La femme de Bernard
203 pages
Français

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La femme de Bernard , livre ebook

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Description


Faux frères mais vrais rivaux




Lorsque la famille d’Albert Sabourin débarque au début de l’été, à la fin des années 1960, dans sa propriété de La Châtaigneraie après plus de quinze ans de quasi-absence et de désintérêt, c’est la panique chez ses fermiers. En effet, après le départ des aînés, le dernier représentant de la lignée, Renaud, trop jeune et inexpérimenté, a laissé péricliter le domaine confié à ses soins. Il ne tarde pas à se heurter à l’aîné des Sabourin, Bernard, qui est en fait son demi-frère naturel, et cela avec d’autant plus de violence que tous deux courtisent la jeune Cécile, amie de la famille... qui finalement épousera Bernard.


Accusé à tort par la rumeur publique d’être l’auteur d’un meurtre qu’il n’a pas commis, Renaud se retrouve en butte à l’hostilité générale de son entourage et se résigne à son sort de paria. Mais rien n’est jamais perdu...



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Informations

Publié par
Nombre de lectures 5
EAN13 9782381537894
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0090€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

ISBN : 9782381537894
 
L’œuvre présente sur le fichier que vous venez d’acquérir est protégée par le droit d’auteur. Toute copie ou utilisation autre que personnelle constituera une contrefaçon et sera susceptible d’entraîner des poursuites civiles et pénales.
 
La femme de Bernard
 
 
La SAS 2C4L — NOMBRE7, ainsi que tous les prestataires de production participant à la réalisation de cet ouvrage ne sauraient être tenus pour responsables de quelque manière que ce soit, du contenu en général, de la portée du contenu du texte, ni de la teneur de certains propos en particulier, contenus dans cet ouvrage ni dans quelque ouvrage qu’ils produisent à la demande et pour le compte d’un auteur ou d’un éditeur tiers, qui en endosse la pleine et entière responsabilité.
Florence Levet
 
La femme de Bernard


Du même auteur
 
Sous un tas de pierres , Nombre7 Éditions, décembre 2020.
Dans l’inconnu au milieu de nulle part, Nombre7 Éditions, juillet 2020
La neuvième vie du chat, Nombre7 Éditions juillet 2020.
Un hiver au bord de la mer, Nombre7 Éditions, octobre 2019.
Deux fois disparue, Nombre7 Éditions, janvier 2019.
Jours de brouillard , Nombre7 Éditions, août 2018.
La maison de l’escalier , Nombre7 Éditions, août 2018.
Les deux maris du docteur Marchadier , Nombre7 Éditions, août 2018.
Une vie pour une autre , Nombre7 Éditions, janvier 2018.
Une terre de cailloux et de soleil , Nombre7 Éditions, janvier 2018.
Les cousins Bruneau , Nombre7 Éditions, octobre 2017.
Des orages et des loups , Nombre7 Éditions, octobre 2017.
Le reflet insolite de la robe émeraude , Nombre7 Éditions, octobre 2017.
 
Première Partie : Juillet
I
L’étang miroitait au soleil entre les arbres. L’air vibrait sous la chaleur de midi et, dans le silence, le moindre bruit prenait un étrange relief. Denis s’avança sur le ponton, abandonnant sur la rive son matériel de pêche, et il s’étendit à plat ventre sur les planches branlantes, la tête penchée et le nez à ras de l’eau, laissant pendre sa main entre les nénuphars. Sur sa gauche, une cane sauvage s’envola lourdement en criant avant de disparaître entre les roseaux et le jeune garçon releva la tête en entendant des pas résonner sur la chaussée de pierre.
— Qu’est-ce que tu fais ? Tu as laissé tomber quelque chose ? 
Denis cligna des yeux dans le soleil et observa le nouvel arrivant entre ses longs cils blonds.
— Non…
L’homme sourit et le rejoignit en quelques enjambées. Mais Denis restait étendu, le regard perdu au loin, et son visage exprimait une sorte d’ennui paisible. Après un petit silence, il se décida à regarder de nouveau le visage de son compagnon.
— Tu pêches à la main, maintenant ? s’enquit ce dernier en s’asseyant à ses côtés.
— Mais non, riposta Denis, une note d’agacement dans la voix. Je… Je pensais.
— À quoi ?
D’un geste vague, l’adolescent désigna le paysage autour d’eux, l’étang à demi enfoui sous les roseaux et les nénuphars, les reflets des arbres.
— Tout ça… C’est bien, ici.
— Tu ne vas pas te mettre à peindre, toi aussi, comme ton père ?
Denis interpréta mal le demi-sourire mêlé d’ironie et d’affection qui avait accompagné les paroles du jeune homme et il se redressa brusquement. Le charme était rompu.
— Bien sûr que non, dit-il sèchement. Tu me prends pour qui ?
— Je plaisantais, corrigea son interlocuteur, conscient de l’avoir contrarié. Et moi aussi j’aime bien ce coin.
Denis lui jeta un regard méfiant et se leva.
— Tu viens, Renaud ? On va bouffer, j’ai faim.
Renaud soupira, regrettant le trop bref moment de confiance mutuelle pendant lequel leurs esprits avaient paru s’accorder.
— Tu as fait une bonne pêche ? demanda-t-il pour récupérer au moins une façade d’entente.
— Exécrable, dit Denis sans se retourner.
Il ramassa ses lignes et son panier et ils marchèrent côte à côte, sans s’adresser la parole, en direction de la maison dont on apercevait le toit de tuiles entre les arbres.
C’était toujours de cette façon que les entretiens entre Renaud et ses cousins se déroulaient, un long passé de chamailleries et plusieurs traits de caractère incompatibles les séparaient. Il avait eu tort, une fois de plus, de chercher à percer les mystères dont Denis s’enveloppait, cet enfant de treize ans ne parlait à personne, on ne savait jamais à quoi il pensait, on aurait presque pu croire qu’il ne faisait pas partie du même monde que les autres hommes. Il passait des heures à rêvasser et disparaissait dès qu’on avait besoin de lui, opposant à tous un visage fermé et une insurmontable force d’inertie. Lorsque Renaud voyait, comme en ce moment même, le visage buté du garçon, avec ses yeux à demi fermés, ses épais cheveux blonds lui balayant le front et une moue mi-enfantine mi-méprisante aux lèvres, il l’eût volontiers pris aux épaules pour le secouer. Mais il connaissait par expérience l’inutilité d’un tel geste, qui ne servirait qu’à braquer davantage le gamin contre lui.
Comme ils pénétraient dans la cour de la ferme familiale, une pétarade de motocyclette se fit entendre derrière eux. Denis continua à marcher du même pas, comme si de rien n’était. Renaud s’était arrêté, il attendit que l’arrivant ait stoppé sa machine.
— Ça va, Guillaume ?
Guillaume, frère aîné de Denis et cousin germain de Renaud, était un grand garçon blond de dix-sept ans, apprenti chez le garagiste de Leycuras, le village voisin, et passionné de mécanique.
— Quoi de neuf chez le père Coutrel ? questionna Renaud.
— Bof… Rien.
Un instant, le visage de Guillaume exprima le même ennui que celui de Denis un peu plus tôt, comme si lui aussi eut été brusquement tiré d’un rêve, mais ce fut très fugitif, à la différence de son cadet Guillaume n’était pas un contemplatif.
— La routine habituelle, précisa-t-il. Des bougies encrassées, des batteries mortes, des roues crevées… C’est fou ce qu’il y a comme vieux tacots par ici !
— Qu’est-ce que tu veux ? Les gens ne sont pas riches. Si tu veux voir des belles bagnoles, il faut aller à la ville… Tiens, à propos, j’aimerais bien que tu jettes un coup d’œil au tracteur tout à l’heure avant de repartir au travail, il a des ratés.
Des ratés ! Forcément, un vieil engin de la fin des années quarante que son cousin avait racheté d’occasion l’année précédente en revenant du service militaire ! Guillaume leva les yeux au ciel.
— Pas le temps.
— Tu ne veux tout de même pas que je te l’amène au garage ?
— D’accord, je le regarderai ce soir. Mais ne te fais pas trop d’illusions. Quelle idée t’a pris de récupérer ce tas de ferraille ? Tu ferais mieux d’en acheter un autre, il est en bout de course.
— Ce n’est vraiment pas le moment…
Une note de lassitude dans le ton de Renaud empêcha Guillaume de poursuivre. Bien sûr, si son cousin avait acquis cette vieille ruine c’est qu’il n’avait pas eu les moyens de s’en procurer un neuf, plus moderne. Les deux garçons gravirent les marches du perron en silence.
À l’intérieur, les autres membres de la famille avaient déjà pris place autour de la table. L’oncle Louis, père de Guillaume, de Denis et de leur frère Patrice, présidait l’assemblée, tandis qu’Emmanuelle, la sœur cadette de Renaud, servait les uns et les autres, s’affairant entre le fourneau et les assiettes des convives. Martin, un vieil ouvrier agricole qui travaillait là depuis des temps immémoriaux, occupait l’autre extrémité de la tablée. Un silence inhabituel planait.
— Qu’est-ce qui se passe ? questionna Guillaume, en se glissant à sa place sur le banc pendant que son cousin se dirigeait vers l’évier pour laver ses mains terreuses. Vous en faites, des têtes !
— Les Sabourin arrivent dans trois jours, répondit Emmanuelle sans lâcher la fourchette avec laquelle elle remuait les pommes de terre dans la poêle. Ils ont écrit, la lettre est sur le buffet

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