fois mes valises bouclées, la veille du départ, devant nos pâtes bolognaises, « l’amour de ma vie » m’avait annoncé que c’était trop dur, qu’un an c’était très long, qu’il valait mieux se séparer, que de toute façon il ne pourrait pas rester fidèle, blablabla… Sous le choc, je n’avais rien pu répondre. Je pensais notre couple indestructible. La nuit, quand j’ai enfin réalisé, j’ai pleuré. Puis, le matin venu, j’ai séché mes larmes : si Thomas faisait une croix sur nous, c’était tant pis pour lui. Je ne lui ai pas montré ma tristesse. Il allait se mordre les doigts de son choix. J’ai joué l’indifférente, j’ai quitté l’appartement sans un mot et depuis, silence radio. J’avais espéré un appel larmoyant pour me demander pardon, mais rien. Six mois que je n’ai pas eu de nouvelles. Il a définitivement tiré un trait sur notre histoire. À moi, à présent, de tourner la page. J’ai fait mon deuil. Je suis prête à rencontrer quelqu’un. Enfin, c’est ce que je crois à cet instant, même si je me sens rouillée et que j’ai peur de ne plus savoir comment draguer, si tant est que je l’aie déjà su.  
Chapitre 3
Marion est passée me chercher. Elle aussi s’est mise sur son trente-et-un, même si elle n’a plus à plaire. Elle est venue avec des munitions. On prend un petit apéro dans ma chambre, histoire de se donner un peu de courage et se désinhiber un peu. Selon mon amie, sobre, je serais trop coincée. Elle me briefe.
— Tu te tiens droite, le buste en avant, le ventre rentré. Tu es souriante. Tu ne regardes pas tes pieds ou ton verre toute la soirée. Si un homme vient à toi, tu minaudes, tu joues avec tes cheveux. Tu acceptes qu’il te paye un verre.
— Heu Marion, tu sais qu’on n’est plus dans les années cinquante ?
— Oui et ?              
— La femme-objet qui laisse l’homme payer et tout décider, c’est fini !
— Oui, ça, je sais. Mais les hommes aiment qu’on les flatte. Ils aiment se sentir puissants et garder le contrôle. Il faut juste le leur laisser croire. Et une fois que l’homme est ferré, tu reprends le pouvoir. Tu crois que j’ai fait comment avec Simon ? Il tombe sous le charme de la « fausse » cruche et reste avec la femme de tempérament.
— OK, donc pour séduire un homme, il faut juste lui faire croire qu’on est de jolies idiotes. C’est aussi simple que ça ?
— Oui de jolies idiotes ouvertes d’esprit.
— Je crois que j’ai compris. Je vais faire ce que je peux pour laisser mes neurones au repos. Ça ne me fera pas de mal. On y va ?
Sur place, le bar est bondé. Toutes les tables sont prises. À croire que tous les célibataires de la ville se sont donné rendez-vous ici. La concurrence va être rude, les cruches sexy ont l’air d’être légion. Il va falloir jouer des coudes pour attirer le regard d’un jeune homme séduisant. Je me remémore les conseils de mon amie : sourire activé, poitrine en avant, ventre rentré. Je suis parée.
Je suis Marion qui se faufile jusqu’au bar. Les barmans ne savent plus où donner de la tête et pourtant, Marion arrive à passer commande en quelques secondes. Je pense que son soutien-gorge pigeonnant et son regard charbonneux remplissent leurs rôles à merveille. Le barman dépose nos mojitos sur le comptoir et fait un clin d’œil et un joli sourire à Marion. Je me sens transparente. Avant de retourner à ses commandes, il lui glisse dans l’oreille :
— Pour information, je termine à 2 h.
Elle est douée. À peine trois minutes qu’on est dans le bar et elle a déjà harponné un mec. Je vais essayer de prendre exemple sur le maître.
— Dis, j’espère que tu n’as pas oublié qu’on est là pour moi, hein ? Toi, tu as déjà trouvé ta moitié !
— Oui, ma cocotte. Mais c’est toujours agréable de voir qu’on plaît encore, et si en plus on peut boire à l’œil, pourquoi se priver ?
— C’est pas faux. Merci pour le verre !
Je commence à siroter mon verre en oubliant les précieux conseils de mon amie qui me rappelle à l’ordre.
— Regard, sourire, ventre, poitrine, me glisse-t-elle à l’oreille.
Je me redresse immédiatement et balaye du regard la salle où une bonne trentaine d’hommes entre dix-huit et quarante ans jouent des coudes pour approcher les plus jolies femmes.
Je croise le regard d’un homme de quarante-cinq ans, bedonnant et en proie à une calvitie foudroyante, il prend son verre et me fait un toast virtuel. Beurk. Je suis célibataire, mais pas désespérée. Je me replonge dans mon verre, puis je sens une présence à côté de moi.
S’il vous plaît, faites que ce ne soit pas le quadra bedonnant… Je reste figée, concentrée sur mon délicieux nectar. Quand une voix masculine et sûre d’elle s’adresse à moi :
— Je peux vous offrir un verre ?
— Merci, mais vous voyez bien que j’ai déjà un verre, réponds-je du tac au tac, sans même me retourner.
Mon portable se met à vibrer devant moi.
14/12/2016 à 21 h 17
À quoi tu joues ? Accepte ce verre !
Bien sûr, c’est Marion. Elle a raison, je suis là pour faire des rencontres. Je prends sur moi, me retourne, armée de mon plus beau sourire et me retrouve face à… un dos. Exit le bel inconnu. Il n’a pas demandé son reste après l’énorme bourrasque. Merde.
Marion me tape sur l’épaule.
— Bon, ce n’est pas gagné. Il était canon, en plus !
— Désolée, je ne suis pas très à l’aise.
— C’est le premier pas qui coûte. Tu te forces un peu et après ça va rouler tout seul. Tu vois les mecs à la table en face ?
— Oui.
Ce sont deux trentenaires en costumes qui rigolent bruyamment. Le premier est un grand brun athlétique au large sourire qui semble avoir plus de cinquante dents dans la mâchoire, il fait très américain ; l’autre est châtain, plus chétif avec sa raie sur le côté, mais quelque chose de perturbant dans le regard. Et pas dans le bon sens. Genre Patrick Bateman dans American Psycho 3 . On dirait deux traders. Pas vraiment mon genre d’hommes. Ils doivent se taper une fille différente chaque soir et pas les plus vilaines. Être épinglée à leur tableau de chasse, non merci. Puis je pense que je ne suis pas non plus leur genre.  
— Bah tu vas aller leur offrir un verre.
— Non !
— Si, insiste mon entremetteuse de copine.
— Ils ont l’air hautains et prétentieux. Ce n’est pas du tout mon style.
— Louise, on s’en fout ! C’est un verre. Je ne te demande pas te marier avec, juste de leur offrir à boire.
— Mhhhhhh…
— Allez, ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Au pire, il se passe quoi ?
— Je bafouille, leur postillonne involontairement dessus, deviens rouge pivoine et me liquéfie sur place ?
— Bah tu vois ce n’est pas si grave, dit Marion en me poussant vers l’arène.
J’y vais à reculons, je me retourne vers mon amie qui m’encourage du bar avec discrétion, ses pouces levés et son sourire compatissant. Les deux hommes m’ont remarquée. Je lis sur leur visage de l’interrogation. J’ai envie de faire demi-tour, mais je sens les yeux de Marion braqués sur moi ; si je n’y vais pas de mon plein gré, elle va me forcer.
Une fois plantée devant la table, je me sens nue. Je ferme les yeux, prends une profonde inspiration et serre les poings pour me donner du courage.
— Bonjour, on peut vous aider ? me demande une voix nasillarde, qui me donne envie de fuir vite et loin.
Vas-y Lou, tu peux le faire. Dis quelque chose avant qu’ils ne te prennent pour une illuminée. Vite. Et arrête de te parler à toi-même ! 
— Heu oui, enfin non, je peux vous offrir un verre ? finis-je par lâcher dans un souffle.
J’ai envie de prendre mes jambes à mon cou, faites qu’ils répondent vite, qu’on en finisse.
Je les vois se regarder comme si je leur avais annoncé que j’étais une extra-terrestre et que je souhaitais m’accoupler avec l’un d’eux ou comme si je leur avais demandé de résoudre une équation insoluble de Ramanujan 4 . Dans tous les cas, leur silence est une véritable torture. J’ai envie de tourner les talons, mais je vois Marion qui me fait signe de continuer. Je prends mon courage à deux mains et leur repose la question.  
— Oui ? Non ? Ne se prononce pas ? fais-je un poil irritée.
— Deux coupes de champagne, me répond le plus petit, en faisant un clin d’œil à son pote.
OK, j’ai ma réponse, je n’en aurai pas plus. Pas un merci. Ils retournent à leur conversation comme si je n’étais plus là. Je me sens nulle et un peu humiliée. Et en plus, cela va me coûter un bras. Merci Marion…
Sans un mot, je retourne à ma place.
— Alors, alors ? me demande-t-elle tout excitée.
— Tu as prévu de vider mon compte en banque déjà peu garni ?
— Hein ?
— Deux coupes de champagne.
— Et, c’est tout ?
— Ouais. Je n’ai eu leur attention que dix secondes et cela va me coûter cinquante euros… Je me demande si je ne gaspillerais pas moins mon argent à embaucher un escort boy.
— Bon OK, j’avais mal choisi ma cible, mais au moins tu as vaincu ta timidité. On va retenter une autre fois, tu vois le mec au bout du bar ?
— Celui qui semble porter toute la misère du monde sur ses épaules ?
— Oui bon, au moins il a l’air gentil. Va le voir.
— Marion, je pense que j’ai eu mon lot d’humiliation pour ce soir. Je crois que je vais rentrer.
— Non ! Tu rentreras quand tu auras offert un verre à ce jeune homme et que tu auras réussi à le faire sourire.
— Non, mais tu rigoles ! Jamais je n’arriverai à faire ça. Tu l’as vu ?
— Je suis sûre que tu peux le faire. On ne bougera pas tant que tu n’auras pas accompli ta mission, jeune padawan.
— Saleté !
Je vois bien que Marion ne lâchera pas l’affaire. Mais ce jeune homme a l’air tellement abattu que je ne vois pas comment je vais réussir à lui décrocher un sourire. Je me lève à contrecœur de mon tabouret. Courage Louise !
Marion ne me quitte pas des yeux. Je le sens. J’avance au ralenti. Je ne veux vraiment pas y aller. Je me positionne à côté du trentenaire apparemment perdu dans ses noires pensées. Il ne semble pas remarquer ma présence.
Je finis par briser le silence après quelques secondes.
— Tout va bien ?
Il tourne la tête, visiblement surpris qu’on lui adresse la parole.
— Ça va, répond-il laconiquement.
— Je peux vous offrir un verre ?
— Désolé, mais ce soir je ne suis pas de très bonne compagnie.
— Si vous voulez en parler…
— Rien de bien original, je me suis fait larguer.
— Argh. Il ne vous reste plus qu’à modifier votre liste au petit vieux barbu !
Il me regarde comme si j’étais une illuminée.
— Vous savez, le petit papa Noël, on peut tout lui demander. Et qui sait, peut-être qu’il vous apportera ce que vous voulez.
— Vous savez qu’il n’existe pas ? me répond-il très sérieusement.
— Si vous n’y croyez pas, forcément, il ne vous apportera rien. J’y crois, en lui et en la magie de Noël. Tout peut arriver à cette période.
— Et vous lui avez demandé quoi au vieux barbu ? demande-t-il soudain intéressé par notre conversation.
— De passer de merveilleuses fêtes de fin d’année en famille et de rencontrer mon prince charmant.
— Eh bien…Vous croyez aussi aux princes charmants ?
Là c’est sûr, il doit me prendre pour une fêlée.
— Évidemment ! Il faut croire en ses rêves. Si vous deviez ajouter quelque chose sur votre liste, ce serait quoi ?
— Avoir une augmentation et que Jeanne revienne.
— OK, je vous propose un truc : je vous donne rendez-vous le 10/01 ici à 20 h et on fait un point sur ce que le père Noël nous a apporté.
Je vois qu’il me prend encore pour une cinglée, mais je réussis à lui décrocher un sourire.
— D’accord. Si au moins un de nos souhaits s’est réalisé, je vous offre le verre. Si rien n’est arrivé, c’est vous qui m’offrez le verre.
— Vendu !
Je me lève de mon tabouret et, avant de rejoindre mon amie, lui donne mon nom.
— Enchanté, Louise. Stephen.
Quand je rejoins Marion, elle me félicite pour cette mission remplie avec succès. Je suis reboostée. J’ai vaincu ma timidité, j’ai abordé un inconnu et lui ai même lancé un défi. Il n’y a plus qu’à espérer que mon souhait se réalise… J’ai tout à y gagner.
 
Chapitre 4
— Ma chérie, tu penses venir quand pour Noël ? me demande ma mère, à peine ai-je décroché le téléphone.
— Je ne sais pas. J’ai plein de boulot en ce moment. Je ne sais pas si je pourrai me libérer. Je crois que je vais être d’astreinte à la boîte.
— Mais Lou, c’est Noël. Tu ne peux pas travailler ce jour-là. Tu as toujours adoré cette fête.
— Je sais. Je vais faire ce que je peux, mais je ne promets rien.
— C’est dans moins de dix jours. Quand penses-tu nous donner une réponse ?
— J’en sais rien. Je te tiens au courant, fais-je plus agacée que je ne l’aurais voulu.
Ma mère va être terriblement déçue si je ne peux me libérer pour les fêtes et moi encore plus, mais Benjamin a insisté pour que je garde la boutique le 24 au matin ainsi que le 26 et le 27. Difficile donc pour moi d’être en Bretagne le 24 au soir. C’est même carrément mission impossible. Cela me déprime de passer les fêtes seule à Guildford, loin de ma famille.
Cela fait plusieurs jours que j’essaie de négocier avec tous mes collègues, sans succès. Marion m’a même proposé de venir passer Noël dans sa famille. Mais moi, je veux être avec MA famille. Ce pronom possessif fait toute la différence.
À sept jours du jour J, j’envoie un SMS à ma mère pour lui dire que je ne pourrai pas venir. Je n’ai pas le courage de l’appeler. Entendre sa déception, ses reproches, la tristesse… Je n’aurai pas la force. Je suis déjà si malheureuse.
À peine ai-je envoyé le SMS que mon téléphone se met à sonner. Je ne peux pas décrocher. Si je prends l’appel de ma mère, je vais craquer. Et, dans l’open space, cela ne serait pas du plus bel effet. Ma mère insiste et rappelle plusieurs fois. Je coupe le vibreur et essaie de me concentrer sur mon dossier en cours. Mais le cœur n’y est pas.
Je rentre tôt chez moi et écoute les trois messages que ma mère m’a laissés. Cela me crève encore plus le cœur. À part moi, la deuxième personne à aimer le plus les fêtes de Noël c’est ma mère.
Ça va être le pire réveillon de toute ma vie. Seule dans ma petite chambre à grignoter des cochonneries. Pas de foie gras d’oie, pas de dinde, pas de bûche au chocolat et surtout personne avec qui partager tout ça.
Je passe mon temps à me morfondre sur moi-même. Marion tente tant bien que mal de me redonner le sourire. Mais seule l’éventualité de passer les fêtes en famille pourrait me remonter le moral.
19/12/2016 à 11 h 13
Lou, je n’aime pas te voir comme ça. Tu manges au moins ? Tu es livide et j’ai l’impression que tu as perdu du poids.
19/12/2016 à 11 h 13
Oui je mange, ne t’inquiète pas et si j’ai perdu un ou deux kilos ce n’est pas plus mal. Je serai au top pour cet été.
19/12/2016 à 11 h 14
L’été, c’est dans six mois !
19/12/2016 à 11 h 14
Pour perdre mes cinq ou six kilos en trop ce n’est pas de trop.
19/12/2016 à 11 h 15
Je peux faire quelque chose pour t’aider ?
19/12/2016 à 11 h 15
À part réussir à négocier avec Ben quelques jours de congé pour les fêtes, non. Mais c’est gentil.
19/12/2016 à 11 h 15
OK, je vais le voir.
19/12/2016 à 11 h 16
Laisse tomber, j’ai déjà tout essayé : la négociation, la séduction, les larmes… Rien n’a fonctionné. Je lui ai même dit que je ferai des heures sup gratuitement pendant un mois. Il a été intransigeant.
19/12/2016 à 11 h 16
On va voir.
Avant que j’aie pu retenir mon amie, elle se lève et se précipite dans le bureau de Benjamin. J’espère que ce dernier ne va pas s’énerver. Je le travaille au corps depuis plusieurs semaines…
J’ai une boule au ventre. De mon bureau, j’observe Marion et Benjamin discuter. Je les vois s’agiter. Marion fait de grands gestes avec ses mains, c’est une vraie Marseillaise. J’aimerais tellement pouvoir lire sur les lèvres.
Après cinq minutes d’une conversation mouvementée, je vois Marion ressortir du bureau. Je n’arrive pas à lire sur son visage le résultat de sa négociation. Mon amie est la reine du poker face et du suspense. Elle s’approche de mon bureau lentement.
— Alors ? Dis-moi !
— J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
— Il a dit non, c’est ça ? Mais, par contre, j’ai le droit de poser des congés en janvier ?
— C’est presque ça…
Chapitre 5
Je suis contente de moi, j’ai réussi à partir plus tôt du boulot, mais surtout Marion m’a obtenu deux jours de congé pour Noël. C’est peu, mais c’est toujours mieux que rien. Puis ce n’était pas chose aisée avec mes boulettes de ces derniers temps. Cela va me permettre de passer les fêtes avec ma famille et ça, ça n’a pas de prix. Je n’ai rien dit à mes parents. Je veux leur en faire la surprise, sauf grève ou accident, je devrais arriver à la maison le vingt-quatre décembre aux alentours de quinze heures. Juste à temps pour aider ma mère dans ses préparatifs. C’est sûr, c’est ce cadeau-là que ma mère va préférer : m’avoir avec eux pour le réveillon. Je pense même qu’elle va verser sa petite larme et me serrer fort, fort, fort dans ses bras. Et Dieu sait comme j’ai besoin de câlins et de tendresse en ce moment. Je suis sûre que le joli bracelet en or fin que je lui ai pris ne lui fera pas autant plaisir.  
Cela va être un week-end express avec presque plus de temps de transports que de temps sur place, mais le jeu en vaut la chandelle, comme on dit. Mon billet de retour est pour le vingt-six décembre aux aurores. Bah oui, parce que la mauvaise nouvelle c’est que je vais devoir tenir la boutique le 27 décembre et les jours suivants… Je sens que cela va être difficile de repartir et pas uniquement à cause de mon état de fatigue.
Je suis fin prête : valise bouclée avec une journée d’avance, billets réservés, cadeaux pour toute la famille achetés (j’ai choisi des présents peu volumineux pour pouvoir les caser facilement dans mes bagages : un bracelet pour ma mère, un boîtier multimédia pour mon père, deux places pour le dernier spectacle de Foresti pour ma sœur et pour mon frère deux billets pour Coldplay). Il n’y a plus qu’à mettre le réveil pour ne pas louper le départ et ce sera parfait pour un super Noël avec les miens. J’ai vraiment hâte. Hâte de voir leur tête. Ma mère m’a encore appelée pour me dire à quel point elle est déçue de ne pas me voir pour les fêtes cette année. Ce n’est pas évident de ne pas cracher le morceau. Je me retiens. Même si cela me crève le cœur d’entendre sa petite voix triste. Allez, plus que deux jours et elle va retrouver sa voix guillerette.
Je suis tellement impatiente qu’au boulot je ne suis plus du tout concentrée. Je passe mon temps à rêvasser, imaginer l’effet de surprise, la tête de mon entourage. Cela va être un des meilleurs Noëls. Marion se rend compte que je ne suis pas au jeu. Je reçois une notification via la messagerie instantanée.
23/12/2016 à 17 h 13
Allo, la Lune ici la Terre, vous me recevez ?
23/12/2016 à 17 h 13
Tchuuu, oui, je vous reçois. La vue est belle d’où je suis. Je ne pense pas revenir. Désolée.
23/12/2016 à 17 h 14
Dis donc tu ne serais pas en train de repenser au beau brun du bar ?
23/12/2016 à 17 h 14
Non pas du tout !
23/12/2016 à 17 h 14
À qui alors ?
23/12/2016 à 17 h 15
À ma surprise de Noël ! J’ai tellement hâte d’être avec les miens. Ils me manquent trop.
23/12/2016 à 17 h 15
Bah, merci. Dis tout de suite que tu es seule ici !
23/12/2016 à 17 h 16
Tu sais bien que ce n’est pas pareil. J’ai besoin d’affection, de me sentir aimée, d’être choyée, de redevenir le temps d’un week-end la petite fille à sa maman.
23/12/2016 à 17 h 16
Bon OK. Et le BB, des news ?
23/12/2016 à 17 h 16
Le BB ?
23/12/2016 à 17 h 16
Le Beau Brun !!
23/12/2016 à 17 h 17
Non, aucune, mais je ne suis pas étonnée. On ne s’est pas échangé nos numéros. On s’est simplement donné rendez-vous l’année prochaine…
23/12/2016 à 17 h 17
Comme c’est romantique… Mais c’est super loin ! Et s’il a un empêchement, jamais vous ne vous reverrez…
23/12/2016 à 17 h 17
Ce n’est pas très grave.
23/12/2016 à 17 h 18
Non, mais cela aurait pu te remettre en selle. Mais tu as raison, l’océan est plein de beaux poissons comme celui-ci et j’en suis sûre d’encore plus frétillants.

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents