Pèlerinage
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Pèlerinage , livre ebook

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Description

Frédérick Sermages nous confie son carnet de voyage dans ce recueil. Il a revisité tous les lieux qu’il encensait dans sa prime jeunesse avant de trouver sa Terre d’exil. Il nous parle de ses racines, de ces endroits mythiques, mais aussi de ses rencontres, ses réflexions et ses remises en question. Le tout pour arriver à une conclusion simple qui annoncera celle du retour en pays morvandiaux. Ces soixante et onze textes résument quelque trente années de vie. Me revoilà ! Je ne partirais plus maintenant ! C’est ma dernière adresse de vivant Offre-moi, à nouveau, oh, mon Morvan L’histoire, les contes et chansons d’antan ! J’entre dans l’automne de ma vie, Alors, si le cœur vraiment te dit, Accompagne-moi pour atteindre l’hiver Qui me verra quitter cette terre

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 juillet 2014
Nombre de lectures 0
EAN13 9782312023496
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0012€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Pèlerinage
Frédérick Sermages
Pèlerinage
1986 - 2013














LES ÉDITIONS DU NET 22, rue Édouard Nieuport 92150 Suresnes
© Les Éditions du Net, 2014 ISBN : 978-2-312-02349-6
Avant-Propos
Il faut considérer le titre de ce recueil comme une métaphore. La vie ou une partie peut-être comparée à un pèlerinage. Nous sommes censés apprendre, comprendre, atteindre les sagesses éternelles. Toute une existence n’est pas suffisante pour accomplir une telle tâche. C’est ce que je devais réaliser pour mériter un prochain retour vers ma terre promise.
Jeune et inexpérimenté, j’ai dû me contraindre à affûter mes sens sur d’autres pays, d’autres univers. Apprendre l’humilité, lutter contre la renonciation, sans pour autant perdre de vue les nécessités de vivre. J’ai donc mis de côté mes rêves et mes idéaux. La vie ne fut pas docile et je dus l’apprivoiser, mais en fin de compte, la naissance de ce recueil témoigne de mon abnégation. Il n’a pas été simple d’aller à l’encontre des facilités qui nous sont proposées. Les refuser de droit n’est pas un acte naturel. Pour en arriver là, il a fallu accepter les épreuves quelquefois douloureuses, humiliantes pour que l’esprit gagne sur le corps.
Pour rentrer dans ma nouvelle patrie, je devais être un Homme. J’ai donc saisi mon baluchon et j’ai cherché. J’ai traversé du sud au nord, de l’est à l’ouest pour savoir si ma destinée était bien celle que j’avais ressentie. Je suis retourné vers mes anciennes destinations pour les confronter au présent.
Morvan, si je dois te revenir, je voudrais que tu sois fier de moi, de mes options. Laisser la vie au libre choix de l’homme que je suis, expérience dangereuse, lorsque l’on connaît le pouvoir que l’individu a de prendre de mauvaises décisions.
Il y a mes voyages physiques, mais également spirituels, de l’esprit torturé par l’absence. Le manque de rien et de tout, du nécessaire à l’inutile. Comme vous, je me suis embarrassé de choses encombrantes et qui pesaient dans mes bagages pour qu’à la fin, à mon arrivée, je n’aie gardé que l’essentiel. Un ou deux souvenirs, une ou deux babioles de rien, mais guère plus. Le cœur léger et l’âme libre, voilà comment je vois ce retour.
Je vous emmène, avec moi, dans les méandres des itinéraires que j’ai pu suivre durant toutes ces années.

Frédérick Sermages
Les arcanes poussent vers la lumière,
Où l’ère de l’archange brille dans la coupe,
S’aidant du bâton et jamais ne se loupe,
Où de lame à l’épée n’existe aucune frontière.

À mon épouse, ma compagne de voyage…
P ÈLERINAGE
J’ai décidé d’accomplir ce pèlerinage
Une façon pour moi d’aller plus loin
De pousser les limites à coup de poing
Se dépasser soi-même, quel que soit l’âge.
La plus connue, celle de Compostelle
Est un parcours prenant la foi
Des autres et l’ouverture de soi
À une autre force éternelle
Mon pèlerinage, celui que j’ai entamé
Il y a plus de trente ans maintenant,
N’est pas un itinéraire aussi éprouvant,
Une part de vie que l’on ne peut pas estimer
La vie, c’est un pèlerinage en somme,
Que vous parcourez sans vous en rendre compte.
Elle vous prend quelques acomptes,
Pour qu’enfin vous soyez devenu un Homme.
Le genre humain tient en peu de chose ;
Accomplir un long et difficile chemin
Que nous balayons négligemment de la main
Ça y est, nous voilà soudain moroses.
Suivre les sentiers de l’histoire et remonter le temps
Se laisser emporter par les merveilleux paysages
S’extasier de l’histoire façonnée avec le vent
Notre chemin passera au travers des orages
Ne pas s’arrêter même quand la pluie tombe
Se méfier des éclairs et de la foudre aussi
Lorsque résonne le fracas que feraient les bombes
Lorsque le ciel rencontre la terre en un bruit
Se préserver des coups de soleil à notre insu
Se couvrir et chercher quelques fraîcheurs
À l’ombre des forêts et s’asseoir sans autre issus
Que de prendre une minute ou une heure
Pèlerinage, la vie est-elle comme ce chemin ?
Il ne me semble pas avoir connu ces sensations
Tenir ce bâton, qui me guide, à pleines mains
Aurais-je perdu un moment, mon orientation ?
La vie avec ses étapes aussi différentes
Que peut être le jour et la nuit
L’existence est-elle une épreuve qui induit
La résignation des futilités qui nous tentent
Chaque jour est un pas de ce chemin qui mène
L’homme que je suis vers la quête de la sagesse
Au lieu de l’encourager, désherbez toute cette haine
Et faire en sorte que ce ne soit pas acte de faiblesse
Ne pas cultiver ce qui entraîne notre monde
Vers l’obscurantisme de la pensée profonde,
Notre avenir passera par la lumière de nos valeurs,
Même si au départ cela nous fait un peu peur
Arcane : Le Bateleur

C ELTES
Ancêtres ! Vous qui me contemplez,
Du haut de vos somptueux nuages,
Sur nos terres que vous avez peuplées,
Je vous rends aujourd’hui l’hommage.
Vous ! Celtes ! Ancêtres de mes aïeux !
D’aussi loin que l’on remonte dans le temps,
Vous avez émigré, et étiez ces méchants,
Que l’on ne regardait pas dans les yeux !
Vous veniez de ces terres lointaines,
Vous avez apporté la grandeur,
La gloire dominant toutes les hauteurs,
Pour finir aux champs de la haine.
Des berges de L’Elbe aux rives du Danube,
Vous avez parcouru les kilomètres,
Pour étendre votre force, devenir les maîtres,
Contre les démons et les succubes
Civilisation de terre et de guerres,
Je ne peux pas dire que j’en sois fier,
C’est malgré tout ce sang-là,
Qui coule et dicte mes pas !
Traverser les saisons comme l’enfer,
Dominer une nature pour éviter le sort,
Ou la neige, des terribles hivers,
Vous fait côtoyer la peur et la mort.
Quand du haut de ces sommets,
Vous-vous réfugiez le soir venu,
Vous scrutiez l’horizon et jamais,
On ne pensait pas que vous seriez vaincus
Deux mille ans d’existence,
Effacé par plus fort que soi,
Perdre ce jeu par malchance,
Pour qui, il n’y a pas de lois.
Vous, Celtes, ancêtres de mes aïeux,
Je vous cherche encore, vous et vos chemins
Pour, qu’enfin, je connaisse les matins
Qui me verront devenir vieux !
Vos dieux ont disparu de la mémoire,
Non, ça je ne peux le croire,
D’autres ont pensé à vous,
Dans cette guerre du fou.
Runes, langage du ciel, énergie céleste
Vous me parlez enfin de mon histoire,
Aujourd’hui, oui, je veux bien vous croire,
Qu’on vous décima comme la peste !
Vous ! Celtes ! Ancêtres de mes aïeux !
Aussi loin que remonte le temps,
Vous êtes toujours omniprésent,
Sur les sentiers broussailleux.
Il serait injuste de sacrifier votre histoire,
Sous prétexte de viles défaites,
Ne regardant que les pauvres victoires,
Oubliant notre existence, de ce fait.
S TRATÉGIE
Ils vous ont mis au défi en tuant Jaurès
Ils vous ont mentis sur cette nouvelle guerre,
Certains ont cru que c’était la grande sagesse,
Qui les avait poussés à trahir leurs frères !
Vous pensiez, comme maintenant, c’est la der.
Ils commençaient malheureusement la deuxième.
Ils partaient pour la finir vite, cette guerre.
Elle fut longue, très longue cette chienne.
Nous ne pensions pas qu’elle serait comme ça,
Ils avaient déjà combattu tous ces Prussiens,
Allemands naturalisés étaient ceux-là,
Ils nous en ont fait baver, tu t’en souviens !
Les tranchées boueuses, selon la saison
Les gaz asphyxiants qui troublent l’atmosphère,
Des aéronefs qui changent à jamais horizon,
Des chars d’assaut donnent un spectacle d’enfer.
Vous avez tous vécu aux côtés de la mort,
Entre les armées de terre et les avions,
Vous avez défié avec vos taxis, le sort,
La Marne et Verdun ont été nos illusions.
F ILM D ’ ACTION
À six heures trente minutes, ce matin,
Un train, en pleine campagne, s’immobilise
Au milieu d’un bois de sapins ou souffle la bise,
Il ne repartira sans doute que demain.
Dans cette ville de l’Est de la France,
Une sirène résonne en vain,
Il ne faut pas se fier aux apparences,
La guerre continuera demain.
Des wagons, des hommes descendent
Armés sauvagement jusqu’aux dents,
Ils forment ensemble, une bande,
En silence, ils se déplacent en rampant.
Un avion allemand est descendu,
Le pilote sera l’otage de la ville,
On chuchotera, demain, dans la rue,
Que l’on frappera dans le mille !
Ils sont peut-être Allemands ou Français,
En habits verts, bleu ou camouflage kaki,
Ils se postent là, juste derrière une haie
Car une patrouille passe en ce moment, ici.
Mais comment défendre sûrement sa vie,
De l’Ouest au Nord, il faut toujours courir,
Pour probablement un jour, mourir,
Quand la destinée est traquée par un fusil.
La chance est avec eux, ils n’ont pas été vus
Ils ont comme un sursis à la vie,
Ils tueront peut-être des centaines d’inconnus,
Dans une embuscade, cet après-midi.
Le conflit vient à peine de commencer,
Le sang rouge d’innocents, coule à flots,
Des artisans aux penseurs et matelots,
On compte les morts déjà par milliers.
Quelle connerie ! Quelle foutaise la guerre !
Tout ce sang hors de vie que l’on a vu,
Entre hier et aujourd’hui tant d’âmes perdues
Que d’êtres, que de corps que l’on enterre
Elle durera quatre ans, peut-être plus,
Moi, je ne m’y trouvais pas,
J’aurais pu être orphelin de père, perdu
Aujourd’hui, loin de ça, ils n’oublient pas.
F ORMES DÉSUNIES F ORMES DÉSUNIES
Ils sont dans la boue qui les recouvre bien haut,
Ils sont éparpillés sous un éclat de malheur,
Et même si le ciel étoilé est bien haut,
Ce n’est pas l’image de l’éternel bonheur.
Ils sont là, et ont peur de bouger un peu trop,
Ils sont là depuis plusieurs heures,
Sans avoir prononcé un seul mot
Qui pourrait réchauffer nos cœurs,
Et la fine bise qui fouette le moral,
Et cette odeur, de terre et d’animal
Vous donne jusqu’à la nausée profonde,
Comme une pourriture d’outre-tombe !
Ils sont dans la boue et plus rien ne leurs arrive,
Trop tard pour changer le cap de la dérive,
Ce ne sont que des cadavres sans forme,
Déchirés dans de tristes uniformes.
E NFANT SAUVAGE
Tu es né avant quatorze ou quarante,
Et tu as vécu la guerre durant,
Les hurlements des sirènes encore te hantent,
La faim torturait ton cœur d’enfant.
De te voir si maigre, était dur
Tes os apparaissaient à chaque mouvement,
Le rutabaga était l’unique festin de sûr,
Pour un gosse qui ne comprenait pas vraiment.
Tu as vite appris à te battre,
Mais faible es-tu physiquement,
Fort, tu es prêt à combattre,
Les obstacles que tu détruis violemment.
Ton enfance est parfois un bon souvenir,
Quelquefois horrible, cela dépend,
Tu vivais dans l’espoir de liberté de rire,
La Liberté que l’on vous défend.
C’était toutes les guerres, celle de la faim
Elles étaient presque aussi dures que la vraie,
Les grandes villes voulaient se retrouver enfin,
Dans une campagne où il rêvait d’une paix.
Pauvres enfants, qui ont tant souffert
Pendant les terribles hivers,
Chercher les raisons et les pourquoi,
De cette guerre que l’on ne comprenait pas.
E XÉCUTION
En l’espace d’un instant,
Vont jaillir mille feux,
Qui ne me laissera pas le temps,
De citer tous mes vœux.
Je repense à toute ma vie,
Qui m’a donné bien des soucis,
Aujourd’hui, c’est sur j’envie,
De voir, après l’orage, l’éclaircie
Citoyen libre de cette étrange société,
Je reconnais que j’ai mal tourné,

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