La plume et les toiles
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La plume et les toiles , livre ebook

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Description

La poésie de Magdolna Mérai ressemble à l’eau vive du pont Mirabeau qui toujours s’enfuit emportant avec le temps des visages et des amours perdus…Une eau limpide charmant les voix éteintes, les bonheurs évanouis.
Ainsi file la vie dont il ne reste, si l’on en croit G. de Nerval que « le soleil noir de la mélancolie » . C’est pourquoi les vers de Magdolna Mérai aiment à s’élancer souvent vers un firmament éclaboussé de nacre lunaire.
Il arrive que Pierrot achève la féérie où que l’âme regrettée glisse au doigt de Vénus un anneau de Saturne.
La voix de Magdolna Mérai, empreinte de nostalgie, chante aussi la lumière et la beauté de la nature dont les secrètes vibrations enchantent le cœur du poète.
Ce florilège de poèmes sensibles et profonds déploie une kirielle de thèmes qui sont autant de miroirs de la vie intérieure.
L’ouvrage est par ailleurs magnifiquement illustré parles œuvres de Rose-Mary, artiste peintre naïf.
Jean-Pierre Béchu, ancien Secrétaire Général de la Société des Poètes Français

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 décembre 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782312049342
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Extrait

La plume et les toiles
Magdolna Mérai
La plume et les toiles
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
Du même auteur


Grands -parents charmeurs d’enfants ( L’Harmattan , 2003), qui est une étude sur le rôle des grands-parents par rapport aux jeunes placés en familles d’accueil.
Grands -parents et parentalité ( Ères 2005), ouvrage collectif avec Benoît Schneider , M.C. Mietkiewicz et S. Bouyer , Maîtres de conférences à l’Université de Nancy 2.
Le refuge des chats ( Éditions des Étoiles ), roman traduit en hongrois et unanimement salué par la presse à l’occasion du Salon du Livre de Budapest en 2013.
Illustrations : tableaux de Rose - Mary
© Les Éditions du Net, 2016
ISBN : 978-2-312-04934-2
L A PLUME ET L ’ ÉTOILE
Au crépuscule un oiseau a pris son vol en regardant le ciel,
poursuivant la route que ses aïeux avant lui avaient tracée.
À la nuit tombée, ses yeux perçant croisent une étoile filante si belle
[qu’il ne peut l’oublier.
Sans cesse dans ses rêves elle le hante.
Il s’élance non plus vers des paysages de chaleur et de soleil,
mais traverse les horizons bleutés et s’élève vers la lumière céleste.
Ses ailes se tordent dans le vent de la montagne qu’il brave sans [lâcher du leste,
sa tête penche sous la tempête de grêle,
ses pattes froides se replient dans son duvet d’argent contre les [attaques du gel,
Ses yeux de jade ne quittent pas les hauteurs et il vise le firmament
s’échinant dans des milliers de battements d’aile
à la recherche de la poussière d’or qu’il a vu filer sous la voûte [bleutée.
Il arrive dans le désert où brille le sable des dunes dorées
et souffle l’Harmatan qui l’emporte dans un tourbillon de feu
qui lui brûle le corps et dessèche sa gorge.
Abattu au sol, épuisé de fatigue par sa vaine lutte, malheureux,
il regarde tournoyer les pépites de sable qui ressemblent aux étoiles.
Et dans son dernier souffle, une plume s’envole et l’oiseau voit son étoile qui descend le chercher.
L’ ANGE ET LE DRAGON
Comment un dragon crachant le feu
est-il sorti du ventre des Ténèbres
Pour rejoindre les Anges du Ciel ?
Comment les vagues du tsunami ont-elles atteint les murs
des plus hautes tours, vers eux ?
Comment ce monde se transforme-t-il
en serpent d’or et d’argent qui traîne ses vertèbres ?
Sur les arbres des forêts, il s’entortille
et tout d’un coup il assomme et dévore
ce qui, sous ses yeux veinés de sang bouge et brille.
Homme détruit, homme prie…
Ange du ciel change le dragon en colombe
ou en colosse aux pieds d’argile
dont sabre fera sable,
de ses balles de feu fera grains de blé
qui rendront la terre féconde ;
de la bombe de son souffle fera lumière boréale,
douce comme la rivière et l’onde.
Dans les arcanes du ciel ses serpents bleutés deviendront fantômes
qui hanteront les geôles des paquebots échoués,
dans les fonds sous-marins où ils resteront prisonniers.
L A TERRE EN GUERRE
La terre est en guerre et toi tu n’y crois pas,
tu crois que c’est un jeu sur ton ordinateur.
Cette terre est blanche, noire, jaune, incandescente,
et pendant qu’elle explose, étendue sur le flanc, tu croques ta vie [indescente.
Tes lèvres rubicondes s’ouvrent comme la bouche d’un volcan
et tes rires éclatent dans le silence.
La terre est en guerre et toi tu n’y crois pas.
Elle crache sa haine, lapide ses femmes impies,
des larmes de cendres coulent sur sa gorge en sang.
Tes baisers de glace se posent sur mon cœur,
alors que des serpents de feu sortent de ses entrailles
et viennent brûler ma peau pour que je crie ma peur !
La terre est en colère, elle massacre les hommes qui ne croient plus [en l’Homme,
des typhons de violence rasent les villes, les campagnes, les déserts ;
la foudre vengeresse poignarde les enfants,
brûle les forêts, étouffe le cri des oiseaux dans l’air.
La terre est en guerre et cela ne t’atteint pas, c’est si loin tout ça…
Tu tapotes sur l’écran de ton ordinateur, c’est un jeu… et tu n’y [crois guère.
Pour toi le soleil brille encore, mais le feu se rapproche et va consumer les ailes de ton amour naissant.
Des rivières, des fleuves, la terre fait couler sa peine,
elle s’est coupée les veines.
À force de retenir ses larmes, elle déborde
et nous inonde de sanglots.
Écoute, écoute bien ce que souffle l’Harmattan, le vent de la terre, [le vent du désert,
avant de devenir poussière, particules de cendres,
tel sera ton reflet dans le grand miroir de l’Univers exsangue.
La Terre est en guerre et toi tu n’y crois pas !
L E FLEUVE GELÉ
L’hiver est là et les enfants glissent sur les eaux gelées du Danube
Comme sur une patinoire.
Ils font des figures, des pirouettes et ils crient, rigolent, se moquent
De ceux, qui, plus maladroits,
font le grand écart en tombant le nez sur la glace
Moi je suis là, au milieu de ces petits clowns qui s’agitent,
J’aimerais qu’ils suspendent quelques temps ce brouhaha
Qui me dérange
Afin de patiner en paix.
Mais c’est mal connaître leur malice.
Me voilà pris par la main pour une petite ronde,
Puis leurs bras s’ouvrent et je frôle la jupe d’une charmante ballerine,
Qui finit sa valse dans mes bras, comme une onde…
Maintenant qu’on me lapide s’il est de pires châtiments.
L E SOUFFLE DU VENT
Le souffle du vent me murmure à l’oreille
que tu vogues dans un monde de beauté
où ton âme navigue dans l’immensité
de la lumière, celle de l’intériorité,
le soleil et l’ombre des êtres.

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