Les Jalousies de la rue andalouse
204 pages
Français

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Description

Début des années quatre-vingt, pour poursuivre ses études supérieures, un jeune provincial ambitieux est logé au sein d'une grande famille tunisoise d'origine andalouse, sur le déclin. Frustré et animé d'un sentiment d'injustice, Aziz alias Azzouz va entreprendre une stratégie de conquête et d'affirmation sociale. Lorsque surviennent des épisodes dramatiques de l'histoire de la Tunisie, l'ambition individuelle d'Azzouz coïncide avec celle des classes montantes prises dans un courant d'affairisme et d'opportunisme.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2019
Nombre de lectures 52
EAN13 9789938073379
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,08€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

AHMED MAHFOUDH LES JALOUSIES DE LA RUE ANDALOUSE
ROMAN
Arabesques 2019
Livre : Les jalousies de la rue Andalouse Auteur : Ahmed Mahfoudh Première édition 2019 Couverture : Yassine Kahlaoui Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés à l’éditeur: ARABESQUES EDITIONS ISBN :978-9938-07-337-9 33, rue Lénine-Tunis 1000 www. editions-arabesques.tn E-mail :editionsarabesques.tunis@gmail.com
Pourque l’écriture soit un hymne à la vie, contre les forces de l’obscurité : Il fallait que nouspuissions rire au soleil Sur les rivages des mers Il fallait que nous puissions ramasser les coquillages Et cueillir les narcissespar lesjardins dujour Ilfallaitque nos maisons auxfleurs rêveuses Puissent affronter le vent nocturne et lapluie Il fallait écrire sur la beauté des yeux de notre terre Etgrappiller lesfruits de millejardins Il fallait que nous rassemble une maison,nous si différents Afin que s’écroule la nuit des despotes Etque triomphe la vie C’est pourquoi j’ai chantépour l’amour Pour lapaix Pour les humbles Pour mes frères Abdelwahab El-Bayati,« Pour l’Amour », Poèmes d’exil inDivan,tome 1.
PROLOGUE LA FIN ENIGMATIQUE D’UN NOTABLE Azzouz Bramli a été retrouvé mort ce matin, dans la bibliothèque de sa majestueuse maison, Dar Gharnata, sise à la rue des Andalous. La victime un des plus grands avocats de la ville, qui s’est notamment rendu célèbre par ses plaidoiries retentissantes, ses sorties théâtrales et les affaires énigmatiques ou embrouillées gagnées contre toute attente, s’est enrichi en quelques années en achetant de vieilles propriétés indivises ou litigieuses dans la médina pour les revendre à prix d’or. C’est la Bonne qui a découvert le corps et alerté le poste de police du quartier. Le grand avocat, magnat de l’immobilier, serait mort d’une surdose de médicament qu’il prenaitpour soigner son cœur malade car un flacon de Digoxine, un digitaliqueen gouttes, utilisé pour réguler le rythme cardiaque, versé dans un verre d’eau, étaient près du corps. L’analyse du verre a révélé une dose excessive de digitalique, ce qui aurait provoqué l’infarctus. La 7
police avance l’hypothèse de l’accident, mais n’écarte pas celle du suicide car le richissime avocat et homme d’affaires, ayant monté de nombreux projets immobiliers, était paradoxalement criblé de dettes et objet de multiples poursuites pour de nombreuses défaillances professionnelles (non-respect de contrat), défaut de paiement et autres chèques sans provision. La police compte heureusement sur la découverte d’un journal intime, où le défunt consignait les moments importants de sa vie tunisoise pour lever définitivement le voile sur l’énigme de sa mort.
Les autorités judiciaires et médicales légales n’ont pas encore bouclé leur enquête que la rue a donné libre cours à ses rumeurs ainsi qu’à ses fantasmes. Il se colporte de bouche à oreille que l’avocat peu scrupuleux, qui a trempé dans de nombreux micmacs, vient de payer le prix d’une vie sacrifiée à l’enrichissement illégal et machiavélique. Le bon petit peuple fataliste y voit la justice de Dieu –Rabbi tah fih !Pour l’élite éclairée, cultivant les valeurs d’équité sociale, l’homme, illustre inconnu sorti du néant, s’était construit l’image d’un vaillant défenseur des opprimés et des faibles (dhoâfas). Il paye aujourd’hui le prix de son opportunisme : il l’a payé cher(klaha fi adhamou)! Enfin le discours cynique des intellectuels petits bourgeois, apparu depuis la banalisation monstrueuse de la corruption devenue généralisée et qui ne croit pas tellement aux justices transcendantales, avance que ledit avocat, corrompu, pèche surtout par excès de cupidité qui l’a empêché d’être lucide et de prévoir des garde-fous. Dans sa hâte de réussir, il a commis nombreuses maladresses. C’est parce qu’il n’a pas respecté la règle du jeu et a empiété
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sur le terrain des grands requins qu’on l’a cassé : quel stupidité, il mérite ce qui lui arrive! Mais toute la rue convient que, si énigmatique et si inattendue qu’elle soit, cette mort constitue la juste punition d’un excès d’ambition et d’arrivisme. Quant à nous, attendons les conclusions de l’enquête et ce que révéleront les notes intimes de la victime pour éclairer le lecteur et dissiper définitivement le mystère autour de ce décès-surprise. «Extrait d’un article de presse dans la rubrique des faits divers »
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