Poème aux femmes de ma vie
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Poème aux femmes de ma vie , livre ebook

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Description

Toute blessure d’amour naît de l’enfance car toute enfance porte ses propres plaies. Guérir des blessures d’enfance pour enfin naître à soi, voilà, dit le poète, en quoi consiste le miracle d’aimer. Dans Poème aux femmes de ma vie, il nous invite à partager une vision passionnée, mais néanmoins lucide, du paradoxe amoureux.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 octobre 2018
Nombre de lectures 15
EAN13 9782312061610
Langue Français

Exrait

Poème aux femmes de ma vie
Robert Burton
Poème aux femmes de ma vie
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2018
ISBN : 978-2-312-06161-0
N AÎTRE À SOI
I
Le temps blêmit comme l’enfant pris en faute,
Ce vieil enfant honteux sous le fouet du reproche.
Combien de temps, combien de temps encore
Avant que l’adulte en moi se taise et avec lui le remords ?
Combien de temps, combien de temps encore
Me faudra-t-il pour purger ma peine,
Pour purger l’enfance de toute peine ?
§
J’entends les bruits et les voix du dehors.
Tiens, le tram passe son grand corps annelé
Le long de l’étroite voie qui tremble.
Il a fait beau ce matin, 13 o je crois,
Ciel dégagé dans l’ensemble.
L’enfance est là, dans le bruit et la voix
Du temps qui passe trop vite, et me tourmente.
§
Qu’a fait l’enfant, quelle est sa faute ?
Que doit-il expier de l’enfance
Sinon l’enfance même ?
Est-ce donc un crime
Que d’être jeté dans la vie
Sans notice, mode d’emploi
Et d’être sommé de vivre ?
§
Que fait l’adulte, quel droit
A-t-il de forcer ma voix d’enfant,
D’amener ma vie entière à résipiscence ?
Ô femmes de ma vie,
Ô vous ma mère et mes compagnes
Que j’ai aimées et violentées pour me vivre,
Pardonnez-lui. Pardonnez-moi.
II
Je dis que tu…
Ne m’aimes pas, ne m’aimes plus
Ne m’as jamais aimé.
Je pense que tu…
Ne comprends pas, ne veux pas comprendre,
N’es pas en mesure de comprendre.
Je pense et je dis que toi, toi, toi…
§
= la folle, la parano, l’hystérique,
La confite en dévotion, le ravet d’église,
La princesse de Sequede, la bourgeoise désargentée,
La petite-fille-à-sa-maman,
L’insensible, la butée, l’orgueilleuse
Et pourtant douée, intelligente,
La mieux aimée, la pire.
§
Ô femmes de ma vie
Vous ai-je bien fouettées avec ces mots
De la légitime colère,
Vous ai-je bien torturées, détestées, haïes ?
Vous ai-je bien humiliées pour n’être pas à la hauteur
De mon besoin désespéré
D’être entendu, d’être compris ?
§
Aurais-je plutôt dû me taire,
Réprimer ma colère, dissimuler mon impérieux besoin
Inassouvi ?
Penser qu’il n’y avait pas là de quoi fouetter un chat,
Vous dire : « Je vais très bien
Maman, doudou, chérie, ma princesse,
Mon adorée, ma mangue Julie. ? »
III
Vous aurais-je mieux aimées dans le silence
De mon cœur, de ma peine, de ma souffrance ?
M’auriez-vous mieux compris vous-mêmes
Dans cette colère réprimée, offerte en pâture
À notre besoin légitime de tendresse,
À notre peur morbide du conflit ?
§
Ignorez-vous le paradoxe
De la répression,
La charge d’extrême violence qu’il y a
À ne voir, dans la colère,
La colère exprimée de l’incompris,

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