LIZ
264 pages
Français

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Description

Dark Romance - 490 pages


« Je suis ton phénix... et tu es le mien. »


Max est prêt à tout pour protéger Liz, et il se révèle redoutable, bien loin des apparences. D’autant plus que de nombreuses menaces pèsent encore sur la jeune femme : nul ne sait qui se trouve à la tête de l’inquiétant Projet phénix ni quelles sont les véritables intentions de cette puissante organisation.


La vengeance de Liz non plus n’est pas accomplie ; deux noms figurent encore sur sa liste. Entre guerre des gangs et dangereux criminels, passion et trahison, Liz entame sa dernière danse, avec la vie, l’amour... ou la mort !


Plus que jamais, son existence et celle de ceux qu'elle aime sont en danger.




"Le meilleur tome de la saga"



Chrys Galia




"Un dernier tome sombre et magistral pour une fin en apothéose"



Gwen Delmas

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 19
EAN13 9782379610790
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LIZ – 4 – Danser avec les requins

Tome 4 – Danser avec les requins

G.H.DAVID
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Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-079-0
Photos de couverture : Rinderart – Wisky
Phénix : JJordanov
Playlist

Pour tous ceux qui veulent se plonger musicalement dans l’univers du livre, voici sa playlist.

Gold brother - Lose my faith
Pearl Jam - Black
Sarah Slean - Comfortably numb
SYML - Where's my love
Lord Huron - The night we met
Ludovico Einaudi - Run
Dido - Hurricanes
Marilyn Manson - The Nobodies (Against All Gods Remix)
System of a down - Lost in Hollywood
Still Corners - The trip
Still Corners - Black lagoon
Ray Charles - Georgia on my mind
Sophie Tith - La nuit je mens
N’to / Joachim Pastor DJ set remix - Trauma
Sia - Alive
Josh Ritter - Baby that's not all
Lana del Rey - Born to die
Avril Lavigne (Suicide Squad) ft. Marilyn Manson - Bad girl
Pink - Try
Fight or Flight - Leaving
Craig Armstrong - Green light (feat. The xx)
« Gatsby believed in the green light, the orgiastic future that year by year recedes before us. It eluded us then — but that’s no matter —, tomorrow we will run faster, stretch out our arms farther…. And one fine morning, so we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past. »
Francis Scott Fitzgerald – The great Gatsby
Prologue

Je suis assise sur la moquette sale, en tailleur devant la fenêtre. L’orage fait vibrer les vitres et l’eau qui s’infiltre ruisselle sur les murs de ma chambre. Papa n’est pas là, maman non plus : elle est partie depuis longtemps.
J’ai essayé de faire la vaisselle, mais je n’y suis pas arrivée, parce qu’il n’y a plus de liquide vaisselle et pas d’eau chaude, l’électricité est coupée depuis hier. Du coup, faute de chauffage, je passe mon temps sous le gros édredon en plume.
Je pleure encore, mais ça ne dérange personne, puisqu’on ne s’occupe pas de moi et les absences de papa se font de plus en plus longues. Parfois, il revient avec un cadeau ou des provisions, mais les dernières fois, il est rentré les mains vides. Depuis ce matin, j’ai dû attaquer le dernier quignon de pain sec et il ne reste qu’un carré de fromage frais dans le réfrigérateur.
Mes économies sont finies à nouveau et je réfléchis à une nouvelle histoire que je pourrais raconter aux passants pour faire la manche. Être une petite fille, ça aide pour ce genre de choses ! J’ai commencé par vendre toute une collection de timbres que j’avais trouvée aux encombrants, puis j’ai prétendu que je voulais acheter un chaton pour mon petit frère imaginaire. Au début, je flambais tout : j’achetais des bonbons que j’allais manger en cachette au fond du jardin d’une maison abandonnée, assise sur le bord d’un grand réservoir d’eau de pluie. Puis, quand le frigo a commencé à se vider, je me suis mise à faire les courses. Papa ne mange pas ce que je cuisine, à part de la soupe, de temps à autre. Je choisis donc des choses que j’aime. Cette fois, si je récolte assez d’argent, j’achèterai de la viande… Mmh ! Un bon bifteck ! J’ai si faim, et si froid… Je frissonne et retourne sous l’édredon.
Elle est dure, ma vie, quand même. J’aimerais bien avoir des repères, des repas consistants sans avoir à me soucier du prix que ça coûte. Me laver à l’eau chaude et pas au gant, en me servant d’une casserole d’eau bouillie sur la cuisinière à gaz. Je suis lasse d’avoir peur que papa ne revienne pas : une fois, à son retour, il avait le visage en sang. Il m’a dit qu’il était tombé, mais je ne l’ai pas cru. Je suis fatiguée de le guetter quand il rentre à n’importe quelle heure du soir, battant les murs, s’écroulant dans le couloir avant même d’atteindre la porte d’entrée. Je ne supporte plus la moisissure sur la tapisserie, l’odeur d’alcool et de tabac froid que tout empeste ici, même moi.
Mais je n’ai pas le choix. Ma vie, c’est celle-là. Alors, j’attends des jours meilleurs en espérant ne pas finir à la rue, ou que ce trou à rat ne se transforme pas en squat sordide. Je prie pour que mon père ne meure pas dans son sommeil : souvent j’ai eu peur qu’il ne soit mort tant il était froid quand je l’ai retrouvé à moitié nu, effondré en travers du lit.
J’ai vraiment besoin d’aide, d’un répit, d’un refuge, d’une main tendue qui ne vient pas, malgré toutes mes suppliques silencieuses. Au lieu de cela, je reste seule avec le bruit du tonnerre qui s’éloigne, dans un appartement insalubre et mal isolé, dont la porte, qui ne ferme plus correctement, me laisse à la merci de n’importe quel intrus qui pourrait m’agresser de toutes les manières imaginables, avant de m’abandonner sans vie dans l’indifférence générale. Puisque tout le monde s’en moque.
Alors, je me recroqueville sous ma grosse couette, jusqu’à ce que le sommeil m’anesthésie, dans un dernier sanglot.
Plus que tout

Elisabeth Ribes, Toulouse

J’ai froid, j’ai la nausée.
Je me réveille, le ventre tordu par un spasme douloureux.
— C’est un simple cauchemar, chuchoté-je en passant la main sur ma nuque humide de transpiration.
À côté de moi, le lit est vide. Depuis que nous avons appris ce qu’était le « Projet phénix », je trouve Max distant et ses nuits sont aussi agitées que les miennes. Impossible de le sonder, il ne dévoile que très peu ses inquiétudes, ce qui ne m’incite pas à en faire autant. J’aurais pourtant des choses à lui dire, mais par où commencer ? «  Au fait, mon cœur, je vais rejoindre le milieu de grand-banditisme pour aider mon ex pendant qu’il est hospitalisé pour ses addictions et ses violences . » J’imagine déjà sa réponse : «  Trop bien, ma chérie, on s’ennuyait tellement, ces derniers temps, enfin un peu de distraction ! Je peux prendre part à la fête ? ».
Je décide de rejoindre mon homme qui s’est levé, bien que l’aube soit encore loin. J’attrape sa dernière chemise sur le valet, avant de la boutonner sommairement. Il se tient immobile, assis sur son bureau devant la fenêtre, le regard dans le vague. Je m’approche en silence, puis passe une main fraîche dans son cou, ce qui le fait sursauter. Son visage est grave, empreint d’une expression sinistre et fermée. Je plonge dans les ténèbres de ses yeux, des iris tourmentés dont l’obscurité a noyé le paysage rassurant où je trouvais refuge. Face à tout ce qui semble assombrir son âme, j’ai envie de pleurer.
Je m’apprête à en parler avec lui, quand je découvre ce qu’il tient entre ses doigts. Une arme. Mon sang se glace, bien que j’essaie de garder mon calme, comme si se lever en pleine nuit et découvrir Max Ricci dans son bureau un flingue au poing était normal.
— Qu’est-ce que tu fais avec ça ? demandé-je d’une toute petite voix.
Il dépose le Beretta sur le bureau en soupirant.
— Je me dis que je… que je suis prêt à tout pour te protéger, je ne laisserai personne nous atteindre.
— Max, tu ne seras jamais obligé de me défendre.
Son sourire faible n’atteint pas ses yeux quand sa paume se pose sur ma joue. Il ajoute :
— Je suis prêt à tout.
— Ne bascule pas de ce côté-là, ne rejoins pas ce monde dont je tente sans succès de m’extraire : ne sombre pas avec moi.
Il se penche pour m’entourer de son bras et m’attire à lui pour m’embrasser avec une infinie délicatesse.
— Et si c’était moi, amour, le plus dangereux de nous deux ?
Je pose mon front contre le sien, au bord des larmes devant l’ampleur des sous-entendus : Paccagna, Arthy, Puech et les autres ne sont que des petits joueurs. Il tuera pour moi.
— Tu es mon phénix… et je suis le tien, murmuré-je la voix brisée.
S’il tue, j’en ferai autant. Nous serons notre force, notre soutien, jusqu’en enfer s’il le faut, là où la morale n’a plus cours. Il mord sa lèvre inférieure avant de me serrer contre lui, conscient de ce mariage de déraison.
— Je t’aime, souffle-t-il.
Je déglutis et prends une longue inspiration, parce que je sais que le moment de passer aux aveux est venu.
— Max, il faut que j’aide Sylvain, je suis la seule à pouvoir le faire.
Il se crispe, mais ne dit rien, comme s’il tendait le dos à l’orage, attendant de recevoir un coup. Je poursuis, hésitante :
— Il faut que je prenne la main sur ses affaires, juste comme ça, pour observer quelque temps, au cas où…
— Au cas où quoi  ? me coupe-t-il en se retournant vivement.
— C’est juste une vigilance ! Si sa maladie nécessite un plus long traitement, il faut quelqu’un de confiance pour faire remonter les infos. Personne ne doit savoir où il se trouve ni ce qu’il a. Ça le mettrait en danger.
Il hoche la tête, plusieurs fois, les lèvres pincées.
— D’accord, je vois.
— Max…
— Non ! Ne tente pas de minimiser les choses quand ce salaud t’utilise encore. Cesse de trouver des excuses à tous ceux qui t’entourent, tu ne connais pas la demi-mesure : tu pardonnes tout ou tu te venges. Apprends à tourner le dos, deviens une égoïste, comme moi ! Protège-toi, Élie, merde !
Mon cœur se serre devant cette engueulade inattendue, mais je fais mine de ne pas entendre ce qui me concerne : je ne veux pas parler de moi.
— Tu n’es pas égoïste, Max !
Il éclate d’un rire sinistre, puis me contre.
— Tu ignores qui je suis, qui je suis capable d’être. Je ne sais pas aimer, apprécier, avoir pitié.
— Mais, moi ?
— Toi ? s’exclame-t-il en me prenant fermement par les épaules. Toi, tu es l’exception. En dehors de très rares personnes, comme ma mère ou ma sœur, tu es l’unique personne à qui je me suis attaché. Je suis rivé à toi autant que tu es ancrée en moi ! Je ne peux rien ressentir sans toi : si on nous arrache l’un à l’autre, j’en crèverai et je buterai tous ceux qui s’y essaieront, je te le jure.
Je comprends que je ne pourrai pas le dissuader de se battre pour moi. Il s’opposera à chacune de mes prises de risque parce qu’il est programmé pour me protéger, quoi qu’il advienne. Il ne reculera devant rien pour me suivre. Je tressaille lorsque, l’espace d’un instant, j’entrevois la férocité impitoyable qu’il dissimule. Sa face cachée. Un démon redoutable qui, loin de m’effrayer, me rassure parce qu’il veille sur moi. Il est capable du pire et je ne l’en aime que davantage. Il sacrifiera tout, je sacrifierai tout : nous ne craindrons plus rien ensemble. Surtout pas le destin qui est le nôtre et qui nous pousse sans cesse à parier contre le sort.
— Avant, j’aurais prié pour que tout cela cesse. Aujourd’hui, tout m’est égal, je n’ai plus peur des menaces qui pèsent sur nous, avoué-je.
En guise de réponse, il me saisit par les hanches et me porte jusqu’à son lit où il me dépose, avant de venir m’envelopper de tout son être. Moi petite, et lui immense.
— Tu es en sécurité, amour, je veille sur toi : tu n’as pas à jouer les guerrières avec moi, murmure-t-il.
Je respire le parfum réconfortant du corps chaud qui m’enserre à m’en couper le souffle.
— Pour Sylvain, il faudra malgré tout que je monte au combat.
J’embrasse ses lèvres pulpeuses pour l’empêcher de me contrer avant de dévier au creux de son cou, là où bat la veine qui fait écho aux battements de son cœur. D’une voix rauque, il me réprimande :
— Quand tu es entre mes bras, je n’ai pas envie de parler de Sylvain, ça te surprend ?
— Je voulais que tu connaisses mes intentions. Je suis désolée si je n’agis pas toujours comme tu le voudrais, mais je préfère être honnête.
— J’aurais fini par l’apprendre et je t’aurais suivie de toute façon. Inutile d’essayer de te faire entendre raison, tu es infernale : tu n’en fais qu’à ta tête, râle-t-il.
Je ris devant son côté bougon :
— Ma grand-mère le disait tout le temps !
Ces instants rares et bénis de mon enfance me manquent. Elle se plaignait de ma tête de mule et de mon obstination. Alors, je m’entêtais, plus par espièglerie que par esprit de révolte. Et je savais qu’elle aimait cet aspect de mon caractère, elle était la seule à vraiment s’intéresser à ma personnalité ou à mon bien-être.
Max marque un léger recul d’étonnement.
— Tiens, tu ne m’avais jamais parlé d’elle auparavant.
— Parce qu’elle est décédée il y a longtemps. Son souvenir est mon trésor, mon jardin secret : la seule véritable famille que j’ai jamais eue. Sa mort a laissé un vide immense.
Il souffle, puis sourit pour m’embrasser tendrement.
— Maintenant, il y a moi, déclare-t-il.
— Et si un jour, tu n’étais plus amoureux ?
Il rit, appuyé sur un coude, tandis qu’il me caresse le front de l’autre main :
— Impossible, je suis dingue de toi !
— Vraiment ?
Je me frotte et pousse doucement mes seins vers lui. Je l’entends respirer plus fort et mes pointes durcissent.
— Raide dingue.
— Raide, hein ?
Il resserre l’étreinte de ses jambes et je sens son sexe s’affermir à mon contact. Sa bouche s’ouvre en touchant ma peau et ses dents se referment sur mon épaule, puis il suce la peau de mon cou jusqu’à ma mâchoire ; enfin, ses lèvres capturent les miennes avant que sa langue n’en lèche la jointure comme pour réclamer asile ; je l’accueille et nous échangeons nos soupirs. Je laisse mes mains aller et venir le long de son dos jusqu’à ses fesses, puis parcourir ses cuisses fermes et dessinées. Il râle de plaisir, puis me renverse d’un coup pour se positionner au-dessus de moi, descendant entre mes seins, les couvrant de baisers humides entre deux essoufflements.
— Élie, mon Élie…
Tout en poursuivant ses assauts, il pose sa paume sur mon clitoris tout en introduisant un doigt en moi, puis deux, lentement, décrivant des cercles appuyés dont mon bassin suit le mouvement. Je bascule la tête en arrière pour murmurer :
— J’ai envie de toi…
— J’ai besoin de toi, me corrige-t-il, je ne veux plus vivre sans toi, y penser me rend fou.
Mon intimité se contracte autour de ses doigts pendant que je cherche mon souffle en gémissant.
— Ne te perds pas pour moi.
Il s’immobilise alors et pose son front sur le mien :
— Jamais, mon Eurydice, chuchote-t-il d’un ton rassurant.
Je saisis ses hanches et le repousse. Étonné, il me dévisage et s’accroche à mes épaules, mais je m’écarte encore davantage. Je ne cille pas, je veux plonger dans le paysage de ses iris pour y lire ce que le soleil de ses émotions y peindra quand je lui aurai avoué ce que j’ai à lui dire. Mon cœur ne tient plus la cadence, mes joues brûlent et ma tête tourne. C’est d’une intensité incroyable, si forte que ma respiration se coupe. Alors, comme je sens le bout de ses doigts frémir, je prends mon envol. Mon cœur s’ouvre enfin, tout mon être se déchire et la force du bonheur dévale en cascade mon corps de haut en bas. Je déglutis, tandis que les larmes me montent aux yeux.
— Max… Je…
Sanglot de joie, puissance des émotions, premier essai : ça fait si longtemps ! Il pince ses lèvres, ému lui aussi, parce qu’il a compris. Il me ramène à lui et me serre sans ménagement.
— Dis-moi juste que tu ne me quitteras pas, murmure-t-il d’un souffle tremblant.
— Plutôt mourir !
Alors, je bascule mes hanches pour le chercher, puis je prends son membre d’une main ferme, mais délicate pour l’aider à s’introduire en moi… Il se met à genoux, puis me prend par les hanches pour relever mon bassin à sa hauteur. Il va et vient avec une vigueur fabuleuse qui comble mes pulsions primaires. Je lève les mains et m’accroche au tissu du drap en geignant son nom. Je tourne la tête pour trouver mon souffle, puis je me cramponne à ses cuisses pour appuyer ses mouvements et accentuer chaque pénétration.
Il est mon roc, celui sans qui je m’effondre. Est-ce la loi des phénix ? Quand sa main lâche la mienne, j’ai peur, je souffre comme si la vie m’arrachait une part de moi. Il faut avoir connu l’enfer pour en reconnaître le décor, et l’absence de Max y ressemble. L’abandon, le mépris, le deuil, son silence a l’écho de toutes mes souffrances.
Nos peaux se caressent, s’épousent, nos parfums se mélangent et l’air sent la passion des corps qui se fondent. Chacun de ses gestes laisse sur ma peau une marque brûlante, je me consume quand il emprisonne mes seins de ses mains, happant leurs pointes. L’oxygène que je respire, c’est l’aura de nos étreintes. Il tue ma noirceur pour soumettre les démons qui me hantent et avec lui, je renais pour être une autre : un autre jour, un nouveau printemps, quelque chose de vivant et de neuf.
Il resserre sa poigne sur ma peau en gémissant, il va jouir et moi je meurs, c’est l’agonie de ce mal qui germe en moi. La petite fille qui n’a jamais grandi s’épanouit enfin, comme dans ces rares moments où je pensais toucher la lumière d’un bonheur artificiel et éphémère. Je revis, je crie comme l’enfant qui respire pour la première fois, propulsée dans un monde qui m’accepte, enfin.
J’avais juré de ne plus le dire à personne .
Mais la vie reprend son cours, je ne fais que formuler une évidence. C’est moi qui cède : je jouis cramponnée à lui, les mains crispées sur ses épaules, les jambes prises dans les siennes. Un long geignement m’échappe, c’est un orgasme doux comme un voile qui m’enveloppe parce que ce n’est pas que du plaisir bestial ni une simple réaction due au désir ou à la stimulation. De véritables sentiments me balaient, gonflant mon cœur et serrant ma gorge. Puis il bascule à son tour en me serrant à l’excès, ma respiration se coupe, mes tympans crépitent, l’univers explose, tout se pulvérise. Nous nous agrippons fiévreusement l’un à l’autre, parce que tout ce qui compte, c’est nous.
Je l’aime, Seigneur comme je l’aime !
Puis nos muscles se relâchent et nos membres se détendent, je perçois son poids d’abord, puis sa chaleur. Il frissonne quand mon souffle balaie sa peau et s’écarte un peu en s’appuyant davantage pour ne pas trop peser sur moi. Dans le silence, je n’entends plus que nos souffles, c’est la seule et unique mélodie qui berce nos âmes. J’appuie ma joue sur sa tempe et me frotte tendrement à lui, provoquant un petit ronronnement de bonheur qui me fait sourire.
— Tu es ma princesse… susurre-t-il. Je ne veux pas croire que la femme que je tiens entre mes bras ne soit qu’une image. Rien de tout ce que tu as vécu ne t’a anéantie. Tu attendais juste un peu de soleil pour renaître, comme moi.
Ses paroles sont un baume sublime : elles soignent le remords d’aimer un autre homme après Stéphane, elles donnent à mon cœur le courage d’aller au bout de ce que j’éprouve. Existe-t-il au monde quelqu’un qui soit plus brisé que moi ? Je ne sais même pas comment j’ai survécu et j’aperçois enfin une lumière dans les ténèbres. Je sens une larme qui m’échappe, alors il tourne délicatement mon visage vers lui.
— Élie ? Ça va ?
Le moment propice, j’attends juste le moment propice.
Je hoche la tête en souriant, puis je pose la main sur sa joue en caressant du pouce cette si jolie bouche que j’ai tant désirée. La chambre est baignée par la douce lumière de l’aube qui pointe enfin, un asile de quiétude. Blottie dans ses bras, je distingue à peine la nuance rare de ses yeux, mais je sens son regard qui me couve. Je flotte dans la douce chaleur de son corps moite, languide et apaisée, il est mon refuge . Alors, je le sens, je suis prête, prête à l’aimer au-delà de tout…

… Et à le lui dire.
Swirling water
 
Liz 
 
Une balançoire, immense.
Assez grande pour deux, accrochée à la branche d’un vieil arbre solide au-dessus du vide : voilà ce que j’ai en tête. Je serais assise contre lui, savourant ses mouvements et les battements de son cœur à mon oreille… Je sais où je pourrais trouver l’arbre idéal, il faudrait faire fabriquer le joujou sur mesure. Je ferme les yeux pour imaginer le vent dans mes cheveux et la sensation du décollage.
— Hé, ho ! Liz, tu m’écoutes ?
— Oui !
J’ouvre les yeux sur le visage interrogatif de Clara, elle empile des cache-poussière {1} en mousseline de soie pour des tenues de soirée, afin d’y accrocher des étiquettes. La préparation des soldes est un marathon que j’adore, mais là je suis complètement déconnectée de la réalité. Entre les aveux de la veille et les fantasmes permanents qui envahissent ma tête, j’ai l’impression d’être anesthésiée. Cette histoire de balançoire me perturbe.
— Je peux te laisser deux minutes, Clara ?
— Ouais, c’est pas comme si tu n’étais plus là que physiquement, déclare-t-elle d’un ton sarcastique.
Je prends le téléphone sous la caisse et compose un numéro de mémoire.
— Allo ?
La voix calme et douce au téléphone me fait sourire.
— Natasha ?
— Oh ! Élisabeth ! s’exclame-t-elle. Comment vas-tu, ma chérie ? Je suis heureuse de t’entendre. J’ai une bonne nouvelle, j’ai un rendez-vous pour la donation de l’appartement. Il faudra que tu me donnes ton avis.
— Bien sûr, je serai de retour en fin de la semaine et je passerai au manoir. Du reste, j’ai… une faveur à te demander.
— Oui ?
— Eh bien, j’aimerais y résider un peu dans les semaines à venir.
Elle laisse un petit silence planer au téléphone, c’est frustrant, j’ignore si mon geste la blesse ou l’enchante, même si je sais qu’elle m’adore. La mort de Stéphane et ses dispositions testamentaires ont tout rendu si ambigu !
— Je crois qu’Ivan sera là, mais il peut séjourner chez moi, au village. Élisabeth… tu renonces à cet héritage pour nous. Tu peux tout de même en garder l’usufruit, tu sais bien que je n’irai pas y vivre !
Je lui suis immensément reconnaissante de ce geste. Suite à mon refus d’héritage, Natasha me fera donation de l’appartement. L’usufruit de la propriété, c’est la cerise sur le gâteau. Fut un temps où j’aurais refusé… mais les temps ont changé. Et c’est justement la raison de mon appel.
— Natasha ? J’aimerais que tu me rendes un service.
— Oui ? Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?
— Monsieur Blain travaille toujours pour toi occasionnellement ? demandé-je.
— Oui, pourquoi ?
— Je voudrais faire installer une balançoire sur le grand pin qui domine la vallée.
Elle glousse au téléphone, j’avoue que ma requête a de quoi surprendre et je ne peux pas me résoudre à lui avouer mes intentions.
— À ton âge, tu as des envies pareilles ? se moque-t-elle avec gentillesse. Bien… tu veux le numéro de Blain ?
Je jubile :
— S’il te plaît.
Je le note, en sentant une pointe d’excitation me saisir à l’estomac, impatiente que je suis de me balancer dans le vide et le vent avec Max. Je suis folle, je n’ai jamais autant aimé quelqu’un, je décrocherais la lune pour le voir sourire, si je pouvais. Je fais le vœu de passer ma vie à le gâter et à le surprendre.
Clara trépigne et glousse en écoutant la conversation, je devine qu’elle aimerait que nous parlions encore de Max. Elle est insatiable de petits détails croustillants, que nous ayons fini par nous mettre ensemble la fascine et la passionne plus que tout autre potin au monde. Quand je raccroche, elle est hilare.
— Arrête de me sourire comme ça, c’est malsain !
Elle m’adresse un coup de coude :
— Eh oh ! Ça va… Comment ça se fait qu’il n’a pas accumulé des dizaines de conquêtes avec ce physique de rêve ?
— Parce qu’il est à moi, dis-je pince-sans-rire.
Cette déclaration taciturne et mal-aimable la saisit un instant avant de l’amuser, malgré tout.
— Tigresse, wow ! Je ne t’ai jamais vue comme ça, même avec Stéphane.
Tout à coup, elle se fige, une main sur la bouche.
— Oh ! Pardon.
Clara fait partie des rares personnes qui appartiennent encore à mon présent et nous ont vus ensemble, Steph et moi ; un sujet tabou depuis sa mort tragique.
— Non, ne t’en fais pas, la rassuré-je, c’est loin tout ça maintenant.
Je souris de façon bienveillante et elle pose sa main sur la mienne.
— Tu es sûre ?
— Oui. La vie reprend ses droits, je suis sereine, l’histoire n’appartient plus qu’à elle-même. Tu vois, j’ai même prévu d’emmener Max au Domaine des Roches.
— C’est vrai ? s’étonne-t-elle, complètement médusée, ses lèvres de poupée retroussées sur ses petites dents délicates, ses grands yeux sombres élargis de surprise.
Je pose une deuxième main sur la sienne pour la rassurer :
— Oui, j’ai envie de lui faire découvrir tout ce que j’aime et que j’ai pu aimer, je voudrais partager un milliard de choses avec lui.
Des clients entrent et s’agitent dans le magasin, interrompant ma confession. Nous les saluons poliment au fur et à mesure et Clara, restée sur sa faim, poursuit son enquête :
— Tu as vu sa famille à lui ? Oups, je veux dire…
Je ris, le cas Arthy restera dans les annales !
— J’ai compris, ne t’en fais pas. Oui, sa sœur et son père, mais pas encore sa mère.
— Elle est comment, sa sœur ?
— Indécemment belle, comme son frère. Grande, cheveux noirs épais, lèvres pulpeuses, grands yeux en amande, mais plus sombres. Un caractère fort soutenu d’une intelligence fabuleuse, bref : le genre de fille que tu ne voudrais pas avoir comme adversaire.
Elle ricane, mais elle aussi est tellement jolie qu’aucune rivale ne lui fait jamais peur. Moi si : je suis le vilain petit canard de la troupe. Je ne sais pas ce que les garçons me trouvent. Ce doit être ça que les Américains appellent la french touch , ce charme à la française qui fait que tu peux être à la fois moche et désirable. Merci, mon Dieu, d’avoir inventé ce concept salutaire !
— Et son père, il lui ressemble ? s’enquiert-elle.
Mes doigts vont et viennent, enfonçant l’aiguille de la swifteuse dans le tissu pour y accrocher des étiquettes.
— Un peu, plus lorsqu’il était jeune. Il a des faux airs à la Corto Maltese, les pattes en moins et en plus âgé. Il est très séduisant, Max lui doit sans aucun doute son charisme. En revanche, je ne sais toujours pas de qui il tient la couleur unique de ses yeux.
Clara se fige un instant et son regard fait l’aller-retour entre mon visage et une cliente qui doit se trouver derrière moi. Je penche la tête sur le côté pour lui demander quelle mouche l’a piquée, quand la réponse à ma question précédente me parvient :
— De moi.
Je me retourne en entendant cette voix féminine, suave, délicate, hypnotique. Je découvre une femme extraordinaire, dont la beauté arracherait des sanglots à un photographe de mode. Grande et élancée, elle a peut-être la cinquantaine elle aussi, mais l’expression vive de ses traits lui en donne tout juste quarante-cinq, et encore. Une abondante crinière rousse habille ses épaules. Un frisson me recouvre, il a l’aura de sa mère, c’est indiscutable ! Ses yeux vert clair sont parsemés des taches brunes irrégulières si caractéristiques. Je déglutis, mal à l’aise, quand elle fait un pas en arrière esquissant un sourire, avant de tendre une main pour toucher mon bras et m’adresser un regard nerveux :
— Vous êtes bien Élie ?
Ce petit surnom, qui ne m’est donné que par la famille Ricci, finit par me donner des bouffées d’affection spontanée. Moi, la fille aux mille surnoms, j’en trouve enfin un qui me plaît vraiment et qui semble me correspondre. Je me reprends, je voudrais lui serrer la main, mais sa façon d’établir le contact, brisant la distance, rendrait ce geste inapproprié et elle doit bien s’en rendre compte, vu qu’elle est ethnologue. Je réponds sobrement, un peu déstabilisée :
— Oui, madame.
Je lui tends la main, mais elle préfère m’offrir une bise chaleureuse.
— Je suis ravie de vous rencontrer enfin. Je suis désolée de me présenter sans prévenir, mais j’ai tant entendu parler de vous que je ne voulais plus attendre ! Et puis, afin de prendre le temps de faire connaissance, je suis venue vous faire une proposition.
Elle trépigne nerveusement, excitée comme une ado ; c’est la première fois que je rencontre la mère d’un petit ami et qu’elle se révèle plus nerveuse que moi.
— Pas de problème, je vous écoute !
Elle rigole en dégrafant son manteau, dévoilant ainsi un décolleté parsemé de taches de rousseur comparables à celles qui constellent les épaules de son fils. Clara, qui se sent de trop, se tend et frotte nerveusement ses mains, avant de s’écarter vers l’entrée de la boutique.
— Élie, je ne voudrais pas abuser… vous pouvez refuser, mais comme je suis en ville, j’aimerais que nous déjeunions ensemble ce midi.
— Bien sûr, madame, je finis dans une demi-heure. Vous souhaitez peut-être regarder la collection pour patienter ? Je peux vous proposer un café ou un thé ?
Elle décline ma proposition, non sans m’adresser un grand sourire satisfait.
— C’est très beau ce que vous faites ! Et les tailles sont grandes, ce qui pour une fois, pourrait me convenir. Vous avez de la chance, Élie, votre stature est plus conventionnelle, vous pouvez satisfaire vos envies plus facilement que moi.
Clara et moi échangeons un regard désabusé. Comment peut-elle se désoler ? Elle est somptueuse ! Quand elle se déplace, racée, sur ses talons hauts, on dirait qu’elle plane au-dessus du sol. Alors que je suis perdue dans mes observations, mon amie revient vers moi, l’air préoccupé, et me touche de l’index en se penchant vers mon oreille :
— Au fait, il y a deux mecs bizarres devant la porte.
Je jette un regard anxieux vers la rue, puis je lève les yeux au ciel.
— Dans la famille Ricci, on ne lésine pas avec la sécurité. Je suppose qu’il va falloir que je m’habitue, plaisanté-je.
La mère de Max me jette une œillade malicieuse en souriant, avant de prendre son téléphone dans son sac pour passer un coup de fil. La discussion se fait en italien, par discrétion, je suppose. L’échange est animé et elle n’a pas l’air déterminée à céder d’un pouce. Lorsqu’elle raccroche, elle feint d’être épuisée.
— Il en fait toujours trop, je suis navrée, s’excuse-t-elle en faisant référence à son mari.
— Oh, ce n’est pas grave, la rassuré-je. J’espère juste que cela n’impressionnera pas trop les clientes.
— Sandro va les appeler pour leur demander de se tenir à distance et se fondre dans le décor. Il ne voulait pas vous mettre mal à l’aise.
— Il n’y a pas de mal, madame !
Elle fronce les sourcils et prend un air menaçant :
— Je m’appelle Solange.
— Euh… oui…
— Madame, c’est ma mère. Et elle a soixante-quinze ans.
D’accord, j’ai compris.
— Bien, madame Solange, plaisanté-je.
Elle éclate de rire avec désinvolture.
— Je pense que nous allons fort bien nous entendre, vous et moi !
Je baisse la tête en souriant, rassurée que ma potentielle future belle-mère ne soit pas du même acabit que Liliane.
— Franchement, Liz, nous interrompt mon amie, tant qu’à faire connaissance, tu pourrais partir plus tôt ! Ça ne me gêne pas de rester seule, nous ne sommes qu’à quelques jours des soldes et la fréquentation est pratiquement nulle.
Elle me pousse doucement vers la réserve, écourtant ainsi ma matinée de travail avec bienveillance. Lorsque je réapparais dans la boutique avec mes affaires sous le bras, je trouve la mère de Max en pleine conversation. Quand elle raccroche, son sourire s’élargit.
— Élie ? Finalement, nous serons quatre. Max se joint à nous pour vous présenter quelqu’un.
Je crispe mes doigts sur mon manteau.
Pitié ! Pas une nouvelle discussion à la James Bond ou je me jette tout habillée dans la Garonne !
— Détendez-vous ! s’exclame-t-elle, ça va bien se passer !
Pourquoi les gens ignorent-ils que c’est précisément ce genre d’affirmation qui me fait craindre le pire ? En guise d’au revoir, je tire la langue à Clara qui se marre sous cape et je quitte la boutique, un rien tendue.
— Vous avez déjà mangé au Bibent, place du Capitole ? s’enquiert-elle.
— Non, mais il y a une première à tout !
Elle esquisse un sourire :
— Alors dans ce cas, Élie, il y aura deux premières !
Vingt minutes plus tard, nous entrons dans l’historique brasserie au décor Art nouveau. L’atmosphère est lourde, embuée, bruyante même. Autour des tables, les serveurs vont et viennent comme des abeilles au sein d’une ruche. J’en ai presque le tournis en cherchant Max du regard, quand je le trouve, absorbé dans une discussion animée avec un homme aux cheveux grisonnants assis de dos. Quand ses yeux se posent sur moi, son visage s’éclaire et son interlocuteur se retourne.
Le beau Piémontais se lève pour m’embrasser, non sans honorer d’une tendre accolade sa mère au préalable, politesse oblige. Puis il saisit ma main pour me guider vers l’homme qui lui tient compagnie et m’accueille avec un enthousiasme débordant :
— Ah ! Dieu ! Voilà donc la huitième merveille du monde !
Je ris poliment sans dissimuler ma gêne et serre la main qu’il me tend sans baisser les yeux. C’est un test, il me jauge, la franchise du regard est un gage d’honnêteté, la fermeté de la poigne aussi et la sienne me comprime fermement les phalanges. Lorsque son sourire s’épanouit, je sais que j’ai bien joué, même si la partie continuera aussi longtemps que faire se peut : ces hommes-là ne dorment jamais que d’un œil.
Maximilien prend la parole, enjoué :
— Élisabeth, je te présente mon grand-père. Andrea Volfoni.
Le crampon de ses prunelles ne lâche pas ma conscience qu’il est allé rechercher je ne sais où. C’est un homme puissant et il le sait, je n’ai que mon cran pour lui faire face, alors je tiens bon.
— Je suis enchantée, monsieur.
Ses mains se posent sur mes épaules et son expression devient charmeuse :
— Oh ! Comme elle est ravissante… elle a un rien de Greta Garbo ! Les yeux, ou les lèvres peut-être ? N’a-t-on jamais complimenté vos lèvres ?
J’incline la tête pour lui répondre :
— Je crois que vous êtes le premier à vous y attarder !
Il laisse un éclat de rire animer son expression et Max passe un bras autour de ma taille en souriant.
— Dans ce cas, dit-il, il faudra que je me rattrape !
Il nous tire une chaise à sa mère et moi pour que nous prenions place. Trois tables plus loin, je reconnais Hugues Aufray ; d’autres s’en sont rendu compte, mais personne n’ose le déranger. C’est le paradoxe des endroits réputés trop fréquentés : on y est plus anonymes qu’au creux des alcôves.
Je suis captivée par le grand-père de Max. Sa fausse bonhomie n’a d’égal que son contact sans détour. Solange se relève presque aussitôt et s’excuse :
— Je vais me rafraîchir, je reviens dans une minute.
Il est d’usage de dire qu’on sera de retour en partant aux toilettes, mais ça m’a toujours fait rire. ...

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