MA DERNIERE LARME
74 pages
Français

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MA DERNIERE LARME , livre ebook

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Description

Des nouvelles inspirées de nos vies. Des personnages singuliers. Des génies comme le docteur Biloa qui comprend qu'on ne pense pas toujours à tout, en passant par notre inspecteur qui nous montre que la réalité est souvent différentes de ce tout semble présenter. Et de l'amour, et de l'humour pour notre plus grand plaisir de lecteur. Ce recueil, écrit avec le souci de titiller votre imagination, fera de votre moment de lecture une découverte vers le nouveau genre d'écriture qui honnore le style camerounais d'aujourd'hui.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2022
Nombre de lectures 19
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0500€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

SERTHY AYISSI
MA DERNIERE LARME
NOUVELLES
MA DERNIERE LARME
NOUVELLES
APEL-éditons Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. N o part of this book m ay be reproduced in any form by print, photo-print, microfilm or any other m eans without written permission from the publisher.pepitoayissi@gm ail.com Copyright © APPEL-Editions, Yaoundé 2022 Tél : +237 693 779 364
I.
AUSSI VITE QU’UN INSTANT
A mon ex.
C’est à cet instant que je me suis retrouvé à l’hôpital. Jene réalisaipas tout de suite ce qui m’arrivait. Comment avais-je fait pour arriver là? Pourquoi n’étais-je pas, à cette heure au travail? Je m’étais réveillé ce mardi matin-là, les yeux encore lourds de sommeil ; la soirée avec les amis avait été arrosée; je n’avais pas assez dormi. Le bourdonnent des moustiques, en cette saison n’était pas en reste. Je sautai du lit et pris mon bain en six, quatre, deux et un petit déjeuner de beignets de maïs et haricots sautés achetés à côté.
Je me dirigeai vers AC production, une entreprise de montage de flyers et de prestations publicitaires. Mon trajet coûte 300 francs jusqu’à AC production, lorsque je prends le taxi au carrefour situé à 700 mètres de mon domicile. Il fallait donc que je traverse une allée de pavés jusqu’au carrefour. Je me dépêchais. Depuis deux mois, date de mon recrutementdans l’entreprise, je traversais de lundi à samedi, l’étroitesse de la rue qui bordait mon domicile et donnait sur le carrefour sagacité, non sans la traversée de comptoirs de vendeuses de pains et de fruits de chaque côté de cette piste.
Mais que s’est-il passé ? Te demandes-tu.
Comme à l’accoutumée, je grimpe le monticule de terre qui jalonne la cour de mon logement qui n’est qu’une chambre d’une pièce. Je parcours mon entrée par grandes enjambées. L’odeur du pain frais et des beignets frits empli l’air et me donne envie. Signe que mon petit-déjeuner n’a pas suffi à me rassasier. Mais bon ! Pas question de gaspiller un centime de plus de ma poche. Machinalement je glisse la main dans ma poche droite et caresse le seul billet de mille francs qu’il me reste, juste suffisant pour mon allée et retour et mon casse-croûte du soir. Demain est un autre jour
A cet instant, mon pied bute violemment sur le rebord d’un pavé, ressorti par un petit affaissement à cet endroit-là, causé par les pluies de la saison. Il pleuvait presque tous les jours en ce moment ici au quartier Atika, laissant çà et là, des nids de poule.Je fis deux pas rapides vers l’avant, les bras tournoyant, le torse penché vers le sol, cherchant à retrouver l’équilibre. Je t’assure que j’étais mort de honte quand l’attention de tous les passants et commerçants se figèrent sur moi.J’eus tôt fait de me redresser et de reprendre de plus belle ma route, pressé de ravaler cet épisode humiliant. Mais je m’égare déjà, je me dois de t’expliquer la raison de mon séjour à l’hôpital central d’Atika, gavé d’une ribambelle de comprimés qui sentaient le champ ou l’herbe fraîche.à ma Revenons virée. J’étais presque arrivé au carrefour Sagacité, me rassurant que, mon argent était bien dans ma poche. Faudrait pas se faire, de nouveau, tourner au ridicule. Tu
sais comment les chauffeurs savent insulter lorsqu’on a, par exemple, oublié de sortir avec son porte-monnaie. A cet instant,un passant me bouscula d’épaule en passant: « Hé! Regardez où vous allez…» il ne se retourna même pas et disparut au milieu de la foule de personnes qui allaient et venaient. Je me retournai, vexé et je m’apprêtais à traverser la route, lorsque je ralentis, absorbé.
A cet instant, je distinguais la silhouette d’une fille que je voyais de profil, devant un grand parasol et une table servant de call-box. Elle devait être en train d’acheter du crédit de communication. De facto, l’instant qu’il me fallait pour la traverser dura une éternité. Cette vision figea le temps. Le vent de ce mois de mars sifflait en traversant les boucles de ses cheveux noirs. On pouvait apercevoir une plus grosse boucle, grise celle-là, qui était en fait, sa boucle d’oreille.Son visage se foutait de tout le monde et rappelait certains tableaux du musée national. Il était très lisse, presqu’enfantin, son front, presqu’enfoui entre les boucles de ses cheveux, glissait jusqu’au nez, critère remarquable des filles du nord du pays. Des lèvres généreuses, comme gonflées d’huile de palme, tellement elles étaient huilées. Au fur et à mesure que mes yeux la scrutaient, je continuais de marquer le pas en avant comme mû par un mécanisme invisible qui faisait de ma marche en avant, un mouvement involontaire pourtant inéluctable. Voir Céline, nom que je connaîtrai plus tard, ravivait en moi le même goût qu’on a, en une après-midi, à la buvée d’une corne de bon vin de palme. Moi, au visage
quelconque et aux interminables chemises pantalons dont je me vêtais, mes chaussures bon marché et mon mètre soixante-sept passaient dans un parfait anonymat à côté de ce chef-d’œuvre sculptural. Mon seul aspect intéressant était ces yeux intelligents que je roulais sans parcimonie et mon éternel sac à dos contenant mon ordinateur portable et mes outils d’informaticien que j’étais. Tu sais bienque je suis un peu timide mais très observateur. De plus en plus, je voyais mieux son physique. Elle était toujours de profil mais, plus retournée, de dos, vers moi. La course de ses cheveux s’arrêtait sur la naissance de ses bras aux épaules très propres, polies au plumeau, au teint uni d’étain. Ses bras descendaient et remontaient en un triangle renversé, puis s’étranglaient par le plat de sa main qui supportait son téléphone portable. Et ces mains… ses mains très petites, aux doigts fins prolongés d’ongles aux couleurs blanche, noire et rouge. Son torse était encadré d’un chemisier fleuri de roses rose, prolongé de fanges nouées par les bouts. Le tout peinait à contenir l’orgueil d’une poitrine opulente dont la naissance formait deux tiers d’un cercle par le haut qui laissait voir. Elle faisait penser aux filles aux mœurs légères par sa morphologie et son pantalon très noir, scintillant au soleil qui avait déjà commencé sa course. Il laissait, lorsqu’elle bougeait, voir les sillons impériaux que formaient ses fesses proéminentes etl’armature deses fortes jambes. Malheureusement, ses jambes étaient cachées à leur base par un petit banc qui trainait là, supportant un plateau
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