Starlight
167 pages
Français

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Description

Romance dramatique contemporaine - 356 pages


Raphaël et Marie ont tout pour être heureux : un amour infini l'un pour l'autre, des emplois qu'ils exercent avec passion, une belle maison aux abords de Nice, et l'arrivée prochaine de leur premier enfant.


Mais il arrive parfois que pour une vie donnée, les anges en rappellent une autre...


Un drame va dévaster le bonheur de cette famille, à jamais... terrible épreuve, tel un message voué à nous faire prendre conscience que chaque jour doit être vécu pleinement.


Que réserve le destin à toute âme blessée ?


Une romance tout en douceur, tout en espoir !

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 85
EAN13 9791096384242
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Starlight – On a tous une étoile !

Miss Hl’s
Miss Hl’s





Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 979-10-96384-24-2
Corrections : Nord Correction
Photographies de couverture : Conrado / Shutterstock.com
Remerciements


Il n’est pas facile de se reconstruire après un fait ou un moment que l’on considère comme un échec… Chaque personne en rencontre et les aborde différemment.
2017 a été pour moi rempli d’émotions les plus diverses, me faisant passer des rires aux larmes sans avertissements, telles des montagnes russes. Dans la vie, il faut pouvoir se relever et continuer à avancer en se disant « ça ira mieux demain ! ».
Mais l’été dernier, je peinais à me redresser, pensant que j’avais peut-être trop rêvé et que cette vie d’auteure n’était en fait pas pour moi. Je me faisais doucement à l’idée de mettre un terme à cette courte carrière.
Et pourtant, quelques semaines plus tard, alors que je commençais à digérer cette décision et que je me trouvais à des milliers de kilomètres de notre beau continent, un petit texto par Messenger est arrivé. Ma surprise fut grande et le doute s’immisça à nouveau dans mon esprit. Non pas que je craignais de retomber dans les mêmes péripéties, mais plutôt, en étais-je encore capable ? Est-ce que ma place était vraiment dans ce monde de lettres et de mots ? Pourrais-je écrire une autre belle histoire et vous faire sortir de vos soucis quotidiens ? Il a fallu beaucoup de discussions avec mes proches pour me convaincre que tout n’était pas perdu, que je pouvais faire confiance à nouveau et, surtout, croire en moi… quoique ce point-là reste encore à travailler (rires).
Je voudrais tout d’abord dire un énorme MERCI à L.S.Ange et Didier qui y ont eu cru, eux, et m’ont donné une nouvelle chance. Vous savez… leur patience, leur gentillesse, leur honnêteté, leur douceur ont permis à "On a tous une étoile " d’être édité. Ils m’ont accordé leur confiance alors que je n’y croyais plus, ont été là lorsque les moments de doute prenaient le pas sur tout le reste. Je ne pourrai jamais assez les remercier pour ce qu’ils ont fait pour moi ! Les Éditions Élixyria sont encore jeunes, certes, mais ont tout un Avenir devant elles. Je suis certaine qu’elles iront loin et je suis honorée de faire partie de leur équipe.
Tout cela n’aurait pas été possible non plus sans mes plus proches, mes « fans » de la première heure : ma famille et mes amis. Ils ont subi mes larmes, mes inquiétudes, ma colère parfois aussi, et surtout ils ont eu la prétention de me botter le derrière quand il le fallait. Je risque d’en oublier, et j’espère que vous ne m’en voudrez pas si c’est le cas. Je dédie donc ce livre à ma maman, ma sœur, Didier, Arno, mes bêtas lectrices Audrey et Nathalie, Nancy, Florence, Rosane et Daniel, Josy, Charlène, Sophia, Geny, Stéphanie, Marie-France, Christelle, Virginie, Titia, Claudine, Joséphine, et toutes mes autres lectrices de mes débuts.
J’aimerais remercier Jana Rouze pour ses précieux conseils durant une soirée hors du commun. Une auteure incroyable qui a pris le temps de me rebooster alors qu’elle ne me connaissait pas. Ce moment restera à jamais graver dans ma mémoire !
Merci aussi à Katy Evans qui m’a permis de citer un de mes plus gros coups de cœur littéraires dans ma propre histoire : la série Fight For Love. Elle a répondu à ma demande en disant être honorée que je parle de ses personnages dans mon roman. Elle ne peut s’imaginer à quel point c’est l’inverse qui se produit et comme je me sens tellement minuscule à ses côtés.
Enfin, je voudrais terminer en ayant une pensée pour MON ÉTOILE à moi… mon Papa ! Dans mes périodes de doute, je m’adressais silencieusement à toi, j’attendais tes réponses qui n’arrivaient pas. Et pourtant, même après toutes ces années, je ne cesse de puiser ma force en toi et tu resteras, avec maman, toujours le plus bel exemple pour moi de combativité et de persévérance. Où que tu sois, je ne t’oublie pas.
1 L’accouchement


Raphaël
Poussez, Marie ! lui dit la sage-femme calmement.
Je n’ai plus de force, je n’en peux plus ! répond-elle épuisée.
Cela fait je ne sais combien d’heures qu’elle souffre et je suis totalement impuissant. J’essaye en vain de la réconforter, de la motiver, de lui chuchoter des mots doux, de lui caresser nuque, front, main... rien n’y fait ! Ma puce est là, depuis… quoi ? Je regarde l’horloge... au moins vingt-quatre heures. Mon Dieu, comment fait-elle ? Elle n’a pas accepté la péridurale lorsqu’on la lui a proposée. Elle voulait vivre le moment « pleinement ». Maintenant, le bébé n’a pas l’air de se décider à sortir et elle ne peut plus en bénéficier. Comment va-t-elle y arriver ?
Allez, Marie, lui dit la sage-femme, je sais que vous avez mal et que vous êtes fatiguée. Néanmoins, il faut que vous poussiez, que l’on puisse dégager la tête. Après cela, ça passera comme une lettre à la poste !
Elle sourit à peine. La douleur lui arrache des grimaces que je n’ai jamais vues sur son doux visage. Elle est comme un zombie, elle transpire.
Je lui éponge le front. Elle ne s’en rend même plus compte, l’épuisement lui ayant pris toute son énergie.
Allez, ma chérie, c’est bientôt fini. Tu es une battante, tu vas y arriver, je lui chuchote.
Pourtant, tout à l’heure, elle me broyait les doigts, me hurlait des insanités plus noires les unes que les autres à la tête. Par moments, je me demandais même s’il ne valait pas mieux que je sorte un peu, qu’elle puisse se calmer... Une alarme du moniteur retentit.
On va devoir partir en salle d’opération, ordonne l’obstétricienne.
Monsieur, décalez-vous, s’il vous plaît, me dit une auxiliaire à la hâte.
Je me lève et tout se passe très vite. Cette même infirmière se dirige vers la porte et demande de l’aide ; le lit est déjà déplacé pour être amené au bloc. Je comprends qu’il y a un souci, et on ne m’explique pas ce qu’il se passe ! Je panique. Je m’adresse à un homme également en tenue qui vient d’entrer :
Dites-moi quel est le problème ! Je peux accompagner ma femme ?
L’infirmière s’approche à nouveau de moi et me dit de rester calmement ici. Qu’on va venir me chercher dès que Marie sera installée. Qu’ils vont devoir pratiquer une césarienne, car la situation ne se présente pas bien.
Vous vous foutez de moi là ? Ça, je l’ai compris ! Mais, je veux être avec ma femme ! Je veux la soutenir !
Le temps qu’elle finisse de me raconter toutes ces choses, le lit est déjà dans le couloir... Elle me conseille de rester dans cette pièce afin de ne pas devoir me chercher le moment venu. Puis, elle s’en va rapidement rejoindre ma femme et mon futur enfant. Je me retrouve seul. Tout seul. Désemparé, dans l’incompréhension la plus totale...
Que se passe-t-il, enfin ?
Je me laisse tomber à genou, me prends la tête entre les mains et me replie sur moi-même. La tension des dernières heures est beaucoup trop forte et je sens que les larmes me montent aux yeux, elles coulent le long de mes joues. Je ne comprends plus rien, et toujours personne pour m’emmener auprès de Marie. Je veux être à ses côtés, elle a besoin de moi !
Le temps passe... Et j’ai l’impression que les minutes sont en fait des heures. Je suis vraiment inquiet et pourtant il faut que je me ressaisisse, car je ne veux pas que Marie panique encore plus en me voyant dans cet état. Je regarde ma montre, mais je n’ai aucun point de repère temporel. Je ne sais pas à quel moment ils sont partis. Je suis comme fou, la colère commence à prendre le pas sur tout le reste. Je fais les cent pas dans cette pièce tellement grande et vide.
Mais, où l’ont-ils emmenée et quand vont-ils enfin se décider à venir me chercher ?
Cette situation me dépasse complètement. Je n’ai pas l’habitude ! Dans mon boulot, même les pires contretemps ne m’ont jamais déstabilisé, et ici...
On toque à la porte : l’infirmière de tout à l’heure...
Monsieur, venez avec moi, nous allons vous habiller en conséquence.
Comment vont Marie et le bébé ? m’inquiété-je.
Elle élude ma question et me répond juste que, comme je me rends dans une unité aseptisée, je dois mettre des vêtements appropriés.
Après un rituel bien cadré, je fais la connaissance de mon bébé. C’est une fille !
J’ai demandé des nouvelles de Marie juste avant de poser les yeux sur ma mini beauté, ils m’ont répondu qu’on s’occupait encore d’elle. Et que ma fille avait besoin de moi en ce moment. Marie ne voulait pas savoir le sexe à l’avance. Elle m’a dit un jour que cela avait peu d’importance. Que ce serait de toute manière notre prince ou notre princesse ! Il n’y avait aucune exigence. À part être en pleine forme ! Et elle a tout fait pour que ce soit le cas.
Le personnel hospitalier procède à toute une batterie de tests, je m’en inquiète, mais il paraît que c’est normal. Je souffle déjà. Elle est si petite ! Elle pleure. La pédiatre me sourit et me dit enfin que je peux la prendre dans mes bras. À peine l’ai-je tout contre moi qu’elle se calme aussitôt, ce moment est tout simplement magique. Je la contemple. Elle est si jolie, la peau lisse et rosée. J’observe ses traits et suis incapable de dire de suite à qui elle ressemble le plus. À part peut-être ses yeux, ce sont les mêmes que ceux de Marie ! J’ai déjà fait quelques photos lorsqu’ils contrôlaient ses constantes, seulement, avec ma puce sur les bras maintenant, ce n’est plus possible. L’assistante me propose alors de jouer le rôle de photographe. Je l’en remercie et prends la pose.
Comment allez-vous l’appeler ? me demande l’infirmière.
Je glisse un regard fier sur ma fille et lui réponds :
Noémie. C’est Marie qui a choisi ce prénom.
Elle tire encore quelques clichés et me rend l’appareil. Je les regarderai plus tard. Ils inscrivent le prénom sur un bracelet et l’accrochent à son poignet. Puis, ils me proposent d’aller aux nouvelles de ma chérie. Je leur tends la seconde femme de ma vie et pars en direction de la salle d’opération.
L’infirmière est silencieuse, trop ! Cela m’inquiète, même si la joie d’avoir pris Noémie dans mes bras me transporte. J’ai hâte de dire à Marie à quel point notre princesse est magnifique, que je suis fier de ce qu’elle a accompli aujourd’hui, que je l’aime plus que tout.
Lorsque j’arrive enfin à l’endroit où se trouve ma moitié, un homme costaud habillé de leur célèbre tunique verte m’accueille avec un visage fermé. Le stress et la panique s’emparent à nouveau de moi. Je ne sais pourquoi, un mauvais pressentiment me submerge.
Docteur, comment va ma femme ? demandé-je, angoissé.
Il prend un moment et me répond :
Monsieur, je suis navré, votre épouse n’a pas survécu. Nous avons fait tout ce que nous pouvions. Hélas, Marie a eu des complications après la naissance de votre fille et son cœur a lâché. Nous avons tout essayé, malheureusement, il n’a pas redémarré. Je vous présente toutes mes condoléances.
Je reste absent un moment. Quoi ? Ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas réel ?
Non, docteur, ce n’est pas possible ! Dites-moi que Marie va bien !
Les larmes me montent aux yeux. Je vois à son regard compatissant qu’il ne me ment pas, seulement je ne peux accepter cette sentence… Pourquoi, bordel ? C’en est trop, je craque. Je suis peut-être un homme, mais je les emmerde tous ! Je suis envahi de tremblements, d’incompréhension, j’ai envie de tout casser. Marie n’est plus là, et elle était toute seule pour partir. Je n’ai même pas pu la voir une dernière fois, lui dire que je l’aimais, lui dire de se battre pour nous, pour notre fille, de ne pas nous abandonner...
Oh, mon Dieu ! Et Noémie qui va grandir sans sa maman...
Je m’efforce de rester digne, même si je suis à bout de force. Le travail a été long, nous n’avons pas dormi et maintenant, je me retrouve seul à devoir élever notre fille. Notre princesse qui ne connaîtra jamais sa maman. Comment vais-je pouvoir m’en sortir ?
Je suis appuyé contre le mur, tentant de reprendre mes esprits et d’assimiler la terrible réalité. Une femme s’approche de moi avec un verre d’eau.
Tenez, monsieur. Buvez un peu et puis, si vous le désirez, vous pourrez voir votre épouse une dernière fois.
Un rire nerveux m’échappe. Je lui réponds lascivement :
Vous n’avez rien de plus fort, par hasard ?
Elle me regarde, compatissante, et me fait « non » de la tête. Je prends le gobelet et le vide d’un trait. Puis, elle m’invite à la suivre et me fait entrer dans une pièce où Marie est couchée sur un lit au milieu de celle-ci. Elle est recouverte d’un drap blanc jusqu’aux épaules. Je m’approche lentement, la regarde... Elle a l’air d’être endormie. J’ai beau vouloir paraître fort, serrer les dents, les larmes coulent à nouveau. La douleur est trop forte. Je lui caresse doucement le visage et constate avec effroi que sa température corporelle diminue déjà. Ma femme, ma meilleure amie, ma maîtresse, ma confidente n’est plus... Je m’effondre et pose ma tête sur sa poitrine. Là, je me rends définitivement compte qu’elle m’a quitté. Son cœur ne bat plus... Je prends la dure réalité en pleine figure et me sens comme une merde de ne pas avoir pu l’aider, la protéger, être à ses côtés pour la rassurer. Je demande à l’infirmière restée près de la porte si je peux avoir un moment seul avec ma femme. Elle acquiesce et sort. Je veux parler une dernière fois à Marie en privé. Lui dire tant de choses, même si je sais que je n’aurai plus de réponse, de sourire, de complicité. Je prends sa main qui se raidit déjà :
Oh, ma chérie. Pourquoi ? Si tu voyais comme notre fille est belle ! Je sais que tu le sais... J’espère au moins que tu as pu la voir avant que...
Une crise de larmes jaillit à nouveau dans un hoquet de douleur.
Je t’aime tant... Comment vais-je pouvoir continuer sans toi à mes côtés ? C’est tellement injuste ce qu’il nous arrive !
J’en veux à la terre entière !
La peine est tellement forte que j’ai l’impression qu’on m’enfonce un poignard en plein cœur.
Je te promets de tout faire pour que Noémie grandisse avec ton souvenir. Je te promets de l’élever et de la protéger, mais... j’aurai besoin de ta force ! Il faudra que tu me guides !
J’entends que l’on toque à la porte. Je sais que l’heure est venue de me séparer à jamais de mon âme sœur... Je pose mes lèvres sur les siennes, pour notre dernier baiser... Je me dirige vers la sortie et me retourne une ultime fois, en larmes. Je la regarde, allongée, sans vie, et lui dis dans un souffle :
Reste avec moi, guide-moi, pour Noémie... Aide-moi… pour nous trois. Je t’aime et t’aimerai toujours. Personne ne pourra te remplacer.
Je la laisse là, seule.
La sage-femme m’interpelle et me présente ses condoléances. Elle me dit qu’il faut que j’aille près de Noémie qui ne peut définitivement plus compter que sur moi, qu’elle a faim et que je vais devoir apprendre tous les gestes afin de m’occuper d’elle très rapidement maintenant. Je serai toujours là pour ma fille, pour notre famille...
2 Noémie


Raphaël

Je suis dans la chambre avec ma petite princesse. Elle a bu son biberon et on m’a appris à la changer. Maintenant, elle dort paisiblement dans son berceau. Je me concentre sur elle pour éviter de sombrer à nouveau.
Le personnel médical est aux petits soins avec moi. Ils m’ont même amené du café de leur salle de repos. Je ressens toute leur compassion, mais cela n’enlève rien à ma douleur… Ils sont aussi venus avec tout un tas de papiers. Seulement, contrairement à un accouchement normal, j’ai également reçu des documents pour Marie, son certificat de décès entre autres. J’ai l’impression d’être en plein cauchemar. Et pourtant, je suis loin de rêver.
J’aimerais tellement me réveiller…
Nous avions déjà choisi la marraine et le parrain : la maman de Marie et mon père. Par contre, je n’ai pas trouvé la force de les prévenir. J’ai donc téléphoné à Luc et lui ai demandé de jouer le messager. Encore une chance que je l’ai. Un véritable ami !
Je n’ai le cœur à rien, et pourtant… j’ai encore plus de responsabilités maintenant.
Je vais devoir m’occuper à plein temps de ce petit être magnifique et minuscule. Serai-je à la hauteur ? Est-ce que je ne lui ferai pas mal ? Elle est si fragile. Est-ce que je comprendrai à temps les signaux ? Et si elle tombe malade ?
Les infirmières m’ont répondu que tout nouveau parent se posait ce genre de questions et ont tenté de me rassurer en me disant que je ne tarderais pas à les décrypter. Mais je suis un homme et je serai seul ! Je compte demander à ma mère de m’aider. J’espère que Cécile, la maman de Marie, m’aidera aussi. Je ne sais pas comment elle et son mari vont réagir… J’ai perdu ma femme, mais, eux, ils ont perdu leur unique fille ! Seront-ils encore si présents et si aimants en sachant que leur fille n’est plus ?
Je suis assis comme un mort-vivant devant mon trésor, à la contempler. À suivre ses petits traits, à caresser sa petite main. J’ai encore pris quelques photos et j’ai regardé celles que l’on avait prises de nous. Elles sont magnifiques ! Je vais en faire agrandir plusieurs. Hélas, il n’y en aura jamais de Marie avec notre puce. Les larmes me montent aux yeux régulièrement et, très franchement, je ne sais pas comment je vais pouvoir continuer sans elle.
On frappe à la porte. Je sèche mes joues et vais ouvrir pour ne pas réveiller Noémie. Luc et Vanessa se présentent devant moi.
Bonjour. Entrez sans faire trop de bruit, Noémie dort ! chuchoté-je.
Ils s’introduisent doucement dans la pièce et Luc me fait une longue accolade virile. C’est mon ami depuis la fac. Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avions traversé que de bons moments. Jusqu’à aujourd’hui…
Vanessa prend sa place quand il me relâche. Elle sanglote, ce qui fait resurgir mon chagrin. On peut penser que je suis une couille molle, mais je m’en contrefiche ! J’ai perdu ma moitié, j’ai perdu mes repères. Personne ne peut me juger !
Ils s’approchent ensuite de ma princesse. Elle dort toujours à poings fermés. Elle est venue au monde et… celui-ci n’a rien trouvé de plus cruel que de lui prendre sa maman… La vie est trop injuste !
Luc et Vanessa se connaissent depuis l’adolescence et se sont mariés juste après la fac. Ils ont deux gamins : Simon, neuf ans, et Fleur, six ans. C’est grâce à Vanessa que j’ai rencontré ma femme. Marie l’avait engagée comme secrétaire à mi-temps. Vanessa ne voulait pas travailler davantage, car elle est fort orientée famille et veut être là pour ses enfants. Marie, elle, avait besoin de quelqu’un pour se soulager des dossiers administratifs. C’était un bon compromis pour les deux femmes qui se connaissaient déjà depuis le collège. J’ai eu l’occasion de rencontrer Marie lors d’un repas chez Luc. Le courant est vite passé entre nous. Nous avions les mêmes centres d’intérêt, nous aimions tous les deux aller courir sur la plage… Bref, sur ce dernier point, nous avons rapidement convenu de nous retrouver chaque matin. Cela nous permettait de ne pas courir seuls et… de faire plus ample connaissance.
Avant elle, le travail occupait tout mon espace et je ne sortais pas beaucoup. Avec Marie, j’ai appris à relâcher la pression et à prendre du temps pour moi. Il faut dire que je n’arrivais plus réellement à me concentrer dès que mes idées divaguaient vers elle. Nous avons décidé d’emménager ensemble neuf mois après le début de notre relation. Luc et Vanessa nous avaient alors avoué avoir manigancé cette rencontre, car ils se doutaient que nous formerions un beau couple. Ils avaient vu juste ! Ce n’était peut-être pas un coup de foudre à proprement parler, mais nous avons vite constaté l’évidence.
Évoquer son cabinet me fait penser qu’il va falloir également prévenir toute la clientèle de Marie. Nous avions trouvé une remplaçante pendant le congé de maternité, malheureusement, il va maintenant falloir les informer qu’il n’y aura plus aucun rendez-vous. Je me rends compte de toute la paperasse à venir et je suis complètement dépassé. Pourtant, je le répète, le travail ne m’a jamais fait peur !
Oh Marie ! Je suis anéanti. Comment vais-je pouvoir surmonter cette épreuve sans toi ?
Nous nous installons et je n’ai pas le cœur à sabrer le champagne pour fêter la naissance de ma fille. Luc et Vanessa non plus. J’entends à nouveau toquer à la porte. Je regarde Luc qui me dit que ce sont probablement mes parents ou beaux-parents qui arrivent. Ils sont tous très mal en point, me confirme-t-il.
Vanessa va ouvrir et, effectivement, ils se trouvent là tous les quatre. L’émotion est très forte pendant les embrassades. Maman me serre plus longtemps que d’habitude dans ses bras. J’en ai besoin, j’avoue. Même en ayant trente-cinq ans, je me sens comme un gamin à consoler. Rien de tel que les bras d’une mère ! Et ma petite Noémie ne les aura jamais ! Cette pensée m’oppresse encore plus.
Les parents de Marie se comportent avec moi comme s’ils étaient également les miens. Ça me soulage et me réchauffe cet organe en lambeaux qu’est mon cœur.
Nous nous installons tous et je commence à leur expliquer péniblement le récit, parsemé d’arrêts pour reprendre mon calme. Noémie se réveille tout doucement et émet de petits babillements si mignons. J’en suis déjà gaga de ma fille, même si les circonstances sont loin d’être réjouissantes. Elle arrive à me faire sourire malgré la tristesse.
Tout le monde se lève pour aller la contempler avant de la passer de bras en bras. Nos têtes sont déconfites, mais on ne peut rester insensibles à cette petite bouille. Les nouveaux grands-parents s’amusent à relever nos traits de bébés qu’ils retrouvent en elle. Ainsi, elle aurait ma bouche, mon nez, et les yeux de Marie… comme je l’avais dit moi-même !
J’ai déjà la confirmation qu’ils seront là pour m’aider. Cependant, nos parents travaillent toujours, donc, il ne sera pas possible pour eux de la garder en journée. Je vais devoir m’atteler à chercher une crèche ou une nounou. Avec mes horaires de malade, je pencherais pour l’option nounou. Faudra-t-il encore trouver la bonne !
Luc me suggère de prendre le temps qu’il faut pour m’organiser et m’assure qu’il s’occupera du cabinet, quitte à faire des heures supplémentaires. Vanessa me confirme qu’elle se chargera de prévenir la clientèle de Marie. Me voilà avec un sérieux poids en moins sur les épaules. Je pourrai me concentrer sur ma fille. Ils me font comprendre que Noémie est LA priorité et que je pourrai compter sur eux.
Je leur confie mes angoisses de ne pas savoir gérer ou de ne pas comprendre ses pleurs en temps et en heure. Mais ils me répètent le même discours que le personnel hospitalier m’a énoncé plus tôt. Ils ajoutent que je pourrai toujours compter sur eux, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.
Je me sens tellement perdu…
Nous sommes interrompus dans nos discussions par de légers coups contre la porte et celle-ci s’ouvre aussitôt. Une infirmière arrive avec un biberon. Les femmes sont déjà toutes en train de se regarder en espérant pouvoir le donner à Noémie.
Cécile, en tant que marraine, tu veux t’en occuper ? lui demandé-je.
Elle me regarde, les yeux noyés de larmes, et me fait signe que oui. Je dépose ma fille dans ses bras et Noémie tète aussitôt. Tous la regardent comme la septième merveille du monde, moi y compris. Quand Noémie a fini et que ma mère lui a changé sa couche, nous la remettons dans son petit lit.
Il est l’heure maintenant d’entamer le sujet le plus douloureux de la journée : les funérailles. Vanessa se propose pour venir garder ma princesse pendant que j’irai avec mes parents et ceux de Marie aux pompes funèbres. Nous veillerons à organiser la cérémonie quand Noémie pourra enfin rentrer à la maison. Nous convenons donc de nous y rendre le lendemain dans la journée.
Il est tard et ils sont tous sur le point de partir. Luc me demande si je veux qu’il me ramène des vêtements propres. J’acquiesce et il me confirme qu’il me les apportera à la première heure demain. Ma princesse reçoit encore une caresse et un bisou de chacun et on se retrouve tous les deux pour notre première nuit.
Un peu plus tard dans la soirée, alors que je suis allongé sur le lit avec ma fille dans les bras, l’auxiliaire médicale passe vérifier que nous n’avons besoin de rien et me propose de me reposer un peu, tandis qu’elle viendra voir régulièrement Noémie. Je lui avoue que je suis crevé, mais que je ne suis pas certain de pouvoir dormir beaucoup. Elle me suggère de prendre un cachet pour m’aider à me relaxer en me rappelant que je vais devoir être là pour mon bébé dès notre retour à la maison. Je l’accepte à contrecœur. Je ne veux pas que les gens aient pitié de moi. Pour autant, je sais qu’elle a raison !
Je place le berceau tout contre mon lit et m’installe à mon tour. J’ai laissé la veilleuse et la contemple. Elle est si paisible. Je prends encore quelques photos à l’aide de mon smartphone. Je la mets en fond d’écran et me dis déjà qu’il faudra que je fasse un montage quand j’aurai le temps pour avoir Marie et Noémie ensemble sur mon appareil.
Je ne sais pas comment je vais faire, mais je promets silencieusement à Noémie de faire du mieux que je pourrai. D’être toujours là pour elle. De l’aimer pour deux…
Je ne tarde pas à ressentir les effets du cachet et mes paupières se font lourdes, je me sens partir…
Enfin !
3 — Les funérailles
 
 
Raphaël
Je suis sur le parvis de l’église. J’ai Noémie accrochée à moi grâce au porte-bébé, elle paraît encore plus petite là-dedans. Je n’ai pas voulu la prendre autrement, j’avais besoin de ce contact. Il fallait qu’elle soit contre moi. Que je puisse sentir sa chaleur et son soutien, même si c’est elle qui en a le plus besoin dès maintenant !
Nous venons de sortir après une magnifique messe dirigée par le prêtre qui nous avait mariés. Magnifique, mais terriblement triste ! Quelques amis ont pris la parole. Tous ont rappelé à quel point elle était formidable, aimante, jolie à l’intérieur comme à l’extérieur. Je retiendrai surtout le témoignage de Vanessa. Elle a lu une lettre à son amie. Une déclaration d’amour, devrais-je dire. 
Quelques chansons ont été diffusées comme Sois tranquille d’Emmanuel Moire, à la demande de Vanessa : Toi qui manques à ma vie de Natasha St-Pier, Comment vivre sans toi de Caroline Costa,  Savoir aimer de Florent Pagny, et surtout… mon message pour elle, parce qu’il m’était impossible de prendre la parole, Goodbye My Lover de James Blunt. Je n’ai pu retenir mes larmes plus longtemps ! Les vannes étaient ouvertes. Il n’y avait plus moyen de les arrêter.
Tandis que les hommes des pompes funèbres poussent le cercueil blanc à l’intérieur du corbillard, nous nous dirigeons vers la foule qui est également venue honorer la mémoire de Marie : des amis, mes clients, ses patients. Et même des petits commerçants où nous avions l’habitude de nous rendre ont fermé boutique pour pouvoir venir aujourd’hui. Ils démontrent à quel point elle était appréciée, ma chère Marie. Les paroles délicates qu’ils me disent, les attentions qu’ils me témoignent me vont droit au cœur même si elles sont loin de soulager ma peine.
Je les salue malgré le temps maussade qui nous accompagne. Le vent nous rappelle que nous sommes au début de l’hiver et la pluie ne devrait plus tarder. Tout le monde la pleure… même le temps… Il n’y a pas à dire, beaucoup de personnes l’aimaient.
Elle était tellement belle, jeune, gentille, toujours à rendre service. Pourquoi Bon Dieu me l’avez-vous enlevée ? Elle était la joie de vivre à elle toute seule ! J’ai envie de hurler cette douleur qui bat dans mes veines au même rythme que mon sang, mais je dois rester digne. Je ne veux pas non plus réveiller ma princesse qui dort tout contre moi.
Pour son dernier voyage, je lui ai offert un énorme et magnifique bouquet de lys blancs mélangés à des orchidées et des roses de la même couleur. Ses fleurs préférées. Je leur avais bien spécifié que je ne voulais surtout pas que cela ressemble à une gerbe funèbre. Elle était trop jeune pour nous laisser seuls. Pour Noémie, j’ai demandé un coussin de roses rouges avec une blanche au milieu. Noémie ne s’en rend pas compte, certes. Je voulais juste qu’il y ait une attention en son nom aussi.
Une photo d’elle prise à notre mariage est également visible pour montrer aux gens à quel point elle était resplendissante.
Après une cérémonie ouverte au public, nous nous retrouvons en famille, dans l’intimité, pour nous rendre au cimetière non loin de là. Nous rejoignons les voitures et le cortège démarre. Luc conduit le véhicule où je me trouve avec les parents de Marie tandis que Vanessa suit avec les miens. C’est pendant le trajet que ma petite puce se réveille tout doucement. Elle réclame à boire. Elle a été bien sage durant la cérémonie malgré ses quelques jours de vie parmi nous. Il faut suivre son rythme.
Nous avions tout prévu et Cécile sort le thermos avec l’eau chaude et ajoute le lait en poudre. Vu la lenteur du défilé, nous devrions pouvoir lui donner le biberon encore dans l’auto. Je la libère et la fais passer entre les sièges. Elle sera plus confortablement installée sur le bras de sa marraine.
Le silence se fait pesant dans l’habitacle. J’en profite pour me refermer un peu sur moi-même. Je pose ma tête contre la vitre froide et ferme les yeux. Je repense à la belle intervention de la meilleure amie de ma femme.
 
Flash-back :
Vanessa avance péniblement vers le promontoire, soutenue par Luc tout aussi marqué par la tristesse. Après s’être éclairci la voix, elle commence :
— Ma mie… D’où tu te trouves maintenant, tu dois bien te payer ma tête avec mes notes sous la main.
Des sourires amusés s’élèvent de l’assemblée.
— Si l’on m’avait annoncé un jour que je perdrais ma meilleure amie aussi tôt, j’aurais bien ri à l’évocation de mon interlocuteur. Malheureusement, je me retrouve ici, avec tous nos copains, ta famille et toutes ces personnes qui t’ont connue, de près ou de loin, pour un dernier au revoir. De nous deux, tu as toujours été la plus forte, celle qui faisait du sport ou, encore, qui mangeait sainement. Alors, pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Alors que tu venais de mettre au monde une aussi belle petite fille.
Vanessa prend une pause et mon regard se pose sur Noémie. C’est vrai qu’elle est tellement belle et, surtout, tellement calme.
— Raphaël et toi formiez un si beau couple, comme beaucoup rêveraient de ressembler. Vous aviez même décidé de mettre moins de priorités dans vos carrières pour accueillir Noémie.
Un sanglot interrompt son monologue. Luc passe son bras par-dessus son épaule et lui chuchote quelques mots à l’oreille. Elle fait un léger « non » de la tête et reprend en balayant les larmes d’un revers de la main.
— Je te l’ai dit très souvent, tu as été la meilleure amie que l’on puisse avoir. Alors que j’étais la plus grosse de la classe et que la plupart des élèves se moquaient de moi, tu étais là. Mes moments de doutes lorsque j’ai entamé ce dur régime, avec tous ses sacrifices, tu les as vécus avec moi. Et plus tard, lorsque j’estimais être une mauvaise mère parce que j’étais incapable de cuisiner un plat sans le brûler ou simplement mal le préparer. Sans compter les recettes que tu m’as apprises et que Luc et les enfants me réclament sans cesse.
Luc relève alors la tête et nos regards se croisent. Le sourire aux lèvres, il me lance un clin d’œil de soutien.
— Mais, surtout, poursuit-elle, je me rappelle nos quatre cents coups. Dont celui où, un soir d’hiver, nous avions décidé de faire le mur pour nous rendre à la soirée organisée pour la victoire de l’équipe de terminale. Ils avaient alors remporté le championnat interscolaire de foot. Nous avions tout bien organisé, jusqu’à faire des rondins avec les couvertures de réserve et les glisser sous nos couettes. Par contre, ricane-t-elle, nous n’avions pas envisagé que maman se relève pour un besoin urgent et remarque nos traces de pas dans la neige.
Je jette alors un coup d’œil vers la mère de Vanessa et constate qu’elle s’essuie les yeux, tout en ayant, elle aussi, un sourire aux lèvres.
— À notre retour, nous ne nous attendions bien entendu pas au comité d’accueil et à la punition qui suivit. Mais nous avions passé une tellement bonne soirée que nous l’avions acceptée sans broncher. Aujourd’hui, par contre…
Vanessa sanglote à nouveau. Luc lui caresse tendrement le dos et pose un doux baiser dans ses cheveux. Le silence est lourd, mais tout le monde attend la suite. Elle accepte le mouchoir que son mari lui tend, se mouche discrètement avant d’inspirer profondément.
— Aujourd’hui, par contre, j’ai envie de crier ma haine contre cette sentence. Parce que je ne comprends pas ce que tu as bien pu faire pour être punie de la sorte par Dieu. Je garde en mémoire ton dernier texto où tu m’informais de votre départ pour la maternité. Enthousiaste, je commençais déjà à sortir la déco qui allait embellir votre façade lors de votre retour à trois.
Un silence s’impose à nouveau…
— Ta merveilleuse petite fille, ton mari, ainsi que nous tous ne méritons pas que tu nous quittes si vite. Je te fais la promesse, ici et maintenant, d’être toujours là pour Raphaël et Noémie. De raconter à votre petite princesse qu’elle avait une maman fantastique, belle et disponible pour tous. Et comment tu l’imaginais quand elle serait grande et autonome. Je te promets aussi de soutenir ton mari, de l’aider avec votre petite puce. J’espère être à la hauteur de tes espérances.
Vanessa est maintenant incapable de contenir sa tristesse. Les larmes coulent et sa voix tremble. Mais, malgré tout cela, je sais qu’elle veut finir son message d’amour à Marie. Moi-même, j’ai dû mal à dissimuler mon émotion.
— Je ne te remercierai jamais assez pour notre amitié. Tu vas terriblement me manquer… jusqu’au-delà des étoiles. Mais j’espère que tu continueras à me guider dans le silence. Je suis heureuse d’avoir eu la chance de parcourir un bout de chemin en ta compagnie. Je t’embrasse ma mie, où que tu sois.
Elle quitte le pupitre, soutenue comme à son arrivée par Luc et les premières notes de  Toi qui manques à ma vie de Natacha St-Pier commencent à résonner dans l’église.
L’émotion est grande et j’entends des reniflements tout autour de moi. La femme de Luc a réussi avec ces quelques mots à décrire ma Marie, celle qui ensoleillait mes journées, à me calmer le soir quand j’étais éreinté. Tout ce qu’elle a dit était vrai. Et maintenant, cette chanson que je n’avais jamais entendue, avec ses paroles si fortes et ses notes si hautes. Je me concentre sur notre fille et essaye de rester digne malgré la souffrance. La gorge nouée, je contemple Noémie endormie tout...

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