Un cowboy indomptable
230 pages
Français

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Un cowboy indomptable , livre ebook

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Description

Lane Daniels aime son métier. Travailler comme contremaître dans un ranch du sud du Texas lui donne toute la satisfaction qu’il a un jour souhaitée, mais le propriétaire du Crazy Hills Ranch, Gresh Hamilton Miller III, s’est infiltré sous sa peau, le rendant fou de désir. Mais son patron est hors de portée, car celui-ci désire beaucoup plus de Lane que sa simple capacité à gérer le bétail ; il veut tout de lui.


Le problème, c’est que le contremaître refuse de se laisser approcher plus que nécessaire, alors par ruse, Gresh obtient un rendez-vous avec lui sous couvert d’une réunion d’affaires. Se retrouvant tous les deux seuls, Lane et Gresh s’enflamment dans un élan de passion. Mais au moment où quelque chose de plus pourrait se développer entre eux, le nouveau médecin de la ville, Riley, jette son dévolu sur Lane.


Le médecin le poursuit de ses assiduités, s’incruste dans sa vie, soulignant les défauts de Gresh. Mais le propriétaire du Ranch Crazy Hills n’est pas homme à abandonner sans combattre. La relation de Lane et Gresh pourra-t-elle survivre à cette intrusion, ou Riley sera-t-il celui qui obtiendra le cœur de Lane ?



Note de l'éditeur : publié en auto édition en janvier 2014 sous le titre de Texas sauvage

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 0
EAN13 9782382281895
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0034€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Publié par
JUNO PUBLISHING
2, rue Blanche alouette, 95550 Bessancourt
Tel : 01 39 60 70 94
Siret : 819 154 378 00015
Catégorie juridique 9220 Association déclarée
http://juno-publishing.com/
 
 
 
Un cowboy indomptable
Copyright de l’édition française © 2022 Juno Publishing
Copyright de l’édition anglaise © 2012 Samuel York
Titre original : Texas Rough
© 2012 Samuel York
Traduit de l’anglais par Bénédicte Girault
Relecture et correction par Agathe P.
 
Conception graphique : © Lucile Kos
Tout droit réservé. Aucune partie de ce livre, que ce soit sur l’ebook ou le papier, ne peut être reproduite ou transférée d’aucune façon que ce soit ni par aucun moyen, électronique ou physique sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans les endroits où la loi le permet. Cela inclut les photocopies, les enregistrements et tout système de stockage et de retrait d’information. Pour demander une autorisation, et pour toute autre demande d’information, merci de contacter Juno Publishing :
http://juno-publishing.com/
ISBN : 978-2-38228-189-5
Première édition française : janvier 2014
Deuxième édition française : février 2022
Première édition : juillet 2012
 
Édité en France métropolitaine
 
 
Table des matières
Avertissements
Dédicace
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Épilogue
À propos de l’Auteur
Résumé

 
 
 
 
Avertissements
 
 
 
 
 
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, les personnages, les lieux et les faits décrits ne sont que le produit de l’imagination de l’auteur, ou utilisés de façon fictive. Toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existées, vivantes ou décédées, des établissements commerciaux ou des événements ou des lieux ne serait que le fruit d’une coïncidence.
 
Ce livre contient des scènes sexuellement explicites et homoérotiques, une relation MM et un langage adulte, ce qui peut être considéré comme offensant pour certains lecteurs. Il est destiné à la vente et au divertissement pour des adultes seulement, tels que définis par la loi du pays dans lequel vous avez effectué votre achat. Merci de stocker vos fichiers dans un endroit où ils ne seront pas accessibles à des mineurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Dédicace
 
 
La série Texas est dédiée à mes lecteurs. Merci beaucoup d’être restés à mes côtés et d’avoir réalisé mes rêves. J’aime créer de nouvelles histoires à explorer. J’espère que vous apprécierez la série Texas, et il y en a plus à venir.
 
Un cowboy
indomptable
Texas #1
 

 
Samuel York
 

 
Chapitre 1
 
 
 
 
La vieille carne s’avança vers lui, les yeux écarquillés et les naseaux évasés. Elle essayait de s’échapper, peu importe les obstacles sur son chemin. Elle était mauvaise, l’était depuis des années, créant toujours des ennuis. Il avait gardé l’œil sur elle pendant toute la matinée, attendant son prochain mouvement. Elle baissa la tête, visant ses intestins.
Lane Daniels sauta, escaladant la haute clôture métallique, relevant ses pieds sous lui à la dernière seconde, avant que les cornes s’abattent sur le barreau où il se tenait debout l’instant précédent. Il prit appui et passa par-dessus, retombant sur ses pieds en dehors de l’enclos. La vache meugla, sauta, rua et souffla, propulsant la poussière là où il se tenait quelques instants auparavant. Il repoussa son chapeau de cowboy et ajusta ses gants, alors qu’il respirait en haletant, reconnaissant d’avoir évité cette vache encore une fois.
— Waouh, patron, tu as failli te la prendre dans l’aine ou était-ce dans le ventre ? demanda Jamie.
Il regarda l’homme qui ressemblait beaucoup à un clown de rodéo avec son grand sourire sur le visage, sa chemise brillante et ses cheveux d’un roux flamboyant qui dépassaient de son Stetson brun – celui que le père de Jamie portait lorsqu’il travaillait dans ce même ranch. Jamie racontait cette histoire encore et encore, rappelant à Lane depuis combien de temps il était en relation avec le Crazy Hills Ranch, et qu’il connaissait l’endroit mieux que n’importe qui d’autre.
Andy, Jake et Sterling, trois de ses ouvriers éclatèrent de rire en se tapant sur les cuisses, désignant Lane du doigt, puis ils firent une drôle de danse, comme une vache folle prise d’une crise de démence. Lane sourit et se mit à rire avec eux. Ils étaient après elle depuis des heures et avaient bien besoin de se détendre un peu. Être la cible de leurs blagues ne le gênait pas du tout. Ils le respectaient tous en tant que patron, même s’ils n’hésitaient pas à se moquer de lui sans pitié pendant une journée de travail. Bon sang, la plupart des cowboys étaient de véritables farceurs, profitant de chaque occasion pour faire les clowns afin d’alléger l’ambiance et rendre le travail plus amusant. Au moins, ceux de son équipe la jouaient sympa et ne faisaient pas de mauvaises farces.
Le bétail brailla comme trois autres veaux étaient retirés à leurs mères. C’était difficile à supporter pour les vaches lorsque leurs bébés étaient éloignés d’elles. La vieille fille l’aurait encorné avec plaisir si elle avait été un peu plus rapide et lui, un peu plus lent. Elle savait très bien ce qu’elle faisait. Elle venait d’avoir un petit, donc au moins le veau ne serait plus entre ses pattes lorsque le vétérinaire en aurait terminé avec ses tâches.
Lane poussa un long soupir alors que les cowboys reprenaient leur travail. Dans quelques mois, ils seraient de nouveau là, à refaire le même exercice pour la deuxième fois cette année. Le Rolling Acres, le ranch d’à côté, avait demandé à Monsieur Miller de prendre leurs vaches et de les faire travailler, reversant un pourcentage non négligeable de leurs profits sur les ventes. Lane avait accepté la demande, mais maintenant il aurait souhaité l’avoir refusée. Un trop grand nombre de vaches du Rolling Acres n’étaient pas sur le même calendrier de mise bas, parce que cela avait été mal géré, alors qu’au Crazy Hills, les choses étaient carrées.
Lane fit claquer ses mains sur son jean, pour les essuyer. Il avait mal à la tête et désirait plus que tout une bonne tasse de café, un bon barbecue et peut-être même un homme sexy contre lequel se blottir – et éventuellement même arriver à jouir –, mais seuls les deux premiers vœux étaient certains d’être réalisés. Il était debout depuis trois heures ce matin, et le soleil avait quasiment atteint son zénith. Il ne voulait pas regarder l’heure, ne voulant pas savoir combien de temps ils avaient travaillé. Il aimait être un cowboy, mais détestait devoir obliger les vaches à aller dans la goulotte pour leur donner des médicaments, en particulier les veaux. Des jours comme aujourd’hui, lui donnaient envie d’une bonne sauterie, même s’il se faisait tirer dessus pour ça. Au moins, ils en avaient presque fini avec les vaches et alors il pourrait se payer le luxe de retirer ses bottes, de profiter d’un bon barbecue et de boire une bonne bière avec les hommes pendant qu’ils plaisanteraient entre eux. Dommage qu’il ressente la nécessité de maintenir sa sexualité sous le sceau du secret et qu’il ne puisse pas aller en ville pour un coup rapide. Il n’avait pas le temps de conduire jusqu’à Houston avant plusieurs semaines afin d’obtenir ce qu’il voulait. Son soulagement devrait attendre.
Le crissement de pneus sur le gravier retentit derrière lui.
Pas aujourd’hui .
Jamie s’approcha de lui et regarda par-dessus l’épaule de Lane, son visage se vidant de toute couleur.
— Merde !
Jamie asséna le mot de deux syllabes, puis cracha un jus de tabac à chiquer dans la terre à quelques mètres de Lane.
— Et voilà les emmerdes !
La dernière personne que Lane voulait voir, ou pourrait supporter, se dirigeait vers le corral. Peut-être que l’invité inattendu serait Papa Big Bucks et non pas son fils, Gresh, troisième du nom. Il ne voulait pas regarder, ne voulait pas savoir, et il n’avait aucune envie de penser à Gresh. Le fait d’ignorer le bruit de la voiture derrière lui, imaginant qu’il n’avait rien entendu et surtout pas le crissement des graviers, ne pourrait pas durer longtemps. La voiture se rapprocha et ralentit. Agir comme s’il n’était pas là était parfaitement inutile car il ne pouvait ignorer l’homme qui signait ses chèques. Le patron décidait et s’attendait à être satisfait, en particulier ici, au Texas, le pays des ranchs. Bon sang, il était injuste : Gresh était quelqu’un de pas trop mal, mais Hamilton était de la vieille école et aurait dû naître à une autre époque.
Les pieds de Lane commencèrent à le démanger et la peau le long de sa colonne vertébrale se mit à frissonner. Il serra les dents, s’interdisant toute pensée aléatoire. Qui diable amenait son cul de riche ici pour s’offrir une visite au ranch, en plein milieu de la semaine, au beau milieu d’une journée de travail ? Gresh ou Hamilton ? Lane tourna la tête à temps pour voir Gresham Hamilton Miller, troisième du nom, garer sa brillante BMW noire, ses mocassins italiens attirant la poussière comme des mouches étaient attirées par le miel. Lane gémit et se mordit la lèvre inférieure. Merde, pourquoi avait-il pensé à Gresh et à du miel en même temps ?
Lane ne jura pas et essaya de ne pas montrer la moindre réaction en observant l’homme, bien que son membre ne lui obéisse pas. Il s’efforça de penser à quelque chose de sombre, de douloureux, comme lorsqu’il s’était cassé la jambe, afin que son sexe redescende. Il serra les dents en retirant ses gants usés par le travail. Après avoir essuyé ses mains sur son jean, il baissa les yeux sur sa tenue et jura. La saleté d’avoir conduit le bétail et l’amener à travers la goulotte le recouvrait. De la bouse de vache séchée, du sang et Dieu seul savait quoi d’autre qu’il avait pu se mettre sur lui en se frottant au bétail, tachaient son jean.
Gresh semblait sortir tout droit d’une couverture de GQ. Sa chemise blanche amidonnée et son pantalon noir ne convenaient pas du tout en ce lieu, mais il avait l’air absolument délicieux et Lane avait envie de le manger.
Merde ! De tous les jours où il aurait pu venir, il a fallu que ce soit aujourd’hui.
Lane repoussa son chapeau, l’enfonçant sur sa tête, recouvrant ses sourcils et dissimulant ses yeux. Il ne voulait pas regarder Gresh dans les yeux et y voir son mépris. Il trouvait que c’était déjà assez humiliant d’être recouvert de bouse de vache, sans avoir besoin du jugement de l’homme quant au choix de son emploi, qu’il en était venu à aimer, excepté aujourd’hui parce que travailler avec des vaches était vraiment pénible.
— Lane, c’est agréable de vous revoir.
Gresh tendit sa main, prêt à la serrer.
Lane avança la sienne, mais la retint.
— Désolé, je suis sale de ma journée de travail. Monsieur Miller, que puis-je faire pour vous ?
— Nous sommes déjà passés par cela auparavant, et c’est Gresh.
Un sourire à un million de dollars illumina le visage de l’homme, provoquant des fourmillements partout dans le corps de Lane.
Le contremaître pinça les lèvres et redressa ses épaules.
— Si cela ne vous dérange pas, vous êtes le patron et je tiens à rester formel.
La chair de poule hérissa les poils de ses bras, lui indiquant qu’il était parfaitement conscient de l’homme qui se trouvait en face de lui.
S’il prononçait le nom de Gresh à voix haute, il allait durcir à un point où le roc et le granit combinés ne seraient rien à côté de son membre. Il prenait soin de son érection trop souvent la nuit, chuchotant le nom de Gresh à maintes et maintes reprises, alors qu’il faisait courir ses doigts sur sa hampe. Rien que son nom réveillait son membre et il n’avait pas besoin de ça. Bon sang, c’était déjà assez difficile de ne pas imaginer ce que donneraient les lèvres pleines de l’homme sur son corps et ses mains qui saisiraient ses cheveux.
Putain, calme-toi, obsédé.
— Eh bien, je suis venu pour vous dire que Papa est vraiment ravi de vos chiffres de cette année. Nous étions en train de faire le point sur les finances et il souhaite vous rencontrer afin de discuter des objectifs de l’année prochaine.
— Vous auriez pu appeler. Nous sommes un peu occupés en ce moment.
Gresh regarda les enclos, vit les vaches d’un côté et les cowboys de l’autre qui lancèrent leurs chapeaux en l’air, criant et fêtant le retour du bétail dans les pâtures.
— Je pense qu’ils viennent juste de soigner la dernière des vaches, dit Gresh. Vous semblez avoir terminé. Et si je me souviens bien, demain sera réservé à des travaux plus légers, même pour le contremaître.
Lane regarda les vaches retrouver leurs veaux après que les cowboys eurent ouvert la porte séparant les différents enclos. Des intellectuels planqués derrière leurs bureaux ne pensaient peut-être pas que des vaches pouvaient avoir des sentiments, mais le fait d’assister à la réunion d’une maman et de son petit après qu’ils aient été séparés racontait une tout autre histoire.
— Nous aimerions que vous veniez à Houston demain. Nous nous réunirons à nos bureaux du centre-ville et Papa tient à vous inviter à dîner.
Cette fois-ci, Lane gémit. Passer une demi-journée hors du ranch était la dernière chose dont il avait besoin. Merde, il était certain que passer un vendredi soir avec Gresham Senior était la dernière chose qu’il voulait faire. Putain, ce n’était pas comme s’il avait un rendez-vous de toute façon. Il n’était pas sorti du placard pour ainsi dire. Mais aller à Houston pour rencontrer des hommes comme les Miller, cela ne correspondait pas exactement au genre d’hommes avec qui il aimerait jouer un vendredi soir. Quand il prenait le temps d’aller en ville, il allait directement au Get Bent , le bar gay le plus chaud de Houston et ainsi il obtenait un certain soulagement. Bon sang, peut-être qu’il pourrait passer par le bar avant de rentrer, le temps d’évacuer le trop-plein accumulé. Quelques poussées pourraient être une bonne façon de soulager la pression qu’il ressentait à se trouver à proximité de ce type.
Gresh s’approcha plus près de l’enclos, tortillant son petit cul plus qu’attirant dans son pantalon foncé. La matière s’accrochait parfaitement à ses courbes, notamment à ses globes arrondis qu’il aurait voulu tâter. Merde, le désir soudain de déchirer le pantalon de Gresh et de le pousser contre la clôture envahit Lane et il dût serrer les poings pour se retenir de se jeter sur lui. Gresh n’avait aucune idée que Lane jouait dans l’équipe adverse et désirait se frotter contre lui comme une chienne en chaleur et soulager la bosse qui enflait dans son jean, prenant l’homme sur lui afin de le marteler avec vigueur. Lane frissonna. Le pauvre homme lui enverrait probablement son poing dans la figure jusqu’à ce qu’il s’évanouisse. Putain, connaissant Gresh, il prendrait probablement un avocat pour le poursuivre ou lui envoyer un mémo bien rédigé. Gresh n’était pas une femmelette, mais il prenait les choses à un tout autre niveau. Élevé dans le monde des écoles privées et même des clubs les plus fermés et intimes, il vivait différemment de lui.
Lane n’avait aucune idée de la façon dont Gresh faisait pour garder la forme. Il devait probablement appartenir à l’un de ces clubs haut de gamme de la ville avec entraîneur personnel. Non pas qu’il se soucie de la manière dont l’homme conservait un corps de rêve, mais il en appréciait quand même la vision. Dommage qu’il n’ait jamais la chance de faire courir sa langue sur la peau nue de Gresh, de trouver ses creux et ses bosses, de laisser des morsures d’amour et de le marquer comme sien.
Gresh se retourna et son sourire faillit envoyer Lane sur ses fesses. Puis, encore une fois, le contremaître se rendit compte qu’il pourrait le regarder pendant des heures, sans jamais se lasser de la vue.
— Alors, Lane. Nous nous revoyons demain au centre-ville de Houston, vers quinze heures ?
Lane hocha la tête.
— Bien sûr. Je serais là à quinze heures. Je suis impatient de revoir Hamilton.
— À demain donc.
Gresh tendit la main et Lane faillit l’accepter. À la dernière seconde, il leva les mains et haussa les épaules.
— Désolé, toujours sale.
Gresh lui fit un petit sourire, se retourna et se dirigea vers sa voiture de luxe.
Le contremaître s’efforça de détourner le regard du derrière de Gresh avant que l’un des autres cowboys ne remarque qu’il était en train de baver dessus. Il avait choisi le mauvais travail pour correspondre avec sa sexualité. Bon sang, qui avait jamais entendu parler d’un contremaître de ranch gay ? Il était sacrément bon dans son travail et s’y connaissait mieux sur les animaux d’élevage que la plupart des gens de ce côté de Houston. Le Crazy Hills dégageait d’énormes bénéfices par rapport à la plupart des autres ranchs qui s’asséchaient et bradaient leurs avoirs.
Lane était fier du travail qu’il faisait, mais ce ne serait jamais suffisant pour attirer le regard de Gresh, encore moins son cœur, pour cela il aurait fallu qu’il ait des doubles chromosomes X. Heureusement, durant l’ensemble de la conversation, il avait réussi à regarder ailleurs, de peur de croiser son regard. Quel lâche ! Et alors ? Il n’avait rien pu faire lorsque, il y a deux ans de ça, Gresh se mordait la lèvre et tournait la tête dans une marque flagrante de snobisme chaque fois que Lane entrait dans une pièce où il se trouvait également. Depuis, le contremaître était devenu plus sage et avait appris à ignorer ce genre de personnes. Mais putain, ce qu’il aimerait que Gresh ouvre les yeux et arrête de mépriser le travail qu’il faisait ou la façon dont il vivait.
 
 
Gresh se mordit la lèvre inférieure alors qu’il attendait que Lane se montre. Il ne devrait pas se sentir aussi nerveux, mais il avait menti lorsqu’il lui avait parlé du dîner et cela pourrait revenir lui mordre les fesses si Hamilton crachait le morceau. Son père n’avait aucunement l’intention de sortir dîner avec eux. Gresh avait organisé cette soirée, manipulant la situation à son avantage afin de se retrouver seul avec Lane. Il avait même acheté des tickets pour le match des Astros pour adoucir l’affaire. L’an dernier, le contremaître avait parlé de baseball, souhaitant pouvoir assister aux matchs. Gresh avait parié que les billets pourraient inciter Lane à rester un peu plus longtemps. N’importe quoi pour le faire rester en ville assez longtemps pour l’amener à passer la nuit chez lui. Merde, il détestait être manipulateur, mais il avait besoin de savoir si ses intuitions à propos de l’homme étaient vraies.
Se servir de cette réunion comme prétexte alors que Lane n’avait aucune idée de ce qu’il avait accepté pouvait paraître révoltant. Gresh voulait lui montrer ce qu’il ressentait depuis longtemps, mais chaque fois qu’il avait essayé sur le ranch, Lane l’avait repoussé. Il pouvait comprendre pourquoi. Être un cowboy gay dans un monde d’hétéros devait être difficile à certains moments. Bon sang, peut-être que le contremaître était hétéro et qu’il avait mal interprété les impressions qu’il ressentait, mais Gresh était à peu près certain de ne pas se tromper.
Deux ans auparavant, il avait été choqué que son père ait engagé un homme gay. Bien sûr, Hamilton n’avait probablement aucune idée de son orientation sexuelle. La première fois qu’il l’avait rencontré, il avait reculé avec peur. Personne ne savait rien au sujet de ses habitudes sexuelles.
Habitudes sexuelles, mon cul, tu es gay, mec… Tu es gay.
Son attirance pour Lane avait été si intense qu’il s’était efforcé de la renier. Maintenant, il ne se souciait plus de savoir qui la découvrirait. Il était prêt à faire son coming-out. Prêt à le dire à son père. Si ce dernier le congédiait, ainsi soit-il, il pourrait toujours devenir son propre patron. Rien dans sa vie n’avait jamais été aussi difficile que de satisfaire Hamilton et au jour d’aujourd’hui, il n’avait toujours pas fait de grand progrès dans ce domaine. Son père n’avait pas confiance en lui, le traitait comme un enfant et soulignait à maintes et maintes reprises combien son manque de connaissances dans certains domaines s’avérait être important. Travailler pour lui était pénible, mais au fond de son esprit, Gresh avait un filet de sécurité : il était parfaitement confiant en lui et en ses aptitudes pour s’intégrer dans n’importe quelle autre entreprise et y briller. Un emploi dans une autre société serait facile à obtenir et il le ferait bien, mieux que bien d’ailleurs parce qu’il était pleinement conscient de ses aptitudes. Il était prêt à partir si son père piquait une crise.
Avec Lane, une nuit était tout ce dont il avait besoin pour prouver à l’homme qu’il méritait d’avoir une chance. Bon sang, il n’était pas vraiment digne du contremaître, mais il allait tout faire pour l’être. Lane était sorti dans le monde, avait voyagé et fait quelque chose de lui-même. Gresh avait cet emploi parce qu’il était né de Gresham Hamilton Miller le Deuxième, le plus riche bâtard de Houston. Et rien ne semblait s’appliquer aux Miller de Houston comme le commun des mortels, peu importe les circonstances.
Hamilton entra dans la salle de conférence et pesta après la pluie.
— Je déteste l’humidité. Pourquoi, au nom du ciel, dois-je continuer à vivre ici ?
— Papa, lorsque tu seras prêt à aller vivre dans un autre État, je pourrai diriger l’entreprise ici.
Hamilton releva les yeux et renifla.
— Ils s’attendent tous à ce qu’un texan dans le pétrole vive soit à Dallas, soit à Houston et je suis certain d’une chose, c’est qu’il est hors de question que je vive à Dallas.
Gresh se mit à rire car il savait que son père ne plaisantait qu’à moitié. Tout le monde s’attendait à ce que les traditionnels hommes d’affaires texans vivent au Texas et Hamilton détestait Dallas. Il aurait peut-être voulu déménager dans le Montana ou dans un autre État, mais il devait rester ici et Hamilton n’allait certainement pas céder les rênes à Gresh, jusqu’à ce qu’il soit six pieds sous terre, à condition même qu’il les lâche alors.
— Quand ce contremaître est-il supposé arriver ici pour entendre ta nouvelle idée ? demanda Hamilton.
— Ce n’est pas une idée, Papa, c’est bon pour les affaires. Et il est censé arriver ici à quinze heures.
— Tu sais que je ne vais pas rester dans les parages pour le dîner. J’ai des plans de mon côté.
— Je sais et je vais en informer Lane après notre rencontre.
Gresh pria pour que Hamilton n’en parle pas lors de leur entretien. Il ne voulait pas que Lane ait la moindre raison de repartir trop tôt.
— Bien, bien. Tu as tous les numéros dont nous avons besoin ? Tous les papiers ?
— Oui, monsieur.
Le bourdonnement de l’interphone de Janet, la secrétaire de Hamilton, retentit.
— Monsieur Daniels est ici pour votre réunion.
Hamilton appuya sur le bouton de l’interphone.
— Faites-le entrer, s’il vous plaît, Janet.
Le cœur de Gresh s’envola et la sueur perla à son front. Hier, lorsqu’il était passé au ranch et avait vu Lane sali par un travail acharné, il avait voulu mettre ses jambes autour de sa taille et se frotter contre son corps chaud et en sueur, transférer la saleté de Lane sur sa peau, sentir l’odeur de sa transpiration sur son propre corps. Aujourd’hui, le rencontrer alors qu’il était propre et bien habillé… Il risquait probablement d’exploser. Il frissonna et se mordit la lèvre, se préparant à sa réaction à la pensée de voir l’homme dans un pantalon propre et une chemise amidonnée.
La porte s’ouvrit et Lane entra, retirant son Stetson noir de sa tête d’une main et tendant l’autre à Hamilton. Les testicules de Gresh se resserrèrent et son membre commença à durcir.
Oh merde, il est magnifique.
— Bonjour, monsieur. Je suis ravi de vous revoir.
Durant les dernières vingt-quatre heures, la voix de Lane avait perdu une partie de son accent et maintenant, il ressemblait à un présentateur de télévision.
Gresh retint son souffle, afin d’éviter de se mette pas à siffler, à crier ou à faire n’importe quoi d’autre d’aussi stupide. Le sex-appeal de Lane le frappa comme un raz de marée et il voulait entourer ses bras autour de son cou et se presser contre lui. Au lieu de cela, il s’avança aussi calmement que possible et tendit la main, anticipant le contact de leurs peaux comme Lane la serrait, la première fois qu’il acceptait de le faire depuis plus d’un an.
 

 
Chapitre 2
 
 
 
 
Lane accepta la poignée de main de Gresh, et contrôla sa réaction en pensant à la vache qu’ils avaient perdue ce matin. Elle était tombée et était entrée en travail, le bébé avait été assommé, ne pouvant plus naître seul. Ils avaient essayé de sauver la mère et le veau, mais la vache n’avait pas survécu.
— Hello, Lane. Ravi de vous revoir.
Plus ils se tenaient la main, plus il lui était difficile de garder son calme. Finalement, Gresh le relâcha et Hamilton lui indiqua un fauteuil près de la table de conférence. Lane ignora le tremblement de ses jambes et lutta pour reprendre ses esprits, évitant de les laisser partir là où ils voulaient s’égarer.
Il espérait qu’ils termineraient assez tôt pour qu’il puisse aller baiser comme un lapin au Get Bent avant de rentrer au ranch. Deux bonnes heures de route l’attendaient si le trafic était calme. Bon sang, s’il trouvait un homme torride, il pourrait quand même prendre une chambre pour la nuit.
Hamilton prit le siège en bout de table, indiquant à Gresh de s’asseoir en face de Lane. Le contremaître fit de son mieux pour ne pas le dévisager. Au lieu de cela, il garda ses yeux fixés sur le patriarche, ignorant l’homme sexy qu’il voulait mettre dans son lit.
— Lane, nous sommes heureux des résultats que vous avez obtenus du Crazy Hills cette année, dit Hamilton.
— J’apprécie, monsieur. Nous travaillons très dur pour minimiser les coûts.
La fierté déferla en lui. Il faisait de son mieux pour que le ranch ait du succès, mais il détestait les réunions. Scruter et étudier chaque ligne de chaque poste lui donnait mal à la tête et lorsque des comptables s’occupant du budget se joignaient à eux, c’était encore plus difficile de leur prêter attention. Il espérait que Hamilton n’allait pas entrer dans les détails.
— Gresh a quelques idées pour le Crazy Hills. Il a réussi à me convaincre des mérites des plans qu’il a tracés. Gresh ?
Hamilton inclina la tête vers un Gresh qui avait l’air très nerveux.
Lane déglutit et ravala le sentiment de malaise qui traversait tout son corps. Seigneur, il espérait qu’il n’allait pas perdre son travail. Bon sang, s’ils essayaient de virer n’importe lequel de ses hommes, il se battrait pour eux. Les gars et lui avaient travaillés comme des forcenés.
Gresh se racla la gorge et sourit.
— Eh bien, comme Papa l’a dit, nous cherchons à développer de nouvelles opportunités pour le Crazy Hills. Nous voulons construire quelques cabanes, quatre peut-être cinq pour cette année, afin d’accueillir des hôtes au ranch ou pour une retraite, cela dépendra de ce que les clients voudront.
La bouche de Lane s’ouvrit et ses yeux s’écarquillèrent alors qu’il regardait successivement Gresh puis Hamilton.
Sérieusement ?
Aucun des cowboys n’avait l’habitude d’avoir d’autres personnes autour d’eux. Ils étaient tous plutôt rudes, bien qu’ils soient des hommes bons, ils parlaient beaucoup trop des attributs féminins et leurs jurons n’avaient rien à envier à ceux des marins.
— Je t’avais dit qu’il n’aimerait pas ton idée, dit Hamilton.
— Lane, pourriez-vous m’accorder une heure de votre temps et je vous convaincrai du bien fondé de mon idée.
Le plan semblait fou et après une heure et demie de discussions avec Gresh, Lane ne voulait toujours pas de ce programme pour le Crazy Hills.
Il tapota ses doigts sur la table et secoua la tête.
— Je ne sais pas. Cela me semble un peu…
— Fou ?
— Ce n’est pas exactement le mot que j’avais à l’esprit.
Lane baissa la tête, incapable de regarder Gresh directement dans les yeux, parce que chaque fois qu’il le faisait, une autre partie de son anatomie se réveillait, voulant se mêler à la conversation.
— Messieurs, je pense qu’il est temps de faire une pause. Lane et Gresh, vous pourrez tous les deux continuer à débattre de cette question au cours du dîner. Après notre pause, nous devons discuter de la possibilité de racheter le Rolling Acres ainsi que ses terres au sud du Crazy Hills. Je sais de source sûre que ce vieux Jensen est sur le point de se retirer et que ses enfants ne veulent rien avoir affaire avec le ranch.
Après une courte pause, la conversation tourna sur les chiffres et combien le ranch de Jensen pourrait ajouter de valeur au Crazy Hills par rapport à combien cela coûterait d’acheter de nouvelles terres. Lane détestait parler...

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