P tit Prolo
140 pages
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P'tit Prolo , livre ebook

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Description

Vraie fausse autobiographie sous forme de faux vrai polar avec de véritables prises de position, « P’tit Prolo » est à l’image de son personnage principal, un roman honnête, droit, drôle, touchant, attachant, pudique et engagé. Rythmé par la vie d’un ouvrier pour qui la valeur Travail n’est pas une notion surannée, ce roman est l’occasion de retracer soixante-dix ans d’une existence prolétaire avec ses jouissances, ses tourments et ses cahots, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à nos jours. « P’tit Prolo » est, avant tout, un hommage à ces héros du quotidien, dont la principale tâche, est de parvenir à subvenir aux besoins de leurs proches et qui ont usé leurs forces dans cette laborieuse bataille. « P’tit Prolo » est, aussi, un cri d’amour d’un fils à son père, d’un père à ses enfants et le témoignage d’une famille que la vie n’aura pas épargnée sans jamais détruire les liens tissés.

KAMASH est un auteur adopté, dès sa plus tendre enfance, par le Pays catalan. Il n’a, depuis, jamais quitté cette région du Languedoc-Roussillon chère à son cœur et vit près de Perpignan. Son appétit pour l’écriture lui est venu durant son service militaire au sein de l’Armée de l’air. C'est par besoin de raconter des histoires qu’il a utilisé les instruments qu’il avait sous la main, un stylo et du papier, pour se lancer dans la grande aventure de l'écriture. Dès lors, il les a délaissés pour le clavier d’ordinateur et n'a jamais cessé de naviguer parmi les mots. Pendant de nombreuses années, KAMASH a fait ses armes sous les latitudes virtuelles d’Internet. Il a gouté, à ses débuts, à l’expérience de l’écriture collaborative qui a débouché sur ses premières publications papier dans une revue livre. Fort de cette expérience, il s’est lancé à corps perdu dans une odyssée, en solo, dans laquelle il joue, tant avec les mots qu’avec ses personnages.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 11 novembre 2015
Nombre de lectures 3
EAN13 9782373470703
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0015€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

couve

couve

P'tit Prolo

Le roman « P'tit Prolo » prend en compte la nouvelle

« Graphie rectifiée ».

 

--

 

Dépéris ou meurs en citoyen émérite

Invalide pantin qui rêvait de l'élite.

Désormais, tu vivras dans l'infini néant

Inhérent aux ouvriers et petites gens.

Estime-toi satisfait de n'être oublié

Reste un peu de toi dans les cœurs qui t'ont aimé.

Mardi 24 juin 2014

 

L'astre solaire larde le ciel de ses rais de lumière, aveuglant les cirrus, altostratus et cumulonimbus ballotés par la légère brise.

Le silence tonitruant couvre les pépiements des créatures zélées emportées, au loin, par l'affront de leurs empennages.

Des circonvolutions anthracite agressent l'éclat du baldaquin azur et blanc minorant l'allégresse d'une parfaite journée estivale.

En clair, et pour cesser de « poèter » plus haut que mon dû, en ce début d'après-midi ensoleillé, ma vie vient de s'envoler, littéralement, en fumée.

Il est étrange de réaliser que ces volutes charbonneuses qui s'évaporent dans le ciel sont issues de moi. Outre mes propres scories, les arabesques sont composées du bois du cercueil, des vêtements que je portais lors de l'incinération et des objets que mes proches ont laissés dans la bière, à mes côtés. Pour le reste, une poignée de cendres qui sera remise à mes enfants, dans quelques heures.

Je suis mort, il y a quatre jours.

Il parait que j'étais la cible d'un gang de tueurs fourbes et patients. Je n'ai pas eu l'occasion de me pencher sur la question pour savoir qui m'en voulait à ce point, mais j'aurais l'éternité pour mener cette enquête.

J'ai consacré ces quatre-vingt-seize dernières heures à prendre du recul sur moi-même, par la force des choses, et à penser à mes proches, les rares qui se préoccupaient de moi, les rares dont je me souciais.

C'est curieux de se voir mort, pas douloureux, juste curieux. On a l'impression de regarder un film. Par contre, assister à la douleur des gens qu'on aime, c'est un poignard affilé planté dans le cœur. Je ne suis plus dans la douleur physique, puisque je suis décédé, je vous le rappelle, mais dans une souffrance morale indéfinissable.

Ma fille était à mes côtés quand j'ai franchi le pas. J'ai manqué de courage pour lui dire combien sa présence était apaisante et tout le soulagement qu'elle m'a apporté… J'espère qu'elle l'aura deviné.

Mon fils n'était pas là, il n'a pas eu le temps de traverser la France pour venir me faire ses adieux. Pour sa décharge, tout a été si brusque qu'il n'a pas pu se retourner. M'enfin, je l'ai supporté quasiment sans interruption depuis sa naissance jusqu'à mon trépas, celui-là ! Ceci dit, ce fut un soutien réciproque. Pour lui, je me fais moins de soucis, je sais qu'il relèvera la tête.

Je suis parti dans les flammes au rythme de « L'Internationale » ! Je ne pensais pas qu'on respecterait cette dernière volonté. Mon pote Robert, lui, n'a pas eu cette chance lors de son funeste exil. Lui aussi a été pris pour cible, mais bien avant moi et bien loin de moi. Je n'étais pas présent pour lui rendre un dernier hommage, tout a été fait dans mon dos par sa bergère. J'ai été mis devant le fait accompli. Bah ! J'aurai toute l'éternité pour le retrouver. Il doit patienter devant un verre, en compagnie de Tazounet, un autre copain, une autre victime.

C'est mon fils qui a choisi la musique pour mon départ. Une chanson triste de Brel, celle qui lui rappelait le départ de Robert et une chanson de Renaud, un chanteur que j'aimais bien. Puis, « L'Internationale » pour la présentation des derniers hommages de la famille et pour le final dans le feu de l'enfer.

Petit comité ! Ma fille, mon gendre, ma petite-fille, mon arrière-petit-fils, mon fils, sa gonzesse… et mon beauf et sa femme. Ces quinze dernières années, je ne l'aurai croisé qu'aux incinérations, celui-là !... Pour ma belle-mère, mon beau-père, ma femme… et… moi.

Je ne comptais pas sur lui pour mon dernier récital. Je ne l'espérais pas, mais il a bien fait de venir, il a réussi à provoquer le plus grand fou rire que j'ai eu depuis belle lurette. Zieuter sa tronche au moment où ont retenti les notes de « L'Internationale » était un régal absolu. Il ne s'est pas levé durant la présentation des derniers hommages, attendant que la musique se taise. J'aurais rêvé qu'elle durât une éternité pour prolonger son malaise et l'absurdité de sa posture. Disparaitre en riant, cela n'a pas d'égal.

Il ne reste plus personne. Je suis seul dans l'immense rôtisserie. Mes enfants repasseront tout à l'heure pour récupérer mes cendres froides.

Moi, je vais rester là et vérifier que les employés du crématorium prennent bien soin de mes poussières. Elles ont un long voyage à faire pour rejoindre celles de ma femme.

Après… après, il va falloir que je me fasse à ma nouvelle vie… à ma nouvelle mort. Déjà, savoir si je ne suis là que, temporairement, ou bien si je vais transiter par d'autres endroits. Ensuite…, retrouver les coupables, ceux qui ont eu raison de mon existence, probablement, les mêmes qui se sont attaqués à mes amis.

Il parait que mes bourreaux ont été patients, très patients et que leur plan était fomenté de longue date. Il va falloir que j'enquête depuis ma naissance. Cela ne m'étonnerait pas que mes parents aient une part de responsabilité dans tout ça.

Avant, je vais profiter de cette belle fin d'après-midi pour dire adieu à mes enfants, ce sont les rares personnes que je laisse derrière moi.

Je ne leur ai jamais avoué à quel point je les aimais, ou, si je l'ai fait, cela n'a pas été suffisant. On n'exprime pas assez notre amour aux gens qu'on aime. C'est une drôle de pudeur qui m'a, en permanence, retenu d'extérioriser ce genre de sentiments ; par contre, pour engueuler un con, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours eu l'effronterie nécessaire.

Mourir, c'est un passage obligé inhérent à celui de la naissance, et je ne peux point enrager d'y être confronté à mon tour, c'est dans l'ordre des choses, mais, quand même, ça me fait chier, de casser ma pipe avant Johnny Hallyday. On est de la même promotion et, avec les excès qui ont jalonné son quotidien, on aurait pu croire qu'il fasse sa révérence avant moi. Comme quoi les métiers de la scène sont moins usants que ceux du bâtiment.

Ce n'est pas tout ça, mais je dois mettre en branle la machine à faire remonter les souvenirs.

11 novembre 1943

 

Je suis né le jour de ma naissance, ce qui n'a rien d'original, mais cette date coïncide avec celle de l'anniversaire de l'armistice de la Guerre de 14-18.

La guerre ! Elle aura guidé toute ma destinée, celle-là !

Ma femme, que je rencontrerai bien plus tard, est née un 8 mai, un an pile après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Ma fille naitra un 18 juin, le jour de la commémoration de l'appel du grand Charles.

Mon fils, quant à lui, bah ! fidèle à lui-même, il fera différemment des autres. Sa naissance, un 26 mai, ne correspond à aucune date importante de l'Histoire.

Mais revenons au 11 novembre 1943 ! C'était la guerre. Je naissais dans une étable à 15 h 22, un mardi. La sagefemme qui m'a mis au monde s'appelait Irène. Elle pesait 65 kilos et mesurait 1.68 m… non, je déconne ! Je ne me souviens pas de cet instant ni des quelques années qui suivirent. Mes uniques souvenirs d'alors sont ceux de manques, de pénuries, mais je pense que ce sont les effets de ma malnutrition infantile qui engendrent ce genre de fausses réminiscences.

D'ailleurs, je ne sais même pas si j'ai été mal nourri par manque de moyens ou pour une autre raison. La rancœur que je ressens envers mes parents me pousse à croire qu'ils préféraient garder le meilleur pour eux-mêmes et mes sœurs et que je subissais de plein fouet cette partialité. Cependant, quand je me replonge dans mon enfance, le doute n'est plus tellement permis.

Mes parents ont eu trois enfants. Deux filles et un garçon. Il n'y a pas de mystère, le garçon, c'est moi. Je suis né entre les deux pisseuses, la pire position. Je n'ai ni tiré avantage de l'affection particulière que l'on offre au premier-né, cette bénédiction qui propulse le couple dans une vie de famille, ni de la tendresse et la bienveillance dont on entoure le petit dernier.

D'aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais eu de rapports très affectifs avec mes géniteurs. J'étais constamment cantonné aux tâches ingrates, sans cesse, la cible des reproches pendant que mes sœurs avaient le droit aux attentions et à la dilection.

Dès mon plus jeune âge, j'étais, ce qu'on appelle, corvéable. Toutes les corvées désagréables m'étaient affectées. Aller chercher du bois, de la luzerne pour les lapins, nourrir toute la bassecour…

J'allais à l'école à pied et, Bon Dieu ! qu'elle était loin cette foutue école ! Quand j'en revenais exténué, je repartais dans les pâturages ou au jardin pour diverses tâches. À Noël, j'avais le droit à une orange et un soldat de plomb… mais arrêtez-moi ! Il me semble tenir le discours des vieux cons que l'on raille, avant d'en devenir un, à son tour.

J'ai rapidement été confronté aux durs labeurs, au travail, à l'aspect tout manuel et éreintant d'une existence. C'est peut-être grâce à ça que j'ai acquis un physique solide qui, plus tard, me protègera des accidents. C'est surement à cause de ça que j'ai vieilli prématurément. Le boulot, ça use, et il ne faut pas compter dessus pour s'enrichir… pas dans mon cas, tout du moins.

Pourtant, j'ai aimé cet engagement physique que la besogne ouvrière nécessite. Remarquez, je n'avais pas trop le choix, les études n'étaient pas pour moi et, de toute façon, mes parents n'auraient pas investi plus que le minimum obligatoire pour ma scolarité.

Ergo, je suis entré, très rapidement, dans le monde de l'apprentissage. Dès mes treize ans, j'apprenais un métier, je gagnais une poignée d'anciens francs – dans quelques mois naitraient les nouveaux francs – que mon père prélevait dans son intégralité. Ce n'est pas qu'il était près de ses sous, mon daron, mais il était très près des miens.

Plombier ! En 1956, c'était une profession d'avenir. On a toujours besoin d'un plombier chez soi, disait-on. Manipuler le cuivre demande une habileté et une certaine formation. Désormais, avec les « Tube Per » – tubes en polyéthylène réticulé prégainé d'une gaine de protection et isolé par une mousse PER avec un film intérieur renforçant l'étanchéité et la résistante à l'arrachement – ce n'est plus nécessaire de faire un long apprentissage, n'importe qui est capable de poser cette merde en couronne. Le métier s'est perdu et, avec lui, la satisfaction d'une production de qualité.

Bref, la plomberie, le chauffage, les sanitaires, tout ça, c'est bien beau, mais ça use. C'est un taf exigeant, physiquement, et, quand on débute alors qu'on n'est pas totalement formé, forcément, ça déforme.

Mais, pendant que je faisais cela, je n'étais pas au domicile parental. J'ai pris gout à ce job. Il y a tellement de choses différentes à faire, tellement de techniques à apprendre qu'on ne s'y ennuie à aucun moment. Couder, souder, étamer, couper, fixer, démonter, jointer, dépanner les chauffe-eaux, changer les cumulus, réparer les chiottes… et mettre les mains dans la merde… puis les bras, quand il s'agissait de déboucher des fosses septiques.

Le coq français chante les pattes dans la fange ; le plombier, lui, siffle les bras dans la merde.

Faire de belles soudures, c'est tout un art. On se doit d'être un as du chalumeau ou de la baguette et d'être doté d'un odorat pas trop délicat. L'odeur de l'étain n'est rien, en soi, mais les vapeurs que l'on respire – on a beau raconter ce qu'on veut, –, ce ne doit pas être sain pour la santé. Puis, il y a l'amiante. Vous savez, ce monstre cancérigène que l'on a conchié dans les années 90, mais dont on ne parlait pas du tout avant les années 70. Cet amiante qui était présent partout sur un chantier : dans l'isolation des plafonds et des murs, dans les chaudières, les gaines de ventilation, la réfrigération et la climatisation, dans les canalisations, notamment, les évacuations en fibrociment et dans les plaques que l'on utilisait pour préserver les murs de la flamme du chalumeau lors des soudures. J'en ai eu entre les mains de cette foutue merde en plaque ! J'en ai respiré des fibres de cette saloperie ! Pendant des années, des décennies, dès mon plus jeune âge, j'ai été confronté à ce produit démoniaque. On nous a appris que c'était cancérigène, que ça pouvait provoquer des fibroses pulmonaires, des asbestoses, des mésothéliomes… N'empêche qu'on m'a laissé bosser avec pendant toute ma vie. Dès 1900, certains avançaient la dangerosité de ce produit. En 1919, des assureurs américains et anglais refusaient d'assurer les ouvriers des entreprises fabriquant des produits contenant de l'amiante et, nous, en France, on a repoussé son interdiction jusqu'au 1er janvier 1997. Et après, on s'étonne que les ouvriers vieillissent mal. Si, en plus, tu étais un fumeur, je ne te raconte pas l'état de tes bronches.

Le tabac tient ! En voilà un autre scandale, un autre danger que l'État a minimisé pendant des décennies. Dès 1950, des études ont démontré la dangerosité du tabagisme… et combien de décennies plus tard, nous a-t-on mis en garde ? En attendant, quand j'étais jeune et que j'allais au cinéma, tous les héros et héroïnes des films fumaient : Gérard Philipe, Yves Montand, James Stewart, Marlon Brando, Cary Grant, Humphrey Bogart, Marlene Dietrich, Lauren Bacall, Rita Hayworth, Marilyn Monroe et, les deux icônes du beau gosse rebelle et du héros séducteur et indestructible, James Dean et Sean Connery dans le rôle de James Bond. On voulait tous être « cools » et tomber les femmes avec le talent de ces deux-là. L'industrie du tabac avait bien préparé son coup. Elle avait compris qu'avec une belle image de marque, on tomberait tous dans le panneau. Alors, on s'est mis bêtement à fumer. Puis, le tabac, quand tu commences…

Je me suis rapidement affranchi de l'aspect « propre » de la cigarette blonde pour lui préférer le côté viril de la brune, celle qui t'arrache la gorge, mais que t'es content de serrer entre les dents. J'ai même réussi, plus tard, à l'échanger contre la Gitane, maïs, sans filtre. Là, on n'est plus dans la virilité, mais, dans la ruralité la plus profonde, il ne me manquait plus qu'à tâter le cul des vaches et à parler avec l'accent berrichon.

La Gitane maïs a un inconvénient et un intérêt dont l'un découle de l'autre. Elle s'éteint dès que tu arrêtes de tirer dessus. Ainsi, tu peux avoir constamment une clope au bec sans vider ton paquet. Par contre, les briquets… Mais, j'avais un truc, j'allumais mon clope avec mon chalumeau. J'économisais en briquet. Bien sûr, je me suis brulé le groin à plusieurs reprises, surtout quand je trimais en plein vent, mais ça faisait « classe ».

Mais, je m'emballe, restons concentrés sur ma jeunesse.

Vu qu'il était de bon ton de paraitre bien, mes parents m'ont obligé à devenir enfant de chœur. Enfant de chœur, moi, comme si je pouvais croire en Dieu ! Dès que j'avais un pied dans l'église, je n'avais qu'une hâte, le remettre dehors. Pour mon malheur, à chaque fois que je manquais à mon devoir séminariste et que je prenais la tangente pour me livrer à des jeux d'enfants, loin de toute préoccupation théiste, tel qu'aurait dû faire tout gamin de mon âge, le cureton avait la fâcheuse tendance à se trouver chez moi, à mon retour. Ce n'était point un coup de pied occulte que je recevais de mon père, la punition se déroulant souvent sous les yeux du calotin dont le rictus déformant son visage ne laissait aucun doute quant au plaisir qu'il prenait à assister à ma pénitence. Et l'on sentait bien que, pour lui, un coup de pied au cul était le minimum pour n'avoir pas mis le pied au culte.

En croissant, je les ai détestés tous ces corbeaux qui croassaient sous les coassements des grenouilles de bénitier.

Et, pourtant, je me suis quand même marié à l'église !… C'était le genre d'obligation à laquelle un mec ne pouvait échapper.

Je dois avouer qu'un homme avait réussi à me réconcilier avec la religion. Un prêtre, en blouson noir, assidu à l'apéro, ne peut pas être un mauvais gars.

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