Le jour du débarquement de la flotte américaine
162 pages
Français

Le jour du débarquement de la flotte américaine

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162 pages
Français

Description

Un attentat à Dakar alors que ce livre comment à peine à s'écrire ? Et peu d'heures avant, sur la mer, au-delà de Gorée un déploiement de forces de la flotte américaine ? Vous et moi nous en serions aperçus, la presse s'en serait emparée, et dès lors qu'il n'en fut rien, nous voilà dans l'actualité fiction. En ce jour qui n'a pas été, Dakar s'éveille sous le chaos d'une violence inédite, les faits et gestes des uns, les espoirs, les rêves et les ambitions des autres, se trouvent brutalement interrompus. Une fiction allégorique, tragique et ludique à la fois.

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Date de parution 10 septembre 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140099274
Langue Français
Poids de l'ouvrage 28 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0032€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Philippe CANTR AINELE JOUR DU
DÉBARQUEMENT
DE LA FLOTTE AMÉRICAINE
Un attentat à Dakar alors que ce livre commence à peine à
s’écrire ? Et peu d’heures avant, sur la mer, au-delà de Gorée
un déploiement de forces de la fl otte américaine ? Vous et LE JOUR DU
moi nous en serions aperçus, la presse s’en serait emparée,
les autorités du pays auraient revu leur agenda, et dès lors
qu’il n’en fut rien, nous voilà dans l’actualité fi ction. DÉBARQUEMENT En ce jour qui n’a pas été, un jour qui n’aurait pas été comme
les autres, Dakar s’éveille sous le chaos d’une violence inédite,
les faits et gestes des uns, les espoirs, les rêves et les ambitions DE LA FLOTTE AMÉRICAINEdes autres, se trouvent brutalement interrompus.
Une fi ction allégorique, tragique et ludique à la fois, aux Roman
allures de « wargame » et de télé-réalité fi lmée en extérieur
qui, sur le mode fantastique, va nous porter vers sa folle
conclusion.
Né en 1954, Philippe CANTRAINE a exercé des fonctions diplomatiques
au Québec, à Paris, à Rome et à Varsovie. Il a été conseiller du
Président Abdou Diouf, alors secrétaire général de la Francophonie,
avant d’’occuper, pour le Sénégal et l’Afrique de l’Ouest, le poste de
Délégué général de la Wallonie-Bruxelles à Dakar. Il est l’auteur d’une
vingtaine d’ouvrages de prose, poésie et théâtre, des nouvelles et des romans.
Illustration de couverture :
© Pavlo Vakhrushev - 123rf.com
ISBN : 978-2-343-15306-3 9 782343 153063
17,50 €
LE JOUR DU DÉBARQUEMENT DE LA FLOTTE AMÉRICAINE Philippe CANTR AINEPhilippe Cantraine
Le jour du débarquement
de la fotte américaine
RomanPhilippe Cantraine
Le jour du débarquement
de la fotte américaine
Roman© L’HARMATTAN-SÉNÉGAL, 2018
10 VDN, Sicap Amitié 3, Lotissement Cité Police, DAKAR
http://www.harmattansenegal.com
senharmattan@gmail.com
senlibrairie@gmail.com
ISBN : 978-2-343-15306-3
EAN : 9782343153063(…) Des guerres d’un anachronisme inversé :
(ce pays était) en proie aux barons rebelles :
on aurait dit l’Europe du Moyen Age.
Mais alors, qu’y faisaient les Américains ?
Colomb n’avait pas encore découvert leur continent…
Graham Greene
7I
jour-là, l’Afrique était en marche. Les gratte-ciel Cedominateurs avançaient en rangs serrés. En ville, le
lieutenant-colonel Abdoulaye Sy avait, comme chaque matin,
fait le tour du propriétaire. En survêtement et chaussures Airness,
marque emblématique d’une success sory malienne, il avait
gagné la porte de derrière qui donnait sur la Petite Corniche et
glissé par le judas, élargi en meurtrière pour impressionner
l’audehors tout en rassurant l’en-dedans, le regard militaire qu’il
réservait dans ses promenades au ciel libre et au vase océan. Il
venait s’assurer que tout était toujours en ordre depuis la veille,
toute chose à sa place, que rien ne s’était avisé de bouger. C’était
un jour de chaleur sans vent et, sauf à l’échouage de la côte, en
contrebas, où une petite plage de sable doux et moiré, ombrée de
trois rochers noirs et de deux flaos, recueillait mollement l’ourlet
de la dernière vague, l’océan était plat, étale et huileux. Au-delà
de la jetée qui branlait à quelque disance sur la gauche, l’île de
Gorée tenait immuablement la place qu’il lui revenait d’occuper
depuis cinq siècles de commerce et de trafcs. Le crocodile
immobile, à force de contrainte et de patience domesique, avait
consenti à ce que quelques plumes de végétation lui hérissent la
nuque, alignées derrière le fort d’Esrées. A quelques encablures
du rivage, une poignée de barques eflées, avec leurs pêcheurs
afairés, posaient en arc de cercle leur flet sur l’eau, signe, se
disait le lieutenant-colonel Sy, que l’Océan Atlantique, en cet
endroit sufsamment poissonneux, voulait bien dispenser
d’équipées plus périlleuses les petits caboteurs lébous sans
mâture ni pavillons. Cette pêche tranquille par des gens réputés
pour leur vaillance rassurait la consommation des hôtels qui
étaient leurs clients.
9Philippe Cantraine
Sy contempla les pirogues, élégants calligrammes disribués
sur la grande feuille de l’eau, puis scruta l’horizon, martial
selon son habitude, c’était plus fort que lui, tandis que l’heure
matinale invitait à un complet désarmement. Hormis la reprise
des activités du jour, il n’y avait rien à signaler qui ne soit
paisible, pas même les cargos porte-conteneurs qui gagnaient ou
quittaient le port de Dakar.
Le Jambaar chanceux de l’Arabie saoudite (lors de la
première guerre d’Irak, dans un crash, lors d’un décollage
pour la Mecque, le Sénégal avait perdu quatre-vingts soldats),
le héros des opérations de Gambie, de Casamance et de
Guinée-Bissau, soupira d’aise, puis se tourna vers l’imposant
caoutchouc à l’ombre duquel des hôtesses de Tunisair et de
Brussels Airlines avaient pris place par petits groupes babillards,
jaugea négligemment la qualité de l’échantillonnage proposé,
puis retourna à son tour d’horizon marin. Dans la piscine, des
nageurs aux geses lents sacrifaient au rite de la baignade,
expirant, inspirant, expirant l’air, l’air inspiré, chouchoutant le
corps dont le Ciel les avait gratifés… Gorée n’avait pas bougé,
la mer resait laiteuse. Le ciel était toujours blanc, coupé du vol
des cormorans, et les Lébous faisaient leur travail de Lébous
comme si le monde et son Créateur n’avaient placé en eux rien
d’autre.
Il es agréable en fn de carrière de servir dans la capitale. A
moins de vingt minutes l’attendait le mess des ofciers dans son
écrin de verdure. Après s’y être arrêté pour y prendre sa tasse
de thé et y parcourir son journal, le dos calé dans son coquet
petit fauteuil rond au velours écarlate, il irait saluer son cousin
malade à l’Hôpital général et remercier l’infrmière de service,
avant de se faire conduire au travail. Son chaufeur, un militaire,
oui, chacun son rang, le sentiment de soi n’a pas de préférence
de grade, le menait d’une main sûre, gagné à sa manière par
le souci de sa respectabilité, le long des allées ombragées,
chaufeur hors pair, le meilleur qui fût, rescapé du carrousel des
taxis de Dakar, comme des guêpes, avec leur dossard jaune et
10Le jour du débarquement de la fotte américaine
noir, toujours proches de se répandre sur la chaussée, jusqu’à
rejoindre son bureau de l’état-major où rien, excepté la médaille
en son cadre avec ses états de service, accroché au mur de
l’Académie militaire, tout acquis à sa personne, ne l’attendait
à pareille heure, pas plus aujourd’hui que les jours précédents.
Les grandes sratégies, prenant leur temps, mûrissent avant de
prendre forme. Abdoulaye Sy se prit à rêver doucement, goûtant
ces derniers moments, plus tièdes que frais, avant que la chaleur
ne monte, inexorable. Le regard du lieutenant-colonel s’enfuit
à nouveau vers l’arrière, détourné du front de mer, dans les
profondeurs du jardin de l’hôtel et la direction des flles-feurs de
Tunisair et de Brussels Airlines, saluées depuis ses lèvres muettes
en leur âge et qualité, hommage discret aux heures de vol que
ces dames n’accusaient pas toujours. Certainement leurs rires
auraient-ils été accueillis avec un égal enchantement par le poète
président Senghor et Wagner le Toubab musicien dont, pas plus
tard qu’hier, lui avait parlé l’attaché militaire allemand, qui leur
trouvait une oreille musicale commune, des points communs,
ce qui es tout de même forcer la note, un type oblique« », cet
attaché allemand, en avait conclu Sy. Il était si oblique que le
Sénégalais lui suspectait, lui et ses compatriotes, un double fond
animise. Comment expliquer sinon qu’ils avaient pu longtemps
mêler le feu et l’eau, exceller en sratégie militaire comme en
musique et en spéculation philosophique ? Ces maîtres dans
l’une et l’autre de ces disciplines avaient d’ailleurs conservé une
réputation sans équivalent. Pour l’art militaire - par-devers eux,
sans doute, parce que, depuis leur dégelée de 45, ils y mettaient
force pudeur et précautions. Pour la philosophie en tout cas,
sous toutes ses formes élevées, à ce qu’il en savait. Pour la
musique, point n’es besoin pour un ofcier africain de se sentir
tenu de cesser d’écouter la sienne si ce n’es pour la musique
militaire, ainsi que la musique cubaine, que tout Sénégalais de
sa génération adore. Novateur, il serait allé jusqu’à proposer
d’élargir le bénéfce de cette musique africaine d’outre-mer aux
cas d’incarcération dans les locaux disciplinaires parce qu’elle
11Philippe Cantraine
favorisait les relations intergénérationnelles. L’attaché allemand
professait aussi aux sceptiques que, si vous entendez percer
l’opinion que se font vos collègues de certaines choses que vous
avez à cœur de découvrir, l’expression aigre des visages de leurs
femmes saura vous confer les petits scandales que leurs maris
ont pris, en vain, le temps et la peine de les persuader de taire.
Son penchant immodéré pour les épouses de diplomates, dont
il baisait les doigts, incliné avec des façons surannées, détonant
dans son entourage, pouvait trouver là son explication lorsqu’il
s’enquérait si leurs époux entendaient la langue allemande,
espoir excessif, comble de l’ingénuité, de l’inconscience ou
d’un exotisme à rebours, comme on voudra, dans la patrie
des tirailleurs et de l’aventure coloniale française. Sans en
faire jamais état, cet homme devait avoir des préoccupations
devenues sans rapport avec les confrontations anciennes entre la
France et l’Allemagne. Sy pensait que cela était fort bien, mais
aussi qu’es-ce qui avait bien pu l’amener ici ?, dans un milieu
tropical qui n’était pas de chez lui et qu’il ne voulait pas voir. Sy
n’insisa pas. Ce n’était pas la peine d’en faire toute une hisoire.
C’était perdu d’avance. Le regard ennuyé de l’ofcier sénégalais
revint vers l’objet de son attention première, fxant le lointain
d’un océan résolument métaphysique.
C’es à ce moment qu’il les vit. Encore éloignés. Sortant de
la brume. D’abord, un liseré plus sombre que le gris bleu de
l’Océan Atlantique. Des touches plates comme des couches de
lavis allant s’élargissant. Puis des traits verticaux qui indiquaient
des supersructures qui ne pouvaient se détailler encore de si
loin. Bientôt un étalement de coques, uniformément grises sur la
mer, mais qu’on pouvait disinguer, disposées avec ordre comme
à l’exercice en mer. Elles paraissaient immobiles et pourtant
promettaient, grossissant lentement, irrésisiblement. L’attaché
militaire allemand, l’oblique qui s’exprimait à mots couverts,
à telle enseigne que Sy n’avait pas tout à fait saisi ce qu’il
s’eforçait de lui expliquer, avait donc raison. Cet Allemand-là,
ce coucou-là, n’était peut-être pas de la Forêt-Noire. Sy l’avait
12Le jour du débarquement de la fotte américaine
catalogué trop vite. En défnitive, n’était-il pas suisse ? Le
coucou peut être suisse, et le coucou suisse, qui, à la fois, sait
tout et rien des autres, ses congénères par delà les montagnes,
es, grossière erreur, sous-esimé à tort. Les Suisses sont des
coucous qui pondent tantôt dans le nid allemand, tantôt dans
le nid français, tantôt dans le lit italien, leur œuf unique, c’es
pourquoi celui-ci parlait allemand et paraissait au courant des
secrets des dieux.
– « Ils arrivent ! » hurla-t-il, efrayant la couvée d’hôtesses
de l’air qui caquetaient à l’ombre du caoutchouc. Sy se précipita
vers la réception en surfant entre les tables, évitant de peu les
serveurs interloqués, bousculant au passage un monsieur blanc
d’un âge respectable occupé à détailler de près le collier passé au
cou que lui faisait admirer une jeune beauté.
« Ils arrivent ! Voyez par vous-même, si vous ne me croyez
pas ! Passez-moi un téléphone, vite ! » Après quelques geses
désordonnés, il fut en ligne avec l’état-major . Lieutenant-– «
colonel Sy au rapport. Toute une armada se dirige droit sur nous
depuis le large, mon Général. C’es inouï ! C’es extraordinaire !
C’es comme la Normandie en 44 !… »
– « … » – « Si, si. Je vous assure, mon Général. Il y a bien
quarante ou cinquante navires… » – « … » - « Des navires de
guerre ? Qui d’autre, mon Général, se permet de pointer sur
nous des canons de proue, à quarante ou cinquante, sinon des
navires de guerre ?... » – « … »
– « Non. On ne disingue pas encore les pavillons. » – « … »
– « Vous dites ? Une pirogue avec… Envoyer une embarcation
en reconnaissance ? Mais où trouverais-je une à
l’endroit où je me trouve, oui, je suis au Novotel ? » – « … » –
« Où ? A Soumbédioune ? Des éclaireurs de l’armée déguisés
en pêcheurs ?... Les Lébous sont de sacrés pêcheurs, mais…
Si je puis me permettre, mon Général, vous êtes plus près que
moi de Soumbédioune. D’accord, mon Général, vous faites le
nécessaire ? Vous envoyez quelqu’un ? Bien, mon Général. Oui,
13Philippe Cantraine
oui. Je suis à vos ordres. Je rese auprès du téléphone de l’hôtel.
Je n’en bouge pas, c’es entendu. Comme vous dites, je serai vos
yeux et vos oreilles. Que tout aille bien, mon Général. Au revoir.
Oui. A plus tard… »
*
* *
Le général se dit qu’il avait fait son temps. Une invasion
par la mer, du jamais vu de mémoire de général. Ni d’homme
de sa génération. Ni des précédentes non plus, d’ailleurs, à
l’exception notoire de rares collègues retraités, chevronnés du
Maroc, qui vécurent le débarquement allié lors de la Seconde
Guerre mondiale et sont aujourd’hui des mathusalems. Qui
pouvaient bien être ces envahisseurs, à supposer qu’ils soient
dans cette intention, ce que leur multitude semblait accréditer
selon les propos exorbités du lieutenant-colonel Sy. Après tout,
avait-on reçu un ultimatum ou une déclaration de guerre ? Dans
ce cas, le secret avait été bien gardé. Étaient-ce les Ivoiriens ?
Les Ivoiriens étaient riches en cacao et en café, rêvaient de
suprématie, mais les Présidents des deux pays s’entendaient
bien et, à supposer qu’ils aient pété un plomb, les Ivoiriens
avaient-ils de quoi se payer semblable folie ? S’agissait-il
des Mauritaniens qui cherchaient à faire diversion pour nous
éloigner du feuve qui traçait la frontière commune ? Le général
balaya cette hypothèse de la main. C’était tout bonnement
ridicule. Les Mauritaniens sont des chameliers et les Japonais
les ont soulagés de tout besoin d’une fotte en se chargeant
directement de leurs poissons. Les Marocains, eux, étaient des
amis, et, c’était peu de le dire, de grands frères qui ofraient leurs
mosquées. Les autres aux alentours n’avaient pas le pied marin.
La France n’aurait eu aucun motif, serait-il sratégique, d’en
imposer à son ancienne colonie de manière aussi démonsrative.
Ce serait une faute de goût. Elle y était chez elle. Les
Soviétiques ? Ils n’étaient plus sur les rangs en Afrique, où
14Le jour du débarquement de la fotte américaine
ils avaient ensablé leurs chasse-neige lorsqu’ils avaient eu
l’intention d’y prendre pied, et leur ancien empire avait fni par
voler en morceaux. Les Américains ? Oui, les Américains, c’était
assez dans leur manière de faire, mais… De là à s’en prendre à
nous… La Présidence était-elle informée ? En savait-elle plus ?
Le Président de la République n’avait jamais manqué, depuis
la libération du Koweït, de téléphoner au lieutenant-colonel Sy
pour lui souhaiter un bon anniversaire, le félicitant à chaque fois
d’avoir reçu d’Allah le Miséricordieux le supplément de sagesse
d’une nouvelle année écoulée. Le Président ne lui avait jamais
fait défaut, mais il n’était nullement obligé de le tenir dans le
secret des hautes sphères.
Il appela un planton et ordonna, grave, sérieux, comme si de
rien n’était pour ne rien laisser percer de ses inquiétudes, comme
à l’exercice :
– « Faites venir Babacar Sambe. »
Le planton s’exécuta. Le temps que le dénommé Babacar
Sambe arrive, le général arrêta l’élan suicidaire qui l’aurait mis
en communication avec la Présidence de la République, passa
ses appels successivement au directeur de Cabinet du minisre
de la Défense (absent), à celui du minisre de l’Intérieur (disrait
par un problème considéré plus important), osa s’adresser
à un conseiller du Premier minisre, qui était d’une humeur
massacrante. Il avait son il lui fallait respecter sa
hiérarchie, pour que le Chef de l’Etat soit informé trois fois plutôt
qu’une, la hiérarchie n’était pas pour les poules, de quel droit se
permettait-il ? S’épongeant le front, il attendit le retour d’appel
qui le convoquerait pour une réunion d’urgence à l’état-major ou
à la Primature, ou chez celui des caciques qui en prendrait sur
lui l’initiative, car il ignorait si le Président de la République se
trouvait actuellement au pays.
Lorsque Babacar fut en sa présence, au garde-à-vous, plus
noir que son ombre, plus que lui-même, tiens, parce que c’es
un Lébou, le général lui dit : « Babacar », réféchissant puis se
décidant sans préambule, Babacar« , tu vas faire exactement ce
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