Sauvés
386 pages
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Sauvés , livre ebook

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Description


Ryder Daniels est trop familier avec le rejet. Ses parents ont coupé le contact parce qu’il est gay et son petit ami l’a quitté, choisissant des drogues à la place de l’amour. Mis à part le pitbull qu’il a sauvé, sa seule joie est de traîner avec son jeune frère. Puis sa mère commet l’impensable et leur interdit de se voir, laissant Ryder dévasté et seul. Ses amis le pressent de sortir à nouveau, mais Ryder préfère se lancer dans le sauvetage des chiens et trouver un moyen de revoir son frère.


Lorsque la petite amie de Jason Mallory lui donne un ultimatum pour se marier, il choque tout le monde en rompant avec elle à la place. Il croit qu’il est trop occupé pour avoir une relation maintenant que la compagnie de construction qu’il a fondée avec son frère décolle. Lorsqu’il découvre un groupe de pitbulls abandonnés et appelle le service local de sauvetage de chiens afin de venir les récupérer, une rencontre inconfortable avec Ryder le pousse à remettre en question les sentiments qu’il cache au plus profond de lui depuis des années.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 152
EAN13 9782376763543
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Sauvés
Copyright de l’édition française © 2018 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2016 Felice Stevens
Titre original : Rescued
© 2016 Felice Stevens
Traduit de l’anglais par Trad Pitt
Relecture française par Valérie Dubar, Miss Relect Addict
 
Conception graphique : © Tanya pour More Than Words Graphic Design
Tout droit réservé. Aucune partie de cet ebook ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-37676-354-3
Première édition française : août 2018
Première édition : septembre 2016
 
Édité en France métropolitaine
 
 
 
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Remerciements
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Épilogue
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
Cet ebook contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
Dédicace
 
 
Pour mon mari et mes enfants. La réalité a été tellement meilleure que n’importe quel rêve.
Pour mes parents, j’aimerais que vous soyez tous les deux ici pour partager la joie. Merci de m’avoir laissée toujours lire sous les couvertures après l’heure du coucher et même de me donner la lampe de poche. Vous me manquez tous les jours.
Et pour tous les bébés à fourrure dans les centres de sauvetages et les refuges… accrochez-vous. Votre maison pour toujours est quelque part !
 
 
 
Remerciements
 
 
Pour Pamela Fradkin et son pitbull, Pearl. C’était l’idée de Pam de me jeter à l’eau et d’écrire une romance. Pam, tu es une source d’inspiration en tant que personne, et je t’aime. Ce livre n’aurait jamais été possible sans mes deux amis Sandy et Lindsey.
Pour Hope et Jessica de Flat Earth Editing, merci de m’avoir aidée à amener l’histoire de Ryder et Jason à un autre niveau. Pas de salade de poulet dans ce livre.
Pour tous ceux qui ont aimé le livre original de Ryder et Jason, j’espère que leur histoire rééditée et élargie vous donnera autant de plaisir à lire que j’en ai eu à l’écrire.
Riley Hart et Kade Boehme, merci d’être là lorsque j’ai besoin de vous et d’être mes amis.
À Cardeno C, merci pour tes merveilleux livres qui m’inspirent toujours. Mais surtout merci pour ton amitié qui signifie tout pour moi.
 
Sauvés
Cœurs sauvés #1

Felice Stevens

Chapitre 1
 
 
 
 
Il n’y avait rien de mieux que d’être tiré d’un sommeil profond par une langue chaude et humide léchant votre cou. Mmm et c’était une langue experte. Ryder Daniels s’étira dans un abandon somnolent, se prélassant dans le cocon de couvertures qui recouvraient son lit. Toujours dans cet état semi-conscient dans lequel Ryder ne savait pas s’il était endormi ou éveillé, il gémit alors que cette langue poursuivait sa délicieuse torture. Mon Dieu, cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas partagé son lit avec quelqu’un. Son sexe tressaillit et gonfla.
Comme il luttait pour se tirer des profondeurs du sommeil, impatient de goûter à la langue de son amant, le désir le transperça de façon vive et profonde. La caresse légère d’un pied le long de son mollet et le contact râpeux d’une barbe naissante contre son dos lui manquaient. Cela faisait beaucoup trop longtemps qu’il n’avait pas eu un corps ferme à côté du sien. La friction des draps contre son membre provoqua en lui des ondes de désir frisant le supplice. Il roula sur le côté et tendit le bras pour attirer son homme plus près, ayant un besoin urgent de ce contact dont il se souvenait et que seule sa bouche pouvait lui donner.
Un nez froid se fraya un chemin jusqu’à son oreille.
— C’est quoi ce bordel ? 
Parfaitement réveillé à présent, il se retourna, entrouvrit un œil et marmonna.
— Merde. 
Pearl, la chienne pitbull qu’il avait sauvée, était étendue à ses côtés. La langue pendante, les yeux bruns luisants d’espoir et la queue fouettant furieusement, elle laissa échapper un aboiement rauque.
N’importe qui aurait été impatient et excité après presque toute une année sans sexe.
Se frottant le visage des mains, il inspira de façon chevrotante. L’excitation bourdonnait toujours en lui à cause de l’illusion totale en laquelle son corps avait cru. Bon sang, son état était pire qu’il ne le pensait s’il en arrivait à être si excité lorsque son chien le léchait. Il grommela à nouveau, mais de pure frustration cette fois-ci.
Au moins, son chien l’aimait vraiment.
— Viens là, ma fille.
Il tapota l’endroit juste à côté de lui, et Pearl se mit à glapir de joie tout en frétillant sur le lit. Lissant son court pelage blanc, il lui dit d’une voix douce.
— C’est ma chérie, ça. Laisse-moi me lever et je t’emmène en promenade. 
Comme si elle avait compris, elle se mit à japper en guise de réponse et sauta du lit, ses griffes dérapant sur les lames nues du parquet. Elle sortit de la pièce en courant et revint quelques instants plus tard en tenant sa laisse dans sa large gueule.
Il se mit à rire.
— OK, laisse-moi me brosser les dents et m’habiller d’abord. 
Repoussant ses cheveux emmêlés de son visage, il baissa les yeux et prit conscience de son érection matinale douloureuse. Même s’il savait qu’il était mieux seul qu’avec son connard d’ex, ce n’était pas l’avis de son esprit et de son corps. Matt manquait toujours à son cœur et à son membre.
Laisse tomber.
Il sortit de sous la couette et posa ses pieds sur le parquet froid en faisant attention. Même si c’était le jour de Thanksgiving, il n’était toujours pas préparé au froid sur ses pieds nus. Il enfila le jean qui gisait au sol à côté du lit en frissonnant, puis il trouva un sweat-shirt propre sur la pile de linge qu’il devait encore ranger. Ryder plongea ses pieds dans ses baskets et fit ses lacets avant de se brosser les dents en vitesse, de s’emmitoufler dans sa polaire et de sortir de l’appartement avec Pearl qui faisait des bonds autour de lui.
Dehors sa respiration faisait des nuages blancs de froid, et ni lui ni Pearl n’avaient l’intention de rester dehors plus longtemps que nécessaire. Ils étaient de retour à l’intérieur de l’appartement chaud en moins de dix minutes et Ryder donna sa gamelle à Pearl.
Après s’être masturbé rapidement et avec ennui sous la douche afin de soulager temporairement son corps, il s’habilla à nouveau. Il venait à peine de terminer de lacer ses baskets lorsque son téléphone sonna. Il regarda de qui venait l’appel et son cœur se serra alors que l’espoir se mit à rayonner dans sa poitrine.
Maman et Papa. Il regarda fixement l’écran pendant que le téléphone sonnait une deuxième fois.
Que pouvaient-ils bien vouloir ? Peut-être aurait-il après tout un endroit où passer Thanksgiving. Il saisit son téléphone en ravalant une respiration nerveuse.
— Allô ? 
— Ryder, c’est toi ?
Une bulle prudente de joie s’éleva en lui en entendant le son mesuré et élégant de la voix de sa mère. Cela faisait trois longs mois qu’ils ne s’étaient pas parlé. Peut-être que ses parents avaient enfin changé d’avis et étaient décidés à l’accueillir à nouveau chez eux.
— Bonjour, Maman. Joyeux Thanksgiving. 
— Oui, c’est bien à ce sujet.
Sa voix devint stridente et il fit une grimace, l’espoir prudent dans son cœur s’évanouit avec ces quelques mots.
— Ton père et moi voulons que tu te joignes à nous ce soir. Cette sottise a assez duré. Tu dois abandonner cette expérience de style de vie et reprendre ta place dans cette famille. 
Et Joyeux putain de Thanksgiving à toi aussi. Était-elle sérieuse ? Toutes les pensées positives qu’il aurait pu avoir au sujet de cette conversation s’enfoncèrent directement en enfer où toutes les bonnes intentions finissaient.
Il se força à garder une voix décontractée et calme.
— Maman, rien n’a changé depuis la dernière fois où nous nous sommes parlé. 
— Ne sois pas ridicule. 
Elle lui parla d’un ton brusque, tout semblant d’une agréable conversation familiale disparu.
Ah, voilà la mère qu’il connaissait. Que Dieu vous garde de ne pas être d’accord avec elle ou de vous mettre en travers de ses projets. Elle était un rouleau compresseur sous les traits d’une dame de la société d’un mètre cinquante au sang glacé.
— Nous t’avons largement donné l’opportunité de te trouver ou de faire des expériences sur ta sexualité, appelle ça comme tu veux. Maintenant que tu as eu ta passade, il faut que tu rentres à la maison, que tu rejoignes le cabinet et que tu trouves une gentille femme pour te marier. J’ai déjà mené mon enquête. Tu te souviens de cette charmante Olivia Martinson. Elle est de retour en ville après avoir terminé son année à la Sorbonne et…
— Mère. 
Le contrôle qu’il essayait si durement de conserver chaque fois qu’il lui parlait atteignit ses limites et se brisa. Elle n’avait jamais essayé de le comprendre, et elle n’essaierait jamais. Ce n’était pas dans son tempérament de se plier aux souhaits des autres. Ils apprenaient à courber l’échine ou à se pousser devant elle.
— Je ne fais pas d’expériences sur quoi que ce soit. Je suis gay, bon sang, et il faut que tu l’acceptes. 
Elle continua à parler avec insouciance comme s’il ne l’avait pas interrompue.
— Demain soir, il y a une petite fête au Yale Club. Helen, la mère d’Olivia, m’a assuré qu’ils seront tous là et je lui ai dit que tu y serais aussi. 
Ryder ne put s’empêcher de rire.
— Tu es sérieuse ? As-tu entendu tout ce que je viens de te dire et ce que je t’ai dit par le passé, depuis je ne sais combien de temps ? Je ne vais me marier avec aucune femme. J’aime les hommes. J’embrasse et je couche avec des hommes. 
Faisant les cent pas dans la pièce, il donna un violent coup de pied au ballon de foot posé au sol sur sa trajectoire. Pearl partit à sa poursuite dans le couloir.
À présent, il se moquait de blesser ou de choquer sa mère. Il avait été coupé de sa famille comme s’il était mort tout simplement parce qu’il n’aimait pas le bon sexe.
— Plus tôt tu le comprendras et tu m’accepteras, plus tôt nous pourrons essayer et réussir à redevenir une famille. J’essaie de rester poli, mais tu me rends la chose impossible.
Il retomba sur le lit et ferma les yeux sur le picotement chaud de larmes retenues. Mince, il n’allait pas la laisser l’écraser une fois de plus.
Il se l’imagina en cet instant, les lèvres rouges et luisantes, pincées et serrées, et les yeux bleu pâle plissés pendant qu’elle lui faisait la morale.
— Pourquoi faut-il toujours que tu sois différent ? Et tu es bien conscient que cela n’affecte pas que ton père et moi.
Son estomac se resserra, car il savait ce qui allait suivre.
— Mère, arrête. 
— Et Landon ? Il t’adore et ne comprend pas pourquoi il ne te voit pas. 
Un gémissement involontaire lui échappa à la pensée de son jeune frère, ce frère qu’il aimait de tout son cœur, mais qu’il n’était pas autorisé à voir tant que Ryder refusait de suivre la volonté de ses parents.
— Maman, supplia-t-il en serrant son oreiller contre sa poitrine. S’il te plaît, ne fais pas ça.
Il se débarrassa de l’humidité qui ruisselait sur ses joues, blessé par son refus de l’aimer inconditionnellement. Sa voix se brisa même s’il luttait pour garder son sang-froid.
— Pourquoi ne peux-tu pas m’accepter tel que je suis ? Seigneur, tu es ma putain de mère. Tu es censée m’aimer quoiqu’il arrive.
Pearl geignit et monta sur le lit.
Merde. Il n’arrivait pas à croire qu’elle l’avait réduit à la supplier de l’aimer, pleurant comme un gosse, et pourtant il ne pouvait pas cesser d’essayer de lui faire comprendre.
— Tu me manques. Papa et Landon aussi. Je veux rentrer à la maison. 
— Il est temps que tu arrêtes d’essayer d’être différent.
Son ton familier et exaspéré le transperça de façon bien plus vive qu’aucun vent glacial ne le pourrait. Depuis son enfance, elle ne l’avait jamais compris et elle n’avait jamais essayé. Elle avait une idée préconçue de ce que sa vie devait être, et avoir un fils gay ne faisait pas partie de ses plans.
— Tu as toujours été rebelle, même quand tu étais petit. Mais maintenant, tes actions n’impactent pas seulement ta propre vie, elles nous affectent tous. Pourtant tu sais que tes choix ont des conséquences. 
— Quel genre de conséquences ? Qu’est-ce que cela a à voir avec Landon ? 
Ryder se remémora la dernière fois qu’il avait vu son frère, à peu près deux mois auparavant. De dix ans son cadet et lycéen, Landon était beau, populaire et définitivement hétérosexuel.
— Landon sait que je suis gay et cela ne lui pose aucun problème. C’est mon frère et il m’a dit qu’il m’aimait malgré tout. 
Comme tu es supposée le faire.
— Cela n’a rien à voir avec l’amour. Tu es notre enfant, rien ne peut changer ça. 
Le dégoût évident dans sa voix ajoutait foi au fait qu’elle aimerait pouvoir changer cela et qu’il soit le fils de quelqu’un d’autre, mais pas le sien. Il observait que sa quête de la perfection prenait le dessus sur les besoins des autres, même si cela voulait dire vivre dans le mensonge. Elle lui avait imposé un niveau impossible à atteindre, et la déviance de la norme, sa version à elle de la norme, n’était acceptée en aucun cas.
— Ta décision de vivre une vie ouvertement gay affecte tout le monde dans la famille. Tu crois sans doute que les gens sont ouverts d’esprit, mais ton père serait horriblement gêné au cabinet d’avoir à expliquer que tu es gay, non seulement aux partenaires, mais aussi aux clients. Tu crois sans doute que les gens sont tolérants de nos jours, mais le cabinet Daniels et Montague a des clients conservateurs très importants qui n’apprécieraient pas un avocat gay. Ils pourraient aller voir ailleurs. 
— Je voulais y arriver seul de toute façon. C’est pour ça que j’ai choisi un chemin différent et que j’ai décidé de ne pas travailler au cabinet. Papa me soutient, il me l’a dit. 
— Ton père est un imbécile, un homme faible, mais laisse-moi te dire quelque chose. Cela lui a brisé le cœur lorsque tu as rejoint West et Hamilton . Comment crois-tu qu’il ait pris le fait que son fils tourne le dos à un poste dans son cabinet ? Daniels et Montague se transmet de père en fils depuis presque un siècle. 
Ryder ferma fort les yeux en entendant sa mère parler à tort et à travers et dire que son comportement les affectait elle et son standing dans la société parmi ses pairs. Dans la vie d’Astrid Daniels, le soleil et la lune tournaient autour d’elle, elle était assise au centre de son propre univers particulier.
— Nous sommes au courant au sujet de ta petite passade avec cet autre avocat du cabinet. Tu sais combien cela nous a coûté de licencier cet homme ? Je vis dans la crainte constante qu’il rompe notre accord de confidentialité et qu’il répande de vils ragots à notre sujet. Tu imagines le scandale ? 
À la simple évocation de sa relation échouée avec Josh, Ryder se mit à trembler et un flot de bile remonta dans sa gorge.
— De quoi parles-tu ?
Les jointures de ses articulations devinrent blanches et sa poigne se resserra sur le téléphone sans fil jusqu’à ce qu’il ne sente plus ses doigts.
Sa mère continua à bavarder comme s’il s’agissait d’une histoire dans un magazine sur laquelle elle commérait et non pas comme du chagrin d’amour de son propre fils.
— Non, tu ne dois pas savoir, mais cet homme, qui s’appelait Joshua, je crois, est venu voir ton père pour lui dire qu’il avait besoin d’argent pour son mariage, et que s’il ne voulait pas que l’histoire se sache au sujet de ton comportement déviant, nous devions le payer avant qu’il parte. Une somme considérable devrais-je même ajouter. Alors, ne dis pas que nous ne nous en faisons pas pour toi. Nous t’avons protégé de sa tentative de chantage. 
Comportement déviant ? Cette petite merde. Juste après qu’il ait commencé à travailler chez West et Hamilton, il avait rencontré Josh, et ils avaient sympathisé. Ils étaient sortis ensemble pendant six mois, et Ryder pensait qu’il était peut-être amoureux de ce doux jeune homme légèrement geek au sens de l’humour épouvantable et obsédé par le café. Le soir où il avait dit à Josh qu’il l’aimait, Josh s’était d’abord mis à rire, mais comme Ryder paralysé par la douleur et le choc ne disait rien, Josh avait attrapé son manteau et l’avait enfilé à la hâte. Tu n’es pas sérieux, merde, mec. Ce n’était qu’un jeu, tu sais. Je voulais voir ce que cela faisait d’être sucé par quelqu’un d’autre que ma fiancée. Mon Dieu, tu étais génial, mais je vais bientôt me marier. Sans rancune, hein ? 
Et Ryder, abattu et tremblant, comme si on avait arraché et piétiné son cœur, avait à peine souri.
— Oui, sans rancune. 
Il n’avait absolument plus rien ressenti lorsque Josh avait refermé la porte derrière lui, sortant de sa vie aussi facilement qu’il y était entré.
Je n’arrive plus à gérer ce merdier. Visiblement, sa stabilité émotionnelle et sa propre vie comptaient moins pour sa famille que le bilan du cabinet d’avocats. Parce que tout avait toujours tourné autour de l’argent pour son père. Si le point de vue des clients conservateurs ne correspondait pas à celui du style de vie de Ryder, il valait mieux s’éloigner de son fils que d’un salaire de plusieurs millions de dollars. Rien ne devait se mettre en travers du chemin de l’existence cultivée avec soin que la mère de Ryder avait conçu pour elle-même, pas même le bonheur de son fils.
Inspirant profondément, il se félicita de rester calme et de garder son sang-froid.
— Écoute, visiblement ça ne va pas marcher. Mais je te préviens, je ne te laisserai pas m’exclure de la vie de Landon. Papa et toi vous ne voulez peut-être plus me voir, c’est votre choix. Mais je verrai Landon et vous ne pourrez rien faire pour m’en empêcher. Oh et Joyeux Thanksgiving. 
Il raccrocha, comme pour montrer qu’il avait raison, et composa immédiatement le numéro de portable de Landon. Son frère et lui avaient réussi à rester en contact en s’appelant et en s’envoyant des textos. Un bip étrange se produisit, puis il entendit un message : Bienvenue chez Verizon Wireless. Le numéro que vous demandez est soumis à des restrictions qui empêchent votre appel d’aboutir. Il saisit son téléphone portable et essaya d’envoyer un texto, seulement pour tomber sur le même message qui parlait de restrictions sur les textos.
— Salope !
Il jeta son téléphone sur le lit. Elle avait préparé son plan avant même qu’ils ne parlent ensemble. Elle avait dû vérifier les appels sur le téléphone de Landon et elle l’avait bloqué. La seule chose qui l’avait empêché de devenir fou ces derniers mois était de parler avec son frère. Elle avait à présent trouvé l’arme ultime pour briser son esprit et son cœur. Il attrapa son manteau dans le placard et essaya d’attacher la laisse de Pearl, mais il manqua le fermoir, car ses mains tremblaient. Fermant les yeux, il utilisa les techniques de respiration de yoga que son amie Emily lui avait apprises pour gérer le stress.
Namaste, namaste.
Non, rien n’y faisait. Il avait toujours envie de cogner dans le mur. Il essaya à nouveau au bout d’un moment, mais avec un peu plus de succès cette fois-ci.
Il trouverait un autre moyen de voir et de parler à Landon. Il devait d’abord s’occuper de Pearl, puis se rendre à la soupe populaire pour servir les repas aux sans-abris à Bowery. Pour lui ce soir, le repas de Thanksgiving se composerait d’un repas à emporter qu’il partagerait avec son chien.
Après avoir promené Pearl, il entama le trajet de son appartement dans le Village vers la mission de Bowery. Il atteignit le refuge une demi-heure plus tard, les doigts et les orteils gelés. Faisant un signe de la main à Meredith, la directrice du refuge, il prit sa place dans la ligne à côté de sa meilleure amie, Emily.
— Salut bébé, comment ça va ?
Il embrassa sa joue douce. Elle sentait le savon frais et le shampooing fruité.
— Joyeux Thanksgiving. Où est ta petite moitié ? 
— Salut frangin, garde tes lèvres pour toi. 
Le mari d’Emily, Connor, fit semblant de ronchonner contre lui tout en cognant son poing contre le sien et en le serrant rapidement dans ses bras.
— Joyeux Thanksgiving. 
Son regard vert et affûté balaya le visage de Ryder.
— Que se passe-t-il ? Tu as l’air d’en chier. 
Tout en enfilant leur tablier et leurs gants en plastique et en commençant à servir la dinde et tout le tralala, Ryder raconta brièvement à ses amis la conversation avec sa mère. En fait, leur expression horrifiée à tous deux l’avait fait rire.
Outrée, Emily posa une main sur son bras.
— Je suis désolée, chéri. Ta mère a l’air d’être la plus grosse des connes.
Ses yeux bleu clair luisaient de sympathie.
— Que vas-tu faire lorsque nous aurons fini ici ? S’il te plaît, viens manger avec nous à la maison, OK ? Connor ?
Elle poussa son mari du coude.
— Oui, bien sûr. Nous brancherons le jeu, nous mangerons le gâteau et nous nous saoulerons.
Un sourire passa sur les lèvres de Connor.
— Emily a promis que j’aurais le droit si tu venais.
Il lui fit un clin d’œil en faisant une moue vers sa femme qui leva les yeux au ciel.
— Imbécile, marmonna-t-elle, ses yeux devenant plus doux.
Mais elle l’embrassa sur la bouche et murmura quelque chose à son oreille, et les yeux de Connor devinrent vitreux l’espace d’un instant.
Ryder espérait pouvoir vivre une relation telle que la leur, basée sur une confiance sans faille, l’amitié et l’amour. Emily et Connor se soutenaient l’un l’autre et étaient le parfait exemple de véritables âmes sœurs.
— Je ne sais pas.
Ryder déposa un morceau de dinde dans l’assiette d’un vieil homme sans dents et lui donna un peu plus de purée de pommes de terre.
— Vous n’avez pas besoin de moi dans les pattes pour tenir la chandelle. 
Emily lui donna un coup avec une spatule.
— Ne sois pas stupide. Tu ne peux pas rester seul pour Thanksgiving. 
Elle sourit à une jeune femme qui tenait la main d’un petit garçon. Elle leur donna à tous deux un peu plus de viande et mit des marshmallows en plus sur la purée du gamin. Elle était tellement sensible.
— C’est presque contraire à la loi. 
En gloussant, il continua à servir la longue file de personnes qui n’avaient pas d’autre endroit où aller pour le repas de fête. Il devrait être reconnaissant pour ce qu’il avait : un toit au-dessus de sa tête et suffisamment d’argent pour poursuivre sa passion. Se sentant coupable de s’apitoyer sur son sort, Ryder se promit d’arrêter de penser autant à lui-même et de venir faire du bénévolat ici plus souvent. Ces gens-là avaient des problèmes bien plus réels et n’avaient aucune solution en perspective.
Il sentit quelqu’un lui serrer le coude.
— Ne la laisse pas te faire ça, chéri. Viens ce soir. Amène Pearl et demain soir nous irons danser dans ce nouveau club, Tops and Bottoms .
Le sourire d’Emily illumina son joli visage.
— Tu sais que nous aimons sortir dans les clubs avec toi. Tu trouveras peut-être enfin un homme sympathique. 
— Peu probable dans un club. Si je veux une pipe rapide dans les toilettes, c’est une autre histoire. 
— Une pipe ? Quelqu’un a-t-il parlé de pipe ? 
Les sourcils de Connor bougèrent.
— Oh, tu es tellement idiot. 
Elle lança un regard furieux à son mari.
Ryder prit Emily dans ses bras.
— Mais c’est ton idiot à toi. 
Elle frétilla contre sa poitrine.
— Oui. Je crois que je vais le garder. Il est bon pour… certaines choses. 
Mon Dieu, comme il les aimait tous les deux. Il avait rencontré Emily après avoir quitté West et Hamilton, et il lui avait présenté son meilleur ami, Connor. Ils s’étaient mariés peu de temps après. Ne désirant pas rester au cabinet après l’humiliation de Josh et ayant besoin d’un nouveau départ, il avait décidé de travailler à temps plein à Sauve-Moi , l’association de sauvetage de pitbulls qu’elle et Connor avaient fondée. Connor et lui géraient toute la partie juridique requise dans ce genre d’affaires et participaient aux sauvetages, mais Emily était le cœur et l’âme de cet endroit.
Personne n’aimait plus qu’elle ces chiens incompris. Malheur à ceux qui pensaient que sa silhouette fine, son doux visage et sa blondeur pâle étaient un signe de faiblesse. Elle était ceinture noire de karaté et ne se déplaçait jamais sans ses deux pitbulls musclés, Laurel et Hardy. Personne ne pouvait s’approcher d’Emily tant que ses deux fidèles gardes du corps étaient avec elle.
Connor, avocat à l’aide juridique qui travaillait dans le centre de Brooklyn, était spécialisé dans l’aide aux adolescents et aux jeunes adultes LGBT discriminés pour le logement et/ou le travail. Ses manières désinvoltes de plaisantin dissimulaient une intelligence mordante et un esprit aussi vif que l’éclair. Avec son grand sourire permanent et sa cascade de boucles brunes, les femmes comme les hommes tombaient sous son charme. Son regard perspicace et espiègle ne manquait jamais de voir les conneries des autres, même celles de Ryder. Ils s’étaient rencontrés le premier jour de la fac de droits et ils étaient devenus partenaires d’études et meilleurs amis.
Connor et Emily étaient passionnés de chiens, de droits pour les homosexuels et l’un de l’autre. Ils étaient les meilleurs amis qu’il n’ait jamais eus, et il les aimait comme un dingue. Il était toujours invité pour le brunch du dimanche matin tous les weekends. Ils l’avaient saoulé lorsque ses parents l’avaient rejeté et ils lui avaient dit que son mec n’était qu’une merde de l’avoir largué. Emily alla même jusqu’à dire que la prochaine fois qu’un homme brisera son cœur, il aurait affaire à Laurel et Hardy.
— Tu n’es pas sorti avec quelqu’un depuis des lustres, mon ami. Demain soir, nous allons te sortir et tu vas t’envoyer en l’air. 
Connor enroula ses bras autour de la taille d’Emily en chantonnant la chanson de Dylan, Lay Lady Lay, et la fit danser autour des tables en portant les plateaux-repas.
Emily donna un coup à son mari.
— Arrête. Ryder n’a pas besoin de ça. Il a besoin de trouver quelqu’un qui l’aimera et prendra soin de lui.
Elle appuie sa tête contre le torse de son mari.
— Je sais qu’il y a un homme qui t’attend quelque part, chéri. 
Ryder sourit et secoua la tête en les regardant danser.
— Emily a raison. Tu es vraiment un idiot. Mais comme pour l’autre, ça ne m’intéresse pas. 
C’était lui qui était vraiment idiot de penser qu’il tomberait à nouveau amoureux un jour. L’amour pour un homme gay, ou du moins pour lui n’apportait rien de plus que des peines de cœur. Il n’avait besoin que de son chien et de ses amis. Une fois qu’il aurait trouvé le moyen de ramener son frère dans sa vie, il trouverait un coup rapide et anonyme quelque part. Mais jusque-là, il n’avait aucune intention de risquer son cœur et de tomber amoureux.

 
Chapitre 2
 
 
 
 
— Chloé. Où es-tu bon sang ? J’ai dit aux mecs que nous serions là à vingt heures, et il est déjà vingt heures trente.
Soir après soir, Jason Mallory perdait des heures à attendre que sa petite amie ait arrangé ses satanés cheveux et son maquillage et ça le rendait dingue. Peu importait ce qu’ils avaient prévu, même si c’était de sortir au Drummers le bar du coin, elle croyait qu’elle se rendait à la cérémonie des Oscars.
— Oh, du calme, Jase. J’arrive.
Elle s’arrêta au milieu de l’escalier, comme dans l’expectative de quelque chose.
— Enfin.
Il souffla et lui fit signe de se dépêcher de descendre le reste des marches en levant les yeux au ciel et en sachant qu’elle voulait qu’il la complimente sur sa beauté. Les types du quartier pensaient tous qu’elle était sexy avec ses cheveux bruns bouclés, ses grands yeux marron et ses seins volumineux, mais il était immunisé contre tout ça au bout de trois ans de relation.
Bien sûr, elle était jolie et drôle, mais c’était tout. À vingt-quatre ans, elle n’avait aucune envie d’avancer, d’apprendre de nouvelles choses ou même de trouver un travail. Elle n’était jamais allée à l’université, et elle se vantait de ne vouloir que le titre de Madame comme diplôme. Quand elle ne faisait pas du shopping grâce aux cartes de crédit de Papa, elle remplissait ses journées avec des rendez-vous chez le coiffeur, la manucure ou les cabines de bronzage.
Il songeait parfois à lui suggérer qu’ils voient d’autres personnes, mais il travaillait tellement dur dans son job et elle semblait tellement satisfaite de leur relation, supposait-il, qu’à quoi bon. Avec un peu de chance, une fois que l’entreprise de construction que son frère et lui avaient créée tournerait à plein régime, il pourrait consacrer un peu plus de temps à son couple et peut-être partir dans les Caraïbes. Mais même l’idée de vacances exotiques avec elle ne l’excitait pas vraiment. À vingt-sept ans, il avait déjà l’impression de s’encroûter.
S’il était honnête avec lui-même, il ne désirait pas vraiment aller plus loin dans cette relation. Quand il avait commencé à sortir avec Chloé, il l’avait trouvée légère, facile à vivre et amusante, mais maintenant qu’ils vieillissaient et qu’il commençait à avoir plus de responsabilités dans la vie, il avait de moins en moins de temps pour son comportement frivole et puéril. Cela l’attristait, car ils se connaissaient depuis tellement d’années, mais à ce stade-là, il n’avait aucune idée qui elle était. Leur relation était devenue une force de l’habitude, une chose facilement disponible.
Il se sentait comme une merde, mais elle ne se plaignait jamais sauf au sujet du mariage. La faute de leur ennui mutuel et de leur vie sexuelle tiède reposait plus sur lui que sur elle, et Jason ne lui en voulait pas pour ça. Plus tard dans la soirée, après l’avoir ramenée chez elle, Jason veillerait en se demandant quand sa passion avait disparu. Ou bien si le sexe était censé être à ce point mécanique, un acte sans cœur et sans âme ?
Ces derniers temps, et de plus en plus fréquemment, le souvenir d’une nuit longtemps enfouie dans sa mémoire occupait ses pensées et, bien que cette rencontre ne manquait jamais d’éveiller son excitation, Jason refusait de se demander pourquoi et ce que ses sentiments signifiaient. Cela pouvait être l’explication cachée à son absence de passion pour Chloé et pour toutes les autres femmes avec lesquelles il était sorti. Mais Jason, qui préférait éviter le plus possible les conflits dans sa vie, avait choisi de faire l’autruche et d’enfouir sa tête dans le sable plutôt que de trop fouiller dans les profondeurs de son être.
Ne pas aller par là. Surtout pas.
Lorsqu’il se pencha pour l’embrasser, elle lui offrit sa joue à la place de ses lèvres brillantes de gloss.
— Ne saccage pas mon maquillage, chéri.
Elle fit battre ses cils alourdis de mascara vers lui.
— Je déteste quand mon rouge à lèvres bave. 
Hum, ce devait être la raison pour laquelle il n’arrivait pas à se souvenir de la dernière fois qu’elle l’avait sucé. Et n’était-ce pas foutrement pathétique ? Il posa sa main au bas de son dos afin de la diriger vers la porte de leur modeste maison double dans Bensonhurst à Brooklyn. Il admira d’un air distrait ses cuisses fermes lorsqu’elle se glissa sur le siège passager de son pick-up et qu’elle croisa ses chevilles sur ses talons hauts à lanières.
Après qu’il ait démarré le moteur, Chloé choisit la station de la radio et baissa le pare-soleil pour vérifier son maquillage.
— T’ai-je dit que Joey et Brianna s’étaient fiancés ? 
Waouh, quelle nouvelle !
— Non. Ça s’est fait quand ? Ils ne se connaissent pas depuis très longtemps, n’est-ce pas ?
Son regard surpris scintilla et il vit les ongles rouges se planter dans les paumes de ses mains. Oh oh.
— Qu’y a-t-il ? 
Comme s’il ne le savait pas.
— C’est bien ça le problème. Ils ne se connaissent pas depuis longtemps. Lorsqu’elle m’a montré la bague aujourd’hui au salon de manucure, tout le monde a été surpris. Cette garce de Deena m’a même dit : on pensait toutes que ce serait ton tour avec Jason vu que vous sortez ensemble depuis tant de temps. Qu’étais-je censée leur répondre ? 
Voilà. Exactement ce qu’il pensait. C’est reparti. La harangue de tous les soirs sur le sujet du mariage. Il se retrouva à serrer plus fort le volant, les mains trempées de sueur. Pas ensemble depuis quinze minutes qu’ils se prenaient déjà la tête au sujet du mariage.
— Nous avons déjà eu cette conversation. La Mallory Brothers commence à avoir de bons clients. Mais je ne peux pas me permettre de me marier maintenant.
Sa bouche se serra d’exaspération.
— Mon Dieu, j’ai vingt-sept ans et tu n’en as que vingt-quatre. Quelle est l’urgence ? 
— Cela fait trois ans que nous sortons ensemble, et tu n’as même pas dit que nous allions nous marier. Je n’ai même pas de bague.
Sa voix commença à prendre ce ton crissant comme un ongle traînant sur son crâne.
— Bon sang. Pourquoi m’agresses-tu ?
Il s’arrêta sur une place de parking à quelques mètres du bar et coupa le moteur sans faire un geste pour descendre du pick-up. Il était peut-être temps d’avoir cette conversation après tout. Comme il regardait son visage tendu et furieux, il se rendit compte qu’il n’avait pas été heureux depuis bien longtemps.
— Parle-moi.
Il tendit la main pour toucher son bras, mais elle le retira et croisa ses bras sur sa poitrine.
— Tu es en colère parce que ton...

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