Déconfitures et pas de pot
170 pages
Français

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Déconfitures et pas de pot , livre ebook

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Description

JM est un brillant homme d’affaires. Professionnellement, tout lui réussit. Il collectionne les belles voitures, les costumes sur mesure, les œuvres d’art et les jolies femmes. Rien ne semble lui faire obstacle. JM ne se préoccupe que de lui-même et de ses affaires florissantes, car JM est un mufle. Il méprise sa famille, d’origine trop modeste, ainsi que son ex-femme dévastée par ses multiples tromperies. JM malmène ses employés et ses proches. JM est imbuvable, arrogant, prétentieux, suffisant et sûr de lui, trop sûr de lui…
Insensible, JM avance dans la vie sans se retourner ni se poser de questions jusqu’au jour où une série d’événements va complètement le déstabiliser. Le parfait salaud va-t-il alors devenir charmant ? Le loup, se transformer en agneau ? Ou JM va-t-il cacher sa réelle personnalité ?
JM, Sophie, François et Vincent sont les personnages attachants de ce nouveau roman qui aborde avec humour, tendresse et dérision le mythe de Sisyphe et les lois de Murphy, car « Tout ce qui peut mal tourner, va mal tourner ».
« Déconfitures et pas de pot » : un roman anti-morosité aux multiples rebondissements jusqu’à l’épilogue, tout aussi surprenant qu’inattendu.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 05 janvier 2015
Nombre de lectures 1 031
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0034€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

DÉCONFITURES ET PAS DE POT

Kathy Dorl



© Éditions Hélène Jacob, 2015. Collection Littérature sentimentale . Tous droits réservés.
ISBN : 978-2-37011-256-9
« Tout ce qui peut mal tourner, va mal tourner. »
« Tout s’arrange toujours, même très mal. »
Lois de Murphy
1 – Octobre 2010

« Selon une étude, 100 % des phrases qui commencent par "Avec tout le respect que je vous dois" signifient : "Va te faire enculer". » (Christine)


Mais pourquoi je n’ai jamais appris l’anglais, triple conozof que je suis ! Et pourquoi ils ne parlent pas un mot de français, ces Ricains !
JM a passé une journée et une soirée plus que merdique. En déplacement sur Miami, il a dû subir la « grève de traduction » d’une parfaite hystérique, selon ses termes, recrutée à Paris quelques semaines plus tôt et qui devait sentir qu’elle n’allait pas s’entendre avec son nouveau patron qu’elle qualifiait d’imbuvable. Elle prétendait être parfaitement bilingue et efficace, aussi JM souhaitait-il la voir intégrer son équipe en tant qu’assistante et traductrice lors de ses déplacements à l’étranger.
Cet important dîner avec John, l’un de ses plus gros clients américains, où se joue une grosse partie de son carnet de commandes pour l’année à venir, est donc l’occasion parfaite pour Christine de faire ses preuves ou de faire payer à JM ses attitudes hautaines, arrogantes et dédaigneuses vis-à-vis de ses collaborateurs.
Par la suite, JM apprendra que Christine s’est fait embaucher pour venger l’un de ses amis, viré manu militari pour une faute grave injustifiée, la bobine du pauvre collaborateur ne revenant pas à JM. Le tribunal des prud’hommes n’a pas pu trancher, par manque d’éléments concrets. Le pauvre gars s’est donc retrouvé sans boulot et sans indemnité compensatrice.
Dès le début du voyage, JM a commencé à avoir quelques doutes sur l’équilibre mental de sa toute nouvelle collaboratrice. Égoïste, un brin dictateur, mais aussi poltron, il a tremblé pendant tout le vol Paris-Miami. En effet, aux crises d’excitation succédaient des phases de profonde dépression. Assise à côté d’une issue de secours, Christine a tout d’abord tenté d’actionner la poignée d’ouverture de la porte alors que le puissant Airbus était numéro un au décollage, moteurs rugissants.
Relaaaax, JM ! lui a-t-elle lancé avec un rire digne d’une jument nymphomane surmenée alors qu’en sueur, il attrapait vivement la main accrochée au levier, sous le regard perplexe des passagers de la classe affaires.
Plus tard, au-dessus de l’Atlantique, au bord de la crise de nerfs et avec un regard démoniaque, elle a sorti un paquet de cigarettes, car « il fallait absolument qu’elle en grille une ou elle allait se sentir mal ». JM ne sait toujours pas s’il doit remercier le grattoir usé de la boîte d’allumettes ou son pouvoir de persuasion, inédit, voyant sa dernière heure arriver. Au bout de trente interminables minutes, elle a fini par abandonner l’idée pour tenter de démonter son accoudoir et de faire un scandale auprès de l’hôtesse, ses écouteurs ne fonctionnant apparemment pas. L’hôtesse a eu un mal de chien à lui faire comprendre que la prise jack de son casque n’était pas correctement introduite dans la prise du système audio de l’avion. Pendant ce temps-là, JM ne rêvait que de lui coller une bonne droite.
La business class coûte suffisamment cher pour que tout chef d’entreprise, homme ou femme d’affaires puisse exiger a minima le calme nécessaire pour un sommeil réparateur ou pour travailler sur ses dossiers. Pour JM, la classe affaires est une façon de parader en surfant sur son succès professionnel et en affichant sa Rolex de manière ostentatoire. Par contre, en dehors de ses bureaux parisiens et de sa vie privée, JM déteste se faire remarquer aussi lamentablement ; pour le coup, il a été servi. Non seulement Christine a refusé de travailler sur les réunions à venir, mais à l’arrivée, ils sont descendus de l’appareil sous le regard réprobateur de l’ensemble des passagers et du personnel de la cabine.
Il aurait dû se douter que ça n’irait pas en s’arrangeant. Il a déjà remarqué que la névrosée est du genre à s’inviter dans les conversations par des : « Je peux vous parler une seconde ? » Ce qui se traduit pour JM par : « Je peux vous casser les couilles vingt minutes ? » Il l’a déjà envoyée balader plusieurs fois à Paris. Il ne supporte pas d’être dérangé par une simple secrétaire, même bilingue.
Le soir même, en plein dîner, Christine, volontairement en mode chieuse à plein-temps, décide de ne plus traduire. Mademoiselle a faim. Les traductions simultanées l’empêchent de déguster son sea-bass – un délicieux bar de ligne, également hors de prix – comme elle le souhaite, c’est-à-dire en prenant tout son temps. « Manger vite est mauvais pour la digestion », souligne-t-elle d’un air narquois, jubilant de la radinerie de JM à propos de ce qu’il appelle « les dépenses inutiles ». Le bruit court que la dernière fois qu’il a invité son ex-femme au restaurant, c’était pour leur mariage. JM et John, qui se sont contentés d’une salade Caesar, avalée rapidement, n’ont pas d’autre choix que de patienter le temps qu’elle finisse son plat.
JM fulmine et commence à remettre sérieusement en cause les techniques de recrutement de François, son plus fidèle et sérieux collaborateur depuis des années. Lors du recrutement, François était loin de se douter des desseins de Christine.
Une fois le poisson et les brocolis terminés, la miss se décide enfin à faire son job, mais ses traductions sont hésitantes et pour le moins approximatives. JM est bien loin de la fluidité des traductions simultanées qu’il a observées plus tôt. Christine bute sur les mots, questionne le client sur la définition exacte de telle expression, perd le fil sans perdre le nord, car elle n’hésite pas à commander une nouvelle bouteille de cet « amazing wine » et une part de « key lime pie », un délicieux dessert, lorsque le serveur passe à leur table. Conclusion, les échanges professionnels entre JM et son client sont incohérents et limite surréalistes. Par contre, l’addition est tout à fait cohérente et plutôt salée.
Elle n’a pas la lumière à tous les étages, celle-là ! peste JM à voix basse, ulcéré de voir sa réunion se transformer en naufrage. Il neige sous le scalp de cette détraquée !
La patience de JM n’est pas son point fort. Il a tenu au-delà de ses limites, victime de sa dépendance en anglais. Il explose violemment au moment où Christine remballe le client qui, excédé par son attitude, lui demande non sans ironie si elle maîtrise un tant soit peu l’anglais ou si elle le fait exprès. JM lui commande immédiatement un taxi direction l’hôtel et lui ordonne de quitter les lieux.
Avec tout le respect que je vous dois…, tente Christine.
D’un geste de la main, JM l’interrompt.
Désolé, mais nous arrêtons notre collaboration ici même, vous prendrez le premier avion pour Paris demain. Tondre la banquise aurait été certainement plus efficace que de m’accompagner ici. Et je ne parle pas de votre comportement inadmissible et incompatible avec votre emploi.
Ne parlons pas du vôtre ! riposte Christine aussi sec. Vous êtes un odieux personnage, imbu de votre personne, méprisant et mal élevé !
JM prend un air indigné.
Ça me fascine de voir avec quelle facilité on confond de nos jours le fait d’avoir du caractère avec celui d’être mal éduqué !
Vous n’avez pas de caractère, vous êtes arrogant et suffisant, et votre boulot, vous pouvez vous le coller où je pense ! Vous n’avez pas une once d’humanité, et cela finira par vous coûter cher. Votre réussite vous monte à la tête !
Par contre, y a des gens qui ne réussiront jamais, et t’en fais partie, ma petite ! ironise JM.
Pauvre type ! Vous ne connaissez rien de la vie, sauf le numéro de votre compte en banque ! Vous n’êtes qu’une brute, vous êtes agressif et injuste envers tout le monde, sauf vos clients !
JM ne relève même pas. Via son smartphone, il envoie aussitôt un e-mail à François, exigeant qu’il modifie le billet de retour de la miss casse-burnes au lendemain première heure et que son solde de tout compte

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