Lecture de "La Légende des siècles" de Victor Hugo
194 pages
Français

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Description

Dans le prolongement de sa thèse sur Victor Hugo, poète de la Nature, l'étude consacrée à La Légende des siècles par Louis Aguettant est la bienvenue. Pour lui, la première série de la Légende est "probablement le chef-d'oeuvre de Hugo". Elle se distingue d'abord par l'éclat de la vision poétique, mais aussi par un développement prodigieux de la faculté mythique, soutenue par une puissance verbale extraordinaire. La versification est plus libre que jamais. A la suite de cette exégèse du génie épique de Hugo, Aguettant analyse en profondeur six poèmes importants de La Légende des siècles.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2010
Nombre de lectures 249
EAN13 9782296250222
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0104€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Lecture de La Légende des siècles
de Victor Hugo
En couverture : Victor Hugo pendant l’exil
© Maisons de Victor Hugo / Roger-Viollet


© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-11297-1
EAN : 9782296112971

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
L ouis A GUETTANT


Lecture de La Légende des siècles
de Victor Hugo


Texte établi par
Jacques et Jeanne Lonchampt
Du même auteur, aux Éditions L’Harmattan

La Vie comme une œuvre d’art (biographie de Louis Aguettant)
Victor Hugo, poète de la Nature
La Musique de piano des origines à Ravel Verlaine
Lecture de Baudelaire
Lecture des Méditations de Lamartine
Lecture du Satyre de Victor Hugo
Les Amitiés littéraires. Paul Valéry, Paul Claudel, Gabriel Fauré,
Émile Mâle, Louis Mercier, Marcel Ormoy, Robert Browning

De Louis Aguettant et Louis Mercier :
Nos Lettres du S inaï… Correspondance de deux jeunes écrivains à la fin du XIX e siècle
Avant-propos
A l’été 1889, à peine cinq ans après la mort de Victor Hugo, un jeune homme de dix-huit ans, étudiant aux Facultés catholiques de Lyon, écrivait à son ami Louis Mercier sa fureur devant les rangements de la Bibliothèque : « On a fourré la moitié de V. Hugo à l’enfer. L’abbé Joseph commandait, Vaganay exécutait ; c’était terrible !… La Légende des siècles en enfer ! mais c’est horrible ! Dans quel siècle vivons-nous donc {1} ? »
Treize ans après, Louis Aguettant, jeune agrégé, professeur de littérature française en ces mêmes facultés catholiques, passait un mois à la Bibliothèque Nationale et chez Paul Meurice, ami et exécuteur testamentaire de Victor Hugo, à travailler sur les manuscrits du poète, pour établir un « V. H. annoté, daté pièce par pièce, illustré de variantes innombrables et inédites {2} » en vue de sa thèse sur Victor Hugo, poète de la nature, à laquelle il travaillera pendant dix-huit ans {3} .
On ne s’étonnera pas qu’un de ses premiers cours ait été consacré à La Légende des siècles, cours qui sera repris au moins deux fois et largement remanié dans les années suivantes avant 1914 {4} .
Ces cours sont restés inédits, mais le talent d’analyste del’auteur, révélé par ses ouvrages sur Baudelaire et Verlaine, ainsi que sur La Musique de piano des origines à Ravel, n’est pas moins brillant dans ces analyses de neuf poèmes de La
Louis Aguettant voulait donner à ses étudiants le goût d’une lecture substantielle et exprimer la saveur des textes par une analyse qui recherchait tous les éléments concourant à leur beauté esthétique et à leur signification. Le mouvement d’un poème, le ton d’une strophe, le rythme d’un alexandrin, la singularité ou la fraîcheur d’une image, les résonances intérieures d’une expression, leur climat historique ou biographique, les idées qui s’incarnent dans le jeu des mots, les correspondances qui les relient à des sentiments ou à des sensations, et tant d’autres traces de l’invention poétique, laissées souvent inconsciemment par l’auteur, font de toute grande œuvre une mine inépuisable. En extrayant ces joyaux, on ne dissipe nullement le mystère, mais on l’amplifie tout au contraire en ondes qui vibrent à l’infini.
J. L.


N OTE BIBLIOGRAPHIQUE

Les références à La Légende des siècles se rapportent à l’édition d’Arnaud Laster (Poésie/Gallimard, 2002). Nous y renverrons avec le sigle AL.
Pour les textes de Hugo difficiles à repérer, nous donnons éventuellement la référence moderne à l’édition de la Pléiade, de 1950, pour Dieu et La Fin de Satan (sigle P), ou à la collection Bouquins (sigle B).

Les indications relatives aux ouvrages cités sont données dans les notes. Il convient cependant de signaler spécialement les ouvrages de Paul Berret, qui dominent l’exégèse de La Légende des siècles, et auxquels cet ouvrage renvoie souvent :
La Philosophie de Victor Hugo (1854-1859) et deux mythes de « La Légende des siècles » : Le Satyre et Plein Ciel, Ed. Henry-Paulin, Paris, 1910, que nous citerons : « La Philosophie… » .
Le Moyen Age dans « La Légende des siècles » et les sources de Victor Hugo, Ed. Henry-Paulin, Paris, 1912, que nous citerons : « Le Moyen Age… »
La Légende des siècles, collection « Les Grands écrivains de la France », six tomes (Hachette, 1921-1922), dont les deux premiers pour la première série de Hugo, que nous citerons : « Ed. critique » . (Ed.)
Introduction
La première série de La Légende des siècles est probablement le chef-d’œuvre de Victor Hugo. Le sous-titre en donne la définition : ce sont de Petites Epopées. Hugo a pensé que, pour bien des raisons, la vaste épopée traditionnelle était mal adaptée aux temps modernes ; il a préféré l’« épopée fragmentaire – poème » qui est à la grande épopée ce que la nouvelle est au roman. Il se réserve d’ailleurs de grouper ces poèmes par cycles, et compte sur sa philosophie de l’histoire pour donner de l’unité à l’ensemble, mais cette philosophie sera la partie faible de l’œuvre, la philosophie d’un bourgeois anticlérical, démocrate, vaguement socialiste, qui a la haine de l’autorité et une foi aveugle dans le progrès. Il est déplorable qu’elle diminue Victor Hugo comme poète, en rétrécissant sa faculté de sympathie.
Ce recueil a une extrême importance, d’abord dans l’histoire de la poésie française, car il est la meilleure réponse qu’on ait faite à ceux qui pensent que les Français n’ont pas la tête épique, ensuite dans l’histoire du Romantisme. La Légende des siècles résume, sous une forme éclatante, l’effort d’un demi-siècle pour élargir, étendre, enrichir notre poésie, ou plus rigoureusement les acquisitions pittoresques et techniques du romantisme. La rhétorique et la métrique de cette époque s’y épanouissent magnifiquement. C’est là que B. de Fouquières cueillit les plus beaux spécimens de l’alexandrin, que les Parnassiens puisèrent à pleines mains rimes riches, images éclatantes, etc. Presque tous rimèrent quelques « petites épopées » à l’instar du maître (François Coppée, Catulle Mendès, Sully Prudhomme et même Verlaine !). La Légende des siècles est comme un splendide coucher de soleil du Romantisme.
Pour Hugo, elle représente l’apogée de sa deuxième manière, et le dernier terme de son évolution vers un art relativement impersonnel et objectif. Elle comporte trois séries : Première série , 1859 (2 vol.) ; Deuxième série , 1877 (2 vol.) ; Série complémentaire , 1883. Mais c’est la première série qui donne le ton et qui est de beaucoup la plus belle. Donc, si l’on veut bien comprendre cette œuvre, il ne faut pas la séparer de cet énorme amas d’écriture qui est daté de Jersey et de Guernesey, et il faut surtout restituer l’atmosphère de l’exil, période féconde entre toutes, période de renouvellement, de transformation profonde, examiner quelles influences agirent alors sur Hugo pour tirer de lui, à cinquante ans passés, après tant d’œuvres, une poésie extraordinaire d’éclat et d’imprévu.
L’exil
Bruxelles, Jersey, Guernesey, Hugo a vécu dix-huit ans en exil. Cela compte dans une vie, même longue et il n’est pas surprenant qu’un tel changement de vie ait eu une influence décisive. L’exil d’abord a interrompu sa carrière politique, et ce fut un grand bienfait : il n’en retira qu’amertume, longues rancunes de la vanité blessée, dont le trop-plein s’épanchera dans les Châtiments. Du même coup, l’exil le rend à sa vraie vocation. Désormais, il n’agira plus que par des poèmes. Et c’est tant mieux pour sa gloire.
Depuis 1843 (le drame de Villequier et l’échec des Burgraves), il n’a pas publié de vers, même s’il en avait écrits : le tome I des Contemplations et Pauca meae, nombre de pièces de Toute

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