Epine dans le coeur
160 pages
Français

Epine dans le coeur , livre ebook

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
160 pages
Français
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Victime d'un malaise au cours d'une compétition sportive,Eva sombre dans un désespoir tel qu'elle veut renoncer à la vie, puisqu'on lui a annoncé qu'elle souffre, elle aussi, de la même affection que sa mère. Sarah, qui entend soutenir sa fille jusqu'au bout, en dépit de quelques soucis financiers qui la minent, se bat sur tous les fronts.Et alors que l'ordre semble revenir pour la mère et sa fille, vient ce jour ou tout ou presque bascule...Š

Découvrez toute la collection Harmattan Cameroun !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2012
Nombre de lectures 21
EAN13 9782296490048
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0093€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait







Une épine dans le cœur
FEMMES ET SAVOIRS
Collection dirigée par Alice Delphine TANG

La collection « Femmes et savoirs » intègre tous les ouvrages qui
contiennent des savoirs diffusés par les femmes, des savoirs
diffusés pour les femmes et des savoirs diffusés sur les femmes.
Dans ces rubriques se retrouvent aussi bien les œuvres de fiction
(roman, nouvelle, poésie, théâtre, épopée, conte, etc.) que les essais
littéraires, philosophiques, ethnologiques, anthropologiques,
sociologiques et mythologiques. La collection « Femmes et
savoirs » est un espace scientifique dont le but est de donner une
grande lisibilité des écrits réalisés par les femmes ou portant sur les
femmes.

Déjà parus

Olivier G. H. NGAH, Il y a un soir en 1973… Théâtre, 2012.
Arie Serge EMOSSI de BEGNI, Tribulations. Nouvelles, 2012. MOSSI de BEGNI, Ma plus belle lettre est pour vous.
Roman épistolaire, 2012.
Jean-Claude FOUTH, Femme émancipée, 2012.
Paul Emmanuel BASSAMA OUM, Le retour à la vie du
prisonnier, 2012.
Marie-Rose ABOMO-MAURIN, L’écriture du politique dans le
roman camerounais, 2012.
A. FAHA TALENG et Paule S. NANFAH, L’hydre dans le verger.
Poèmes, 2012.
Marie Françoise ROSEL NGO BANEG, Méandres. Roman, 2011.
Marie-Rose ABOMO-MAURIN et Alice Delphine TANG,
L’AFric de Jacques Fame Ndongo et la rénovation de l’esthétique
romanesque, 2011.
Eustache OMGBA AHANDA, Soupirs de l’âme. Poésie, 2011.
Jean-Paul ADA BEKOA, Misères publiques, Poésie, 2011.
Sylvie Marie Berthe ONDOA NDO, La réécriture de l'histoire
dans les romans de Romain Gary et d'André Malraux, 2010.


Olivier G. H. Ngah







Une épine dans le cœur
Roman



























































© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-96509-6
EAN : 9782296965096
















A
Toute ma famille, à Marie Biloa, cœur d’une mère,
Hélène Medoua et Joseph E. Mbah, à qui s’offre le bonheur








Je remercie tous les personnages de ce livre d’être venus
à moi avec leur vie, leurs cris, leurs peines...

OLIVIER G. H. NGAH,
auteur.



PARTIE I

L’étrange homme n’était pas là pour prendre du bon
temps. Il avait plus important à faire qu’à attendre, profiter
notamment de chaque instant de sa vie. Il allait et venait
nerveusement, l’air impatient ; plus vite on l’aurait reçu,
plus vite il serait de retour auprès de sa famille, pensait-il.
Il ne tenait pas particulièrement à s’attarder dans ce petit
espace ennuyeux sans prétention. Finalement, au bout
d’un moment, il revint s’asseoir plus tranquille sans se
soucier de savoir qui était autour de lui.
- Excusez-moi monsieur ?
C’était une jeune femme à l’allure un peu frêle qui
venait de s’asseoir à côté de lui. Elle le regarda d’un air
presque enjoué et lui, levant à peine le regard vers elle,
demanda avec un air tout aussi surpris.
- Est-ce à moi que vous parlez mademoiselle ?
- Sûr que c’est à vous ! J’aimerais bien que vous
m’indiquiez quelle heure il est !
L’homme sourit puis, baissant son regard, frotta
légèrement le cadrant de sa vieille montre Rolex.
- Il est presque dix heures et un quart ! répondit-il. Puis,
il reprit aussitôt son air songeur.
- Pensez-vous que nous aurions encore à attendre
longtemps ?
- Hum !… Je n’en sais trop rien…, cela dépendra
certainement du temps que mettra leur fameuse réunion du
staff !
9
Sans vraiment s’attarder sur les mots, l’homme jeta de
nouveau son regard sur sa montre, ensuite, dans le vague.
- Euh !…Vous me semblez bien contrarié tout d’un
coup, peut-être êtes-vous incommodé par cette attente !
Enfin, je me demande !
- Ça se voit donc tant que ça ! C’est dire que de plus en
plus j’ai du mal à calfeutrer les problèmes pratiques de
mon existence..., murmura-t-il, ayant pris soin de lui faire
un grand sourire en coin.
- Je ne sais pas pourquoi, mais les bonnes actions
tombent souvent à bon escient. Avez-vous remarqué cela à
propos ?
- J’ignore de quoi vous parlez, jeune demoiselle ! dit
l’homme, un peu étonné d’être malgré lui en train d’avoir
une conversation avec une parfaite inconnue.
- Eh bien, quand je vous ai vu entrer il y a une
demiheure environ, je me suis rappelé qu’il y a une semaine,
vous aviez fait irruption dans le bureau du Dr Dickos alors
que je le consultais. Sans même vous préoccuper de qui
était autour de vous, vous lui aviez passé une grande
enveloppe marron. Il vous avait alors prié de bien vouloir
patienter dans le hall d’attente, mais avant cela, il avait
jeté un coup d’œil dans un des clichés contenus dans
l’enveloppe puis, il avait laissé échapper : « Ce n’est pas
très bon ça !… ». Il se mordit aussitôt la langue en se
rendant compte qu’il venait de parler tout haut. En un laps
de temps, tout votre visage s’était défait. Vous aviez les
yeux pleins de larmes…
- Eh bien ! Pour autant que je sache, je ne pleure plus
pour rien depuis bien longtemps, mais puisque vous le
dites…
10
- Dès ce jour, j’ai toujours voulu vous posez une
question, à chaque fois que je vous aperçois dans le
couloir…
- Allez-y, ne vous retenez pas !...
- Alors, dites-moi monsieur ! Croyez-vous en Dieu,
vous arrive-t-il de prier ?
La jeune femme s’adressait ainsi au vieil homme dans
le hall d’attente de cette clinique où tous les deux
espéraient rencontrer leur médecin pour un énième
rendezvous afin d’en savoir un peu plus sur leurs conditions
respectives de santé. Le vieil homme hésita sur le moment
puis souriant à nouveau, il lui dit finalement.
- Disons que je considère ma vie entière comme une
prière, sinon, que voulez-vous que je vous dise mon
enfant ?
- Eh bien ! Il est grand temps que vous vous
rapprochiez de Dieu.
- Oh ! Tout doux. Qui a parlé ici d’être éloigné de Dieu
ma petite ? C’est juste que lui et moi entretenons une
relation différente, particulière…, personne ne se dérange
vraiment pour l’autre. Il est pratiquement indifférent et
muet à mes plaintes, puisqu’il n’exauce que très rarement
mes vœux. Je crois qu’il en a un peu marre de moi et de
tous mes ennuis ; alors, j’ai arrêté de me décarcasser moi
aussi pour lui, pour rien, en continuant de l’emmerder
avec mes soucis qui n’en finissent pas…
- Non ! Vous vous trompez certainement ! Il n’en a
jamais assez de personne au contraire, il a tous nos projets
de vie entre ses mains et attend juste le moment favorable
pour les réaliser. Voyons, monsieur, soyez raisonnable !
Allez-y ! Recommencez à prier maintenant et plus jamais,
11
ne vous arrêtez ! Priez pour le salut de votre âme et de
celle de ceux que vous aimez !
- Pourquoi cherchez-vous à me prendre sur le fait
mademoiselle ? Croyez-vous que je dramatise mon sort ?
Il y eut un long silence et enfin, une expression
chaleureuse se fit sur le visage de la jeune femme…
- Ce que je voulais dire, c’est que vous devriez vous
rapprocher davantage de Dieu surtout dans l’épreuve, et
lui aussi, il se rapprochera de vous. Goûtez-le donc et vous
verrez comme il est bon ! Vous me semblez être ce type de
personne blessée par la vie et sans aucun espoir…
- Vous m’impressionnez ! Je n’ai jamais senti ni même
regardé les choses sous cet angle mon enfant. Vous devez
sans doute vous demander pourquoi ! Eh bien, parce que
de la vie, je n’ai reçu que de grandes cravaches quand ce
n’étaient pas d’énormes claques ; alors, à quoi bon !
- A quoi bon quoi ?
- De prier, ce genre de chose. De plus, je n’ai jamais
vraiment su et je ne saurai jamais quoi lui demander dans
mes épanchements de cœur.
- Je vois. Mais peut-être, vous aiderai-je à le faire si
vous le voulez !
- C’est inutile. Ma vie est une vraie tragédie depuis bien
longtemps, personne ne peut plus rien pour moi. De toute
façon, je suis trop vieux pour continuer à rêver…
- Ne saviez-vous pas que c’est lorsqu’on est au bord du
gouffre que le rêve devient permis ? Vous croyez que vous
souffrez trop et que vous êtes malheureux ? C’est parce
que vous ignorez qu’ailleurs, il y a pire souffrance encore
que la vôtre. Alors, pourquoi êtes-vous si défaitiste,
expliquez-moi donc !
12
- D’accord ! Puisque vous insistez… Bon voilà,
d’abord je voulais vivre par amour et pour l’amour, mais
le destin en a disposé autrement… Je me suis finalement
marié par devoir. J’ai une fille malade que je n’ai pas vue
il y a plus d’un an, ma fille à qui je n’hésiterai pas une
seule seconde à donner volontiers mon cœur si je le
pouvais, juste pour enfin cesser de vivre dans l’angoisse
permanente de la perdre trop tôt. Bon sang ! Mais
pourquoi suis-je en train de vous raconter tout ça moi ?
- Parce que vous êtes une personne de bien. Une
personne qui a encore foi en l’avenir mais ne le sait pas.
Aussi, me semble-t-il, vous aviez besoin de parler à
quelqu’un. Peut-être me suis-je trompée, mais je sais que
je ne suis pas bien loin de la vérité. Je sais que vous avez
besoin de lui dans votre vie, n’est-ce pas ?
- Eh bien ! Il y a tant de choses dont j’ai eu besoin toute
ma vie…, mais tout ça, c’est fini maintenant. Je ne vais
pas me rendre plus malade que je le suis déjà en
continuant de méditer sur ce dont j’ai besoin ou pas. J’ai
déjà un estomac bien assez en compote qui plus est en feu
presque tout le temps, et ce mal qui me consume à petit
feu…, alors inutile d’en rajouter !…
- Ça, je le comprends tout à fait, mais vous n’avez pas
répondu à ma question.
- Vous ne lâchez donc jamais le morceau, hein ?
- Euh…, Je suis plutôt du genre tenace. On me le dit
très souvent. Alors, ça vient ou je continue d’attendre ?
- Vous m’amusez beaucoup et j’apprécie vraiment
votre sollicitude mon enfant… Pour être tout à fait sincère
avec vous, pas une seule pensée du ciel n’est entrée dans
mon esprit depuis bien longtemps car je pense et j’ai la
preuve que toute mon existence n’a été qu’un torrent de
larmes dans lequel je coule et me noie…
13
- Voyez-vous, lorsque j’avais appris que j’étais malade,
j’avais pensé tout de suite que c’en était fini pour moi...
Que le poids de mes offenses envers mon créateur était
bien trop lourd pour que quelqu’un d’autre le supporte.
Pour cela, et tout le temps, je sentais les flammes de
l’enfer m’envahir inexorablement. Mais à présent, grâce à
la prière, je sais qu’il y a de l’espoir pour moi, de l’espoir
pour que je me rétablisse ou à défaut, je vivrais encore
quelques années. Voyez-vous, ce que j’essaye de dire,
c’est que j’ai compris que quand vous tombez malade, cela
n’est pas forcément dû à une négligence de votre part, ni
du fait de l’acharnement du destin contre vous, non ! Mais
à la faiblesse inhérente à la nature humaine… C’est
pourquoi, ne laissez pas les soucis de santé ni quoi que ce
soit d’autre vous inquiéter à l’excès.
- Sans doute allez-vous également me dire que la
maladie vient à cheval et rentre à pied ou un truc de ce
genre. Savez-vous que la plupart des gens estiment qu’être
bien portant est une question de chance, une chose qu’ils
ne maîtrisent pas vraiment ? Eh bien ! Voyez-vous, je ne
suis pas de leur avis.
Et vous, vous me semblez bien trop optimiste pour être
du même avis que moi. Peut-être avez-vous une réelle
motivation ! Votre jeunesse, je suppose.
- Non. La foi. Je sais, sinon, j’ai la conviction à présent
que là-haut, il y a quelqu’un qui m’aime vraiment.
Quelqu’un qui, jamais, ne me laissera tomber…non,
jamais ! A présent, pour moi, le passé ne compte plus,
mais l’avenir, oui. Le monde est un bel endroit, un trop bel
endroit pour mourir de chagrin. Alors, pourquoi aurais-je
continué à être triste pour une chose qui est au-dessus de
moi, une chose qui dépasse mon entendement ? A présent,
je n’ai que faire de la peur ni de l’angoisse encore moins
de l’incertitude et toutes ces choses qui hantaient toutes
14
mes nuits et mon quotidien dès l’instant où j’ai su que
peut-être, je ne serai jamais vieille.
- Alors, vous comprenez bien mon enfant, que de la vie,
si vous croyiez tout savoir ou avoir tout vu et entendu,
vous vous foutez royalement le doigt dans l’œil. En
d’autres circonstances et sous d’autres cieux, je vous
aurais dit tout simplement que vous ne saviez rien de la
vie… !
- Vous auriez eu sans doute raison. Je ne savais rien de
la vie, d’ailleurs, je ne sais toujours rien de la vie.
Cependant, moi, je suis et je reste optimiste. Vous aussi
vous devriez l’être. La foi ne déplace-t-elle pas des
montagnes ? dit-on.
- J’aimerais être de ceux-là. Etre des vôtres, vous qui
espérez et croyez encore. Oui, Vraiment, j’aimerais bien.
Mais, je n’en crois plus grand-chose, je ne crois plus aux
miracles maintenant. Savez-vous, mon enfant, qu’on dit
que les cimetières sont pleins d’optimistes ? Alors, un
optimiste de moins et vous verrez que personne ne
remarquera sûrement rien. Tout ce qui m’inquiète à
présent, c’est l’idée de pouvoir mourir soudainement un
jour sans revoir ma fille. Quant à celui qui est là-haut, je
ne m’inquiète plus de lui plaire, je ne cherche plus à
marquer des points sur son compteur car il doit bien en
avoir marre de moi, mon enfant. Il ne m’écoutera pas
comme d’habitude, même si je braille du matin au soir, et
ce pour le restant de mes jours de cette misérable
existence. Alors, pourquoi maintenant ? Il ne m’a jamais
vraiment écouté.
- Pas du tout ! Vous vous trompez certainement. Je
vous exhorte à vous laisser saisir par Dieu et vous verrez
qu’il est inutile de s’inquiéter tout le temps à l’excès et ce,
pour rien…, ce n’est qu’à travers la prière que vous lui
15
ferez connaître vos besoins réels. Oui, par la prière
seule…
Voilà. Quelques années plus tard, le vieil homme se
souvenait encore de cette conversation, mais davantage de
cette forte impression d’assurance sous le visage candide
de cette jeune femme avec qui il avait partagé une
chambre d’hôpital pendant quelque temps. Elle avait
succombé en effet deux jours plus tard des suites d’une
opération lourde, le même type que le vieil homme avait
subi avec succès quelques heures plus tôt. Lorsque les
effets de son anesthésie s’étaient dissipés et qu’il s’était
réveillé en constatant que le lit voisin était plutôt occupé
par un nouveau patient, le vieil homme comprit tout de
suite ce qui avait dû se produire. Il se mit aussitôt à pleurer
ardemment.
La jeune demoiselle et lui avaient développé en peu de
temps une profonde affection mutuelle. Cette parfaite
inconnue, qui lui rappelait en tout point son propre enfant,
lui avait redonné quelque chose qu’il avait perdu : la foi en
l’avenir. Job Yémelis était en effet un septuagénaire ayant
connu beaucoup d’épreuves dans sa vie. Le destin n’avait
pas été aimable envers lui jusque-là. Joe, comme on aimait
bien l’appeler là-bas, ne fut donc pas surpris par l’annonce
des résultats de son bilan de santé. Il avait de nouveau
cette maladie assez grave dont il se croyait affranchi. Pour
cela, il devait impérieusement se faire suivre plus
régulièrement par un spécialiste. Alors, pour éviter de
susciter une fois encore l’émotion autour de lui, il s’était
gardé donc de le dire à ses proches. Joe avait déjà été en
effet pris en charge une fois pour ce même problème et
pour une première tentative, on lui avait enlevé plus de la
moitié du pancréas au cours d’une intervention
chirurgicale pratiquée six ans plus tôt. Ses médecins n’en
revenaient pas qu’on ait pu confondre ses résultats avec
16

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents