À la quête d un bonheur inespéré
86 pages
Français

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À la quête d'un bonheur inespéré , livre ebook

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Description

À la quête d’un bonheur inespéré raconte l’histoire de la jeune Awa. Adolescente âgée de 17 ans qui avait tout pour être heureuse voit sa vie basculer lorsque son père, un homme violent, ivrogne hors pair et sans travail se met à la violer de façon récurrente. Désabusée, dégoûtée de la vie néanmoins elle va se battre pour ne rien révéler à sa mère de peur de la faire souffrir… Jusqu’au jour où elle tombe enceinte à cause des actes incestes de son père elle fut contrainte de quitter son village natal pour la capitale car ne voulant pas révéler le nom de celui qui l’a engrossée. Rejetée par sa mère qui pourtant l’aimait plus que tout au monde, la jeune Awa va être recueillie par sa tante Yacine, femme fatale sans scrupules et avide d’argent. Encore une fois, le destin va l’ébouler lorsque cette dernière va vouloir la faire entrer dans son réseau de proxénétisme du fait de sa beauté fatale. Que va-t-elle faire ? Devenir prostituée ou garder ses principes ?
Dans une ville totalement étrangère, cœur meurtri, rêves partis en fumée, persuadée qu’elle ne connaîtra jamais l’amour, sans soutien de sa mère Awa va rencontrer beaucoup d’obstacles sur son chemin à chaque fois qu’elle croit voir une éclaircie dans sa triste vie , mais la magnifique jeune femme va tant bien que mal essayer de survivre dans « cette jungle ».
Parviendra-t-elle à oublier son passé, parviendra-t-elle à trouver l’amour et à être heureuse ?
Dans ce roman unique, Awa va nous entraîner dans une société en perdition où l’inceste, la prostitution sujets encore tabous gagnent de l’ampleur mais aussi va dénoncer l’occultisme dans un pays où la majorité des personnes se disent croyantes…

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 juillet 2016
Nombre de lectures 28
EAN13 9782312045252
Langue Français

Extrait

À la quête d’un bonheur inespéré
Mariama Dia
À la quête d’un bonheur inespéré
Roman















LES ÉDITIONS DU NET 126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2016 ISBN : 978-2-312-04525-2
À mon père adoré, puisses-tu toujours être fière de moi.







« Le bonheur est un papillon. Si nous le chassons, il nous échappe ; mais si nous nous asseyons tranquillement, il vient voleter au-dessus de nos têtes. »
Nathaniel Hawthorne
P ARTIE I
Une vie détruite
1
Le soleil commençait à imposer toute sa domination sur le village de Keur Yakaar. Les braves femmes, vêtues les unes de Khartoum {1} , les autres de wax {2} , calebasses ou paniers sur la tête se dirigeaient vers le grand marché tout en bavardant. Les hommes hardis, regagnaient les champs avec entrain. Les chiens les plus téméraires commençaient à aboyer avec force, les agneaux à sautiller par ci et par là et les chats, réputés paresseux, se prélassaient au soleil.
C’est en ce moment qu’Awa se réveilla. Le visage boursouflé, elle avait toujours en tête le souvenir de sa nuit atroce. Malgré son visage tout enflé, sa beauté restait intacte. Elle était une adolescente de dix-sept ans, d’une beauté affriolante. Elle avait un visage lisse. Son beau nez était telle une oasis au beau milieu du désert, ses lèvres pulpeuses étaient aussi délicieuses que les fraises des bois. Ses yeux de biche étaient d’un blanc incomparable. Quiconque y plongeait, pouvait s’y noyer. Elle avait les traits fins, une silhouette de liane avec des formes un peu trop généreuses pour son âge, un sourire aussi beau que la lune. Elle avait le teint diaphane ; le teint clair de ces femmes peuls de la Guinée. Sa chevelure magnifique faisait de nombreuses jalouses. Sa démarche était majestueuse et gracieuse. Cependant, sa beauté lui importait peu. Tout ce que celle-ci désirait, c’était d’avoir une adolescence normale. Seulement, elle était consciente que jamais elle ne pourra l’avoir, pour elle, une vie normale il était difficile d’y croire. Cela paraissait peut être abscons, mais il en était ainsi. L’adolescente se demandait à quoi bon mener cette existence, à quoi bon s’accrocher à la vie si cette vie qu’elle menait n’était qu’affliction. Elle ne put pousser plus loin ses méditations. En effet, la voix suave de sa mère vint troubler ses pensées.
Yaye Penda se demandait alors à quoi pouvait bien penser sa fille. Ses craintes ne faisaient qu’augmenter de jour en jour. Depuis longtemps, elle n’avait pas vu le sourire de sa fille se dessiner sur son visage. Elle sentait qu’Awa qui jadis tellement insouciante se renfermait dans un cercle sans issue.
– Mais Awa peux tu me dire à quoi tu penses ? J’ai l’impression que tu es perdue dans tes pensées.
– Je ne pense à rien maman, répondit elle, sur un ton hésitant.
– Ça fait un moment que je t’observe et tu n’as même pas remarqué ma présence. Qu’est ce qui se passe ?
– Je t’assure qu’il n’y a rien, tu te fais seulement des idées.
Yaye Penda était une femme courageuse. Elle était de petite taille et semblait toujours fatiguée. Elle était certes belle mais ses nombreuses maternités l’avaient essoufflée. La gentille dame était frêle et d’une santé délicate. Femme battante, elle travaillait du matin au soir pour entretenir son petit commerce de légumes au marché du village. Cela ne lui rapportait pas beaucoup d’argent, juste assez pour assurer la dépense quotidienne. Dès fois, la mère de famille avait toutes les peines du monde pour joindre les deux bouts. À cause de leur extrême pauvreté, tous ses enfants avaient arrêté leurs études pour aller à l’école coranique sauf Awa qui s’était révélée être extrêmement douée.
Elle avait toujours d’excellentes notes, élève très assidue, ses professeurs ne cessaient pas de tarir d’éloges à son égard.
Yaye Penda rêvait d’une meilleure vie pour ses sept enfants. À force d’y penser tous les jours, son espoir devenait évanescent avec ce mari vil, bon à rien, avec qui elle vivait. En effet, le sieur Amadou Barro, après avoir perdu le travail qu’il avait à Thiès {3} il y avait de cela six mois, passait la claire partie de son temps à traîner dans les bistrots. Quand il perdit son travail, il était tellement désemparé, tellement abattu qu’il noya son chagrin dans l’alcool. Il devint alors violent et refusait catégoriquement de chercher un autre travail et de subvenir aux besoins de sa famille. Chaque soir, il rentrait ivre avec une acrimonie d’une grande ampleur. Souvent, il s’attaquait à sa femme, ou rabrouait celui parmi ses enfants qui était le plus à sa portée, ou il les fouettait jusqu’au sang. Avant cette mésaventure, il était un père normal, assez sévère qui, sans vraiment choyer ses enfants, subvenait quand même à leurs besoins. Il était toujours présent pour eux et ne manquait pas à ses obligations de chef de famille. Maintenant, Yaye Penda n’avait personne sur qui compter sauf sur le Seigneur. Les épreuves quotidiennes qu’elle traversait avaient renforcé sa foi envers Dieu et elle se replia sur la prière. Chaque soir, alors que les dernières âmes de la nuit sombraient dans les bras de Morphée, elle faisait ses ablutions avec le plus grand soin et se prosternait devant le Tout Puissant l’implorant de protéger ses enfants…
Elle s’approcha encore plus près de sa fille et toujours avec sa voix douce lui dit :
– Awa , qu’est-ce que tu fais encore au lit ? Lève -toi et va préparer le bouilli pour tes frères et sœurs. Il est bientôt 9 h du matin.
Leur indigence ne pouvait leur permettre d’acheter chaque jour du lait, du pain et du beurre pour le petit déjeuner.
Elle se leva d’un bond, se retourna et lut sur le visage de sa mère une inquiétude indélébile.
– J’arrive mère, ne t’en fais pas. Va à ton commerce, je m’occuperai de tout.
Yaye Penda toujours avec une mine décontenancée se dirigea vers la porte et sur ses joues creuses perlèrent quelques larmes de désarroi.
Awa la regarda partir. Elle savait ce qu’endurait sa mère dans son ménage. Elle savait que sa peine était à son apogée, que si elle lui racontait tout ce qui lui était arrivé, elle lui assénerait un coup létal. L’adolescente se résigna à sombrer dans ce gouffre, à se replier sur elle-même comme un anachorète juste pour cette femme, motivée par cet amour démesuré qu’elle nourrissait pour sa mère. Elle se leva et d’une manière nonchalante, vaqua à ses occupations…
Le village de Keur Yakaar se situait à une vingtaine de kilomètres de la ville de Thiès. C’était un village paisible où se dégageait une ambiance bon enfant. Ses habitants menaient une vie simple, moins rudimentaire que dans la plupart des villages du Sénégal.
Le marché où Yape Penda tenait sa place habituelle se dressait au beau milieu de la place publique. Chaque matin, les femmes s’y regroupaient et tout en faisant leurs achats se racontaient les derniers potins. Son petit commerce ne marchait pas fort mais en bonne musulmane elle se disait toujours Yalla bakhna {4} . Des fois, quand la jeune Awa n’allait pas à l’école elle venait l’aider à faire le décompte. C’était dans cette vie de misère qu’elle élevait seule ses sept enfants. Elle vit ses rêves se briser quand ses parents la donnèrent en mariage à un de ses cousins à l’âge de dix-huit ans sans son consentement. À vingt ans, elle donna naissance à Awa, son aînée. Au début, il était attentionné et tendre mais au fil du temps leur passion avait diminué quand il prit une maîtresse au village. Mais quand il perdit son travail, il devint un ivrogne et n’arrêtait pas de la brimer. C’était dans cette atmosphère de souffrance qu’ils vivaient depuis des mois. Cet homme incapable et ignoble l’avait annihilée. Elle croyait qu’elle s’était aguerrie mais elle sentait ses forces la lâcher de plus en plus. Aussi, au moindre effort, la pauvre dame ahanait. Ses articulations la faisaient horriblement souffrir mais la pauvre mère de famille ne pouvait se payer le luxe d’aller voir le médecin.
Elle espérait juste vivre assez longtemps pour voir Awa terminer ses études, avoir un bon travail et s’occuper de ses frères et sœurs. Là, elle pourra ainsi mourir en paix…
Le lycée que fréquentait Awa se situait à l’orée du village. Elle était constituée de trois classes de la seconde à la terminale. Elle était en première et était de loin la plus intelligente, la plus douée de sa classe. Toujours première, la jeune fille excellait dans toutes les matières. Elle adulait l’école qui constituait pour elle un rempart contre le monde extérieur. D

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