Moi, fils d immigrés espagnols
73 pages
Français

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Moi, fils d'immigrés espagnols , livre ebook

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Description

1939, année néfaste et catastrophique, la France entre en guerre contre l’Allemagne, la vie est déjà difficile en ce milieu du vingtième siècle pour les petites classes ouvrières et le conflit mondial va les compliquer sérieusement. À partir de Juin 1940, doucement l’Allemagne a occupé tout le territoire, ainsi le Sud de la France comme le reste du pays entre en restriction sévère, l’incertitude du lendemain occupe la pensée de tous les Français.
Une Gestapo sans merci, qui est capable de faire subir les pires tortures à des gens qu’ils ont arrêtés sur des soupçons et sur dénonciations. Les délateurs peuvent avoir le visage de n’importe qui, aussi chacun veille à rester en bon terme avec son entourage mais en gardant tout de même ses distances, seul le cercle familial est sûr.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 mai 2018
Nombre de lectures 2
EAN13 9782312058184
Langue Français

Exrait

Moi , fils d’immigrés espagnols
Yohan Marcus
Moi , fils d’immigrés espagnols
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2018
ISBN : 978-2-312-05818-4
À mes héros de guerre, mon père Antoine, ma mère Rosalie et mes sœurs Dolores et Françoise.
C’est à l’écoute des récits de cette période de conflits que m’a fait ma sœur Françoise et à sa demande que m’est venue l’idée de la première partie de ce livre. Pour la seconde partie, l’inspiratrice est ma fille Laëtitia, désireuse que je laisse un témoignage sur ma vie et ainsi donner à mes petits-enfants la possibilité de mieux me connaître par la narration de faits et de vécu d’une période que j’ai traversé et qu’ils n’auront pas la possibilité de connaître.
À aucun moment mon intention est de juger ou reprocher quoi que ce soit à un tiers et encore moins de me mettre en avant en me glorifiant d’actions ou de comportements flatteurs. Je raconte simplement les événements comme ils se sont passés, cela a été ma vie, chaque situation m’a enrichi d’un savoir et chaque événement m’a amené à mieux me comprendre et surtout à comprendre les autres, les choses ont été ainsi. Je remercie chaque personnage qui a croisé ma vie et m’a aidé à me façonner, combien même cela fût dans la douleur. Pour ceux qui croient me connaître ils vont découvrir certains côtés de ma vie et de ma personnalité que je n’ai révélé à personne jusqu’à aujourd’hui, sauf il est vrai à ma fille Laëtitia, curieuse qu’elle a été de mon passer.
En retour, si j’ai déçu certaines d’entre elles puissent-elles me pardonner en attendant que la lumière de la compréhension à mon égard les éclaire et puisse ce livre les aider un peu, en attendant permettez-moi de vous exprimer toute mon affection.
Chapitre 1. L’arrivée en France
C’est un petit bout de femme d’un mètre quarante-huit, alerte et pleine de vie, son sourire est réchauffant avec ses deux rangées de dents bien blanches et régulières. Ses petits yeux noisette avec son regard un peu enfoncé lui donne le charme des femmes latines. Avec Ses cheveux mi-longs et noirs et son teint basané, elle parait plus pauvre et triste qu’elle ne le soit en réalité.
Elle arrive en France en cette année 1925 avec son père François, sa mère Espérance et quatre sœurs, Léonore, Rose, Carmen et Pilar. Ce sont des immigrés Espagnols et ses parents ont pris la décision de venir vivre en France, car dans leur pays, ils comptent plus souvent les jours où ils sautent un repas, voir deux pour les parents, que les jours où ils font bombance. Ils décident de s’installer à Marseille, « dans un port pense François, le travail ne manque pas », et puis il a des connaissances, car trois ans auparavant, il a reçu une lettre d’un cousin venu s’y installer.
Quand ils arrivent à la gare saint Charles à Marseille , le père de Rosalie , car ce petit bout de femme de quatorze ans, si heureuse de vivre et si triste à la fois, se nomme ainsi. Ne parlant pas le Français , montre aux passants qu’il croise, l’adresse inscrite au dos de l’enveloppe de la lettre de son cousin qu’il avait pris soins de garder.
Ce jour-là est très éprouvant pour Rosalie, de la gare saint Charles, ils doivent se rendre à pieds au quartier de pont-de-Vivaux qui se trouve dans les quartiers Est de la ville, tout à fait à l’opposé de la gare. Tous portent des paquets en rapport de leur âge, Rosalie porte un carton cerclé d’une ficelle et une valise trop lourde pour son âge. La ficelle du paquet lui blesse les doigts et le poids de la valise lui donne des douleurs à l’épaule, aussi elle change régulièrement les charges de côté.
Après presque deux heures d’un trajet éprouvant, ils se trouvent à l’adresse indiquée sur l’enveloppe, « Un impasse des frênes ». Le moment crucial et tant redouté par François Landines est arrivé : « trouvera-t-il ses cousins, depuis le temps, ils ont pu avoir déménagé ? ». Avec un pincement au cœur, il tape à la porte, presque immédiatement un petit garçon âgé d’environ six ans apparait dans l’embrasure de la porte et dans un Français parfait, demande à François ce qu’il veut. Ne comprenant pas un mot de français, en Espagnol il s’excuse et lui explique qu’il pensait trouver ici des cousins qui lui avaient écrit dans son pays. À son grand étonnement, il est tout autant surpris d’entendre l’enfant lui répondre en Espagnol, que lui le comprend très bien et qu’il va chercher son père. L’accueil est des plus chaleureux, les paquets sont posés dans un coin de la pièce principale qui est la cuisine et pièce à vivre, comme c’est souvent le cas à cette époque dans les classes populaires. Le cousin ouvre une bouteille de vin pour les hommes et une bouteille de limonade pour les femmes et les enfants. La première heure se passe à parler du pays, à donner des nouvelles de la famille restée là-bas et qu’ils ont bien fait de s’être décidé à venir dans le pays où coule le lait et le miel. Le cousin les invite à rester pour la nuit en attendant que le lendemain ils avisent ensemble des décisions à prendre.
Au matin, le cousin emmène François chez un de ses amis qui doit quitter son logement, dans la même journée ils rencontrent le propriétaire, très conciliant, il ne demande qu’une somme modique pour le premier mois. Une deuxième nuit est passée chez le cousin et le surlendemain François et sa famille aménage dans leur appartement. De la rue pour accéder à ce dernier il faut ouvrir une porte pleine en bois qui est le seul accès dans un mur de deux mètres cinquante de haut et d’environ quinze mètres de long qui relie de chaque côté de petits immeubles anciens de trois étages. Par cette porte on accède dans une cour cimentée, en face en rentrant on y voit, adossé à un autre mur, un bâtit d’un mètre cinquante, sur un mètre cinquante et deux mètres trente de haut, en son milieu une porte avec une petite ouverture vers le haut en forme de cœur, de toute évidence c’est le lieu commun dans lequel on y entre le visage crispé et on en ressort avec un air détendu de bien-être. À gauche et à droite se trouve un appartement des seuls locataires qui se partagent la cour.
À gauche, l’appartement qu’ils vont aménager, se résume à une seule pièce, qui fait office de cuisine, salle à manger et de chambre. Elle comprend en rentrant à droite le coin cuisine équipée d’un petit buffet, d’une table ronde et ses trois chaises en paille, d’une pile en pierre de cassis surmontée d’un robinet d’eau froide en laiton, à côté une petite cuisinière à bois et charbon qui fait office de réchaud et de chauffage pour l’hiver. À gauche de la pièce, trois lits à sommiers métalliques alignés contre le mur, un pour deux personnes et les deux autres pour une seule, les matelas roulés sur eux même ont été poussé vers le mur. Nul besoin d’autres meubles comme une armoire ou une commode, les gardes robes de la famille sont restreintes à une tenue pour la semaine et une pour le week-end et trois rechanges en sous-vêtements. Le tout est contenu dans deux valises et un carton, le soir au coucher les vêtements sont posés sur le dossier de deux chaises. Deux paires de chaussettes et une paire de chaussure pour chacun d’eux, c’est là toute leur richesse vestimentaire. Toutefois, personne ne se plaint tant en cette époque l’essentiel pour la famille est de se retrouver dans un pays où ils peuvent jouir de plus de liberté et surtout d’avoir la possibilité journellement de manger à leur faim, mais pour se faire il va falloir s’organiser rapidement pour avoir régulièrement des salaires. Le peu d’argent avec lequel ils sont arrivés en France ne leur permettra pas de tenir très longtemps, surtout qu’au change la péséta Espagnole a peu de valeur.
Dans la même semaine, le cousin fait embaucher François à la verrerie du pont-de- Vivaux et avec un faux certificat de travail, il arrive à faire embaucher Rosalie , il faut gagner de l’argent et tous les moyens sont bons pour y parvenir, il est vrai aussi qu’à cette époque la chose est aisée car les contrôles sont moins stricts et que les entreprises manquent de main d’œuvre. La seule difficulté qu’ils peuvent rencontrer, c’est la barrière de la langue, mais là aussi, à cette époque, Marseille bénéficie d’un important flux d’immigrants à dominance Espagnols et Italiens , aussi il est rare que dans une entreprise un ou l’autre des employés ne parlent pas l’une des langues.
La cour est partagée par deux familles en face des Landines, se trouve la famille Hernandez, la coïncidence est heureuse eux aussi sont des immigrés Espagnols arrivés en France une dizaine d’années auparavant. La famille se c

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