Cœur (é)pelé
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Cœur (é)pelé , livre ebook

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Description

Raconter mon histoire et des histoires qui pourraient ressembler aux vôtres, c’est lutter contre la mort. Le temps n’existe pas. Il n’existe que l’instant. Le passé n’est que parce que raconté. Raconter est un acte fondamental. Il sauve l’histoire. Il sauve le temps. Il le reconstruit. Même fictif, l’œuvre qui raconte est plus vraie que nos souvenirs.
Torturer les mots jusqu’à les pousser à se parler entre eux, présider à ce dialogue avec un brin de détachement et beaucoup de sollicitude. Laisser exister son amour de l’humanité dans chaque vers, et même son amour tout court. C’est un peu mon challenge dans ce morceau de moi et d’émoi.

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Informations

Publié par
Date de parution 24 octobre 2018
Nombre de lectures 5
EAN13 9782312063256
Langue Français

Exrait

Cœur (é)pelé
Tata N’longi Biatitudes
Cœur (é)pelé
Textes de Poésie en Français et en Lingala
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2018
ISBN : 978-2-312-06325-6
Remerciements
Je remercie ma première lectrice, juré intransigeant et mon épouse, pour les heures sacrifiées à mes envies d’écrire.
Je remercie également mon ami Alain Tito Mabiala pour ses précieux conseils et son regard attentif. Toutefois, les erreurs, les contresens et les fautes qui subsistent sont de ma pleine responsabilité.
Je remercie mon frère Sa Majesté Crébix Mozalisi qui a gentiment accepté d’illustrer les couvertures de ce recueil.
Je remercie enfin, les nombreuses personnes qui m’ont encouragé à poursuivre la diffusion de mes écritures, celles qui m’ont lu sous différents supports et n’ont pas hésité de me houspiller par leurs critiques.
Épluchures épelés
Je m’appelle BIATITUDES . Comment vous l’écrivez ? B - I - A - T - I - T - U - D - E - S .
Épeler est un geste bien commun. Un peu le résumé de notre vie, mais encore plus de celui qui sent bouillonner en lui les tornades de la création.
Pourquoi est-ce si important d’épeler son nom. Pourquoi n’écrit-il pas, mon interlocuteur, tel qu’il l’entend. Pourquoi veut-il tellement savoir comment MOI je l’écris. En fait, il veut que je lui parle de moi. Que je lui raconte mon histoire.
Raconter des histoires fait partie de notre humanité depuis les cavernes. Ces hommes les ont gravés sur les parois des pierres, leurs histoires de chasse et leurs guerres. Moi, je vous raconte la mienne et les vôtres avant qu’elles ne se tassent, nos histoires de casse et nos guerres, avant qu’elles ne se terrent. Excusez mon cœur, s’il est à bout de course, un peu à la ramasse. C’est pour la bonne cause.
Raconter mon histoire et des histoires qui pourraient ressembler aux vôtres, c’est lutter contre la mort. Le temps n’existe pas. Il n’existe que l’instant. Le passé n’est que parce que raconté. Raconter est un acte fondamental. Il sauve l’histoire. Il sauve le temps. Il le reconstruit. Même fictif, l’œuvre qui raconte est plus vraie que nos souvenirs.
Torturer les mots jusqu’à les pousser à se parler entre eux, présider à ce dialogue avec un brin de détachement et beaucoup de sollicitude. Laisser exister son amour de l’humanité dans chaque vers, et même son amour tout court. C’est un peu mon challenge dans ce morceau de moi et d’émoi.
Cœur pelé. C’est le nécessaire et douloureux dévêtissement de l’écrivain, en particulier du poète. Il offre son cœur, l’inscrit au menu, il s’écorche, le pèle comme un fruit mûr. Ce cœur de poète n’est pas un organe spécial, il n’a de particulier que sa nudité, pelé qu’il est, sans protection. D’où sa terrible, géniale et cruelle hypersensibilité.
Lui, ce qu’il ressent plus que ce qu’il sent, il ne l’exprime qu’avec des mots. Des lettres pour dessiner son bien ou mal être. Parfois son trop être. Souvent son peut-être. Ces mots il les épèle comme il pèle son cœur. En toutes lettres.
É CRIS ET VIT
Écris et vit
Lis la vie
Écris ta vie
M ES B IATITUDES
En toutes lettres
Elles s’écrivent en tout mon être
Elles s’arrogent le droit de paître
De mon innocence
Toute ma richesse
Dans les mots, elles disent toute ma détresse
Dans les gestes, elles dansent mon allégresse
Intensément
En toutes mes failles
Elles traversent mes faibles batailles
Elles déversent dedans mes pagailles
Victorieuses
Mes pauvres lignes
Elles qui tracent mes floues, mes signes
Elles qui frôlent les interdits, mes consignes
Hésitantes
De tous mes cœurs
Elles leur disent mes amours et mes rancœurs
Elles médisent de mes échos et de leurs chœurs
Insistantes
De la douleur
De la mienne, des autres, de toutes les couleurs
De la chair, de l’âme, d’elles qui viennent d’ailleurs
Lancinantes
De l’humanité
Si proches de chacun, seules dans tant de solidarité
Si semblables et si singulières, en recherche de polarité
Électriques
Biatitudes
Éclectiques
Mienne et vôtre et leur
Pour le pire et le meilleur
A RTISTES - PRINCES
Affamé de pages, en rage, il promène sa fringale comme le damné qu’il est. La somme de ses désespérances est plus aiguë que celle de la terre entière. Affamé de la matière, il sculpte des vies, peint des amours et trace des repères perdus.
Il est sourd à l’envers, il en entend plus qu’il n’en faut. Il est voyant, à merveille. Ses yeux voient plus grand que leurs orbites, se perdent dans nos horizons exacerbés. Des porte-voix pendent à ses lèvres. Quand il chuchote la terre tremble.
Il est héros mais un peu couard. À dire vrai, plus encore héraut. Prophète abandonné des dieux. Prêtre sans autel. Oracle s’empare de son Verbe et fait de ses paroles des sentences.
Affamé des coups, il prend le pouls de la nation. Il prend des coups aussi. Il est la toux des villes et de veillées. Il ne paie pas de mine mais ses crayons, eux, ont besoin de mine. Pour dessiner sans biner ce qu’il rumine.
Il est sur une montgolfière. Il est artiste-prince, pince-sans-rire, artisan du pire et de l’empire. Fou des rois, il broie parfois du noir, un peu de noix aussi, momeli bangi.
Il est sur une montgolfière. Sa vue est meilleure que celle du reste du monde pourvu que l’air soit chaud. Peu importe pour écrire, décrire ou créer, pas toujours besoin de voler très haut. Parfois le « terre à terre » fait recette. Savoir se terrer au fond d’un trou. N’en garder qu’un petit bout peut être salutaire.
Il est artiste-prince, mais son altesse dépend beaucoup de son attitude et parfois de l’altitude qu’il crée du haut de la conviction de ce monde finalement si bas sur les hautes idées qu’il véhicule. Il importe de ne jamais le suivre pas à pas. À ras de pensée, le rez-de-chaussée de nos silhouettes est trop loin du cerveau.
Il est artiste-prince, peintre parfois, demain sera un autre jour, pourvu qu’il s’exprime tout son saoul, ivresse de la muse, plongeon du museau dans le vin de la création. Demain sera un autre jour, pourvu que nous le lisions et que nous l’élisions en tant que l’hélice qui tourbillonne et bouge le statu quo. Demain sera un autre jour, pourvu que nous écoutions l’écho de ses timbales qu’il trimbale de vie en vie. Pourvu que nous écoutions le coût de la vie, et que nous en écourtions les bisbilles. Demain sera un autre jour, pourvu qu’il y soit. Parce que demain n’est pas de son choix. Tout artiste-prince qu’il soit.
C HER LIVRE
Je tenterai avec vous une expérience
Un joli jeu sur un lit à balance
Cher livre chéri, un après-midi studieux
Pourquoi m’encombrer d’Internet, pardieu !
Une lecture aussi belle que vous, s’ajoute
Pour mes délices, à ma quotidienne joute
À mes délires littéraires et de rêverie
Je lirais tout : réflexions et âneries
Pourvu que je pénètre les intimes antres
De tes pages, dont je serais le chantre
Tu sais, j’aime les livres minces ou gros
Une lecture à un rythme de trot
Pourquoi se précipiter, tout lire en un coup
Moi j’aime lire un peu, parfois beaucoup
De chapitres haletants et passionnants
De l’action, un récit, un scénario percutant
Je me promets de me satisfaire
Sans chercher à faire un impair
Me satisfaire de la seule et belle lecture
Je me fous si elle n’est plus neuve la reliure
Je te serai, belle lecture, fidèle
À la fin je te ferai un hommage si bel
Jusqu’à achever de te complètement lire
Exercice, qui m’enchante, mon délire
Lire me fait monter jusqu’au plus haut pic
Félicité sans soucis, parfum sans pique
Finissez ma curiosité, décodez vos signes
Étanchez ma soif, permettez que je vous lise
Vous toutes entières jusqu’à la dernière ligne
Je vous aime Livres, souffrez que je le dise
En vers
Envers et contre tous
S LAM ET POÉSIE SLALOMENT
La réclame pour le slam
Les palmes pour la poésie
Le slam se déclame
La poésie se lit
Les deux s’élisent
Mais s’enlisent
Pataugent dans les mêmes eaux
Partagent les mêmes déco
Les mêmes coussins
Les mêmes dicos
Se parlent et se répondent en échos
Pourvu que la promo des mots
Qui se prennent en étaux
Ne perd pas des eaux
Mais la poésie s’immisce
Au fond de l’esprit
Se raidit à dire la magie
Dans la folie des instants
Le slam aussi
Mais il parle
Surtout à l’oreille
Il crame les tympans
Au feu de son verbe
À la flamme de sa verve
La poésie et le slam disent salam
Aux gens de toutes les villes
De Kin à Panam
Calembours au calme
Les calamités et les inimitiés
Les amours et les désamours
Le slam fait boum boum
Le slam fait la musique
Douce à l’ouïe
Des mélodies qui luisent
La poésie soigne les cœurs
Se glisse dans l’âme
S’immisce sous la peau
Slam et poésie se font la paire
Parfois des cœurs chassent la peur
Si le slam fait danser
Si le slam fait valser
La poésie fait densifier
Les sens et tance
Nos leurres
À la lueur de notre terre
Nous vers de terre
Défions les étoiles
Grâce à elle
On poétise au calme
On slame on attise
Slam et poésie slaloment
L A VIE
La vie vive et vivace
Ou sous une carapace
Comme une limace
Choisis !
V IVRE TA VIE
C’est mettre tes tripes sur la table de noce, te vautrer dans la bouse de l’étable, t’encastrer dans l’arbre à palabres. Regarder ce simulacre de vie à l’emporte-pièce. Méditer et réfléchir pour soi-même et les insensés.
La vie, rivière qui charrie la merde, ne te donne pas de passe-droit. Prends-lui le ticket par ruse. Ne te mets surtout pas à table. Tire lui dans le dos, pas de cadeau.
Combat, s’il le faut et vainc toujours même lorsque tu es à terre. Sculpte toi-même ton propre triomphe. Change les règles s’il le faut. Récuse le jury. Gagne ! Hargne, c’est ta victoire.
Baise l’amour mais fais l’amour à la guerre. Ne laisse personne assassiner tes rêves, mais ne sois pas le meurtrier de leurs rêves. Grimpe, Sisyphe, retombe et remonte. Aucune pente ne te résistera. Aucune branche ne t’assistera. Seules les pierres seront tes alliés et avec elles tu trouveras ton réconfort. Quand tu arriveras à bon port. Si tu arrives.
Avec ces pierres, tu construiras. Tu re-construiras et tu te construiras. Tu déconstruiras aussi. Avec tes prières aussi. Dieu n’en boude aucune. Mais parfois la pluie versera des laves. Elles brûleront les murs que tu auras bâti. Ne baisse pas les bras. Descend la montagne et remonte. Reconstruit avec les pierres qui te rendront le chemin ardu. Tu seras hardi.
La vie, cette rivière qui charrie la merde, t’obligera à mettre tes tripes sur la table. Si la douleur double, si elle triple même, si elle devient insupportable, mange-les. Ne laisse à personne d’autre ce privilège.
Si tu vis en t’occupant moins de ton reflet dans la rivière qui coule et plus de ton ombre sur cette terre qui te porte. Tu auras vécu.

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