Les rimes fantastiques !
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Description

Les rimes fantastiques sont des textes poétiques produits de mon imagination, mais aussi un assortiment de situations réelles que j’ai vécues, aussi incroyables que celles-ci puissent paraître parfois aux yeux des simples mortels, et que je raconte à l’aide de personnages créés de toute pièce pour la plupart, dans une sorte de biographie fantastique que j’aimerais raconter à mes descendants et aux lecteurs, bref...un résumé de ce que j’ai vu, vécu, connu et appris, sur ce que j’ai fait, sur mes origines, mes expériences, et aussi sur ce que je dénonce.

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Publié par
Date de parution 22 mars 2017
Nombre de lectures 3
EAN13 9791029006661
Langue Français

Exrait

Les rimes fantastiques !
Roger Barinia
Les rimes fantastiques !
Les Éditions Chapitre.com
123, boulevard de Grenelle 75015 Paris
© Les Éditions Chapitre.com, 2017
ISBN : 979-10-290-0666-1
« N’éteignez pas l’Esprit ; ne méprisez pas les prophéties, au contraire, éprouvez tout, et retenez ce qui est bon »
Nouveau Testament, Épitre de Paul aux Thessaloniciens, I – 5 (19-21)
Avant - propos
Les rimes fantastiques sont des textes poétiques produits de mon imagination, mais aussi un assortiment de situations réelles que j’ai vécues, aussi incroyables que celles-ci puissent paraître parfois aux yeux des simples mortels, et que je raconte à l’aide de personnages créés de toute pièce pour la plupart, dans une sorte de biographie fantastique que j’aimerais raconter à mes descendants et aux lecteurs, bref… un résumé de ce que j’ai vu, vécu, connu et appris, sur ce que j’ai fait, sur mes origines, mes expériences, et aussi sur ce que je dénonce.
À mes enfants…
Tout ce que j’ai vu, su, connu, vécu, appris… Tout ce que mes parents m’ont raconté, et les produits de mon imagination, afin que vous me connaissiez mieux.
À ma famille…
Un grand Merci à ma sœur Eugénie qui a mis son petit grain de sel pour donner plus de saveur à la lecture de ce livre. (Elle a toujours été là quand j’ai eu besoin d’elle…)
R EQUIEM
Pour certains engagés de la classe politique
Pour qui l’histoire de France n’est pas gloire, mais que mythe
Et dont la position incite à la probité
Tempérance, retenue, voire exemplarité
Oublier quelquefois ce qu’avait apporté
Le nom de la France à l’universalité
Encourage la bêtise des bras d’honneur dispensés.
Ne suffisait-il pas, ces toutes dernières années
Que des êtres fougueux, bravaches et rancuniers
Proclamant héritages d’une grande barbarie
Encourage le clivage d’une Europe assagie
Niant moralité, claironnant la division
Laissant à ses adeptes un très lourd testament
De sociales déchéances et sociales scissions !
Et voilà donc acquis cet art, ce savoir-faire
Issu d’un autre âge, difficile à faire taire
Que sont stupidités, ignorances, infamies
Que sont les lots des rustres et des êtres petits
Qui pour se faire élire, pratique la duperie
Se croyant tout permis, versant dans l’ignominie
Interpellant Marine : « tu as raison ma mie ! ».
Mais voici, O abîmes, dont les fonds sont atteints
Des hommes portant la toge, des êtres publicains
Au vu, au su de tous, font fi de la portée
De chacun de leurs gestes, et les ont déplacés
Comme s’il devait suffire, qu’un mouvement balancé
Balaye en une fois, les erreurs du passé ;
Jusqu’où iront-ils donc, ces brebis égarées ?
J’avais bien souvenir, pas si lointain passé
Du sérieux de la charge, de sa solennité
Et des représentants du bon peuple français
Personnes obnubilées par l’image qu’ils donnent
Et qui donc se retiennent à l’expression qu’ils façonnent
Ayant avant toute chose, au fond de leur pensée
La conscience d’être là pour leurs administrés.
Que dire et que penser
Des soi-disant élus qui sont sortis du lot :
Sont-ils aussi élus de la commune pensée ?
Que ceux qui ont quittés ont été les hérauts
D’une certaine décadence de notre dignité ?
Du pain au chocolat servi au long cours
À l’homme immigré qui doit être esseulé
Mais tout de même coupable pour insécurité ;
D’une France apaisée, en verrons-nous le jour ?
05/11/2012
C OMPLAINTES DE L ’ IMMIGRÉ
I
– « Vous avez bien sujet d’accuser la nature… »
Me dirait ce passant, dans une mauvaise tournure
Du fablier des animaux, Il n’en serait pas loin
De l’homme que je suis… était… et puis contraint
De vivre dans une cour qui n’est pas la mienne
De repenser ma vie de plus en plus lointaine
L’espoir que je portais et croyais très sûr
Pourtant de cette terre ma décision était mûre !
.
– Mais voici qu’aujourd’hui tout s’effondre sous moi
Mes plus grands espoirs sont mes plus grands émois
Sous mes cheveux frisés, le vide est dit astral
Et ma couleur de peau n’est pas un piédestal
Ils me l’ont fait comprendre, j’en suis persuadé :
Ils me l’ont dit souvent avec vivacité ;
Toi au moins mon frère, tes cheveux dansent au vent
Ce qui à priori, t’épargne des tourments.
II
– N’en crois rien mon ami, je porte aussi mon lot ;
Par ou commencerai-je ? Peut-être ce bateau
Qui m’amena ici, comme d’autres de ma race ?
Maudit soit ce jour qui m’a vu m’enfermer
Après un long regard sur ceux que je perdais,
Ce passage intenable, cette très longue passe
Au milieu du chaos, des pleurs et des odeurs,
Ce voyage qu’ils disaient, se passerait sans heurts !
Mes cheveux sont légers, ce qui ne veut rien dire
Mes yeux qui sont bridés ne m’empêchent de lire
La haine et le mépris non seulement de l’extérieur
Mais venant aussi de ceux de mon sang
Qui me retiennent ici, en suçant mes labeurs
Car je dois rembourser les frais totalement.
Je sais pertinemment, et c’est ce qui est pire :
Je passerai ma vie à apaiser leur ire.
III
– La condition humaine est la même sous les cieux
Et mon histoire à moi diffère de quelque peu
Peut-être pas la pire, de celles de vous deux
Mais j’ai aussi perdu l’espoir de tout revoir
La terre qui m’a vu naître, ma vie, ma mémoire.
Quand je les ai quittés, la vue de mon esprit
Était passionnée, sans taches, sans mépris :
Je suis Européen, je suis chez moi ici.
Mais j’ai vite déchanté, l’espoir s’évaporait
Au fur et à mesure qu’ils voulaient des papiers.
Mon corps était paré à tous les grands travaux
Ils voulaient mon esprit, diplômes, identité
Mais les leur présenter, c’était bien s’assurer
Le plus profond dédain, terminer les boulots…
Ainsi je me suis dit, je sais ce que doit faire
Un plombier polonais, les femmes à satisfaire !
IV
Ils se turent tous les trois pendant un long moment
Écoutant les bruits de l’arrondissement.
Le Treizième n’était pas de toute tranquillité
Mais plus tranquille encore, un homme se taisait.
La parole est d’argent, lui préférait l’or
Ahmed n’est plus celui qu’il avait été alors.
À quoi bon ressasser à longueur de journée
Ce que tous savaient, dans le mot rejet ?
Hier encore un vigile, pensant trouver suspect
Appela la police, et il fut arrêté ;
« N’exploses pas la bombe ! lui avaient-ils lancé
– Tu auras la vie sauve, on peut en discuter ! »
Un grand coup dans le dos le fit alors tomber
Éclatant les bouteilles sous son manteau cachées.
Les blessures n’étaient rien, mais bien au plus profond
On perdit ce jour-là, un très bon Musulman.
« Allah est grand ! » dit-il, avant de s’en aller
Fumer son paradis dans un lieu isolé.
05/11/2012
B IOGRAPHIE D ’ UN DEALER
– Je cacherai mon visage, il n’est nul besoin
Pour vous de me connaitre, l’intérêt est certain !
– Je suis né en banlieue, à Clichy Sous-bois
Je connais pas la France, je ne connais que ça ;
Prends un peu de patience, je te dirais pourquoi !
Il y a quelques années, ma mère m’a mis au monde
Au milieu de mes frères, et de poubelles immondes.
Faut dire que je n’étais le premier de portée :
Trois me regardaient sortir d’où je venais,
Et deux autres suivront, c’était la destinée.
– Maman était courageuse à nulle autre pareille
Venait nous voir au lit juste après le travail.
Elle était esclave d’une société d’export
Exerçant la tâche de nettoyage sans remord ;
Un père ? J’en ai vu tant durant toute mon enfance
Je crois qu’il y en eut un avant chaque naissance ;
La brave femme voulait les retenir, mais en vain,
Faisant de nous un piège qui n’était pas très fin.
– Le soir quand elle venait, elle nous parlait dès fois
De son passé à elle, pourquoi elle était là.
Elle nous parlait alors d’un lointain pays d’Afrique
Ou le moindre des maux n’était pas les moustiques
Mais les hommes eux-mêmes, qui pour se venger
Écrasaient les bébés entre pilons et mortiers.
Ce genre de contes de fées ne sied pas à l’enfance
Il t’endurcit le cœur, il te transforme un ange !
– Ma vie dans cet appart qui servait de maison
Était déjà un vrai parcours de combattant :
Sitôt le biberon rangé pour le prochain,
Je devais m’arranger pour manger à ma faim.
J’ai mis assez de temps à piger, à comprendre
Que les frères que j’avais étaient faux, et pas tendres
Pour un bleu comme moi, qui avait un estomac :
Pour la maigre pitance, c’était chacun pour soi.
– Maman vint un matin me prendre au saut du lit
Et en un rien de temps, par la main elle me prit
Me traîna au dehors, vers une sorte d’enclos,
Autour duquel des femmes, des hommes et des enfants
S’agglutinaient, riaient, se parlaient gentiment.
Je ne comprenais pas pourquoi en ce jour qui éclot
Où je devais m’accaparer de pains et de beaux fruits
J’étais sorti dehors manu militari !
– Pris ! Me disais-je à moi-même… et ce fut drôle,
J’étais loin de me douter qu’en face j’avais l’école…
– Comment vous comparer ces deux lieux différents ?
L’appart je dirais, étais juste une prison
Avec quelques gardiens, quelques inconvénients.
L’école ? Champs de bataille, tous les coups sont permis !
C’est là que tu apprends à rester en vie.
Oh, ce n’est pas de suite que tu vois l’évidence
Chacun avait encore nostalgie de l’enfance.
Mais au fur et à mesure que ton âge avance
La ZEP se remplissait de scélérats, d’engeances.
– Ce n’est certainement pas à l’intérieur des salles
De cette institution que portait l’attention
Des jeunes que nous étions ;
Nous nous occupions du rétablissement
Du bon équilibre des classes sociales
En donnant aux pauvres ce qu’ils n’avaient pas
Tout comme le faisait ce bon Robin des Bois ;
Et le premier servi, bien sûr ce fut moi.
– C’était au summum de cette affaire juteuse
Où j’avais position des plus avantageuses
Que je découvris un jour un ours mal léché
Mais qui, je le savais
Était bien mieux sapé avec des nouveautés.
Et puis ça se voyait que ce type bien fringué,
Était en même temps beaucoup plus respecté
Beaucoup plus honoré… Je dirais, révéré.
– La stratégie était claire, et à n’en pas douter :
Je devais écarter cet être abominé ;
Il n’y avait pas de place, ici, dans la cité
De deux chefs différents, de deux autorités.
J’étais légitimé de par le fait même
Que je n’étais pas lâcheur comme cet énergumène
Qui s’en allait deux mois dès l’école finie :
Moi je restais là, au sein de la famille.
– Mais le bougre n’était pas que très bien habillé
Il était aussi un être bien éclairé.
Passant devant moi un jour de la rentrée
Il me susurra : « je peux te montrer. »
Je me sentis petit, légèrement gêné
Je n’avais plus la main, elle était bien passée !
Je le suivis alors, en toutou que j’étais
Il me montra tout, de mon nouveau métier.
– Les leçons terminées, le boss était parti
Car lui-même le savait, il était poursuivi
Me laissant tout l’espace que je n’avais pas conquis :
J’étais le légataire d’un empire enrichi.
Devinez l’extase dans laquelle je vivais
Dans ma vie de patron aimé et détesté ;
Mais malgré tout l’argent que je lui ramenais
Ma mère avait pleuré mes études ratées.
– La marchandise est large et bien plus que variée
Mais je laissais aux autres le soin de tout goûter :
Avoir un esprit clair était recommandé
Au métier de dealer que j’avais embrassé.
Les qualités de chef aussi, j’avais acquis
Moins par la faiblesse, plutôt par le mépris
Et j’avais même appris, pour les mauvais payeurs
Leur ouvrir l’estomac, leur faire payer l’erreur.
– C’est ainsi que je pris en main ce beau Royaume
Et à Clichy Sous-bois, je montai sur le trône.
Les Indiens vous diront, chaque être est autonome
Là où Dieu l’a placé ; et Je puis vous affirmer
Que l’humble serviteur, l’homme que vous voyez
Un combat a mené, et mérite le respect.
Mais rien n’est éternel, et je ne suis pas dupe :
Comme mon prédécesseur, Je suis fiché aux stups.
– Maintenant laissez-moi vaquer à mes affaires
J’ai de très grands malades que je dois satisfaire !
13/11/2012
L A VIE BRISÉE D ’ UN ANGE
– En regardant mon être au profond de moi –même
Je ne peux m’imaginer être aussi près du gouffre
Ce très profond mal-être, ce dégout de soi-même
Qui me pousse souvent à me pendre à une poutre.
Quel mal ai-je pu commettre, quel héritage passé
Pour trouver une disgrâce, le poids de tous pêchés ?
Moi qui n’ai à présent que le poids de mes seize ans
Supposé rire, chanter, aimer cheveux aux vents !
Regarde au fond de toi dit la voix, me conseillant
Tu trouveras réponses à cette foule de questions ;
Alors j’y suis allé du plus profond que j’ai pu
Réveillant ma conscience qui déjà s’était tu.
En abordant la vie, d’abord j’ai pu comprendre :
Je suis là par hasard, à laisser ou à prendre.
C’était en fait l’enjeu qui fut face à ma mère
J’étais un coup du sort, le constat fut amer.
Grandissant en son sein, j’étais alors un poids
Non pas celui du corps mais de son âme aux abois.
Les larmes qu’elle versait, me baignaient toutes entières
Sensées me protéger, ses entrailles m’étouffèrent.
Comment imaginer qu’une boursouflure de chair
Qu’un être si chétif, au fond de l’univers
S’accapare de ces bruits, tout autour de lui
Plus les chuchotements, que les pleurs et les cris ?
Mais les dés sont jetés, et mon sort décidé :
Je connaitrai la terre, ses joies et ses revers,
Contre l’avis de tous, plus encore de mon père
Mon corps était sauvé, mon âme désespéré.
Vint ce tunnel sombre, c’est l’enfance qu’ils disaient
Ou tout n’était que l’ombre de soi malmenée.
Je n’étais que faiblesse, ma force grandissait
Plus que nécessaire, caractère bien trempé.
Chaque coup que je reçois, chaque force imposée,
Les jeux qui, je savais, n’étaient pas de mon choix
Les « pardons » que je dois à chaque fois répéter
Même si la repentance m’était due à moi.
Il advint quelquefois, je savourais cela
Certaines éclaircies quelques moments de joie :
En protégeant ma mère des coups qu’elle reçoit
J’étais le plus heureux des anges d’ici-bas,
Tout me laissait en vie, tout me rendait plus fort,
Et le temps les années avaient forgés mon corps ;
La chair s’épanouissait, l’esprit bien plus encore
Je me posais des questions, ou était donc la mort ?
L’espérance, les prières, la société aussi
M’accrochant à la vie je récoltais du mépris.
Tel est le lot de ceux qui ont perdu d’avance
L’horreur de tous les jours n’est qu’une sombre évidence.
Je regardais en moi, mais mes yeux étaient au loin
Ils ne pouvaient que voir celui qui fit mon destin
Que j’ai précipité dans le vide, dans ce gouffre :
Il m’a donné la vie… autant qu’il en souffre.
Ce qui me fait plus mal depuis qu’il est parti ?
La douleur qui me manque, je suis un perverti !
17/11/2012
P EINE DE C ŒUR D ’ UNE FILLE DE JOIE
– Le destin à tracer d’une jolie fille telle que moi
Ne pouvait pas s’ouvrir sur les bancs d’une école ;
Déjà il me plaisait de montrer mes guibolles
Aux gamins du quartier qui se pâmaient de ça.
Ce dont j’avais envie au sortir de chez moi
C’était bien autre chose que la paroisse, le chœur
Que ce bon Dieu qu’on me dit créateur me voit :
Il m’a donné bien plus que la plupart de mes sœurs.
– Qu’importait le moment, avec qui ou l’endroit
Je me devais de plaire et de montrer ma joie ;
Plus tard avouerais-je, j’ai montré plus que ça
Suffisait d’insister, de danser, faire un pas.
Le bonheur que procure le don, m’a-t-on dit
Est meilleurs que celui de recevoir : c’est ainsi
Que je donnerai un jour ailleurs ou bien ici
Le bonheur de me voir me languir, c’est promis.
– L’adolescence plus tard me montra mieux encore
Sensations plus subtiles, que je savourais alors
Celle d’être la maîtresse de ce monde prosterné
Et de manier, diriger, me plaire à manœuvrer
Les sentiments, les cœurs, envies, avidités
Et puis les frustrations et les contrariétés
Lorsqu’au dernier moment et sans plus crier gare
On arrête la scène : « lâche-moi, y en a marre ! »
– Ainsi passa la vie, et l’ivresse du moment
Me fit plus qu’oublier que s’égrenait le temps.
De jeune fille on devient du jour au lendemain
Un être comme tout autre, on devient donc humain.
Et quand j’ouvris les yeux, il était plus que tard :
De tout ce que j’appris sur l’attraction, cet art
J’en fis mon dur métier, et mon ami le miroir
Fut témoin de ma chute et de mon désespoir.
– Les rôles alors peu à peu s’étaient bien inversés
Et de dominatrice, je fus la dominée
Car plus que la contrainte de cette bonne société
Je n’étais plus la même, bien plus, je perdais pied
Si l’on peut ainsi dire de la beauté fanée
Et de la déchéance que je voyais installée.
J’avais besoin d’un être à chérir, à aimer
Mais des amis du soir, qui aimerait rester ?
– Il y a bien ce bel homme de tous les mercredis
Fidèle au rendez-vous, discret, aimant la vie
Me regarde autrement, écoute mes avis.
Il connaissait mon corps, en profitait pleinement
J’étais son instrument, sa cithare, son violon
Et de son archet, je sortais de beaux sons
Qu’il cueillait sur mes lèvres et en beaucoup plus profond
Effaçant mes regrets, en arrêtant le temps.
– Mais l’homme était distant, ne laissait rien paraitre
En me faisant comprendre qu’il n’était pas cet être
Que je devais garder, soigner, affectionner.
Il me parlait souvent d’une très belle maison
Entourée d’un jardin, d’une femme et des enfants.
D’un monde si coloré qu’il me faisait rêver
Me demandant parfois si c’était illusion
Et si mon bien-aimé était prince des fées.
– J’acceptai un moment cette douce situation
Un moment qui quand même avait duré dix ans
Partagé entre espoirs et puis désillusions ;
J’espérais sa venue, le jour des rendez-vous
Mais le moment venu, je pleurais tout mon saoul
Avant que sûr de lui il ne me prenne dans ses bras
Et joue de son violon, comme dans un Opéra
Ou tout juste dans un bar, c’était selon son choix.
– Le temps me dit un jour : « Il faudra s’arrêter »
Car certains signes ne laissaient ce moment douter ;
Mon corps s’est affaibli, s’est vouté, s’est ridé
Et mon ami du mercredi de moi s’est détourné.
Certains de ses coups d’œil, sur des croupes fraiches
Certains manquements, des excuses balbutiées
Le manque d’attention, certains sourires gênés
M’ont fait comprendre alors son cœur devenu rêche.
– J’avais aussi compris, que pour un autre ou pour lui
Je n’avais rien à offrir, Mon temps était fini ;
Je me devais de partir très loin, changer de vie
Ou plutôt revenir à ce qui fut mon enfance
Loin de ce trottoir, de ce bitume dense
Témoin plus de chagrins que de joies, d’exubérances ;
Comme tous les animaux, qui, sentant la fin proche
Je fus trouver mouroir, m’étendre sous une roche.
– C’est ainsi que je pris le chemin du retour ;
Ce ne fut pas l’endroit où j’avais vu le jour
Qui m’étreignit le cœur d’inquiétude, de douleur,
Mais le regard de ceux, qui peuplèrent mon enfance
Ceux qui dans leur foyer maintenant, au sein des leurs,
Semblaient vouloir juger, médire sans clémence :
« Tu vois, tout a une fin, Amours et apparences
Être seul, est-ce la vie, ou n’est-ce que décadence ? »
19/12/2012
N OUS NE SOMMES PAS SEULS !
– L’histoire est véridique, j’y raconte ma vie,
Je veux parler de ceux qui nous entourent ici…
– Quelle enfance plus heureuse que ne fut la mienne
Entourée d’êtres chers, des gens des plus amènes
Une enfance dorée, dirais-je sans ambages
Entre les mains de ceux qui me donnèrent la vie
Non pas seulement du corps, mais aussi de l’esprit
Qui aimèrent sans faillir, je leur rends hommage ;
Ils m’avaient tout donné, connaissances et richesses
Je ne manquais de rien, surtout pas de tendresses.
– Puis vint une période, un tournant, changement
Où tout soudain s’ébranle, et dévie lentement
Quand le pilier sur qui la généalogie
Et toute une espérance de vie soudain se plie ;
Comme disent mes ancêtres : « le chêne est arraché »
Laissant un vide immense, Grand-père s’en est allé ;
J’ignorais tout d’abord, qu’en ces temps déchirés
Du Dieu qui est suprême, présent m’était donné.
– Je ne sais à vrai dire, de Dieu ou de l’enfer
M’apporta le cadeau, mais je me laissais faire
Acceptant tout d’abord les visites nocturnes
De ceux que j’appelais, les anges de Saturne.
Des Esprits, ILS étaient, eux-mêmes me l’avaient dit,
Et je gardais secret les visites des amis
Qui me furent envoyés, je ne le sus par qui ;
Je m’en accommodais, je n’en fus pas trahi.
– Ils vinrent donc une nuit, quand l’enfant angoissé
Par ses rêves débridés, s’était emmitouflé
Et commence à accepter le poids du silence
En fermant les yeux, le corps en indolence
Ils vinrent, vous disais-je, manifestant présence
Appuyant sur le corps, et ouvrant la séance
D’une communication radio, sifflement
Qui s’en va crescendo, dans l’oreille du dormant.
– En arrivant ainsi dans sa phase plus aigüe
Des voix se font entendre, crachotements confus ;
Oui, vous avez raison, vous l’avez deviné
Ça ressemblait beaucoup à l’ancien procédé
De recherche des ondes des radios du passé.
Peut-être vous dirais-je, par la technicité
Sommes-nous en train de joindre des mondes cachés
Qui nous sont révélés à mesure des avancées ?
– Mais trêve de bavardages, revenons-en au fait ;
Vous vous imaginez la peur que j’avais
D’entendre l’inconnu, le corps paralysé
Ne pouvant ni bouger, ni crier, remuer
Totalement prisonnier et avoir la sensation
D’être entre deux mondes, tout en ayant vision
De l’endroit où j’étais, et la plupart du temps
Quand cela arrivait, c’était le plafond.
– Car je dois préciser, compléter le récit,
Que pour « leur arrivée », je ne le sus qu’après
Condition il y avait, toujours je me devais,
D’avoir les yeux rivés, tout au moins dirigés
Au-dessus de moi, c’était un cas précis.
Couché sur le coté, en toute autre position
Mes visiteurs du soir, ne prenaient possession
De l’esprit apeuré, ni de mon attention.
– Cela durait déjà un certain moment
De peurs, d’appréhensions, et de questionnements
Quand je me décidai à aller de l’avant
En savoir un peu plus, connaitre les arrivants :
Je leur ai demandé, cela je me souviens
De ne se présenter que de jour, sinon rien ;
Je ne saurais vous dire, d’où me venait la force
Ni l’idée de transmettre par la seule pensée
Mes conditions à moi, pour être contacté
Par mes grands visiteurs, autrement qu’en morse.
– Ainsi donc commença, une longue relation
Du garçon que j’étais, puis de l’adolescent
Avec plusieurs Esprits, des Êtres immatériels
Mais dont je le confirme je ne comprenais langage
Nombreux chuchotements dans l’oreille qui n’engage
Que ceux qui veulent parler, comme du temps de Babel ;
Toujours, je le confirme, je ne comprenais pas
Pourquoi ces entités s’étaient adressées à moi
Qui la peur surmontée, avait considéré
L’honneur d’avoir été ainsi sélectionné.
– Arriva un moment, pour tout considérer
Où relation plus forte m’était apportée :
Quand l’un de ces Esprits, beaucoup plus arrondi
Et de féminins atours étant enveloppés
Se présenta à moi, toujours sans un mot dit,
« Ma mère me disais-je, venait voir son bébé »
Pensant à cette femme qui me donna la vie.
Ressemblance était grande, du peu que je voyais
Mais sous l’apparence d’une grande douceur
Je me rendis compte plus tard de mon erreur.
– Elle apparaissait dans une robe colorée
Image floutée, des épaules dégagées
Se penchait sur moi, à l’heure que je voulais
(De jour, avais-je dit !), et elle me souriait.
Puis vinrent ces moments que je ne supportais
Mon corps immobilisé devenait son jouet
Oh ! Rien de ce qui pourrait prêter à confusion :
Sensation de toucher, comme le ferait une mère
À son enfant chéri, douceur à profusion
Plusieurs années durant : était-ce ma prière ?
– Au fur et à mesure, mon esprit s’éveillait
Et l’âge, et les besoins, la vie me questionnaient :
Quel est donc l’intérêt de voir un autre monde
Aussi de converser avec ses habitants
Qui semblaient à vrai dire, un peuple très puissant
Franchissait la matière, la physique et ses ondes ?
Je me tournais alors, au peuple de mon père
Aux croyances, aux on-dit, aux fables populaires
Je devais tout savoir de ce que Madagascar
Avait plus à offrir, de légendes et d’histoires.
– L’affaire dès cet instant prit une autre tournure
Non pas par mes amis, dont l’amitié était sûre
Mais de l’avidité des hommes de mauvaise foi
Qui me parlèrent alors de différentes lois
Quant à l’apparition des êtres exceptionnels
Qui peuplèrent mes nuits en gardiens très fidèles.
« Ils sont très puissants, me diront certains
Mais il y a conditions pour les avoir en main
Je peux les appeler, car il y a traditions
Moyennant certaines sommes, ils vous obéiront ! »
– L’erreur fut de croire non pas un seulement,
Mais d’avoir été girouette de plusieurs charlatans ;
Je perdis tout mon temps, perdis beaucoup d’argent
Sans vraiment recevoir once de satisfaction.
Un seul d’entre ces hommes fut un jour mon espoir
Pour enfin leur parler, pouvoir crier victoire ;
Cet homme était puissant, réussit un certain temps
Avec mes grands amis à me mettre en liaison.
Mais ce garçon de pratiques douteuses et inconscient
Mit fin à l’illusion en allant en prison.
– Un peu découragé par ces mésaventures
Je déviai ma vie, vins vers la cléricature ;
Et je dois avouer que ce que j’y recherchais
Était bien autre chose qu’à contacter mes alliés.
Car m’étant rappelé ma vie étant enfant
Je m’étais décidé de vivre religion.
C’est là que j’ai appris une autre vérité
Que ces Êtres qui venaient le soir me visiter
Étaient fils de Satan, ils étaient des damnés
Et que je me devais de les abandonner.
– L’idée de tout laisser fut dure réalité
Mon esprit rejetait, et était tourmenté
Tout un mode de vie, une vie accompagnée
D’amis, certes j’avoue, qui n’ont pas procuré
Aucun avantage, physique ou financier
Mais qui n’ont jamais dit leur haine du clergé.
Encore aujourd’hui je me demande si
Le procès liturgique que j’avais accepté
Était à bon escient, était un bien acquis ;
Car d’autres m’avaient dit : « ils sont là pour t’aider ».
– Cela fait vingt années que contact fut rompu,
Même si de temps en temps ils viennent dans mon sommeil.
J’ai appris entretemps, que la science évolue,
Nous donne des théories, nous montre des merveilles :
La théorie des mondes qui sont en parallèles
La physique quantique, la relativité
Sont autant d’éléments qui je pense se mêlent
À cette belle aventure, à ces êtres discrets ;
Je n’ai cessé de croire qu’ils pourraient se montrer
Cela était erreur, car Esprits ils étaient.
– Vous qui me lisez, dites, qu’auriez-vous fait
Face à ces visiteurs, face à l’adversité
Qu’opposent les humains au réel voilé ?
03/01/2013
M AGDALENA
I
Elle était ravissante, à dix milles mètres d’altitude
Semblait un peu fragile, pâle, dans une attitude
De Vierge Co-rédemptrice durant crucifixion
La tête un peu penchée respirant profondément
Comme si à priori, elle ne voulait partager
L’oxygène de l’avion à tous les passagers.
La robe noire était sage, recouvrait les deux genoux
Et ses deux mains fines jointes, sans vernis, sans bijoux.
Les yeux perdus dans le vide d’une tristesse inégalée
J’ai cru apercevoir une larme tombée.
Le séducteur que j’étais était tombé en arrêt
Non pas pour les hanches, ni les formes arrondies
Car beaucoup plus que lèvres et la forme sexy
J’ai été intrigué par la toute simplicité
Un semblant de détresse, une forme d’humilité
Qui donnait au visage une grande beauté.
« S’en est trop ! » me disais-je, m’encourageant ainsi
À faire le premier pas, grand bien m’en a pris
Car debout à côté d’elle, mon cerveau qui me maudit
Ce fut un vrai miracle j’étais déjà son Messie.
J’avais tout à fait raison, elle n’était pas du monde
Et ignorait tout je crois de ce qui l’entourait ;
L’avion qui nous ramenait vers Paris, son premier
Était pour elle l’enfer, les diablotins qui grondent.
Je lui pris du champagne, l’aida pour son magret
Lui parlant de la France , elle n’y a jamais mis les pieds.
Mais malgré mes efforts, le semblant attentionné
Qu’elle affichait de face, et son sourire voilé
J’avais en face de moi un être bien apeuré
Car bien plus que l’esprit qui était éloigné
Son âme n’existait plus, elle me semblait damnée !
Qu’y-a-t-il lui demandai-je, après silence gêné ?
Elle ne répondit pas, sa tête toujours baissée
Puis elle leva les yeux, des larmes perlaient
Mais ne dit pas un mot, elle s’était verrouillée !
Puis elle se retourna, me laissant sur ma faim
Saurais-je un jour pourquoi elle était aussi loin ?
Je transformai alors le siège des classes affaire
Lui accordant repos, sans doute elle m’en fut gré
Mais elle n’en montra rien elle s’était enveloppée
Comme dans un linceul dans une chambre mortuaire.
La pénombre de l’avion me laissa seul à moi-même
Je me posai des questions, je l’ignorais, la énième
Car tout au fond de moi, alerte était donnée :
Une fille de Mexico, étudiante pour Paris
Voyage en classe affaire dans une grande compagnie ;
Certes le sac est Vuitton, la demoiselle n’en savait
Ni les petits secrets, ni l’art de le porter.
Le médecin en moi prit la relève des questions
S’inquiéta du teint pâle, des profondes respirations :
La réponse s’imposa, et ce fut abomination !
D’un bond je fus debout, j’avais des pensées d’horreur !
Je l’appelle par son nom voulant dominer ma terreur ;
De mon point de raisonnement j’espérais être en erreur
Bientôt je le découvris, le médecin avait raison :
Sueurs et tremblements, des débuts de convulsions :
Symptômes de toxicité tous présents en même temps !
Trop fort le cœur battait, une arythmie s’ensuivra,
Il faut faire quelque chose, ou Magdalena mourra !
Aidez-moi ! Criais-je alors, réveillant les passagers,
Elle était à moitié morte, dix minutes pour la sauver !
J’avais déjà derrière moi, quelques années d’expériences,
J’agis comme un automate, en évoquant toute ma science :
Identifier cette drogue fut la grande priorité,
Puis savoir par quel moyen elle a été ingérée !
En évoquant le Mexique, la coke est probabilité ;
De la manière dont elle meurt, il n’y a pas d’ambigüité :
La drogue est en permanence dans ses veines injectée
La source est donc en elle-même, car il y a continuité
La conclusion que j’en tire, autre équation serait nulle :
Magdalena est passeuse, Magdalena est une mule !
Mon appel fut relayé par le personnel éveillé
On transporta la jeune fille dans un lieu sécurisé
À l’avant de l’aéronef, dans une cabine libérée
Par le commandant lui-même qui avait été informé ;
« Une gastrotomie me disais-je, serait plus que nécessaire
Il faut sauver cette jeune fille, et arrêter son calvaire ! »
Je savais qu’il était trop tard, j’avais déjà commencé
Massage de réanimation, sans même vraiment y penser
Car le cœur avait lâché, la respiration arrêtée
Il n’y avait plus beaucoup à faire, mon instinct seul me guidait
L’avion avait commencé des descentes par paliers
Parlant dans leur microphone, les pilotes recherchaient
L’aéroport le plus proche, pour atterrissage forcé ;
Les passagers sur leur siège, tous étaient déjà attachés
Ils murmuraient à voix basse, ils étaient tous concernés

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