Ars Poetica
128 pages
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Ars Poetica , livre ebook

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Description

La poésie et ses liens avec les autres arts, le créateur dans le temps où il est condamné à vivre et les mondes auxquels il aspire, les secrets de l'Être et de la création, tout ceci a préoccupé le poète Kiril Kadiiski au fil des ans et il s’est efforcé de sauvegarder ces écailles d'or subsistant après la flottation de quantités immenses de sable.


Kiril Kadiiski, né en 1947, est un des poètes bulgares les plus traduits en Europe, notamment en France. Il a lui-même traduit maints grands poètes français, parmi lesquels Molière, Hugo, Verlaine et Rimbaud. En 2002, il a obtenu le prix Max Jacob étranger pour l’ensemble de son œuvre.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2012
Nombre de lectures 24
EAN13 9782876236028
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0084€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

1 Après taNt De paroLes sUr La Liberté, iL est temps De Dire qUeLqUe chose sUr La Liberté De paroLe.
2 le poète Naît Là où L’homme se reND compte qU’iL Doit se séparer Des aUtres poUr coNtiNUer toUt seUL.
3 la vérité gêNe toUjoUrs. Si oN commeNce à fermer La boUche à ceUx qUi DiseNt La vérité, Le temps N’est pas LoiN où La vérité parLera toUte seULe !
4 uN graND géNie fait eNrager Les pUissaNts DU joUr et Les faibLes eN art.
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5 l’homme – La géNiaLe erreUr De dieU.
6 le DestiN est jUste. À ceUx qU’iL voUe à L’oUbLi, iL accorDe La faveUr De LeUrs coNtemporaiNs et Les bieNfaits DU préseNt.
7 la poésie, c’est peUt-être Les visioNs D’UN eNfaNt racoNtées par UN vieiLLarD.
8 la missioN DU véritabLe écrivaiN N’a rieN à voir avec Les exercices verbaUx De ceUx qUi tireNt profit De La LittératUre et ce, soUveNt, à Des fiNs LUcratives.
9 l’éterNité : aiLes écrasées, faire roULer soN rocher teL Sisyphe.
10 la DéLectatioN est DaNs La LoNgUe qUête pLUs qUe DaNs L’iNstaNt De La DécoUverte…
11 la LaNgUe évoLUe, et certaiNes œUvres, qUi oNt jaDis soNNé saNs faUte, commeNceNt à NoUs sUrpreNDre à UN momeNt DoNNé par UNe certaiNe LoUrDeUr oU certaiNes formes syNtaxiqUes DésUètes. Mais ceLa N’est qUe La NobLe patiNe qUi DoNNe LeUr charme aUx œUvres Des maîtres aNcieNs.
12 le poème termiNé est UNe fLeUr cUeiLLie. de Là à L’herbier Littéraire, Le chemiN est très coUrt.
13 AUssi paraDoxaL qUe ceLa pUisse paraître, La poésie De L’aveNir est ceLLe qUi réUssira à rester DaNs Le passé, c’est-à-Dire à DeveNir cLassiqUe.
14 PoUr Le créateUr, Le chemiN De L’iDéaL est pLUs importaNt qUe sa réaLisatioN.
15 le graND art est toUjoUrs iNDépeNDaNt De ce qUi L’a eNgeNDré, toUt comme La vraie vie se troUve – peUt-être – eN Dehors De La réaLité visibLe.
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16 QUeLs mots ? SoNt-iLs Les mêmes qUe ceUx D’hier ?
17 QUeLqU’UN a Dit qUe Le géNie traNsforme même La coNtraiNte eN iNspiratioN.
18 Y a-t-iL UN vrai poète qUi gagNe qUoi qUe ce soit avec La poésie ?
19 JUsqUes à qUaND Le LeUrre iNvesti De poUvoir coNDamNera-t-iL ceUx qUi voieNt NoN seULemeNt aUtoUr D’eUx mais égaLemeNt DaNs L’aveNir ?
20 la graNDe recoNNaissaNce est NoN pas DaNs Les éLoges et Les fLatteries, mais DaNs L’impossibiLité De se voir DéboULoNNé !
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21 le moNUmeNt aU poète N’est pas De pierre. IL est fait D’UN aLLiage DaNs LeqUeL Les LecteUrs agrègeNt amoUr, espoir et compréheNsioN – ce qUi maNqUe Le pLUs DU vivaNt DU poète.
22 le poète N’est jamais ce qU’iL est : iL est ce qUe peUveNt – oU veULeNt – voir eN LUi Les LecteUrs.
23 noUs voyoNs soUveNt Déverser géNéreUsemeNt DevaNt NoUs Des sacs De « joyaux »Littéraires soNNaNts, qUi peUveNt Ne pas LeUrrer Les vrais coNNaisseUrs. CepeNDaNt, iLs rempLaceroNt toUjoUrs Les vaLeUrs De ceUx qUi, soit par maNqUe D’accès à L’or véritabLe, soit par impossibiLité De Le DistiNgUer Des imitatioNs, préféreroNt se coUvrir De breLoqUes boN marché.
24 l’âge D’or De La poésie arrive LorsqUe Les émois et Les aspiratioNs Des poètes soNt à L’UNissoN De L’âme DU LecteUr ; LorsqUe L’iNtérêt poUr Les beLLes-Lettres DécoULe De L’évoLUtioN spiritUeLLe De L’homme coNtemporaiN.
25 ToUt ce qUi est hors Les mUrs De La poésie se DéLite, héLas ! ToUt eN recoNNaissaNt Les efforts De ceLLe-ci poUr Le préseNt, iL Ne faUt pas oUbLier qUe Le seUL objet De soN zèLe DemeUre toUt De même Le fUtUr.
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26 IL est pLUs importaNt poUr Le poète De chercher qUe De troUver. S’iL troUve et s’iL est satisfait, c’eN est fait De LUi !
27 la poésie N’est UNe soUrce De reveNUs qUe poUr ceUx qUi soNt prêts à L’abaNDoNNer à La Légère, poUrvU qU’oN LeUr propose qUeLqUe chose De pLUs aLLéchaNt
28 CeNt aNs après sa NaissaNce, La ToUr EiffeL paraît vieiLLe comme Le sqUeLette D’UN DiNosaUre exposé aU mUsée DU temps. Mais N’eN est-iL pas aiNsi De toUte œUvre D’avaNt-garDe qUi sUbit L’aDmiratioN Des coNtemporaiNs, La cUriosité De La postérité et, eNfiN, L’iNDifféreNce De ceUx qUi peNseNt.
29 la vie hUmaiNe est UNe sUite iNiNterrompUe De soLUtioNs à Des probLèmes. le créateUr Ne Devrait cepeNDaNt traiter qUe ceUx De L’esprit et De L’être pLUs qUe De La vie qUotiDieNNe.
30 IL N’est pas rare qUe Des poèmes qUi maNieNt toUtes sortes De NotioNs phiLosophiqUes se fasseNt passer poUr De La poésie. ELLes serveNt à DissimULer L’abseNce D’approche origiNaLe et L’iNcapacité à véritabLemeNt peNser.
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31 le préseNt N’a jamais sU compreNDre, eNcore moiNs recoNNaître et apprécier, Les graNDes œUvres Littéraires, et c’est ce qUi poUsse De NombreUses persoNNes à espérer qUe c’est Le fUtUr qUi est Le vrai jUge et DestiNataire.
32 uNe poésie capabLe D’affroNter ses jUges Ne peUt être qUe forte.
33 Trop soUveNt La rUptUre avec UN art Dépassé a été préseNtée comme UNe rUptUre avec La vie ! Comme si ceLLe-ci N’avait qUe Des DimeNsioNs visibLes. le corDoN ombiLicaL se rompt poUr qU’UNe NoUveLLe vie commeNce – aUtoNome et épaNoUissaNte.
34 dieU, c’est La coNscieNce DoNt est DoUée La matière.
35 la vie et La mort Ne soNt possibLes qUe grâce à L’homme DoUé De raisoN. C’est peUt-être poUr ceLa qU’eLLes LUtteNt si DésespérémeNt poUr LUi. la mort vaiNc eN DécimaNt coNstammeNt Les hommes, saNs poUr aUtaNt Les extermiNer DéfiNitivemeNt, et La vie s’imagiNe qUe c’est eLLe qUi L’emporte, pUisqU’eLLe fait Naître toUjoUrs pLUs D’hommes.
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AUtremeNt Dit, L’hUmaNité est Le frUit De cette compétitioN eNtre La mort et La vie, LesqUeLLes aU boUt DU compte Ne se préoccUpeNt qUe De LeUr propre sUrvie. PoUr UNe pierre qUi toUrNe DaNs L’UNivers, iL N’y a Ni vie Ni mort.
36 l’homme se pose saNs cesse Des qUestioNs sUr Les choses DU moNDe et sUr L’UNivers De L’âme qUi L’iNqUiète. Et iL se répoND taNt bieN qUe maL. ON veUt toUtefois qUe Le poète répoNDe aUx qUestioNs D’aUtrUi. Mais qUi poUrrait bieN répoNDre aUx sieNNes ? le siLeNce qUi L’eNtoUre ? OU bieN La voix De L’iNfiNi mUet ? QUicoNqUe a eNteNDU cette voix a compris La vérité Des choses. Et iL La Dira. Mais Le compreNDra-t-oN ? la mUsiqUe peUt-eLLe Dire qUoi qUe ce soit De façoN catégoriqUe ?
37 la soLitUDe Des graNDs est toUjoUrs L’atmosphère De grâce DaNs LaqUeLLe Les méDiocres ramasseNt toUs Les LaUriers De La moDerNité.
38 la foi DU repeNtaNt est beaUcoUp pLUs vraie qUe ceLLe DU jUste !
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39 l’iNcroyaNce N’aboUtit pas forcémeNt à La créatioN. SiNoN, vU Le Nombre D’impies, oN Devrait avoir De NombreUx créateUrs taLeNtUeUx. EN réaLité, c’est L’iNverse.
40 ToUte DoctriNe peUt béNéficier Des frUits De La LittératUre et De L’art eN géNéraL – Le cathoLicisme L’a fait et Le fait toUjoUrs avec sUccès –, mais eLLe Ne Devrait pas exiger Des créateUrs UNe obéissaNce serviLe, car ceLa écarterait Les pLUs DoUés et offrirait UN vaste champ D’actioN aUx méDiocres qUi, soUs coUvert De DévoUemeNt et De soUci poUr L’iDée, parasiteraieNt L’iDée toUt aUtaNt qUe L’art.
41 SeLoN Shakespeare, La vie serait UNe scèNe DoNt NoUs serioNs Les acteUrs. Mais qUi est Le metteUr eN scèNe ? dieU ? Si c’est Le cas, iL Ne Doit pas être très DoUé. CertaiNs DiraieNt même qU’iL est méDiocre.
42 le créateUr Ne passe à L’acte qUe par refUs D’accepter Le moNDe teL qU’iL est, par impossibiLité De croire qUe Le moNDe, UNe fois DoNNé, Devrait rester Le même poUr toUjoUrs.
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