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Les Gens sur la plage , livre ebook

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Description

Charles a vécu sa vie comme de nombreux autres : il a suivi la voie, celle qu’il pensait être la bonne. Et comme beaucoup, il est sûrement passé à côté.

Alors lorsque Flore Cassandri débarque dans sa vie sans soleil avec un mystère vieux de plus de vingt ans, c’est une occasion ; de celle qu’il ne faut pas manquer.

Flore est à la recherche de son frère, Nathanaël, disparu sans laisser de traces, ou presque. Car quelque part dans ses boîtes à souvenirs, Charles a bien connu un certain Natty. Un jeune garçon à part, un ami de vacances, un compagnon d’aventure.

La réponse à cette énigme se trouve peut-être là, dans sa mémoire. Dans l’une de ces cases au parfum d’été et d’insouciance.

Au pays des gens sur la plage.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 04 mai 2023
Nombre de lectures 10
EAN13 9782493680266
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Frank Berjonnelle
Les Gens sur la plage
 
 
Éditions Haro
 
N° ISBN Papier : 978-2-493680-25-9
N°ISBN Numérique : 978-2-493680-26-6
© Éditions Haro 2023, tous droits réservés.
© Synopsis-Media, pour la présente couverture.
Suivi éditorial et correction : Jennifer Verbeurgt
Dépôt légal : mai 2023
Date de parution : mai 2023
Éditions Haro :
200 route de Bordeaux, 40 190 Villeneuve de Marsan
Site Internet : www.editionsharo.fr
 
Art L122-4 du CPI : Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque.
 
Art L335-2 du CPI : Toute édition d’écrits, de composition musicale, de dessin, de peinture ou de toute autre production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs, est une contrefaçon et toute contrefaçon est un délit. La contrefaçon en France d’ouvrages publiés en France ou à l’étranger est punie de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. Seront punis des mêmes peines le débit, l’exportation, l’importation, le transbordement ou la détention aux fins précitées des ouvrages contrefaisants. Lorsque les délits prévus par le présent article ont été commis en bande organisée, les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et à 750 000 euros d’amende.
 
Art L335-3 du CPI : Est également un délit de contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’une œuvre de l’esprit en violation des droits de l’auteur, tels qu’ils sont définis et réglementés par la loi. Est également un délit de contrefaçon la violation de l’un des droits de l’auteur d’un logiciel définis à l’article L. 122-6.
À Jean Paul,
1
Flore Cassandri.
J’ai beau chercher dans ma mémoire, je ne trouve pas trace d’une Flore Cassandri. Cette fille qui m’a contacté peut très bien m’avoir rencontré à l’école primaire, comme être un de ces escrocs dans un cybercafé, quelque part en Afrique… Les arnaqueurs ont très vite compris comment tirer parti des réseaux sociaux.
Ce nom, ce prénom… Quelque chose résonne comme un secret enfoui. Instinctivement, en cliquant sur le bouton qui va nous mettre en contact, j’hésite un instant – comme si accepter cette demande en « ami » pouvait rompre un équilibre, venir perturber la mécanique bien rodée de ma vie si sage et sans folie…
Je me suis inscrit sur Facebook il y a plusieurs mois, comme tout le monde, quand le réseau social a commencé à vraiment prendre de l’ampleur dans la vie des gens. Comme tout le monde, j’ai repris contact avec quelques personnes oubliées, le temps d’un tchat et d’un point sur la vie. Quelques copains du lycée ou de la fac, d’anciens collègues ou des gens que je n’ai fait que croiser.
Que peut-il bien surgir de mon passé ?
Je dois bien avouer que je suis extraordinairement banal. La grande aventure, c’est pour les autres. J’ai eu une enfance normale, dans une petite ville de province que j’ai quittée pour les études, avant de m’installer définitivement à Paris. J’ai gravi les échelons dans la boîte qui m’a recruté à la sortie de l’université, une entreprise qui vend des eaux minérales – plates, pétillantes, aux agrumes –, une multinationale de vendeurs de flotte. J’y ai occupé plusieurs postes, services commerciaux ou marketing, où j’ai toujours été apprécié pour mon sérieux et mon efficacité. Dans ma vraie vie ou parmi ce réseau « d’amis » plus ou moins virtuels, on ne trouve pas de mystère, personne qui ne soit devenu célèbre, ni criminel, ni président – rien que des gens qui me ressemblent, qui ont grandi en province, fait des études pour la plupart, avant de se marier et de faire des enfants. Des gens comme tout le monde.
Une petite heure après avoir accepté de devenir son « ami », je reçois un message privé, avec une photo d’elle. « Pour que tu saches à qui tu parles », ajoute-t-elle en commentaire, car son profil est presque vide et terriblement anonyme – avec beaucoup de photos de paysages sans âme et quelques partages de ces citations feel-good sur le besoin de croire en soi, de s’affirmer et d’autres banalités du même tonneau…
Ses yeux me disent vaguement quelque chose. Je repense à mes années de fac, ces seules années un peu folles où j’ai connu les vapeurs d’alcool et les coups d’un soir, avant de me poser dans des vies de couple anesthésiantes. Je cherche vers les aiguillages de ma vie étudiante, puisqu’après cela, je n’ai rien vécu de même un tout petit peu fou… J’ai essayé de construire une vie avec une fille, puis une autre, et puis une autre. Ça s’est toujours terminé, sans que je comprenne vraiment comment ou pourquoi, sans doute parce qu’au fond de moi, je n’ai jamais voulu que ça dure. Je n’ai jamais rencontré la bonne personne, le grand Amour qui aurait fait chavirer mon cœur. Je suis célibataire, à presque quarante ans. Il y a sans doute de quoi flipper – en tout cas, c’est bien ce que les autres me font ressentir. Mes amis ont tous des femmes et des mômes, mais moi, je ne me sens toujours pas prêt, ou quelque chose comme ça. J’ai surtout beaucoup bossé – trop, sans doute. Les plus grands moments de bonheur que j’ai connus depuis mon enfance sont mes vacances au soleil et les virées au ski avec le comité d’entreprise.
« Désespérément immature », a commenté ma dernière copine quand elle m’a quitté. Peut-être avait-elle raison… Je ne réussis jamais à me projeter dans l’avenir. Les enfants, la vie de couple, le repas du dimanche chez les beaux-parents, ce sont des trucs qui m’effraient. Mais c’est simplement parce que je ne suis jamais vraiment tombé amoureux – voilà, c’est sans doute pour ça que toute ma vie ressemble étrangement à mon CV. J’ai fait de bonnes études et, quelques postes plus tard, je me retrouve directeur. Un beau parcours professionnel, à défaut d’une vie privée trépidante. Je travaille toujours trop, parce que sinon je m’ennuie, ça se résume presque à ça. Je ne sais pas ce qui peut clocher chez moi pour que je ne rencontre pas l’amour, comme ça arrive aux autres. Je me répète souvent, comme une excuse, que je ne peux pas toujours tout réussir… Un jour, je rencontrerai quelqu’un, et ce sera simplement évident.
Mais je n’ai pas atterri sur Facebook pour draguer, malgré le vide sidéral de ma vie sentimentale. Je n’espère rien d’un contact avec cette fille surgie de nulle part.
Un autre message arrive. C’est un pavé confus de plusieurs lignes. Elle dit que je peux peut-être l’aider à y voir plus clair, au sujet de quelque chose qui s’est passé il y a très longtemps. Si je suis bien qui elle pense, alors j’ai peut-être la clé d’un mystère de sa vie.
Elle ajoute qu’elle sait que je vais trouver tout cela bizarre – mais que non, ce n’est pas une arnaque. Je lui avoue en réponse que je n’ai aucune idée de qui elle est, et j’ignore même si nous nous sommes déjà rencontrés.
Elle me semble plus confuse encore dans la suite de la conversation. Je ne suis peut-être pas la bonne personne et elle s’en excuse d’avance. Ce qu’elle a à me dire est assez compliqué et elle préférerait le faire de vive voix. Je lui fais remarquer qu’elle habite Clermont-Ferrand et moi Paris, mais je suis d’accord pour aller prendre un verre à Montparnasse ou à la gare de Lyon, si elle veut.
Pendant plusieurs jours, aucune nouvelle, et puis un soir, je reçois un message plus explicite que les précédents :
« Si tu es bien qui je crois, alors tu as passé la plupart des étés de ton enfance au camping des Bruyères, sur la côte atlantique. C’était il y a longtemps, une bonne vingtaine d’années, mais je pense que tu y as connu mon frère. C’est de lui que je voudrais te parler. »
Mon dernier séjour au camping des Bruyères doit remonter à mes dix-sept ans et il y a une éternité que je n’ai pas repensé à ces étés d’enfance.
J’ai eu des copains, là-bas. D’autres enfants rencontrés sur la plage à l’heure de la marée montante, quand il fallait défendre des vagues les châteaux forts patiemment construits pendant toute l’après-midi. Ce camping était un mini monde, une petite France, avec des enfants venus des quatre coins du pays. Il y avait même des Hollandais, des Anglais, des Danois… Des gens de toutes sortes et d’un peu partout, et c’est précisément ce qui rend cet endroit si merveilleux dans ma mémoire.
Mais il n’y en a pas eu tant que ça, des copains qui ont compté.
Je lui demande comment s’appelle son frère, mais je le sais déjà.
Je me souviens soudain de ce prénom : Flore. À l’époque, ma mère et mon père avaient fait une remarque idiote : « Ils ont des prénoms bizarres dans cette famille. Flore. Et pourquoi pas Faune pour le prochain ? » s’étaient-ils moqués. Mes parents étaient très friands de jeux de mots balourds…
Flore est la petite sœur de Nathanaël. Forcément, je ne l’ai pas oublié – je me suis demandé ce qu’il a pu devenir, ce genre de choses. Mais c’est comme ça pour tout le monde, on grandit et on se détache de l’enfance. Au fond de ma mémoire, les boîtes à souvenirs des étés au camping des Bruyères prennent la poussière depuis si longtemps…
Toute mon enfance fut douce et heureuse comme le soleil sur les plages de juillet.
Mais notre histoire avec Nathanaël est faite de secrets. De beaucoup de secrets.
Flore m’explique que son frère, mon ami d’enfance, a disparu depuis des années. L’été qui a suivi mon dernier séjour là-bas. À l’aube de ses dix-huit ans, juste après être allé passer ses vacances au camping comme tous les ans, Nathanaël s’est volatilisé. Comme ça. Un matin, il n’était plus là et personne n’a plus entendu parler de lui ensuite.
Je reste plusieurs minutes devant l’écran de l’ordinateur à me demander quoi répondre – que dire ? Les copains de vacances se perdent de vue à la fin de l’enfance, c’est presque toujours comme ça. On e

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