Liz
239 pages
Français

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Description

Dark romance - Suspense - 490 pages (réédition du projet phénix)


Les menaces se précisent. Entre complot et trahison, Liz n’a jamais été aussi seule. Face au danger qui pèse sur elle, qui sont vraiment ses alliés ? Une plongée en eaux troubles pour la jeune femme qui, pour ne pas sombrer, doit également affronter ses propres démons.



Là où règnent d’obscures engeances et où les règles sont dictées par l’instinct, les prédateurs sont nombreux... et toujours plus redoutables !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 14
EAN13 9782379610776
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LIZ – 3 – Défier les ténèbres

Tome 3 – défier les ténèbres

G.H.DAVID
Tome 3 – défier les ténèbres

G.H.DAVID


Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-077-6
Photos de couverture : Studio10Artur
Tverdokhlib
Playlist

Pour tous ceux qui veulent se plonger musicalement dans l’univers du livre, voici sa playlist.

Stereophonics — Graffiti on a train
Ursine Vulpine ft. Annaca — Wicked game
Gotye — Thanks for your time
Boy Epic — Fifty shades
Fleurie — Hurricane
Hammock — Sinking Inside yourself
Michelle Featherstone — Always you
Bach — Prelude en C majeur
Kings of Leon — Sex on fire
Tom Mc Rae — Nothing on the dry land
The velvet underground – Your pale blue eyes
Josh Ritter — Baby that’s not all
The smashing Pumkins — Mayonnaise
The smashing Pumkins — Starla
The smashing Pumkins — 1979
Izia — So much trouble
Heather Nova — What a feeling
Lana del Rey — Born to die
Beck — Say goodbye
Rag’n’Bone Man - Human
Kaleo — Way down we go
« Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés »
Jean Racine - Phèdre


Prologue

Je m’appelle Élisabeth Ribes.
La vie devrait toujours être aussi simple : un nom avec une référence familiale. Des origines, une base et, si possible, un avenir. Mais la vie, chez moi, n’a rien à voir avec ça.
Je suis la fille de Jack-François Ribes, ancien légionnaire. Ma mère Liliane Mercadet était jeune, beaucoup trop pour avoir un enfant. À vingt-huit ans, elle quitte mon père pour reprendre ses études, un virage à 180 degrés pour une fille qui vit avec un ancien militaire accro à la benzo et à l’alcool, fuyant la maison plus ou moins longtemps pour des amants aussi divers que variés, entre deux périodes de longue défonce.
Jack aussi est parti quand j’avais 13 ans, laissant aux services sociaux le loisir de retrouver ma mère. Elle fut ravie, vraiment. Jeune médecin cardiologue, elle débutait une brillante carrière à laquelle elle se dévouait entièrement. Avec devant elle, ouvert, le champ des possibles. Encore jeune, Lil était une jolie fille, mince et bien faite. Ses beaux cheveux auburn bouclés mettaient en valeur un teint pâle sans aucun défaut, des lèvres pulpeuses à l’excès et un tout petit nez délicat. De l’argent, un physique avantageux, une immense maison qu’elle occupait seule, avec son frère Denis, veuf depuis quelques années.
Et coucou me voilà. Treize ans et la révolte en tête. Un chien dans un jeu de quilles. Comment ne pas la haïr, elle qui me maudissait pour ma seule existence ? Elle qui vit dans une belle maison de deux étages en banlieue perpignanaise, là où je résidais seule dans un vieux squat crasseux avec papa, qui glissait lentement jour après jour dans les profondeurs de ses addictions…
Après quelques années d’Institut de Rééducation comme on dit, me voici devenue jeune adulte et… relativement responsable. La famille que la vie ne vous donne pas, on se la construit et on la chérit. J’ai commencé par celle du « Milieu ». Sylvain, mon plus illustre petit ami, en est le « patron ». Petit trafiquant d’alcool et de liqueurs psychotropes, il a fait de moi « La Joconde ». Non seulement j’étais sa dame de cœur, mais mon caractère sanguin m’avait faite petite frappe, un statut que j’honorais avec savoir-faire en le perfectionnant par des cours de boxe française et un manque absolu de pitié. Plutôt futée, j’avais moi-même construit un réseau de connaissances. Passionnée d’art et d’antiquités, j’avais réussi quelques coups de maître qui avaient considérablement enrichi mon homme qui, affaires prospérant, se faisait appeler « le Barman ».
Tout cela avait des limites. La première fut que mes opérations spectaculaires m’avaient valu d’être plus ou moins repérée par Interpol : bien joué. La deuxième étant l’alcoolisme et la violence de Sylvain qui, un soir de bagarre, me battra plus fort que de raison. Son bras droit, un morphinomane génial et mystique tombant nez à nez avec mon crâne amoché, m’emmènera. Fin de l’épisode Sylvain, retraite pour la Joconde.
C’était une parenthèse enchantée, malgré la dépendance. L’immense érudition et la douceur de Stéphane contrastaient avec le caractère éruptif de mon ex-petit ami. Rien ne nous empêchera de nous fiancer et d’envisager un avenir… vite écourté ! Un soir d’août, tenaillé par ses démons, il m’avait demandé de quitter la maison et mourut trois jours plus tard, d’une overdose de morphine.
Essayant tant bien que mal de retrouver mon équilibre et de faire mon deuil, je pars suivre des études de droit à Toulouse dans l’anonymat le plus total. Je vis une histoire amoureuse un peu tumultueuse avec Alexandre Arthy, étudiant et ancien militaire au passé mystérieux. J’ai même reconstitué une famille, entourée de mes deux meilleures amies Maud et Clara et, depuis peu, du très beau et charismatique Maximilien Ricci.
Une vie simple et classique d’étudiante, faite de galas et de sorties entre amis. Jusqu’au jour où, amoureuse d’un jeune skateur qui s’essaie au trafic, Maud se fait enlever et séquestrer par une bande d’apprentis trafiquants. Leur but : écarter Maud et son petit copain de leur chemin pour écouler le stock d’un gros coup.
Mais derrière tout ça se cache Sonia, une connaissance machiavélique, et un gros dealer perpignanais que je connais depuis l’adolescence : Vincent Puech. Leur plan va bien au-delà d’une opération commerciale. Car le but dans le milieu, c’est de toujours se tailler le plus gros morceau.
Et ce n’est que le début d’une course contre la montre où qui trouve tue.
Réveils douloureux

Je me tourne et me retourne dans mon lit : la lumière qui filtre à travers les volets chatouille ma conscience. Je me redresse à grand-peine et je constate que la pièce ne se stabilise toujours pas autour de moi. Je retombe inerte sur le matelas en râlant.
— Oh ! Ma tête !
Bon sang, mais qu’est-ce qui a pu me réveiller… Je soupire en essayant de rassembler mes idées. La soirée s’est plutôt bien finie, Nicolas avait repris ses esprits et, soulagée de la « question Sonia », j’avais décidé de profiter au mieux de la fête. Mais à présent, j’en fais les frais. Je peux à peine me redresser sans que mon environnement chavire et que la nausée me prenne. Je me tourne mollement vers la porte qui s’ouvre.
— Quoi !
Je replonge vaseuse sous mon oreiller. La voix de Sylvain m’interpelle :
— Debout, Marmotte !
— Mmh… lâche-moi, Sylvain, je suis passée à la moulinette.
Il écarte les rideaux et met les volets en persiennes. Dans une maison aussi moderne, pourquoi ne pas avoir opté pour des stores électriques ? Je sursaute lorsqu’il s’assied à côté de moi pour caresser mon dos.
— Arrête, merde, tu as les mains gelées !
— Oh ! Je vais aller les passer sous l’eau chaude !
Je souffle. Et voilà, comme Cyril qui me rejoint subrepticement sous la couette lorsque le manque le tenaille, encore un qui me fait le coup du lit.
— Putain ! Fait chier ! Je peux pas rester seule dans un pieu, non ?
Je l’entends se laver les mains et revenir à pas feutrés sur la moquette. Je hasarde un regard vers lui. Il est torse nu et porte un simple pantalon de coton blanc qui s’arrête à ses hanches. En haut, il n’a pas d’autre ornement que son tatouage. Hier soir, il avait mis des lentilles, mais ce matin il a mis ses lunettes. Il me gratifie d’un sourire chaleureux et je soupire :
— Mmh ! Charmant !
— Oui, c’est moi ! plaisante-t-il.
Je pouffe :
— Prétentieux !
Il se penche pour murmurer à mon oreille :
— Tu ne disais pas ça hier, June !
— Oh… hier j’étais bourrée ! J’ai dit quoi ?
Il se marre.
— Que des compliments !
Il prend une bouteille d’huile et commence à me masser le dos, je gémis de bien-être. Les souvenirs remontent à la surface par bribes et me revient vaguement en mémoire une discussion avec Sylvain sur notre passé commun. Oh non ! Pourvu que j’y sois pas allée trop fort ! J’essaie de mener ma petite enquête :
— Ah ! Oui je vois… un récit d’hypothèses ? « Si, si, si et si »… c’est ça ?
— Mouais. À peu près...
— T’es pas mignon ! soufflé-je.
Il se penche et embrasse mon omoplate. Franchement, c’est moche de profiter de ma gueule de bois !
— J’ai aimé que tu complimentes mes yeux et euh… mon torse et mes… fesses !
— Simple observation, Paccagna !
Il cesse de me masser et s’allonge tendrement sur mon dos. Il reste ainsi sans bouger un temps indéterminé.
— Peut-on revivre le passé, Liz…
Je soupire… tout à coup, il a l’air si triste ! Son index se promène sur mon bras contournant mes grains de beauté.
— Je n’en sais rien, Sylvain, je ne pense pas que ce soit souhaitable.
Il glisse lentement sur le côté pour me regarder et je passe la pulpe de mon pouce sur sa joue.
— On va rester ensemble aujourd’hui ? Comme autrefois ?
Son sourire revient peu à peu, sans atteindre ses yeux verts, lumineux et calmes. Une chair de poule se propage le long de mon corps. Il ouvre la bouche, mais les sons sortent à grand-peine :
— Avant, j’ignorais que je pouvais t’aimer. Je pensais juste à te posséder, c’était maladif. J’avais si peur de te perdre... qu’à force de persévérance et de combats intérieurs, j’ai fini par parvenir à l’inverse de ce que je cherchais.
Les larmes emplissent silencieusement ses yeux sans en déborder, faisant resplendir la couleur de leur iris, rare et mordorée.
— Élisabeth, si tu savais à quel point je suis seul ! Je suis malade de mes addictions, j’étais jeune, mais j’ai compris, j’ai souffert et payé...
J’appuie mon front au sien, resserrant un peu plus la sphère intime de notre échange.
— Je ne peux pas faire ça, Sylvain, revenir en arrière serait te propulser en enfer.
— Alors, essayons autrement ! Je te couvrirai de lumière et d’amour, je t’offrirai le monde ! Lisa, je t’en supplie…
Sa voix se trouble et ses larmes débordent :
— Je t’en supplie… laisse-moi t’aimer, juste un peu ! S’il te plaît ! J’ai changé, Liz, je te le jure, aime-moi, accorde-moi la chance de trouver la paix. Lisa, aime-moi ou j’en mourrai ! Je peux pas vivre sans toi, j’essaie depuis cinq ans, j’ai cru devenir fou, et je le suis certainement, mais pitié : reprends-moi, ne me laisse plus seul !
Il pleure. Comme il pleurait l’autre soir et les larmes me viennent aussi. Je savais que ça se passerait ainsi, je connais Sylvain. Le gangster au grand cœur. Le bad boy incarné, fantasme des adolescentes. Hélas pour les jeunes filles en fleur, les mauvais garçons vieillissent mal et les blessures qu’ils infligent sont longues à cicatriser. Les miennes sont encore douloureuses et je ne peux pas les ignorer. Je caresse sa peau parfaite et ses muscles fermes, délicatement dessinés. Je passe mes doigts dans ses cheveux, mais aucun geste ne semble apaiser sa peine.
— J’ai peur du noir, Élisabeth ! Ne laisse pas l’obscurité de ton absence m’engloutir encore. Quand tu es là, tout s’illumine et le monde renaît sous mes yeux, mais l’univers entier s’éteint quand tu pars.
S’il est effectivement en thérapie, elle n’est pas très efficace. Et moi, je peux faire quoi ? Quel rôle je peux tenir sans l’achever purement et simplement ?
— Sylvain, comment s’appelle ton psy ?
Il renifle et me regarde par en dessous, perplexe. Sur son visage se dessine le désarroi d’un petit garçon perdu, pas celui d’un homme violent et calculateur.
— Remy Keller, pourquoi ?
J’esquisse un sourire en passant ma main sur son front avec tendresse.
— D’accord, alors, si je suis une partie du problème, je te propose de me joindre à ta thérapie. Je ne peux pas reprendre notre relation là où nous avions rompu. Trop de passif, trop de risques pour nous. Mais je me dois d’assainir ce qui te pourrit la vie, je ne veux plus que tu sois malheureux ainsi, c’est insupportable.
Il ferme les yeux un instant en respirant doucement et se calme.
— Qu’est-ce que tu fais pour Noël ? demande-t-il, d’une petite voix.
Je pense que ça ne va pas lui plaire, mais je suis obligée d’être honnête et puis, j’ai le droit d’avoir une vie ! Nous ne sommes pas ensemble.
— Je passerai le réveillon avec mon colocataire.
Il se recule pour me regarder avec une moue boudeuse et les sourcils froncés.
— Ton colocataire ?
Je soupire :
— Oui, mon colocataire. Il s’appelle Cyril. Il est en réinsertion et en désintoxication.
Devant moi, Sylvain semble horrifié par mon propos et je me dis qu’il ne manque décidément pas d’air. Il souffle :
— T’es dingue ! Qu’est-ce qui t’a pris !
Je plisse le front.
— Oh ! Minute ! T’es bien un ancien alcoolique toi, non ? En quoi c’est plus digne ?
Il se renfrogne. Un point pour moi.
— Où tu l’as rencontré, ce gus ?
— Par mon psy. Il tient une permanence dans une association de soutien et d’accompagnement. Il m’a proposé de l’aider et j’ai accepté. Ce que je fais pour Cyril me permet aussi de résoudre mes problèmes.
Soudain, pris d’une espèce de panique, il me saisit le visage à deux mains et me lisse les cheveux.
— Tu as eu des ennuis, tu consommes de la drogue ?
— Non ! Je vais bien. Alors maintenant écoute bien ce que je vais te dire : quand Stéphane est mort, il m’avait mise à la porte, parce que mes scènes récurrentes étaient en contradiction avec ses… habitudes, dis-je en illustrant mes propos d’un geste de la main. Lorsqu’il m’a demandé de revenir, j’ai refusé. C’est là qu’il s’est suicidé. Je n’ai pas réussi à faire mon deuil, parce que je me sens coupable. J’ai le sentiment de l’avoir livré à ses démons et d’avoir moi-même planté cette aiguille dans son bras. Le but de Ludo… mon psy, c’est de m’aider à faire mon deuil en guidant Cyril dans sa démarche. Je dois reconnaître que c’est efficace, j’arrive même à en parler sans pleurer !
Il joue distraitement avec un pli du drap en m’écoutant et me jette un coup d’œil songeur :
— Tu vois un psy ? Pourquoi ?
J’éclate de rire :
— Non, mais franchement, tu as vu mon enfance ! Et…
Je suspends mon propos avant d’évoquer mes frasques amoureuses.
— Quand on voit ce que tes petits amis successifs t’ont fait traverser, on comprend que ça t’ait ébranlée, ajoute-t-il à ma place.
Je m’allonge sur le dos et il passe un bras sous ma nuque. Un instant, j’ai presque envie de me blottir tout contre lui, mais je m’abstiens : chaque geste est lourd de sens et de conséquences.
— Sylvain, je suis ma route, je vais de mieux en mieux sur certains points, mais tu ne dois pas alourdir ta conscience avec ce qui s’est passé entre nous d’accord ? Je sais que c’est dur, mais tu peux le faire. Tu es un homme différent !
— Alors, si tu en es consciente, pourquoi ne pas m’accorder une autre chance ?
Il paraît lointain, ses yeux perdus dans la blancheur du plafond. Sa voix est enrouée et basse :
— Je suis plongé dans une solitude permanente. Les jours défilent mornement, je ne trouve aucun plaisir dans le quotidien. C’est pas faute d’avoir essayé, mais c’est encore douloureux. Dès que je me projette, je n’arrive toujours pas à me voir autrement qu’avec toi. J’ai fait sortir cette maison de terre en pensant à chacun de tes mots, elle est le reflet exact de tous nos rêves. Parfois, je t’imagine descendant les escaliers ou traversant un palier, passant d’une pièce à l’autre…
Il s’interrompt, tenaillé par le chagrin, avant de reprendre :
— C’est si irréel de sentir ta présence hanter ces murs, tu es mon fantôme, mon spectre, ma conscience : ton souvenir est ma blessure, il me rappelle à chaque instant la croix que je porte. Tu m’as marqué au fer rouge, regarde ce que je suis quand tu es là, ce que je deviens quand tu pars ! Je n’arrive tout simplement plus à aimer une autre femme. Je te vois partout, tu me possèdes comme un démon, je suis un damné condamné à souffrir de tes silences.
Il se retourne d’un coup me tenant presque dans ses bras pour poursuivre son discours :
— J’ai peur. Je suis paralysé à l’idée que tu vas partir. Je vais retourner au néant, transformé en roche stérile qui espère l’averse. J’ai tellement besoin de toi pour rester vivant…
Je pivote et il ajuste sa position, son visage se trouve à quelques centimètres du mien et je promène doucement mes ongles dans les cheveux de sa tempe.
— Tu sais, Sylvain, il y a quelque chose que je n’ai pas fait : c’est rompre proprement, en discutant, pour mettre les choses au clair. J’ai fui et je t’ai abandonné. Tout cela est ma faute.
Il pose un doigt sur ma bouche.
— Non ! Pas du tout ! C’est moi qui ai provoqué ces réactions en chaîne. Regarde-moi, j’ose à peine te toucher ! N’importe quel abruti aurait la possibilité à cette distance de se jeter sur tes lèvres, mais moi, après ce que je t’ai fait subir, j’ai perdu tous mes privilèges. J’ai tout gâché, je ne suis plus rien et j’ai rompu le seul lien qui donnait un sens à ma vie !
Une larme roule sur sa joue que je cueille de mon index avant d’embrasser le coin de ses lèvres. Il gémit et ses paupières frémissent.
— Liz… je t’en supplie…
Je me tourne pour le prendre dans mes bras et le consoler, mais il se roule en boule tout près de moi en sanglotant :
— Je ne veux pas l’obscurité, Lisa, je suis rien sans toi, ne me laisse pas seul. Pitié, Liz ! Pitié !...
Je le serre encore en le berçant, mais que puis-je y faire ? Il ne réclame pas que je lui fasse l’amour : il veut mon amour, que je me donne à lui pour lier mon destin au sien et construire un avenir. Il recherche un sentiment disparu et ce qui me brise le cœur, c’est que je sais qu’il ne renaîtra pas de ses cendres. Il pleure la mort d’un futur et d’une existence entière.

Et je suis Morta, l’horrible Parque tenant le fil et les ciseaux dans sa main. 
Corps à corps

Liz

Sylvain Paccagna est un garçon d’ordinaire assez calme. Malgré une jeunesse tumultueuse s’il en est, il prend toujours plaisir à passer du temps chez lui, regardant les chaînes du câble, cuisinant, bouquinant. Parfois, il lui prend l’envie de se promener au hasard dans la nature. Avant d’être un petit truand et un chef d’entreprise, Sylvain est surtout un homme simple et taciturne, qui sort par contrainte et nécessité, remplissant ainsi les blancs de son existence afin de ne pas trop réfléchir quand ses remords le tenaillent. Pas surprenant que ma présence lui apporte un grand bénéfice : celui d’avoir chez lui la compagnie qu’il recherche avec la possibilité de s’adonner à des occupations saines, simples et apaisantes.
Après notre discussion, triste, mais néanmoins nécessaire, il a insisté pour préparer le petit déjeuner pendant que je passais sous la douche. Et j’ai du pain sur la planche pour me remettre en état. Après une bonne demi-heure à m’activer, je descends, enfin présentable.
Dans la cuisine, je constate que mon hôte n’a pas chômé : il a préparé des œufs brouillés, des crêpes, du café, des toasts et du jus d’orange pressée. Nico, qui s’est levé avec une bonne gueule de bois aussi, me salue de façon un peu honteuse : si imbibée que j’aie pu être, nous avons dû le mettre au lit avec Sylvain. Je me sers un jus de fruit en observant le curieux petit manège qui se joue devant moi. Il y a entre les garçons une sorte d’étrange complicité. Ils s’échangent des coups d’œil furtifs en relation avec la discussion animée que j’ai interrompue, dont l’objet semble mettre Nico mal à l’aise et Sylvain aux anges.
— Eh bien ! Dites donc, vous en faites une tête ! J’ai raté quelque chose ?
Sylvain pouffe et se retourne pour jeter la poêle dans l’évier. Tout au contraire, Nicolas s’avachit sur son mug en appuyant son front dans la paume de sa main. Je devine qu’il y a du lourd.
— Bon, alors, il se passe quoi ? Ça va, Nico, tu peux tout me dire, j’étais bien faite moi aussi, hier soir !
Il ne bouge pas et Sylvain continue à rire, un son aigu s’échappe de sa gorge et ses épaules s’agitent de spasmes. Quand il se retourne, des larmes perlent au coin de ses yeux, il est rouge comme une pivoine. Il serre les lèvres un instant et laisse exploser sa joie encore une fois. Ça doit être costaud !
— Nico… allez, dis-moi ce que tu as fait ! Promis, je fermerai ma gueule !
Sylvain s’appuie sur l’évier et se dandine sensuellement en nous faisant des clins d’œil.
— Oh ! Non, vas-y, ouvre grand !
Le fou rire le reprend et Nico pousse sa tasse d’un air rageur.
— C’est bon merde, j’étais bourré ! Ça arrive non !
J’essaie de rassembler les pièces du puzzle par déduction :
— OK ! Tu t’es fait faire une pipe c’est ça ? C’est le secret du siècle ? Non, mais sans déconner, vous avez quel âge ?
Sylvain lâche des petits cris aigus au moment où je pique des œufs dans mon assiette avant d’engloutir une bouchée. Nicolas poursuit sa défense, pitoyablement :
— Vu comme ça, c’était une bombe, cette nana, un véritable avion de chasse !
J’arrête de mastiquer pour écarquiller démesurément les paupières. Oh ! Non ! Tonio ! Mon regard rencontre les yeux détrempés de Sylvain, qui trouve à peine la force de hocher la tête en laissant siffler un mot entre ses dents :
— Sssiii…
J’essaie de me retenir, mais je pouffe de rire moi aussi, retapissant tout ce qui se trouve devant moi du contenu de ma bouche. Sylvain, qui partage maintenant son hilarité avec quelqu’un, s’effondre en gémissant :
— Aïe, aïe… j’en peux plus, j’en ai mal au bide !
Je m’esclaffe, de façon bruyante et grossière sans parvenir à m’arrêter. Nico se lève et sort, contrarié, pendant que nous essayons lamentablement de retrouver notre souffle. Le pauvre. Dans les boîtes et les clubs du coin se trouve une petite célébrité locale : gogo dancer à ses heures, drag queen dans ses instants de gloire, tout le monde connaît plus ou moins et respecte Antonio Varuzzi, transformiste en cabaret, grande folle exubérante et sympathique. D’un physique plutôt avantageux, il se fait une spécialité d’appâter les jeunes hommes qui ne seraient pas du coin et ne connaîtraient pas l’embrouille. Parfois, la pêche est bonne et il tombe sur un loulou homosexuel avec qui il passe la soirée, sachant la rendre inoubliable en tout point. Mieux, être bi c’est apprécier chez lui le beurre et l’argent du beurre : tu touches une gonzesse de folie et l’instant d’après t’es au pageot avec un véritable dieu du sexe. En revanche, il n’en va pas de même pour les hétéros qui tombent sous son charme sans se faire annoncer la couleur. Nicolas fait désormais partie de ceux-là. Je ne parviens même pas à reprendre mon souffle.
— Tu m’étonnes qu’il soit vexé comme un pou !
Sylvain essaie tant bien que mal d’émerger de derrière la table où il s’était accroupi. Il essuie ses larmes et se sert un café. Je retrouve moi aussi un semblant de self contrôle et finis mes œufs. Pendant que je m’emploie à beurrer un toast, il me propose d’aller faire un peu de sport.
— Si on boxait un peu, toi et moi ?
Je relève le nez sans trop comprendre :
— Je ne pratique que le kumité {1} et tu le sais, je ne suis plus assez entraînée pour un combat mixte. Et puis, j’ai pas envie de sortir…
— Ah ! Mais t’as pas visité toute la maison alors ! retorque-t-il d’un air goguenard.
Je bois une gorgée de café avant de répondre :
— Euh… non, en effet.
— Je me suis fait aménager une petite salle de sport, comme ça, quand je rentre un peu à cran du boulot, je peux me défouler.
— Ah ! C’est une bonne idée, c’est vrai. Sauf que depuis le temps, j’ai pratiquement tout perdu, me désolé-je.
— Toi ? Vu le bourre-pif que t’as collé à Sonia, je dirais même que tu te bonifies ! s’esclaffe-t-il.
— Mouais, ça va. Je n’ai pas trop de tenues adéquates pour faire du sport… Ah ! Quoi que si ! Je dois avoir un legging et un débardeur.
Son sourire s’élargit :
— Parfait !
Je ne suis pas raisonnable : un lendemain de cuite, c’est la branlée assurée ! Mais on a toujours su se retrouver sur un ring lui et moi, même si nos disciplines diffèrent. Je suspends donc mon petit déjeuner pour ne pas trop me remplir l’estomac avant l’exercice et file à toute vitesse me changer. Sylvain croise Nico sur le palier et lui propose un combat qu’il refuse :
— Sans façon, ce n’est pas mon truc. Surtout avec des fous furieux comme vous deux ! Mais allez-y, je vous regarde !
Sylvain se marre. Je m’apprête à me joindre au débat quand mon portable sonne : c’est Alex. Je soupire profondément et me surprends moi-même à ignorer son appel. Pour une raison que je ne maîtrise pas, en cet instant, galvanisée par l’excitation, j’ai mille fois plus envie de m’entraîner avec mon ex-petit ami.
Quand j’aperçois Sylvain qui m’attend devant ma chambre, en débardeur et short, sourire aux lèvres, il est l’incarnation du glamour et de la virilité. Je hurlerais presque à la lune. Il m’adresse un signe de tête.
— On y va ?
Je lui retourne la question :
— Qu’est-ce que tu attends ?
Il part en courant et je le suis. Dans le vestibule du rez-de-chaussée, il ouvre une porte presque impossible à remarquer, qui donne sur un escalier qui mène à une salle en sous-sol éclairée par des fenêtres hautes. Il allume la lumière et se retourne vers Nico.
— Tu peux te servir de tous les appareils de muscu que tu veux ! Fais comme chez toi.
Il met de la musique pour créer une ambiance dynamique. Nous commençons les échauffements : une série d’allers-retours sur le tapis avec arrêt couché dos-ventre, des abdos, et des pompes. Lorsqu’arrivent les étirements, j’ai l’impression que je vais mourir. L’air s’échappe de ma bouche en produisant un son rauque et inquiétant. Mais ce qui me pousse au cul, c’est cet air vainqueur et assuré qu’il m’adresse. Je me souviens une fois avoir presque réussi à le vaincre en combat. À une époque, nos niveaux étaient pratiquement équivalents. Il me lance une paire de gants avant d’enfiler les siens.
— Prête, Lili ?
— Plus que jamais !
Il s’avance et je commence à bouger en fonction de son positionnement. Je me fais surprendre par son premier coup droit :
— Ta garde, Liz, putain !
Il a raison, trop concentrée sur mon observation, j’en ai oublié ma défense. Nous enchaînons crochets, coups de pied et directs. L’air me brûle la gorge et je souris de toutes mes dents. Il tente une attaque et me touche au maxillaire, je râle :
— Merde !
— Tu manques de rapidité, Liz ! Travaille tes déplacements !
Je recommence, droite, droite uppercut, crochet… je touche et il râle :
— Wow !
Je saute comme une gamine :
— Yeah ! yeah ! yeah !
Nous nous remettons en place, en nous observant avec intensité. Il reprend ses attaques. Son pied part, trouve ma cuisse et je crie.
— Faut que tu te redéplaces sur ma droite ! Va pas chercher mon pied…
J’acquiesce et je reprends. J’esquive une série d’attaques, et réplique moins rapide sur le direct que sur le crochet. Il se concentre sur mes faiblesses, me contraignant à alterner les coups. Pour l’obliger à limiter ses assauts là où je suis la moins à l’aise, j’utilise mes jambes en appui de mes attaques. Je fais appel à ma discipline : avec un grand mawashi geri {2} , je le déstabilise, j’entre alors de façon inattendue dans son espace de proximité au moment où il m’expédie un direct et je lui assène un impi {3} , avant de le faire basculer. Il tombe en arrière, souffle coupé.
— Ne porte pas tes coups bordel ! s’exclame-t-il.
Je me justifie :
— Ton fouetté {4} m’a niqué la cuisse !
Il se relève, un air rageur sur le visage :
— OK, mon amour, pas de quartier !
Nous reprenons nos déplacements. Il fait alterner ses coups de poing et ses coups de pied. Il sourit.
— Corrige ta posture, t’as les fesses en arrière !
Je lui envoie un mae geri {5} qui le touche à la taille et il commet l’erreur de baisser sa garde, mon poing s’abat sur sa mâchoire, de façon contrôlée et heureusement pas trop douloureuse. Je le charrie comme il l’a fait auparavant :
— Ta garde, mon amour  !
Il secoue la tête et se replace. J’aime me battre, l’adrénaline me ravage, c’est fou comme c’est bon ! Il poursuit ses assauts, essentiellement concentrés sur le haut du corps, et je sens venir la feinte ; je bloque le premier chassé en frontal, mais je ne vois pas arriver le deuxième, parfaitement déloyal, qui balaie un de mes appuis et m’envoie au tapis. Il gueule :
— Ta posture, Liz !
Il se jette sur moi et je me décale au moment où son poing tombe net et direct à côté de ma tête pour percuter le sol. Ahanant et suant, nous nous immobilisons : il lâche une main pour essuyer la sueur qui perle sur son front, puis il sourit en mordant sa lèvre inférieure.
— Suffit pour aujourd’hui, Lisa !
— Quoi, déjà ? plaisanté-je.
Il se relève pour attraper sa bouteille d’eau et je prends la mienne à côté de laquelle Nico se tient silencieusement. Plongé en pleine contemplation, il me félicite pour mon combat :
— Tu te débrouilles rudement bien !
Je lui souris :
— Il suffit d’aimer ça ! Une fois que ça te tient, c’est comme une drogue ! Ça produit presque le même effet qu’un rapport sexuel : de l’excitation et du plaisir !
Je reviens vers Sylvain qui me tourne le dos, reprenant calmement sa respiration.
— Tu ne veux pas continuer ?
Il pose sa bouteille et se retourne brusquement pour me décocher un crochet du gauche que j’ai à peine le temps de bloquer. Je feinte avant d’annoncer mon coup sur un atemi {6} :
— Jodan {7}  !
Il se recule et j’envoie un zuki {8} sur sa gorge. Surpris, il ne voit pas arriver mon gedan barai {9} et il tombe. Je me jette sur lui, armant mon poing. À bout de souffle, nous nous immobilisons. La chaleur moite de son corps se mélange au mien et je tente de déchiffrer son regard. Aucun de nous n’ose bouger après cet intense corps à corps. Puis il cambre légèrement son bassin, les dents serrées, poussant vers moi son érection naissante. Il sourit, yeux fermés.
— Cesse le combat, Liz, je t’en prie !
Nous nous retrouverions seuls, il n’y aurait pas entre nous tout ce passif, je me jetterais sur lui pour qu’il me fasse l’amour, et je n’ai qu’un geste à faire pour que ça se produise. Il m’écarte pour se relever, superbement taillé, rictus aux lèvres, brillant de transpiration, ses prunelles vertes ont presque viré au jaune. Sa posture est celle du grand mâle dominant prêt à honorer comme il se doit sa partenaire. Je baisse les yeux.
— Fourbe ! Tu savais ce qui se passerait !
Il éclate d’un rire joyeux :
— Petite joueuse !
Je lui jette un regard de travers. Défi, mise en garde, affrontement. Merde ! Cinq ans après notre séparation nous y revoilà. On prend les mêmes et on recommence !
— Tu dis ça pour me provoquer, Sylvain, je ne céderai pas.
Il attrape une serviette et me félicite avant de sortir :
— Dommage, tu avais tort, t’as rien perdu de ta superbe.
J’enlève mes gants et Nico m’interroge :
— Qu’est-ce qu’il veut dire ?
— Qu’il a trouvé un terrain où il peut se battre à la loyale.
Il fronce les sourcils :
— Si je puis me permettre…
Je l’arrête net :
— Merci Nico, non seulement j’ai vu, mais il me l’a dit ouvertement : il veut me prouver qu’il est différent pour me récupérer.
— Et il l’est selon toi ?
Je soupire :
— Oui. Mais moi aussi. La donne a changé.
Je l’avise du regard.
— T’es sûr que tu veux pas essayer ?
Il secoue la tête :
— Non, sans façon. Mais c’est très beau à regarder !
Je ricane :
— J’ai mon lot d’admirateurs en ce moment !
Il se montre un peu gêné, mais finalement, il se lâche :
— T’es pas du tout mon style, Lisa !
J’ai déjà entendu ça. Je pense à Cyril et je lui adresse un regard dédaigneux.
— T’es pas le premier à t’en défendre !
Il déglutit.
— J’aime les filles plus… pulpeuses. Voire rondes.
Il illustre sa phrase avec des gestes et une petite mimique.
— OK c’est bon, dis-je, j’ai compris… t’en fais pas. En un sens Nico, ça m’arrange. Tu n’es pas mon genre non plus. Je suppose que tu as pu t’en rendre compte !
Il esquisse un petit sourire en coin en inclinant la tête et j’avise sa plastique fine et délicate. Je lui fais un clin d’œil et me dirige vers l’escalier. En arrivant au palier, je trouve Sylvain, bras croisés qui me fixe avec un petit air complice.
— T’es pas son genre, alors ? Mouais, c’est sûr. Tonio et toi, vous ne boxez pas dans la même catégorie !
Je pouffe. Il n’a pas fini de s’entendre charrier avec ça, ce pauvre Nico. C’est comme notre pote, Fred, qui s’était vanté de faire hurler une fille de plaisir sur la plage et avait dû ravaler sa fierté quand elle avait exhibé son dos couvert de griffures : il l’avait chopée sur une ronce. En évoquant cette anecdote avec Sylvain, j’ai l’impression de retrouver une part de moi-même. Il y a bien trop longtemps que je ne m’étais pas autant marrée.



Vouloir et pouvoir
 
Max, Blagnac
 
J’observe le ciel gris en me demandant si, pour une fois, nous aurons droit à un Noël blanc. Je fais tourner et retourner mon iPhone dans mes mains, nerveusement. J’ai fermé ma porte à clé et ma mère a accepté d’arrêter de me harceler.
Je n’ai pas faim.
Je ne veux pas me raser.
Je veux qu’on me foute la paix.
Je veux Élie.
Sans elle, je fais la grève de la vie.
Je contrôle encore l’écran, pas de message, pas d’appel. Je suis devenu drogué. Je contemple ce téléphone comme on regarde par la fenêtre en espérant que la pluie cesse de tomber et que le soleil revienne. Elle n’est partie que depuis quelques jours et je ne l’ai pas revue depuis. Cinq jours, cinq mois ou cinq ans... C’est pareil, ça fait longtemps : peu importe la mesure, c’est trop. Qu’est-ce que je vais faire quand Alex va rentrer ? Comment je vais gérer ce merdier ? Je m’accroupis pour prendre ma tête entre mes mains tremblantes. Une obsession pathologique qui me vrille les entrailles, voilà ce que j’ai.
Je ne supporte plus d’imaginer Arthy en train de la toucher et de l’embrasser, ça me rend dingue. J’ai fait une énorme connerie, la plus grosse de ma vie et je n’ai même pas fait exprès : j’ai craqué sur la petite amie d’un pote. Et pas simplement par attirance non, carrément avec amour, passion, le truc inattendu qui ne m’arrive jamais. Je tourne en rond en ressassant mes souvenirs et j’attends qu’elle m’appelle. Parce qu’elle ne décroche pas quand c’est moi qui prends l’initiative. Je soupire : calme-toi, Max, bordel !
Elle a des choses à régler, elle s’est lancée dans une opération de vengeance d’envergure en côtoyant des mecs dangereux, elle n’est pas franchement disposée à conter fleurette.
Pourvu qu’elle aille bien.
Je renverse la tête en arrière en fermant les yeux : si seulement je pouvais entendre le son de sa voix, juste pour faire un break, pour reprendre un peu d’air et me redonner des forces jusqu’à ce qu’elle revienne… Bon sang, mais comment je vais faire pour résoudre tout ça ? Comment je ferai quand elle sera rentrée et que je ne pourrai pas la voir tous les jours, quand je devrai assister aux soirées et regarder Alex poser sur elle des yeux possessifs, quand il faudra se dire au revoir et la laisser partir avec lui en imaginant la suite. Pourtant, pas le choix, il va falloir que je me décide. Ou je déballe tout et je la...

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