Territoires du vent
162 pages
Français

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Territoires du vent

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Description

Le monde, la nature, la mer...
l'homme et la mer, comme un vieux couple qui se déchire et ne peut que se retrouver, comme aussi en soi-même, parfois, le divorce travaille et les chemins se brouillent. Alors l'avenir est à inventer.
Inspirée des paysages helléniques et du rapport de l'homme avec la mer, l'oeuvre poétique de Pierre Goldin se poursuit avec ce dernier recueil.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2009
Nombre de lectures 223
EAN13 9782296685116
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0087€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Territoires du vent
© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www. librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-10093-0
EAN : 9782296100930

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
Pierre G OLDIN


Territoires du vent


I/ les journées brèves de la mer

2/ Anamorphoses
A mon fils, Florent
P RÉLUDE LAPIDAIRE
Je suis comme une page d’écriture
Je me déchiffre lentement du bout du doigt

Ainsi fait-on sur les écrits des langues disparues

Et cherchent-ils une autre chose
Ceux de l’étrange et du très pur quand ils remontent les grands fleuves
Jusqu’à leurs sources inconnues
L IVRE I : L ES JOURNÉES BRÈVES DE LA MER
Op. 2226
De la hâte d’aller

L’infini
Comme un trou noir où s’engloutissent tous nos rêves

Les routes sont sans fin où que tu ailles
Qui ne le sait
Et toi tu roules devant toi des fébrilités de mémoires et des appétits d’inconnues

J’ai mis des siècles à comprendre la complexité des tout petits chemins de l’herbe
Les routes sont sans fin
A l’infini
C’est là où le regard s’en va chercher des raisons décisives

25-05-08
P REMIER MOUVEMENT : A U MATIN L’INNOCENCE -ADAGIO CANTABILE
Bien avant le premier jour
C’était à des millions d’années

Du ciel
Les cailloux tombaient dm et dans les trous ça faisait seulement des mares

Des millions d’années avec de l’eau ici et là

Et pendant tout ce temps
Nous avons attendu la grande cohérence
L’unité de la mer

Bien sûr
Car comment pouvait-on se lever de l’argile
Sans l’infini des étendues où poser la question
Du regard

Et de l’horizon
Avant
Avant c’était de l’eau
Et de la terre
Les temps passaient indifférents sur les domaines insensibles

Et puis le vent quitta les terres immobiles
Et la mer le reçut

Et la mer fut nommée

C’était la preuve du vivant
Dès lors les ports ont bourgeonné sur ses limites mitoyennes

Et c’est pourquoi
Le haut désir naquit dans les lisières de l’écume
Fécondation
D’un doigt je dessine la mer
Ou plutôt en rêvant

Parce qu’un trait
Comme la vérité du doigt
C’est une vibration à la limite du possible et du palpable

Et les chemins s’en vont tout seuls jusqu’à la source des couleurs
Gestation
Passe-moi le silence
Et je te fais tout le profond du large

La mer
C’est d’abord la dimension secrète de la terre
Comme le silence mesure l’infini au-delà de l’azur

Après
Ce sont les quatre vents du monde qui la tendront
Selon la force de nos rêves
Premier jour – La première heure
La mer
Pour exister il lui faut un bateau

D’abord
Tu le poses là immobile
Sur une nappe de papier d’une qualité ordinaire

C’est maintenant qu’il faut souffler

Tu fais le vent avec ta bouche
Et le mât du bateau oscille d’un côté puis de l’autre
Avec la précision d’un métronome

Et ça suinte tout autour où s’esquissent les algues

C’est fait
Tu peux laisser aller les choses toutes seules

Entrouvre la fenêtre
Le vent prendra le large
Et la mer va couler dans les rues anonymes
Mesure de l’étendue
Une barque
Puis l’autre se hasardent

C’est la nuit
Les lumières dans l’eau sont garantes du port
Mais au-delà
Rien n’existe devant qu’il faut créer de sa parole

L’infini se déguise d’obscur

C’est pourquoi
Une barque
Puis l’autre chaque soir s’en vont pêcher aux origines
Nocturne
Qui osera bardé de vents visiter la bordure où la mer s’engloutit

Ça se décide au soir
Quand l’eau est pleine et noire
Comme la campagne enclose des morts

Après boire
Il suffit de rêver la courbure
Et la mer toute seule établit un moment l’infini des voyages
D’abord le vent
D’abord le vent
Et c’était le vent du plus loin

Non seulement les houles migratoires
Mais sont venus aussi les frissons sur la peau quand tu questionnes l’horizon

La mer a commencé très tôt dès le premier regard et la première voile

Et c’est pourquoi
J’aime les chansons de marins
L’inconnu du matin y passe nostalgique dès midi
Avec le souffle du plus loin dans la force du mythe
Installation
Le vent m’avait poussé très loin
Au-delà de la soif et des appétits légitimes

C’était dans le temps immobile
Car sans un rien de bienveillance

Alors j’ai voyagé de nuit
Au hasard sur d’anciens livres de légendes
Et la mer a coulé entre mes doigts tout doucement d’entre les lignes

Depuis je me laisse porter

Même aux éclipses de soleil
Je n’ai jamais connu une ombre en cette mer où je demeure
Privilège
Egée
Je te nomme parmi les escales liquides
Le lieu plus sûr où rêver d’îles
Voyageuses

Le lieu plus sûr
Dans ce champ clos pourtant où le destin oblige
L’homme
Comme les mâts dansants
A hésiter tout un temps vers le haut
Avant de désigner la faille dans le ciel d’où l’infini
Goutte à goutte s’écoule
Indocilité
Tu vois le monde sur la table
Et la mer investie retenue dans les nombres

Impossible de dire comment
Mais le vent les emportera toutes ces lignes de ceinture
Réseaux d’orgueil
Objets de plate connaissance

La mer file en dessous ses choses du commun
Poissons planant sur des étoiles qui cheminent
Soleils trempés
Miroirs où se regardent sombrer les choses du dessus

Et c’est pourquoi
On sait des navires marchands bien qu’affrétés pour le sang de la terre
Qui finirent sans dieux aux îles de l’espace
Le vent les y mena
Sans règle ni compas
Mais juste pilotés dessous par des courants irrésistibles
Célébration
C’est midi
Je l’entends qui rappelle

Et les voilà bientôt à l’office de l’homme
Descendus des collines et marchant vers le sel
Le sel des bienvenues si chargé de soleil que la nuit corrosive ici n’a plus de nom

Midi
L’assomption du vivant
La mer
Voilà son heure
Regarde-la qui fait la fière et puis se couche à l’ombre où dorment les palmiers

C’est le temps de s’étendre et de tendre ses rives
Comme les chattes s’offrent aux petits

Tu les vois sur le bord gavés de sa sueur
Ils sont tous là
Ceux venus de partout et maintenant qui s’usent le regard
A découdre leurs horizons
Sérénité
Je regrette le temps où je partais devant et sans savoir

Ainsi
Je poussais devant moi le monde
Toujours un peu plus loin
Jusqu’à ses sources innocentes

Je le croyais
C’était au bout du bleu

Mais maintenant je ne vais plus

Alors le soir
Moi qui ne peux
Je regarde le port les barques au partir
La vaillance des proues qui encensent la mer
Et partent au plus loin augmenter l’étendue
Dévouement
Quand je me suis levé tôt ce matin pour aller visiter la mer
Le vent déjà était prêt à partir

Ainsi
Avant le jour tous deux nous tendons du vivant sur le chaos de l’étendue
De moi
C’est juste une caresse du regard
Et lui
Un frisson sur la peau

Et la lumière peut venir
La mer est impeccable à ce moment précis

Tu peux marcher dessus très loin sans l’artifice de la foi
De l’inconnu
Tu peux passer tout droit et marcher très longtemps

Combien le font jusqu’aux dernières îles
Sans même voir qu’ils courent sur la mer

Tu ne sens ni rivage
Ni morsure du vent ni caresse des vagues
Rien non plus des étoiles
Celles qui flambent pour mourir

Et même pas
Comme ce silence de nuit que laissent derrière elles
De belles femmes inconnues
Ce beau désordre de sentir que brillent d’autres vies
Loin de toi p

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