La Concession
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Description

La société sénégalaise est connue pour son ancrage dans les us et coutumes. Dans ce beau pays de la téranga, les traditions peuvent peser beaucoup plus lourd que la religion. Malheureusement, bon nombre d'individus sombrent dans un désarroi total lorsque ces pratiques se confondent à leurs famille, ménage, travail, cadre de vie. Les classes sociales, les castes, les ethnies restent des freins qui font beaucoup de victimes. C'est le cas de Kiné, une jeune sénégalaise issue d'une famille très aisée. Belle, intelligente, respectueuse et pieuse, elle possède les qualités dont rêverait tout homme. Hélas, sa vie n'est qu'un cumul de relations tumultueuses jusqu'à ce que son chemin croise celui de son époux. Mariée, elle se retrouve plongée dans un monde qui lui est totalement inconnu, ancré dans les traditions sénégalaises. Son destin se voit ainsi guidé par compromis et concessions, afin de ne pas se noyer dans cette grande marée sociale. Mais jusqu'à quel point tiendra-t-elle? Joies, peines, bonheur, malheur, hypocrisie et mensonges s'entrochoquent et font de cette histoire une belle leçon de vie.

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Informations

Publié par
Date de parution 26 juin 2018
Nombre de lectures 174
Langue Français
Poids de l'ouvrage 9 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Ndeye Fatou NdiayeLA CONCESSION
La société sénégalaise est connue pour son ancrage dans
les us et coutumes. Dans ce beau pays de la téranga, les
traditions peuvent peser beaucoup plus lourd que la religion.
Malheureusement, bon nombre dindividus ’ sombrent dans
un désarroi total lorsque ces pratiques se confondent à leurs
famille, ménage, travail, cadre de vie. Les classes sociales, les
castes, les ethnies restent des freins qui font beaucoup de
victimes.
C’est le cas de Kin é, une jeune sénégalaise issue d’une
famille très aisée. Belle, intelligente, respectueuse et pieuse,
elle possède les qualités dont rêverait tout homme. Hélas, sa vie
n’est qu’un cumul de relations tumultueuses jusqu ’à ce que LA CONCESSIONson chemin croise celui de son époux. Mariée, elle se retrouve
plongée dans un monde qui lui est totalement inconnu,
ancré dans les traditions sénégalaises. Son destin se voit ainsi Roman
guidé par compromis et concessions, afin de ne pas se noyer
dans cette grande marée sociale. Mais jusqu’à quel point
tiendra-t-elle?
Joies, peines, bonheur, malheur, hypocrisie et mensonges
s’entrechoquent et font de cette histoire une belle leçon de
vie.
Ndeye Fatou Ndiaye est née au Sénégal en 1988. D’origine
sérère, elle a grandi au Plateau, dans le centre-ville de Dakar.
Après un cursus universitaire sanctionné par un diplôme de
second cycle et un titre de Major de promotion, elle intègre le
secteur bancaire. Passionnée par l’écriture, elle crée en 2014 le
blog « Ma plume, ma vie ». La Concession est son premier
roman.
Illustration de couverture :
© Melanie Lemahieu - 123rf.com
ISBN : 978-2-343-15218-9 9 782343 152189
17 €
Ndeye Fatou Ndiaye
LA CONCESSION














LA CONCESSION
Roman
Ndeye Fatou Ndiaye
LA CONCESSION
Roman © L’Harmattan-Sénégal, 2018
10 VDN, Sicap Amitié 3, Lotissement Cité Police, DAKAR
http://www.harmattansenegal.com
senharmattan@gmail.com
senlibrairie@gmail.com
ISBN : 978-2-343-15218-9
EAN : 9782343152189Je dédie ce premier ouvrage à mon père, cet
homme qui nous a transmis les valeurs de notre
culture sérère : la sincérité, le courage, l’honnêteté
et la loyauté.
À toi, Papa, qui a cru en ce projet depuis
toujours et qui n’a cessé de me motiver.
7 Prologue
Kiné était assise en face de sa fenêtre. Il faisait nuit et le
ciel était dégagé. On pouvait alors voir les astres lumineux
qui faisaient croire à un spectacle de lumière. Cette image
renvoyait à une nuit romantique parsemée de petits sons
diffusés par des grillons. Elle était là, assise, et contemplait
les étoiles. À vrai dire, son esprit était ailleurs. La voilà
transposée dans son passé. Elle ressassait dans sa tête toutes
ces années qu’elle venait de vivre dans la concession. Elle
l’avait rejoint un soir d’août, avec des chants mélodieux et
de grands honneurs.
Ce soir-là, Kiné avait changé de vie. La jeune fille frêle
était devenue une femme. Ce soir-là, le ciel était rempli
d’étoiles, comme celui d’aujourd’hui. Ce soir-là, une
nouvelle page venait de s’écrire dans sa vie.
Ses yeux se refermaient ainsi sur les années qu’elle
venait de vivre dans la concession.
9 Chapitre 1
Une journée comme les autres
« Kiné, Kiné, réveille-toi, tu vas être en retard. »
« Kiné ! »
Cette fois, le ton se haussait légèrement.
« Hum…, maugréa-t-elle.
- Ton réveil n’a-t-il donc pas sonné ce matin ? Il est déjà
6 h 30. »
La tête toujours enfouie sous les couvertures, c’est avec
une petite voix qu’elle daigna enfin répondre.
« J’arrive. »
L’idée de retourner travailler dans cet endroit ne
l’enchantait guère. Comme tous les lundis matin depuis
plus d’un an, Kiné manifestait son dédain pour la reprise du
travail. Cela faisait un moment qu’elle était démotivée.
Malgré tout ce pessimisme, l’envie de démissionner et son
amertume, elle n’avait d’autre choix que de s’y rendre. Elle
tenait à apporter son aide pour les dépenses de la maison
même si ses parents ne la lui réclamaient guère. De plus, le
regard de la société était là. À cette époque difficile, et avec
une jeunesse assez désorientée, avoir un enfant qui travaille
était une source de satisfaction pécuniaire, mais surtout
morale. Il n’était pas rare d’entendre son père ou sa mère
indiquer avec enthousiasme le parcours de leur fille et la
grande société de distribution dans laquelle elle travaillait.
Ses parents éprouvaient une joie sans pareille lorsque leurs
11 amis venaient s’enquérir de la situation professionnelle de
leur progéniture.
Issue d’une petite famille, Kiné était la benjamine d’une
fratrie de quatre enfants : deux garçons et deux filles. Très
tôt, Moctar et Safy, les parents, avaient opté pour des études
dans une école privée. Pour eux, l’avenir de leurs enfants
passait avant tout ; ni faste ni gaspillage. Aujourd’hui, ce
choix était sans regrets : Hamady était directeur de société,
Alpha exerçait la profession d’avocat, Mamy était un
docteur de renom et Kiné serait sûrement promue directrice
financière à Vocero, une grande multinationale implantée à
Dakar. Toute cette petite famille logeait dans le quartier
résidentiel des Almadies. Moctar avait pris une retraite
anticipée avant de démarrer ses propres affaires. Quant à
Safy, elle avait fait le choix d’être une femme au foyer dès
la naissance de Hamady. Comme toujours, l’éducation des
enfants était primordiale.
« Que t’arrive-t-il donc, Kiné ?
- Rien, m’man, rien ; il ne se passe rien, je vais prendre
ma douche. »
« Encore une longue journée », se dit-elle lorsque les
gouttes d’eau commencèrent à ruisseler sur son corps. Kiné
était tellement préoccupée qu’elle ne sentait pas le temps
passer. « Je vais encore devoir supporter cette pression.
Quand vais-je enfin trouver un nouveau travail ?…
Ibrahima ne m’a toujours pas rappelée malgré mes
multiples tentatives… M’aime-t-il toujours ?… »
Tant de questions qui restaient sans réponses. Un bruit la
fit sursauter et revenir enfin à la réalité. Elle venait de
lâcher le savon qu’elle tenait entre ses mains, car son esprit
était ailleurs. Elle se décida enfin à sortir de la salle de bain
après s’être rincée. Après tout, une journée de plus dans
cette galère ne devrait pas l’empêcher de vivre.
12 Il fallait d’abord faire la prière du matin avant de partir,
faute de quoi elle risquerait de s’attirer les foudres de
maman, qui veillait au grain. « D’ailleurs, la voilà qui
arrive », se dit-elle alors qu’elle était assise sur son tapis de
prière, le chapelet en main.
« Je t’ai maintes fois dit de te lever tôt pour prier. On dit
que l’enfant prend les traits de caractère de son homonyme,
mais toi, tu n’as pas hérité de cette qualité de ma mère. »
Kiné portait le prénom de sa grand-mère maternelle et
aussi celui de sa grand-mère paternelle, Alima. C’est la
raison pour laquelle son père la chouchoutait tant, plus que
les autres. « Elle va encore me rabâcher cela comme tous
les matins », pensa-t-elle.
Malgré cette impression de tension constante entre les
deux femmes, Safy aimait énormément sa benjamine. Elle
revoyait à travers les yeux de sa fille, sa jeunesse. Pour elle,
celle-ci lui ressemblait plus que les autres. Néanmoins, il
arrivait qu’elles se disputent, mais cela ne durait jamais.
Quinze minutes plus tard, Kiné entrait enfin dans sa voiture.
Elle portait une jupe en wax bleue, un chemisier beige et de
hauts talons assortis. Kiné était une belle femme, avec un
teint chocolaté, des yeux en amande et des cheveux qui
retombaient sur ses épaules. Elle était raffinée, pleine de
vie, et avait toujours le sourire aux lèvres. Lorsqu’elle
passait dans la rue, des hommes se retournaient pour
observer sa démarche de gazelle. Dieu l’avait dotée d’une
taille magnifique avec un petit buste et des formes
voluptueuses. Elle avait tout pour rendre un homme fou, et
pourtant, elle peinait à trouver l’amour. Disons plutôt
qu’elle le trouvait, mais que celui-ci fuyait après quelques
mois. Ibrahima était son compagnon du moment. Par
contre, le courant ne passait plus ces derniers jours. Pour un
oui ou pour un non, Ibou se fâchait et faisait la tête. Il lui
arrivait de rester deux ou trois jours sans la contacter.
13 « Vous êtes sur 90.5 et vous écoutez la chaîne
Vogue FM. Voici le dernier tube de l’été à savourer sans
modération, "Begeu dou bagn" de Youssou Ndour ! », lança
l’animateur radio.
Cette belle chanson rappelait à la jeune demoiselle
beaucoup de souvenirs. Au volant de sa Renault, Kiné
écoutait ces mélodies en pensant à son amour, son homme,
celui pour qui elle se faisait belle tous les matins dans
l’espoir de le voir dans la journée. Et pourtant, son cœur
était meurtri. Depuis quelques jours, elle sentait que la
relation vacillait. Elle ne reconnaissait plus son fiancé.
Celui-ci n’avait plus de temps à lui accorder. Ses prétextes
étaient le travail, les amis, le sport, la famille. Et lorsqu’elle
s’en plaignait, il ne trouvait rien d’autre à faire que de
s’énerver au point de la faire culpabiliser. Cela durait
depuis trois mois maintenant. Malgré ses larmes, ses nuits
blanches et sa tristesse, Kiné s’efforçait de rester dans cette
relation.
« Tu ne devrais pas te laisser faire, lui disait toujours
Rabya, sa cousine. Ibou ne te respecte pas, et même s’il
t’épouse, tu souffriras. As-tu pensé à ta maman ? Une dame
de son rang ne mérite pas de voir l’image de sa fille être
souillée. Et de surcroît par un homme, alors qu’il y en a à la
pelle. Qu’a-t-il donc de si particulier cet Ibou, pour te
garder sous son emprise ? »
En guise de réponse, Kiné lançait toujours un regard
hagard, plein de tristesse. C’est un coup de klaxon qui la
ramena enfin sur terre. Elle venait de bifurquer sur la rue
menant à son bureau. « Décidément, se disait-elle, je suis
vraiment tête en l’air ce matin. »
L’enseigne de son lieu de travail lui donnait déjà la
migraine. « Que me réserve-t-on encore aujourd’hui ? »,
pensait-elle en empruntant les escaliers. Après les
salamalecs habituels, la voilà assise devant son ordinateur,
les écouteurs dans les oreilles et une tasse de café à sa
14 droite. Elle en avait particulièrement besoin. Entre son
réveil brutal et son esprit qui ne cessait de voyager, il lui
fallait se concentrer pour mener à bien son travail. À vrai
dire, Kiné ne supportait plus son emploi. Victime de la
jalousie de certains collègues qui ne comprenaient pas ses
promotions rapides, elle était souvent la cible de leurs
phrases acerbes. Même si on ne lui disait rien directement,
elle savait lire entre les lignes et comprenait aisément que
ces mots lui étaient destinés, sans compter les coups bas
qu’on lui faisait. Elle avait pourtant réussi ses études avec
succès et la société avait fait des pieds et des mains pour la
recruter compte tenu de son excellent profil. Il n’était donc
pas étonnant, pour la Direction, de lui faire gravir
rapidement les échelons, contrairement à ses collègues qui
avaient passé plusieurs années au même poste.
Elle faisait donc le même rituel tous les matins. Elle
évitait par tous les moyens d’échanger avec eux. Ses
écouteurs étaient devenus ses meilleurs amis au travail.
D’ailleurs, la musique l’empêchait de trop penser à ses
problèmes.
Pendant ce temps, de l’autre côté de la ville, sur la
corniche, se tenait une discussion très intéressante.
« Wa, mais Grand, où est Kiné ?
- Sûrement au travail, avait répondu Ibou avec un air
totalement décontracté.
- Euh… Sûrement ? Donc tu ne sais pas, reprit Amadou,
son meilleur ami, apparemment choqué par cette réponse
désinvolte.
- Écoute, boy, Kiné me prend la tête ces temps-ci, et je
n’ai pas le temps de m’occuper de ses gamineries.
- Et quelles sont ces gamineries dont tu parles, Ibou ?
- Madame me fait des scènes parce que je m’endors le
soir sans lui dire que je suis rentré à la maison. Le matin,
lorsque je ne la rappelle pas, elle s’offusque. Et le comble,
15

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