Auspices malicieux
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Description

A travers ce recueil, l'auteur invite au décryptage "poétique" des maux qui minent son temps. Ainsi passe-t-il au crible les idées reçues issues des chocs culturels qui jalonnent l'histoire de l'Afrique et du Monde, tentant de rendre compte de l'héroïsme des grands Africains, qui ont lutté pour la liberté des leurs.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2010
Nombre de lectures 236
EAN13 9782296687608

Informations légales : prix de location à la page 0,0065€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Auspices malicieux
Simonet Ngouene


Auspices malicieux


Préface d’Odile Tobner


L’Harmattan
© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris

http:// www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-10389-4
EAN : 9782296103894

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
A Pierre Roger VOUFO
In Memoriam
PREFACE
L’expression poétique est à la fois la plus spontanée et la plus savante. L’enfant s’exprime naturellement en poèmes et en dessins, témoignant de l’aspiration à l’harmonie qui habite l’âme humaine. L’adolescent sent le besoin d’exprimer ses émotions sous une forme lyrique. Certains éprouvent le besoin de matérialiser l’inspiration en créant ces objets précieux que sont les poèmes. C’est une entreprise difficile et il faut encourager ceux qui la tentent. Simonet NGOUENE est de ceux-là. Son recueil « Auspices malicieux », dont l’inspiration émancipatrice est dans la lignée des grandes voix qui l’ont précédé, essaie de rendre compte de l’héroïsme des grands Africains, qui ont lutté pour la liberté des leurs.
Puissent ces poèmes entretenir ou réveiller la conscience des lecteurs et les inciter à œuvrer pour une liberté qui n’est encore qu’un espoir.

Odile Tobner
Juillet 2009
« L’Afrique est dans les chaînes pour ainsi dire depuis l’éternité, nous la libérerons toujours assez tôt.
Notre combat sera long, très long… »

Mongo BETI In Remember Ruben.
PREMIERE PARTIE: Répliques
FILS DES QUARANTAINES…
A Barack

Si le froid règne aux pôles
Comme la carrure aux épaules.
Si la mort enjoint au destin
Comme l’aube au matin.

Si l’animal dort en l’homme
Tel le montant dans la somme.
Tel le ver dans la pomme
Et l’herbe dans le chaume.

Alors fils estampillé des quarantaines.
Tu iras révélant par delà monts et plaines,
Que l’Homme est moins le fruit d’une race
Qu’il n’est le corollaire d’un espace.
KATANGA {1}
A Tchicaya {2}

L’écho de tes riches pierres,
Extraites de leur sommeil millénaire,
Echarde à n’en point finir,
La chair de mes souvenirs.

Ô samaritaine écrémée
De mes bourses parsemées !
Que de pâles emblèmes,
Te doivent leurs diadèmes !

Que de bouches en ta source,
Ont étanché leur soif de bourse.
Et que de mains dans tes entrailles
Ont transformé tes mines en mailles.

Dans le silence de tes agneaux,
Où peu à peu se défont les anneaux
Elimés et lacérés de ta captivité,
Cédant aux cliquetis de la liberté.
POUR DAVID {3}
A coups de gueules de civilisation.
A coups de salves de postillons,
Aspergeant sur Pécueil des fronts,
Les libations de notre assimilation.

Des hommes revêtus de crinières.
Sortis d’un siècle de lumière,
Arrosaient le foyer de nos tanières,
En prélude à l’ère du magistère.

Les bras assermentés des Révolutions,
Se sont gantés du sang des prédations,
Et l’étau écarlate de leur nuit,
S’est refermé sur nos jeunes fruits.

Lesquels portent encore les séquelles,
Des paternalismes dénués de paternité,
Et des tutelles jalonnées de curatelles,
Meublant la vacance de nos lueurs décapitées.
C’EST ICI
Les bras repliés de captivité,
Se sont érigés à l’appel des libertés.
Et leurs remous ont crevé l’abcès
Corollaire de tous les excès.

Frères des essors obstrués
Et assignés aux abîmes.
Fils des parricides rétribués
Et promis à la cime.

C’est ici que le rêve esseulé
Au lynchage de nos rêveurs,
Se revêt de toute sa lueur
Pour dévoiler les faces cagoulées.

C’est ici que la cagoule se desquame
Et révèle enfin le quidam
Insondable de nos drames
Confiant notre sort aux flammes.
LES RENEGATS
Voici des siècles que les civilisations
Déploient sous mes latitudes,
Les bassesses de leur altitude
Que je nomme : prédations.

Des siècles entiers de pugilats,
Où du moule de leurs masques,
Sort une ribambelle de renégats
Rompue à toutes les frasques.

Des siècles et plus que ma tanière
Porte la vêture d’une pétaudière ;
Théâtre résigné des bannières
Dépliant le linceul de ma lumière.

Des siècles hélas, que des transfuges
Infiltrent les rangs de mon refuge
Armés des nuages de mon déluge
Et de l’arche de mes purges.
PRECHI-PRECHA
Alors que mes jours deviennent des ténèbres
Qu’à son aise le crépuscule célèbre.
Qu’il me soit donné d’être ce centaure
Qui répand la semence de l’aurore.

Que je sois le rédempteur obsédé,
Le siccatif des temples lézardés
Et des peuples embrigadés
Dans les mailles des chasses gardées.

Que je sois le curateur réélu
De ces grands enfants déchus
Et déchantés par l’arbitraire
De leurs factices repères.

Que je sois leur ultime armure
Contre ces chasseurs de prébendes,
Qui ont à l’œil le sang de mes légendes,
Ensevelies dans le secret de leurs murmures.
POUR FELIX ROLAND {4}
A Marthe Ekemeyong {5}

Que de nuages du pessimisme,
Ont assombri notre sort
A l’annonce de ta mort
Dans les serres de l’impérialisme.

Que de flambeaux d’espoirs,
Giclés de ton sang de martyr,
Ont hélas laissé partir
La lueur épique de nos soirs.

Que de langues de véhémence
Ont connu Le carcan de l’asile,
Ou succombé au sevrage de l’exil,
Pour s’être réclamées de ton obédience.

Ô enfant mythique de mon Noun {6} !
Ton cœur avait la forme du Cameroun.
Et ton front révolté de simoun,
S’offusqua qu’il fût un jouet de clowns.

Et les flots mortels de ciguë
Qui t’ont éteint à Genève,
N’ont que confirmé le glaive
De notre tutelle ambiguë.

Mais ta légende s’abreuve de nos plumes
Rompues à décrire sur toutes les enclumes,
Le déferlement conspiré de ces marteaux
Qui confinent notre sort à l’étreinte des étaux.
GOMMES DE PAUMES
L’aube a pulvérisé les fantômes
Originaires de nos dogmes.
Et je n’acharnerai plus ma paume
Sur l’encre des pages en guise de gomme.

Pour cette race de samaritains,
Qui d’une main donne,
Et qui de l’autre rançonne
Les saisons de mon destin.

Pour cette lignée de scribes,
Qui a confiné ma foi
Aux clochers des beffrois
Et à la rumeur des diatribes.

Ceux qui ont marié mon visage
Au masque de la peine.
Dans le silence des sirènes
Distillant le slogan de mon carnage.
LETTRE A FANON {7}
Je ne suis pas de cette race !
Et que Dieu m’en garde,
Au pire, qu’il retarde
L’échéance d’une telle disgrâce.

Ceux qui se cataloguent ;
Assis dans des pirogues
Et qui à la première occasion
Font allégeance aux avions.

Ceux qui prônent les valeurs propres
Et dont le front bleu blanc et pourpre
Préfère la proxi

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