Johan
59 pages
Français

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Description

Perdu au milieu des déchets et pauvre parmi les pauvres, JOHAN va avoir un destin incomparable? Il va subir de nombreuses épreuves et sa vie sera plusieurs fois en danger,ce qui ne l'empêchera pas de poursuivre son chemin vers un seul but : aider ceux qui n'ont rien...

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 janvier 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782312041452
Langue Français

Extrait

Johan
Jacques Touron
Johan



















LES ÉDITIONS DU NET 22, rue Édouard Nieuport 92150 Suresnes
© Les Éditions du Net, 2016 ISBN : 978-2-312-04145-2
Sont particulièrement présents avec JOHAN dans ce livre :



Sa chère Maman

MIGUEL, celui qui l’a guidé vers son destin

STAN et ses acolytes

RAPHA, le chauffeur de benne

JOFREY TOMSTON et son fils
MICHAEL, qui lui permettront de s’épanouir.

CARMEN, qui deviendra sa femme

THEO, qui l’a sorti des flammes

MAMA, la mère de THEO, qui l’a remis sur pieds
1
Il pleuvait. Pour JOHAN, ce ne serait pas encore un jour bien agréable. Hier, il avait trouvé un grand sac en plastique qui avait dû servir à protéger un matelas ou quelque chose de ce genre. Il avait fait un trou d’un côté pour passer sa tête ; cela lui faisait un bon imperméable. Pourvu que STAN et ses copains ne soient pas là ; il serait sûrement obligé de le leur donner…
Il supportait de plus en plus mal d’être dominé par STAN. Ils étaient à peu près du même âge mais il avait toujours été le plus fort ; depuis quelques temps, les bagarres ne tournaient plus toujours à l’avantage de STAN et il devait de plus en plus souvent faire appel à un des deux gars de sa bande pour venir à bout de JOHAN.
Ces jours-là, JOHAN était furieux. Quand il rentrait chez lui, sa mère n’osait pas lui adresser la parole. Elle connaissait bien son fils. Il était déjà terriblement solitaire et renfermé en temps ordinaire ; alors quand il arrivait le visage marqué de coups et avec un maigre butin, il valait mieux ne rien lui demander… Elle lui faisait réchauffer un bol de soupe et allait s’asseoir dans un coin de la pièce, attendant patiemment qu’il s’allonge sur sa couche, fourbu de fatigue et qu’il s’endorme… Elle, ne mangeait rien. Elle était tellement déçue par cette vie qu’elle avait donnée à ce seul fils qui lui restait sur les trois enfants qu’elle avait eus. Elle ne savait plus très bien ce qu’étaient devenus ses deux frères … disparus… morts.
Elle s’était acharnée à maintenir JOHAN en vie, en se privant de tout et en espérant qu’il pourrait se tirer d’affaires. Quelle désillusion de le voir chaque jour partir fouiller les ordures et chaque soir rentrer dans cette cabane sordide, humide et sombre.
Quand l’homme qui lui avait fait ses enfants était parti, JOHAN n’était pas encore né. Elle avait pensé que c’était mieux ainsi. D’abord elle ne voulait plus d’enfant, ensuite cela ferait une bouche de moins à nourrir. Son bébé aurait peut-être un peu plus de chance… Elle irait aux ordures et trouverait peut-être suffisamment pour l’élever. Cela ne s’était pas aussi bien passé qu’elle l’espérait car elle n’était pas assez vive et autoritaire. Aux déchargements des bennes, il y avait toujours quelqu’un de plus rapide pour attraper ce qui pouvait encore servir un peu. Alors, elle avait, petit à petit, vendu les quelques objets qui avaient un peu de valeur. Puis n’ayant plus rien et ne pouvant plus payer le loyer, elle avait quitté la ville, JOHAN accroché dans son dos.
Ils s’étaient tous les deux installés dans cette affreuse cabane à la limite de la brousse et de la ville, n’espérant qu’en l’aide humanitaire et la mendicité. JOHAN venait d’avoir cinq ans…Il avait commencé à fouiller les ordures !
Il avait vite appris, se faufilant parmi les premiers au pied des bennes, tous les matins. C’est là qu’il avait rencontré le vieux MIGUEL ; personne ne savait depuis combien de temps il était là, ni quel âge il pouvait avoir. Il vivait dans une masure au pied de l’immense tas de déchets. Tout de suite il avait adopté JOHAN, le prenant en affection, lui faisant connaître toutes les ficelles pour négocier au mieux tout ce qu’il pouvait récupérer. Mais surtout il lui avait appris à lire et aussi à écrire et cela n’avait pas été facile. Au début, JOHAN n’avait pas mis beaucoup d’empressement et le vieux avait dû beaucoup insister, puis au fur et à mesure que toutes ces lettres prenaient un sens, dans l’esprit de JOHAN quelque chose s’était ouvert. Il y avait trouvé de l’intérêt, s’obligeant de lui-même régulièrement, à lire et à écrire. Ce n’était pas difficile, car sur cet immense tas d’ordures, tous les jours il y avait tellement de journaux et de magazines qu’il n’avait que l’embarras du choix. Parfois il trouvait un livre, qu’il donnait toujours à MIGUEL. C’est lui qui décidait si JOHAN pouvait le lire.
Cela faisait maintenant plus de douze ans qu’il venait ici tous les jours. Il était resté seul, toujours à l’écart de toutes ces bandes qui se formaient et tentaient d’avoir le monopole de la décharge. Le fait qu’il soit sous la protection du vieil homme lui avait permis d’être tranquille ; on lui fichait la paix. Et puis ce n’était plus un enfant ; cette pauvre vie qu’il menait l’avait déjà bien marquée ; il paraissait dix ans de plus…
Si seulement ce STAN avait pu choisir un autre endroit. Mais depuis six mois qu’il avait investi les lieux, lui, avait réussi à imposer sa loi. Tous devaient travailler pour lui et il ne leur laissait que quelques broutilles. Plusieurs fois il y avait eu des accrochages avec MIGUEL qui n’admettait que difficilement cette domination. Celui-ci disait que cela se terminerait mal…
Ce jour-là, JOHAN est décidé. Il ne supporte plus cet esclavage. Il faut qu’il en parle à MIGUEL ; ils doivent faire quelque chose…Cela ne peut pas durer. De toute façon, il sait bien qu’il est au fond, alors, il n’ira pas plus bas…
Avec ce mauvais temps, ce sera plus facile, ce matin, de discuter avec le vieil homme. Hier STAN n’était pas là et il ne viendra sûrement pas aujourd’hui…
Sous la pluie, en approchant de la décharge, JOHAN est intrigué : il y a deux voitures avec des gyrophares qui sont stationnées près de la cabane de MIGUEL ; c’est une ambulance et une voiture de police. Il presse le pas ; qu’est-ce qui se passe ? Plusieurs personnes sont en grande discussion devant l’entrée. Elles se taisent en apercevant JOHAN.
Un policier sort.
« Quelqu’un connaissait cet homme ? »
Tous les visages se tournent vers JOHAN.
« Il réclame un certain JOHAN, c’est toi ?
- Oui, c’est moi. Que lui est-il arrivé ?
- Vas le voir, il est très mal en point. Il a plusieurs coups de
couteaux dans le ventre, il a perdu beaucoup de sang et le médecin dit qu’on ne peut plus rien pour lui. »
JOHAN sent sa gorge se nouer. MIGUEL, son seul ami, ce n’est pas possible, il faut le sauver…
Il est là, allongé à même la terre. Celle-ci est rouge de sang. Il lui prend la main, se penche vers lui. Le vieil homme veut parler. Dans un souffle, il murmure quelques mots à peine perceptibles :
« C’est STAN !… Sois courageux… Je vais enfin me reposer… Continue de t’instruire, tu deviendras un grand homme JOHAN…Mais n’oublie jamais d’où tu viens… Adieu… »
Sa poitrine se soulève légèrement puis doucement redescend… Le vieil homme est mort…
JOHAN s’effondre en laissant exploser sa douleur.
« Non, MIGUEL, ne me laisse pas, j’ai besoin de toi. »
Le policier l’aide à se relever.
« C’est fini, on va l’emmener, il faut venir faire une déposition au poste de police.»
La suite se déroule presque sans qu’il s’en rende compte. Il est monté dans la voiture de police, puis s’est retrouvé au poste. On l’a longuement interrogé. JOHAN s’est très vite rendu compte que personne n’avait entendu MIGUEL lui dire qui l’avait poignardé. Alors il n’a rien dit : cela sera son règlement à lui, sa justice !
Ils ont fini par le relâcher en début d’après-midi, en lui demandant de ne pas s’éloigner, car ils pouvaient encore avoir besoin de l’entendre.
Il pleut toujours, la décharge est loin ; pourtant il doit absolument s’y rendre. Sinon, très vite la cabane de MIGUEL sera pillée. Il ne peut pas réaliser qu’il ne va pas le voir, toujours aussi accueillant quand il arrivait. Pourquoi ont-ils fait ça ? Sûrement qu’il a dû s’opposer à une de leur volonté. Ils ont dû le menacer et il n’a pas cédé, alors ils l’ont frappé. Il avait des marques sur le visage, puis STAN l’a poignardé, un vrai sauvage; comment a-t-il pu faire une chose pareille, le vieil homme n’était pas bien gênant. JOHAN ne sait pas encore comment il va s’y prendre ; d’abord il faudra qu’il sache exactement ce qui s’est passé, ensuite il trouvera le moment opportun… Il le fera payer…
Il est presque arrivé quand enfin la pluie s’arrête. Plus que quelques pas et il va retrouver cet endroit qu’il a toujours connu avec MIGUEL, le parcourant dans tous les sens. JOHAN sent de nouveau des sanglots lui prendre la gorge et il doit se ressaisir, le vieil homme n’aurait pas aimé le voir en pleurs…
Il arrive trop tard, ils sont

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