Liberté Egalité Chaternité - Journal d un chat salarié
95 pages
Français

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Liberté Egalité Chaternité - Journal d'un chat salarié , livre ebook

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Description

Pitié pour votre chat, il a eu une journée compliquée. Entre les attaques de mouches, la piètre qualité de ses croquettes et les misères que lui font les humains, il a besoin de souffler… Lisez-donc ce journal de bord pour vous en convaincre !
Se considérant comme salarié en charge de la sécurité de son appartement, le chat auteur de ces lignes a décidé de se faire le porte-parole de la condition féline. Il consigne jour après jour les événements de son quotidien, et livre, au détour de ses récits, un témoignage tant humoristique que lucide sur nous autres, hommes.
Somme de 365 histoires en une, ce livre se lira d’une traite ou par petites touches, par les petits et les grands, amateurs de chats ou simplement curieux de découvrir l’espère humaine et ses paradoxes sous un autre jour !

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 février 2016
Nombre de lectures 13
EAN13 9791029004230
Langue Français

Extrait

Liberté Egalité Chaternité
Un Chat
Liberté Égalité Chaternité
Journal d’un chat salarié









Les Éditions Chapitre.com 123, boulevard de Grenelle 75015 Paris
© Les Éditions Chapitre.com, 2016 ISBN : 979-10-290-0423-0
1 Janvier
1er janvier – Je soupçonne l’espèce humaine d’une facilité d’esprit : faire du chat un animal parmi d’autres. Nous ne serions qu’une vulgaire créature coincée dans l’histoire de l’évolution entre le lapin et le chien. Quelle erreur (humaine, comme toute erreur). Darwin avait ses raisons, certes. Il est parti du présupposé que l’espèce humaine est l’achèvement de la création, par pur orgueil. Son anthropomorphisme est compréhensible, mais il porte affront à la réalité ce faisant. La barrière du langage est sans doute la cause de la méconnaissance de notre vraie nature. Derrière nos miaulements et nos airs effrontés, que d’intelligence et de finesse, que de ruse et de bonté, d’élégance et de beauté. Le chat est le stade suprême de la création, n’ayons pas peur des mots.
Mes « maîtres », en bons humains, sont aveugles. Je sais tout d’eux, et eux ignorent tout de moi. S’imaginent-ils que je n’ai pas remarqué que les croquettes sont cachées dans la boîte de Ricoré placée en haut de l’armoire de la cuisine ? Je connais le moindre de leurs défauts, comme la propension de Madame à multiplier les petites choses qu’elle met inutilement aux pieds, les heures de palabre inutile de Monsieur avec ses enfants autour d’un repas, ou encore les razzias nocturnes du petit dernier dans la cuisine.
C’est pourquoi j’ai décidé d’écrire un journal intime, personnel. Au travers des événements que je raconterai au fil des jours et des mois, il faudra y voir un témoignage, un testament exprimé au nom de la condition féline. Ce testament n’engage que moi, mais je sais que tous les félidés en attesteront les principes. J’écris de manière à ce que mes propos puissent s’ériger en principes universels, partagés par tous les autres chats. Sauf des persans, plus proches de la peluche que du chat.
Cela m’ennuie. Je me voyais nouveau Montesquieu écrivant ses lettres à la cour du roi de Perse, mais j’aurais trop peur de rendre ainsi hommage à ces prétentieux chats de pacotille.
Qu’on me pardonne cette légère aigreur. Je n’ai pu fermer l’œil cette nuit en raison d’un brouhaha inexplicable. J’ai senti toute la journée d’hier une électricité dans l’air, que je ne sais expliquer. Cela fait désormais une bonne semaine que je sens cette tension dans l’appartement, et je suis grandement fatigué. C’est pourquoi j’inaugure ce journal en y consignant l’activité principale de la journée : la sieste, sur le canapé, au soleil.

2 janvier – L’essentiel de ma vie s’inscrit dans un appartement composé d’une dizaine de pièces. Il constitue mon territoire. On y trouve une salle où les humains se rassemblent et discutent, une salle où ils mangent, une où ils préparent les repas – et où je prends les miens, quatre où ils dorment, et deux où ils font leur toilette. Je passe le plus clair de mon temps dans la première salle – appelons-la « salon » – ainsi qu’à la porte de la salle de préparation des repas – appelons-la « cuisine ». Mais je ne dédaigne pas les autres pièces, qui fourmillent d’intrigues et de complots qu’il me faut résoudre à longueur de journée. J’ai passé beaucoup de temps aujourd’hui dans la salle de toilette – appelons la « salle de bains », à la recherche d’une odeur qui embaumait la pièce mais dont je n’arrivais pas à discerner l’origine. Après deux heures d’enquête, mes conclusions sont formelles : la bouteille d’eau de javel n’a pas été bien refermée, à mon plus grand plaisir. Qu’on n’aille pas s’imaginer, au terme de ce second jour, que je sniffe régulièrement de l’eau de javel. J’ai même un élément de langage tout prêt au cas où un homme viendrait à me regarder avec désapprobation : je jouis des mille et un parfums de la nature. Au nom de quoi me refuserait-on ce droit ?
Certes, je pressens qu’il se passe des choses au-delà de l’appartement, puisque j’observe un autre monde à travers les fenêtres, et que j’entends parfois des bruits venant d’au-delà des murs. Mais je suis de nature méfiante : tout cela n’est peut-être qu’un faux-semblant. Tout comme la lucarne animée du salon : il s’y passe des choses, des humains s’y agitent, j’y ai même vu des chats. Mais lorsque je tente d’y mettre ma patte, je me heurte à une surface lisse et légèrement tiède. C’est un bien étrange phénomène. Le monde des hommes est peuplé d’illusions, mais cela ne me concerne pas. Ce ne sont pas les puces des chiens qui font miauler les chats.

3 janvier – J’allais oublier de vous présenter mes « maîtres », les hommes. L’homme, mal nécessaire qui occupe mon territoire, ou bienheureuse mais déroutante félicité ? J’épouse fréquemment la première opinion à l’approche des repas, ou lorsque le trop faible nombre de croquettes m’indispose. Mais la seconde opinion me sied lorsque je deviens l’objet de leurs caresses ou leur compagnon de jeu favori. Cette dialectique est complexe. J’y reviendrai plus tard. Mes maîtres donc. Cinq personnes, une famille finalement, comme une famille de chat. Le père, la mère, le grand garçon, la fille et le petit garçon. Il me faut tolérer tout ce monde sur mon territoire, supporter leurs incessantes caresses, souffrir qu’ils me prennent dans leurs bras comme un jouet, ou encore les supplier pour qu’ils me servent mes croquettes. J’ai dû faire le siège de la cuisine pendant deux heures ce soir pour obtenir mon bol de croquettes. Et, oh surprise, la ration était plus consistante que d’habitude. Je les aime bien, finalement. Chers Maîtres, n’oubliez pas que celui qui ne nourrit pas le chat nourrit le rat !

4 janvier – Événement aujourd’hui : de gros morceaux blancs tombent par milliers du ciel. Ils évoluent au gré du vent puis viennent recouvrir le sol. J’ai passé mon après-midi à contempler cette valse silencieuse à travers la vitre froide du salon. Quel spectacle étrange. Je me demande si ça se mange. J’ai néanmoins l’impression, étant donnée l’atmosphère glaciale qui règne depuis dans la maison, que cette matière est froide. Les enfants de la famille sont très excités par cette manne blanche. Je préfère observer pour ma part une réserve prudente. Sait-on jamais, ce phénomène pourrait se produire sur mon territoire.

5 janvier – Fait marquant du jour : dispute assez violente entre la fille et le jeune garçon, au sujet d’un magazine qu’ils souhaitaient lire tous les deux, chacun accusant l’autre de l’avoir pris avant. Coups de pied, tirage de cheveux, cris, sanglots, appels alarmés à une instance supérieure. La mère arrive et tente de contraindre les belligérants au calme. La transcendance maternelle ne suffit pas à ramener l’ordre. Les cris continuent, et les jeunes humains sont renvoyés dans leurs chambres.
Je reste silencieux, mais n’en pense pas moins : j’ai tout vu. Je peux attester sous serment que c’est la jeune fille qui a mis le feu aux poudres en s’emparant du magazine alors que le jeune garçon avait les yeux tournés ailleurs. Elle a fait mine tout du long de l’affaire d’être la victime en jetant de grands cris offusqués. J’admire son aisance. J’ai été élevé de la même manière : arrange-toi pour rendre le chien responsable de tes actes. C’est cependant injuste pour le garçon. Mais la jeune fille étant ma complice lors des repas – elle me fait passer en douce des morceaux de viande sous la table à l’insu de ses parents - je ne dirai rien.

6 janvier – L’espèce humaine est bien curieuse. Toute la famille est réunie sur le canapé après le repas en sirotant la boisson sombre et fumeuse dont l’odeur m’indispose. Ça discute. L’aîné parle avec virulence et semble négocier quelque chose avec ses parents, qui haussent les épaules. Je les observe de loin en clignant des yeux. Comment puis-je les qualifier : sont-ils mes maîtres ? Mes propriétaires ? Faisons une revue critique et raisonnée des diverses possibilités.
Sont-ils mes maîtres ? Cette affirmation implique par opposi

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