Rêve
274 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Rêve

-
traduit par

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
274 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description


Je ne peux pas dormir...


Lorsqu’un amour non partagé laisse Dylan Hart insomniaque et pensant ses blessures, son instinct l’attire vers le seul endroit où il a trouvé du répit dans le passé : le Lovato. C’est l’endroit de tous les fantasmes – et des rencontres brûlantes – où une nuit intense de sexe sans attaches soulage ses sentiments fragilisés.


Cela aurait dû être une évasion parfaite, et pour une nuit magique, cela semble être le cas, mais deux mondes entrent en collision et la réalité reprend ses droits lorsque son partenaire sexuel a désespérément besoin d’un ami. Dylan peut-il faire confiance à son instinct alors que son coeur a déjà été brisé par une amitié auparavant ?



Cela me tue à petit feu...


Les dés sont pipés pour l’ancien danseur de ballet Angelo Giordano qui ne trouvera jamais le véritable amour. Au moins, se rendre au Lovato lui offre un répit dans une vie définie par la maladie ; un soupçon de lumière dans le gris terne de sa soi-disant vie sans la danse. Puis il rencontre Dylan – un véritable rayon de soleil des plus brillants – qui fait une fois de plus battre son coeur avec un but.


Angelo est subjugué par cet homme, mais la maladie qui a mis fin à sa carrière ne le laissera pas profiter de ce nouvel amour. Il se noie et Dylan ne peut pas le sauver alors que des insécurités les submergent tous les deux. Le seul moyen de s’en sortir est de confronter leurs démons.


Si Dylan peut tourner le dos au passé et Angelo peut faire face à son avenir incertain, ils pourront peut-être poursuivre leurs rêves ensemble.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 6
EAN13 9782376764922
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0034€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Rêve
Copyright de l’édition française © 2019 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2018 Garrett Leigh
Titre original : Dream
© 2018 Garrett Leigh
Traduit de l’anglais par Jade Baiser
Relecture & Correction par Valérie Dubar, Miss Relect Addict
 
Conception graphique : © Francessca Webster
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-492-2
Première édition française : mars 2019
Première édition : janvier 2018
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Chapitre Un
Chapitre Deux
Chapitre Trois
Chapitre Quatre
Chapitre Cinq
Chapitre Six
Chapitre Sept
Chapitre Huit
Chapitre Neuf
Chapitre Dix
Chapitre Onze
Chapitre Douze
Chapitre Treize
Chapitre Quatorze
Chapitre Quinze
Chapitre Seize
Épilogue
À propos de l’Auteur

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
Rêve
À fleur de peau #1

 
Garrett Leigh
 

Chapitre Un
 
 
 
 
— Tu n’avais pas à t’ enfuir.
La culpabilité traversa Dylan Hart alors qu’il pressait son visage contre la vitre fraîche de la fenêtre du train, son téléphone collé à son autre joue.
— Je suis désolé, bébé. J’ai seulement besoin d’un peu d’espace, d’accord ?
Eddie soupira.
— Je suis désolée aussi. J’aurais aimé que les choses soient différentes.
— Non, ce n’est pas vrai.
Dylan se força à rire.
— Sam et toi êtes parfaitement heureux l’un avec l’autre. Nous pouvons faire la fête autant que nous le souhaitons, mais en fin de compte, je suis un complément dont vous n’avez pas besoin.
— Ne dis pas ça.
— Pourquoi pas ? C’est vrai.
Dylan réprima un soupir et ferma les yeux.
— Écoute. Sam et moi sommes proches depuis longtemps, mais nous n’avons jamais beaucoup fricotés avant que tu arrives. Sam a envie de moi parce que tu as envie de moi, et ça me convient, mais…
— tu as besoin de plus, n’est-ce pas ?
— Oui.
Dylan n’avait pas réalisé à quel point c’était vrai jusqu’à ce qu’il le dise, mais une fois qu’il l’eut fait, la réalité qu’il devait renoncer à sa dépendance sexuelle avec ses deux meilleurs amis le frappa de plein fouet. Il se pencha en avant sur son siège, comme s’il pouvait recroqueviller son corps contre la douleur. Il aimait Sam depuis des années, et maintenant Eddie aussi, mais où cela s’était-il terminé ?
— Eddie, murmura-t-il. Tu es avec Sam… Il t’aime tellement. Laisse-moi trouver la même chose pour moi, hein? Avant que nous soyons tous blessés.
Il raccrocha avant qu’Eddie puisse le raisonner. Il savait qu’elle était contrariée, mais c’était pour le mieux. Sam prendrait soin d’elle, comme il l’avait toujours fait, et Dylan prenait soin de lui-même.
Il changea de train à Highbury puis à Stratford. La nuit tombait et il s’était presque persuadé que c’était son trajet habituel pour rentrer chez lui et qu’il n’avait pas laissé un morceau de son cœur à Vauxhall.
Mais le sentiment ne se dissipa pas au moment où il descendit du train à Romford et quittait la gare avec un nuage noir pour compagnie. Dehors, une file de voitures était bloquée par un cortège funèbre avec chevaux et calèche. Dylan regarda les chevaux noirs comme du charbon, hypnotisés par leur grâce. Les funérailles à l’ancienne étaient courantes à Romford, mais le spectacle ne perdait jamais sa dignité. Il observa la procession à mesure qu’elle passait – les pompes funèbres et la famille marchaient lentement derrière – et il se demanda où ils allaient. Le Sacré Cœur, peut-être ? Le grand-père de Dylan était enterré là-bas.
La procession passa. Dylan sortit de son brouillard et se dirigea vers son appartement situé dans l’ancien complexe du Railstore . Il n’était pas rentré chez lui depuis quelques jours, mais l’appartement converti était exactement comme il l’avait laissé – encombré et pourtant distinctement vide. Son regard se posa sur son canapé d’angle et il repensa à la nuit qu’il y avait passée, quelques semaines plus tôt, dans les bras de Sam et Eddie, jambes enchevêtrées alors qu’ils récupéraient d’une nuit de baise et d’amitié. Ces soirées allaient lui manquer.
Il tourna le dos au salon et se dirigea vers la salle de bain. Ses terminaisons nerveuses commençaient à picoter sous l’envie d’effacer l’ardoise. Non, c’est trop tôt. Mais l’était-ce ? Comment mesurez-vous quelque chose comme ça ?
Dylan n’en avait aucune idée et continua à débattre intérieurement alors qu’il se déshabillait avant d’abandonner ses vêtements en pile à ses pieds. La douche chaude apaisa à peine son inquiétude, et au moment où il aurait dû se poser pour la nuit, il fut pris d’une furieuse envie de sortir.
Sautant le dîner, il enfila son jean moulant préféré et un tee-shirt noir ajusté, et il partit avec une seule idée en tête : être quelqu’un d’autre pendant un moment. Ou du moins, une version différente de lui-même.
Il prit un taxi pour se rendre à la périphérie de la ville. Le bâtiment quelconque à la sortie de l’autoroute semblait sans vie lorsqu’il sortit de la voiture.
— Vous êtes certain que c’est là où vous allez ? demanda le chauffeur, même s’il ne semblait pas vraiment concerné.
Dylan le paya et se permit un petit sourire.
— Oh, j’en suis certain. Bonne soirée.
Il ferma la portière et se dirigea vers la vieille porte-cochère. Malgré la peinture sur les avant-toits, le bâtiment semblait totalement abandonné, mais à mesure qu’il se rapprochait, le faible bruit sourd de la musique électro lui parvint et son pouls s’accéléra au rythme des battements.
L’enseigne était aussi discrète que le reste du bâtiment, mais le texte ne manquait jamais d’exciter Dylan : Lovato, le lieu de tous les fantasmes. Jusque-là, il n’avait jamais été déçu. Il paya son entrée et s’inscrit sur le registre, puis il descendit directement au vestiaire. D’habitude, il passait d’abord par le bar, mais il n’était pas d’humeur à attendre aujourd’hui. Son plan avorté avec Sam et Eddie l’avait enflammé, et il ne pourrait pas dormir avant d’avoir fait quelque chose – ou quelqu’un – pour le calmer.
À côté des escaliers, la porte de l’un de ses lieux de prédilection était ouverte. Malgré son objectif d’atteindre les pièces du sous-sol, Dylan jeta un coup d’œil à l’intérieur. La rangée de box était affectueusement appelée « le relais routier » et la scène qui accueillait Dylan en était une preuve parfaite – hommes et femmes se tenaient debout, leurs sous-vêtements autour des chevilles, tandis que des hommes costauds les prenaient par-derrière. Un des hommes était affalé sur le pseudo comptoir de la salle de bain, les jambes en l’air tandis que sa femme le prenait avec un gode ceinture. Dylan croisa son regard et lui fit un clin d’œil. Peut-être qu’il les rejoindrait plus tard, s’il pouvait se débarrasser de son humeur sombre.
Il laissa le relai routier derrière lui et descendit l’escalier. Le couloir menant aux pièces du sous-sol se séparait en deux et il suivit celui de gauche pour se rendre dans les vestiaires qui étaient très calmes comparé à l’orgie en cours à l’étage supérieur. Le battement de la musique ralentit pour se transformer en dubstep 1 , et il se laissa envahir par les pulsations tandis qu’il se déshabillait et rangeait ses vêtements dans un casier.
Une serviette autour de la taille, il contourna le glory hole 2 et s’approcha de Seamus, le gardien des bunkers.
— Qu’as-tu pour moi ?
Seamus le toisa de son regard indéchiffrable habituel et lui tendit une bande de tissu noir.
— Dernière chambre. Je vais te bichonner.
Oui, oui… Dylan fréquentait le royaume de Seamus depuis assez longtemps maintenant pour que le rustre écossais connaisse parfaitement ses goûts, et le frisson d’anticipation de ce qui était sur le point d’arriver réveilla son sexe. Il pénétra le dernier bunker du couloir et laissa tomber sa serviette à côté du matelas surélevé qui faisait office de lit douillet. La pièce pouvait sembler vide pour un œil non averti, mais Dylan savait ce qui se trouvait dans les tiroirs de la commode. Comme s’il était chez lui, il l’ouvrit et sélectionna sa boîte à accessoires avec attention. Des préservatifs et du lubrifiant feraient l’affaire aujourd’hui – les plugs et autres godes en verre pouvaient attendre.
Dylan étala sa serviette sur le matelas étanche puis s’assit sur le bord et noua la bande de tissu que Seamus lui avait donnée autour de ses yeux. Une fois les yeux bandés, ses battements de cœur s’accélérèrent. Il se lécha les lèvres et compta les pulsations alors qu’il s’installait sur le matelas – recroquevillé sur lui-même, mains entre le torse et les cuisses, fesses offertes. Il ne toucha son sexe tendu qu’une fois, puis il leva la main pour signaler qu’il était prêt à accueillir tout ce qui franchirait la porte.
 
 
— Ange, ça faisait longtemps !
Angelo Giordano s’assit à un tabouret du bar et fit un signe de la tête à Carl, une vieille connaissance, même s’il ne l’avait jamais vu hors du club.
— Cela ne fait pas si longtemps.
— Non ? J’ai l’impression de ne pas avoir vu ton joli minois depuis une éternité.
— Lâche-moi et sers-moi un verre d’eau.
— Tu ne veux pas une Peroni ?
— Non.
Angelo avait assez bu de cette mauvaise bière à la veillée funéraire de son père, son estomac ne manquait pas de le lui rappeler.
— De l’eau, cela me va très bien. Sérieusement.
— Comme tu veux.
Carl se faufila jusqu’aux réfrigérateurs de l’autre côté du bar. Angelo le regarda partir, admirant son dos parfait de star du porno. Carl était un bon divertissement et ils avaient déjà joué ensemble plusieurs fois par le passé, mais alors qu’Angelo faisait glisser son regard sur ses larges épaules et ses cuisses épaisses, il ne ressentit rien. Il n’était pas venu pour retrouver ses habitudes, il avait besoin d’inconnu.
Une bouteille d’eau apparut devant lui, Carl serra son poignet et repartit servir les clients ; Angelo aimait cela chez lui, il savait laisser les gens en paix.
Et Seigneur, Angelo voulait être seul, mais il avait une dernière chose à faire avant de s’enfermer pour le reste de la semaine ; une dernière démangeaison à gratter avant de s’abandonner au nuage noir qui l’avait suivi jusque chez lui depuis New York et qui le suivait toujours, deux mois plus tard.
Il se retourna sur son tabouret et inspecta les environs. Le bar était situé au centre du club, à égale distance de la plupart des aires de jeux. À cette heure de la nuit, les choses commençaient à s’échauffer et à déborder des pièces plus populaires. Son premier coup d’œil lui permit de repérer un couple qu’il connaissait de vue, baisant sur une table, des femmes enlacées sur le sol et un homme recevant la fellation de sa vie par le bear 3 qui était à ses pieds.
Il sentit soudain la chaleur monter entre ses jambes. Il songea à se joindre au couple sur la table, revendiquer sa place derrière l’homme et le prendre tandis qu’il prendrait sa femme, ou enfoncer son sexe dans la bouche du bear qui semblait assez divine. Mais il ne bougea pas parce que les deux options étaient des danses qu’il avait déjà dansées auparavant, et il n’était pas d’humeur à entamer une autre valse.
Il but sa bouteille d’eau d’un trait et se leva. Son instinct le mena directement vers l’escalier menant au sous-sol – son terrain de jeu préféré lorsqu’il allait mal – et il se plaça dans la file de volontaires pour une attraction-surprise. À l’entrée, il trouva Seamus, une sorte d’homme bestial qui surveillait les pièces du sous-sol comme si chaque participant était son enfant.
Il gratifia Angelo d’un clin d’œil.
— Tu es canon, aujourd’hui, mon frère. Dois-je parcourir la checklist avec toi ?
— Probablement pas, mais je sais que tu en meurs d’envie.
Seamus gloussa et parcourut sa liste de sécurité avant d’apposer un tampon sur la main d’Angelo, le présentant comme le seul joueur à entrer dans ce qui allait suivre les yeux grands ouverts.
— Bunker cinq, je crois que tu vas vraiment aimer ce qui t’attend.
Angelo leva les yeux au ciel. Seamus était un indéfectible optimiste, il disait toujours la même chose, quelle que soit la surprise de l’autre côté de la porte épaisse.
— Peu importe. Merci.
Il laissa ses chaussures à Seamus et marcha pieds nus dans le couloir de style industriel, le sol en métal refroidissant la plante de ses pieds. Les bunkers étaient insonorisés, ce qui se passait derrière les lourdes portes était audible uniquement par Seamus et quelques voyeurs qui payaient à l’heure afin de regarder depuis des galeries. Cela n’empêcha pas Angelo de sentir la chaleur émaner de chaque porte devant lesquelles il passait, et il laissa s’infiltrer et se mélanger en lui l’anticipation qui bouillait dans son ventre.
Le bunker cinq était au bout du couloir. Angelo s’arrêta avec la main sur la poignée de la porte, se préparant pour ce qu’il allait trouver. Dans le passé, il avait baisé toutes sortes de gens, mais bon sang, il voulait baiser un homme ce soir – il en avait besoin. Il en mourrait d’envie. Que sa pan sexualité aille voir ailleurs s’il y était, il y avait des jours comme ça où seul le contact d’un homme pouvait l’apaiser.
Angelo ouvrit la porte, et cligna des yeux plusieurs fois. Et une vague de soulagement le frappa si fort qu’il dut se stabiliser en s’appuya sur l’embrasure.
Waouh ! Jackpot !
Il prit une inspiration et le désir qui couvait dans ses entrailles fit une danse joyeuse. Cela faisait un moment, mais le frisson de l’ouverture de la porte ne faiblissait jamais, et cette fois, il trouva de l’or – littéralement. Le jeune homme mince qui l’attendait sur le lit avait un halo de cheveux clairs et une peau pâle qui serait magnifique décorée des empreintes de sa main. Et en plus de cela, il était prêt. Les yeux bandés et les jambes écartées, l’homme avait laissé préservatifs et lubrifiant à côté de lui – son message était clair. Il voulait se faire baiser et Angelo était prêt à lui rendre ce service.
Il se déshabilla en rejoignant le lit, fit le tour du matelas, le sexe plus dur que jamais. Le plan était simple, il avait été exposé par son mystérieux compagnon, mais il s’arrêta quand même au niveau de la tête de ce dernier, intrigué par sa bouche. De belles lèvres bien charnues entre lesquelles il était très tenté de glisser son sexe, mais ses pieds glacés sur le sol le ramenèrent à ses affaires. Les gens ne venaient pas au sous-sol pour ça, ils venaient pour ce moment d’oubli anonyme dont Angelo avait tant besoin.
Il fit le tour du lit pour arriver là où l’autre homme semblait le désirer le plus. Angelo prit un préservatif et le bruit de l’emballage qu’on ouvre fit frissonner l’inconnu. Il enfila la protection et se caressa quelques instants avant de recentrer son attention sur son partenaire de jeu et son orifice offert. Il se servit du lubrifiant qui coula en longs filets le long de la fente de l’inconnu avant de glisser le long de ses cuisses, le liquide ayant une texture identique à du sperme. L’homme frissonna à nouveau, mais Angelo ne fit aucun geste pour le réconforter. Nan. Dans les bunkers, il n’y avait pas de place pour les sentiments et les mots doux ; ici, on allait droit au but et Angelo était plus que prêt.
Il fit pénétrer le lubrifiant dans l’orifice de son partenaire d’un coup de pouce, se délectant du grognement de ce dernier. On se parlait rarement dans ce genre de moments, mais Angelo ne put s’empêcher de prononcer quelques mots. Il fit glisser son pouce plus loin encore dans l’orifice de son compagnon de jeu, ses tétons frottant sur son dos.
— Le mot de sécurité, c’est renard , n’hésite pas à l’utiliser.
L’homme éclata de rire.
— Je ne l’utiliserai pas.
Il avait une voix plus grave que ce à quoi s’attendait Angelo, les vibrations de sa voix envoyant des ondes de plaisir directement dans son sexe. Il retira son pouce, se plaça dans l’axe et le pénétra avec autant de douceur qu’il en était capable alors que sa tête bourdonnait déjà. L’homme était serré, brûlant et glissant de lubrifiant. Mais plus que tout, il réclamait le membre d’Angelo, alors il lui écarta les fesses afin de le prendre dans un seul mouvement fluide.
— Oh, putain !
Angelo fit une courte pause, fébrile d’être déjà enfoncé jusqu’à la garde dans son partenaire. Il inspira et fut envahi d’une sensation étrange, se penchant en avant puis se ressaisissant, les mains tremblantes de désir de caresser le doux dos de l’autre homme. C’est quoi ce bordel ?
C’était nouveau. Il n’avait jamais eu envie de toucher les gens qu’il baisait dans cette partie du club. Il n’y avait jamais vraiment pensé parce que c’était là le but du jeu : l’anonymat le plus extrême, où le sexe se limitait aux décharges de plaisir qui traversaient son sexe. Mais cet homme-là, il avait envie de le toucher, il voulait presser ces fines hanches et caresser ce dos lisse.
Il le voulait. Il en mourrait d’envie.
Et puis merde !
Sous prétexte de se stabiliser, il posa une main sur le bas du dos de l’autre homme. Une décharge électrique remonta son bras et un grognement étranglé lui échappa.
— Merde !
— Oui ?
L’homme se cambra, sa poitrine retombant sur le matelas, son orifice se resserrant, puis il se retira du sexe d’Angelo avant de redescendre dessus, encore et encore, reproduisant le rythme qu’Angelo avait joué dans sa tête avant qu’il la perde. Par-dessus la musique électronique, le claquement de la peau sur la peau se fit plus fort tandis que l’homme se pressait sur le sexe d’Angelo, allant à la rencontre de chacune de ses poussées alors que ce dernier retrouvait la capacité de le baiser de manière cohérente.
Le club s’effaça – la musique, le murmure de la foule et même les yeux qui devaient les regarder depuis les points d’observations isolés. Le roulement de hanches de l’inconnu devenait de plus en plus erratique, et Angelo fut là pour prendre le relais. Pendant de longues minutes, il sembla que leur rencontre enivrante serait rapide, mais la raison pour laquelle Angelo était venu au club lui revint et le désir de prendre le contrôle l’emporta.
Il agrippa les hanches de l’homme, ralentissant ses mouvements, puis l’immobilisa complètement alors qu’il lui prenait les bras et les plaquait dans son dos. Il fit une pause afin de donner à l’homme une chance de se tortiller, de protester ou donner le moindre signe qu’il ne voulait pas qu’Angelo le baise jusqu’à lui faire perdre la tête. Il n’y en eut pas et Angelo les imagina brièvement avec leurs positions inversées. Avec l’homme sur lui et faisant à Angelo tout ce qu’il avait l’intention de lui faire. Waouh . Cela aussi, c’était nouveau. Angelo jouait rarement le rôle du passif. Cela faisait des années que ce n’était pas arrivé.
Angelo cracha où ils étaient joints, ajoutant au lubrifiant déjà présent, puis il resserra son emprise sur les hanches minces de l’homme. Il commença lentement. . . mais délibérément, plongeant dans l’homme avec des coups ciblés de son membre. La chaleur de velours enserra son sexe, et l’homme cria, serrant ses mains en poings et se poussant contre Angelo dans une demande évidente d’en obtenir plus.
Comme ça, n’est-ce pas ? Angelo ne pouvait pas le lui refuser. Comme s’il l’aurait pu. Il accéléra le rythme, plongeant son sexe dans son fourreau avec autant de rythme que le permettaient leurs corps qui glissaient ensemble. Encore et encore, il enfonça son sexe profondément, haletant, grognant et secouant la tête de temps en temps afin de dégager la sueur de ses yeux.
Jouer sur la crête du plaisir avait toujours était sa partie préférée, et il semblait avoir trouvé le partenaire de jeu idéal. Il baisa le jeune blond si fort qu’ils finirent de l’autre côté du matelas, et ce n’est que lorsque celui-ci fut sur le point de tomber à la renverse qu’il le prit par les hanches et le ramena en arrière.
Au troisième round, l’homme laissa échapper un grognement haletant et le sexe d’Angelo pulsa en signe d’avertissement. La chaleur se propagea dans chacune de ses veines et sa peau brûla. Une autre envie étrange de toucher son compagnon l’envahit, puis le désir de le retourner et de le marteler face à face. Sauf qu’ils ne seraient pas face à face, car les règles tacites des salles du sous-sol impliquaient qu’ils devaient rester ainsi – dos contre poitrine et invisibles.
Mais Angelo n’avait jamais aimé les règles.
Il retourna son partenaire, révélant une poitrine mince et tonique qui faisait partie de ses fantasmes. Il avait joué avec beaucoup de gros costauds, mais lorsqu’il était seul dans son lit, c’est ce genre de corps qui le gardait éveillé – doux et lisse… délicat, mais mourant d’envie de se faire prendre brutalement.
Angelo l’attira à lui et lui écarta les jambes.
— Ton nom ?
Il se pencha vers lui, ses lèvres à un souffle de ce cou si lisse.
— Donne-moi un nom.
— Dylan.
Des clubs comme celui-ci étaient remplis de gens jouant sous un pseudonyme, mais son instinct dit à Angelo que c’était réel. Dylan. Oui, il aimait ça. Il enfonça ses doigts dans les cuisses de ce dernier et plongea à nouveau en lui. Dylan laissa échapper un gémissement perçant, et Angelo le prit comme une demande de le baiser avec force, tandis qu’il admirait le corps de Dylan s’étirant sous ses assauts. C’était un spectacle magnifique en soi, mais combiné au corps souple de Dylan et à ses gémissements gutturaux, Angelo perdit le contrôle.
Le sexe de Dylan était tendu comme une lance, droit et rigide sur son ventre recouvert de sueur – il savait visiblement qu’il n’avait pas la permission d’Angelo d’y toucher.
Angelo, lui, voulait le toucher.
Le serrer.
Le sucer.
Un bon jour, il aurait pu baiser et sucer Dylan en même temps, mais ce n’était pas un bon jour, alors il se contenta de s’appuyer sur ses talons, soulevant les hanches de Dylan du matelas et le baisant si fort que ses gémissements se transformèrent en cris puis en hurlements désespérés alors qu’il commençait à jouir.
Angelo chevaucha la vague alors que Dylan convulsait et se couvrait de jets de sperme, puis les choses devinrent floues. Sa vision s’obscurcit au point où il aurait tout aussi bien pu porter le bandeau. Il éjacula si violemment qu’il vit des étoiles et pendant un long moment, la réalité de sa soi-disant vie s’estompa.
Il était vaguement conscient des quelques applaudissements alors qu’il pourchassait les dernières répliques de sa jouissance. Sous lui, Dylan était étalé, haletant et visiblement épuisé. Complétant le tour étrange qu’avaient prises ses pensées, Angelo s’imagina en train de s’effondrer à côté de lui, puis se pelotonnant contre son dos, fusionnant leurs souffles laborieux jusqu’à ce qu’ils s’endorment.
Idiot. Angelo n’avait pas partagé un lit de cette façon depuis des années et il n’allait pas commencer maintenant. Ignorant l’envie de repousser les cheveux dorés de Dylan de son visage en sueur, il se dégagea et frappa légèrement sa cuisse tremblante.
— Salut, mate 4 . Merci pour le rodéo.
 


Chapitre Deux
 
 
 
 
Dylan posa sa précieuse tasse de café en équilibre sur sa pile de documents et résista à l’envie de donner un coup de pied à la photocopieuse. Il lui fallut faire un effort herculéen et il grommela un chapelet de jurons entre ses dents serrées. Pourquoi rien dans cet endroit ne fonctionne jamais ?
Helen, la responsable du bureau, leva les yeux de sa propre pile de dossiers sur le point de s’effondrer.
— Tu as déjà une mauvaise journée ? Il est à peine dix heures.
— Deux heures ne suffisent-elles pas pour que tout aille terriblement mal ?
Dylan abandonna l’idée de la photocopieuse et décida de plutôt tenter sa chance avec le scanner capricieux.
— J’ai trois nouveaux cas de demandes d’annulation de dettes à mettre en place et impossible de faire des photocopies.
— J’ai appelé le réparateur pour la photocopieuse. As-tu essayé à côté ? Ils nous ont offert leur aide, hier.
Dylan se renfrogna. Aller demander de l’aide au conseil municipal revenait à aller demander à un kidnappeur d’enfants de nous ramener de l’école, mais il avait son prochain rendez-vous dans dix minutes, alors il n’avait pas le choix.
Il revint quinze minutes plus tard, évitant tout contact visuel avec le groupe de clients énervés dans la salle d’attente.
— Désolé, dit-il à Helen. J’ai dû amadouer cet horrible réceptionniste qui fait vraiment flipper.
— Hum-hum.
Elle lui passa le planning.
— Ton rendez-vous de dix heures et quart et dans le bureau cinq. Et pense à ne pas dépasser les vingt minutes pour la première évaluation. Nous sommes déjà très en retard.
Dylan n’avait pas besoin qu’on le lui rappelle. Il était le seul conseiller en surendettement du Bureau de Conseil aux Citoyens de Stratford, et sa charge de travail était si monstrueuse qu’il n’avait même pas le temps de regarder les notes prises lors de la préconsultation téléphonique de son client. Génial. S’il y avait bien une chose pire que d’avoir trop de clients, c’était d’arriver à un rendez-vous à l’aveugle.
Il attrapa un nouveau carnet sur son bureau et alla rejoindre le client qui l’attendait en essayant de ne pas sourire alors qu’il se souvenait de la dernière fois qu’il était entré dans une pièce avec un gros numéro cinq sur la porte. Cela faisait une semaine que son escapade au Lovato avait rétabli son énergie sexuelle, et même si Sam et Eddie lui manquaient, la brûlure de celui qui l’avait mis sens dessus dessous restait vive et puissante.
Tellement puissante, en fait, qu’il s’était couché tous les soirs et s’était masturbé en imaginant cet homme aux mains fortes et à la voix douce. Repensant à comment il l’avait soulevé du lit et retourné. Se rappelant comment il avait grogné alors que Dylan jouissait si violemment que ses yeux avaient été humides pendant des heures. Lovato avait toujours était un endroit sûr ou s’évader, mais celui qui l’avait pris ce soir-là l’avait atteint à plus d’un titre. C’était la première fois qu’il avait regretté porter le bandeau. Je me demande si…
Reviens sur terre, connard.
Dylan serra ses dossiers contre sa poitrine et, avec un autre effort considérable, repoussa toutes les pensées de sa rencontre au sous-sol. Il ouvrit la porte et entra dans la salle de consultation, se dirigeant directement vers le vieux bureau pour mettre en route le vieil ordinateur. Pendant que la base de données chargeait, il regarda enfin son client.
— Bonjour, je suis Dylan…
Putain de bordel de merde.
Les mots de Dylan moururent sur ses lèvres alors qu’il croisait le regard...

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents