Le Tour du monde d un gamin de Paris
231 pages
Français

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Le Tour du monde d'un gamin de Paris , livre ebook

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Description

Friquet, jeune parisien débrouillard mais peu fortuné, décide d'entreprendre un tour du monde après avoir lu Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne. Il arrive en Afrique où il fait la connaissance de ses futurs compagnons de voyage : le docteur Lamperrière, médecin militaire, et André, riche héritier féru d'aventure. Une solide amitié se noue entre les trois hommes capturés par des anthropophages, puis sauvés in extremis par un marchand d'esclaves. S'en suit une série d'aventures où Friquet joue de malchance mais fait toujours contre mauvaise fortune bon coeur : capturé par un gorille, mordu par un serpent venimeux, généreux sauveur d'un petit Africain, on le retrouve prisonnier sur un mystérieux bateau naufrageur au large des côtes d'Amérique du Sud, puis dans l'immense étendue de la pampa du Rio Grande Do Sul où il fait la connaissance d'un aventurier parisien... et de l'hospitalité toute relative des habitants de cette contrée reculée. Même «aux trois quarts noyé, au deux tiers pendu» selon ses propres mots, il se sort toujours des situations les plus inextricables et invente même une évasion rocambolesque à travers les sommets de la Cordillère des Andes pour retrouver ses compagnons de voyage et boucler son tour du monde en démantelant un réseau de crime organisé! Un roman aux rebondissements multiples qu'on lira avec plaisir malgré les nombreuses digressions «éducatives» et le discours colonialiste daté.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 août 2011
Nombre de lectures 121
EAN13 9782820604576
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0011€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Le Tour du monde d'un gamin de Paris
Louis Boussenard
1879
Collection « Les classiques YouScribe »
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ISBN 978-2-8206-0457-6
Partie 1 LES MANGEURS D’HOMMES
Chapitre 1

Terrible bataille sous l’équateur. – Les blancs et lesnoirs. – On fait connaissance entre des gueules de crocodiles etdes mâchoires de cannibales. – Héroïsme d’un gamin de Paris. –Dévouement inutile. – Échec et mat. – À 1.200 lieues du faubourgSaint-Antoine. – L’envers de la Case de l’oncle Tom. – Uncompatriote maigre et très peu vêtu.

– À moi !… s’écria d’une voix étouffée le timoniersans lâcher la barre, bien qu’il eût le col furieusement étreintpar les deux griffes crochues d’un noir.
« À moi !… » hurla-t-il une seconde fois, lesyeux blancs, la face violacée, la bouche tordue.
– Tiens bon… Pierre !… On y va !…
Et le timonier Pierre, défaillant, hors d’haleine, aperçoit,comme dans un brouillard, un petit bonhomme sortant on ne saitd’où, qui d’un bond s’élance vers lui.
Le canon d’un revolver frôle son oreille. Le coup part.
L’étreinte du noir se desserre aussitôt. La tête grimaçante, quePierre ne peut voir, éclate, fracassée par la balle de onzemillimètres. Le féroce ennemi qui s’était hissé par la chaîne dugouvernail dégringole dans le fleuve ; un crocodile le happeau passage, et l’entraîne à travers les herbes.
– Merci tout de même, Friquet, dit Pierre en avalant unevaste lampée d’air.
– Y a pas d’quoi, va, mon vieux… à charge de revanche, pasvrai…
« A pas peur !… Y va faire chaud tout àl’heure. »
Friquet disait vrai.
Il faisait doublement et terriblement chaud, sur le pont de lajolie chaloupe à vapeur qui remontait en ce moment, à grand’peine,le cours de l’Ogôoué.
En dépit de l’excellence de sa machine, dont le piston battaitcomme le pouls d’un fiévreux, l’embarcation avançait lentement aumilieu des rapides. Sa cheminée fumait comme celle d’un steamer,l’hélice faisait rage, la vapeur qui mugissait et hoquetait dansles conduits de métal, sifflait sous les soupapes empanachées debuées blanches.
Par 9 degrés de longitude ouest, sous l’équateur, les vingthommes de l’équipage eussent pu, sans aucun doute, appréciervivement les bienfaits d’une carafe frappée et d’un éventail. Nul,parmi eux, ne semblait pourtant se préoccuper de ces raffinementsde la vie civilisée, dont il était permis de déplorer la privation,sans être pour cela taxé de sybaritisme.
Tous, le chassepot à la main, le revolver à la ceinture, lahache à portée, épiaient avec une sorte de vigilance inquiète lesallures de tout un clan de noirs éparpillés des deux côtés dufleuve.
L’enseigne de vaisseau commandant la chaloupe, chargé d’unemission toute pacifique par l’amiral en station navale au Gabon,avait recommandé de ne faire feu qu’à la dernière extrémité.
Malheureusement, les tentatives de conciliation, opéréesantérieurement, ayant toutes complètement échoué, il fallaitrétrograder ou avancer par force. Reculer est un terme inconnu enmarine. C’est pourquoi l’équipage tout entier se tenait à son postede combat.
On était en plein pays ennemi, au milieu des Osyébasanthropophages, que le regretté marquis de Compiègne, et sonintrépide compagnon, Alfred Marche, ont les premiers visités, aumilieu de périls inouïs, au commencement de l’année 1874.
La sauvage agression qui avait failli être fatale au timonierPierre, prouvait que les moyens pacifiques ne réussiraient pas.L’assaillant, victime du coup de revolver, était arrivésournoisement à la nage, en nombreuse compagnie, à quelques mètresà peine de la chaloupe.
Voyant que jusqu’alors les hommes blancs ne faisaient pas minede résister, ils avaient cru, dans leur naïveté anthropophagique, àla réussite complète de leur projet. Aussi leur désillusion setraduisit-elle en clameurs furibondes, accompagnées d’une retraiterapide.
Ceux qui étaient à terre, exaspérés de leur déconvenue,ouvrirent un feu violent sur les matelots qui ne se donnèrent mêmepas la peine de s’abriter derrière le bordage.
Cette salve, exécutée avec les mauvaises patraques de fusils àpierre, fournis par les traitants, n’eut d’autre résultat qu’un peude fumée, et beaucoup de bruit.
Le jeune commandant, voyant les masses confuses des noirséchelonnés en quantité innombrables dans les lianes et les largesfeuilles du rivage, fit charger la légère mitrailleuse placée àl’avant de son bâtiment.
– Tout est paré ? interrogea-t-il d’une voixcalme.
– C’est paré, commandant, dit le maître canonnier.
– Ça va bien.
L’aspirant de première classe, faisant fonction de second,était, en ce moment, en colloque animé avec un grand diable dematelot nommé Yvon, qui, insoucieusement appuyé sur son chassepot,regardait venir les noirs.
– Sauf vot’respect, capitaine, c’est donc ces particulierslà qui ont croché not’docteur il y a quinze jours ?
– Je crois, en effet, que ce sont eux.
– Mais, capitaine, comment diable le docteur, un vieuxmatelot, s’est-y laissé pincer par ces mauvaiscabillauds ?
– Il est parti herboriser un jour, puis… il n’est plusrevenu. Je n’en sais pas davantage. Maintenant nous allons à sarecherche, un peu à l’aventure.
– Drôle d’idée, pour un homme si savant, de se mettreherboriste, à seule fin de ranger des boutures dans une boîte enfer blanc !…
« Et comme ça, continua Yvon, encouragé par labienveillance de son chef, tous ces nègres-là sont des mangeurs de« monde » ?
– Hélas ! Oui. J’ai bien peur pour notre pauvreami.
– Oh ! Y a pas d’danger, capitaine. Voyez-vous, saufvot’respect, le docteur est si maigre… et puis, il doit être sidur !
L’officier sourit sans répondre à cette boutade.
Cinq minutes à peine s’étaient écoulées. La chaloupe remontaittoujours vers les rapides qui mugissaient au loin.
En face, à mille mètres à peine, une ligne noire interceptait lavue. Avec la lorgnette, on distinguait une cinquantaine de piroguesrangées côte à côte, comme les bateaux d’un pont dont le tabliern’est pas encore posé.
Un long câble végétal, amarré à deux arbres, de chaque côté dufleuve, servait à les maintenir en ligne malgré le courant. Àdroite et à gauche, d’autres barques évoluaient silencieusement,escortant la chaloupe à distance respectueuse.
– Tonnerre à la toile ! Y va grêler dur, grogna unvieux quartier-maître en glissant amoureusement sous sa joue unechique énorme qu’il tira de son béret.
Il y eut tout à coup un grand silence, interrompu seulement parla toux saccadée de la machine.
Puis, comme si tous les singes-hurleurs, tous les hérons-butors,toutes les grenouilles-taureaux du continent africain se fussentdonné rendez-vous en cet endroit, éclata la plus épouvantablecacophonie qui ait jamais fait vibrer un tympan humain.
À ce signal, la ligne de pirogues amarrées en avant se brisa, ettoutes les embarcations descendirent le courant, pendant que cellesqui suivaient formaient en arrière une ligne transversale destinéeà couper la retraite à la chaloupe.
Les Européens étaient pris entre deux feux.
– C’est fini de rire, les enfants ! fit lequartier-maître en mâchonnant son tabac.
En un clin d’œil, les blancs sont cernés, tant la manœuvre del’ennemi est exécutée avec précision.
– Feu ! Tonne la voix du commandant.
La chaloupe s’embrase comme un cratère. Au crépitement de lafusillade se mêle le déchirement strident de la mitrailleuse, qui,tirant en éventail, coule trois ou quatre embarcations, et fracassehorriblement les corps de ceux qui les montent.
Pendant que les servants rechargent la pièce, la fusilladecontinue, serrée, implacable, mortelle. Les eaux qui commencent àrougir, charrient, au milieu des débris de bois, des torsesd’ébène, immobiles déjà, ou encore en proie à d’atrocesconvulsions.
Le cercle se resserre. Les assail

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