Père de sang Frère de Cœur
131 pages
Français

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Père de sang Frère de Cœur , livre ebook

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Description


Aventure - Commandos - 255 pages



Ah ! Tu veux faire commando ? Eh bien ! On va voir, mais pour l’instant tu n’es rien, tu n’es personne. Moi, des Mandrier, je n’en connais qu’un, alors tu ne seras personne ! À partir de maintenant, ton nom est Personne !



Mon nom est Michael Mandrier. En intégrant l’école des fusiliers marins de Lorient, je sais d’ores et déjà que suivre les pas de mon père ne sera pas chose facile. Mais dans les moments de doute, il est toujours là pour me soutenir, pour trouver les mots justes.


Et comment pourrais-je échouer aux côtés de Guillaume, frère d’armes qui m’accompagne dans cette aventure, dans cette quête du Graal, ce béret vert tant convoité ?



Entre mon père de sang et mon frère de cœur, il est temps pour moi de montrer cette force, ce courage, cette combativité qui anime chaque âme des commandos.


Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782379612565
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Père de sang Frère de cœur

ARTHUR HOPFNER
Père de sang
Frère de cœur

ARTHUR HOPFNER



Mentions légales
Éditions Élixyria
http://www.editionselixyria.com
https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/
ISBN : 978-2-37961-256-5
Concept couverture : Didier de Vaujany
Préface


Choisir de suivre la même voie que son père n’est pas facile, car avant de se faire un prénom, on sera obligatoirement « le fils de… ».

Après avoir raconté l’histoire de Jacques Mandrier, j’ai eu l’envie de me mettre dans la peau de ce fils qui va devoir se faire un prénom au cœur de ce monde si particulier des commandos marine.

Et parce qu’à deux on est toujours plus forts, j’ai voulu partager avec vous l’histoire de ces frères de cœur.
Au départ, souvent deux parcours complètement différents. Puis une rencontre, et leurs chemins respectifs ne font plus qu’un. Ils vont être présents l’un pour l’autre, s’aider, se soutenir, partager joies et peines, réussites et échecs.
Moi, j’ai eu et j’ai toujours le bonheur d’avoir mon frère de sang comme frère de cœur.
Dans ce livre, j’ai choisi Guillaume Rabiller comme frère de cœur de Michael, car il fait partie des très belles rencontres de mon aventure littéraire. Il n’a pas de vécu au sein des commandos, mais il en a l’état d’esprit !
Bon voyage en compagnie de ces deux frères.

CHAPITRE 1


Lorient, école des fusiliers marins,
5 novembre, 7 h 55

Le vent glacial me fouette le visage, je ne sens plus le bout de mes doigts, mes jambes nues ne réagissent plus, elles sont frigorifiées. Le fameux petit short noir et le tee-shirt vert que je porte ne me protègent en rien de ce froid d’hiver breton.
D’ailleurs, non, il ne fait pas froid, je n’ai pas froid !
Je me répète ces mots, je veux que mon cerveau soit persuadé qu’il fait chaud, que ce vent réchauffe mes jambes plutôt que de les geler !
Notre instructeur nous a rassemblés sur le plateau d’honneur tôt dans la matinée. Près d’une heure que nous sommes là, au garde-à-vous !
Ne pas flancher, ne rien montrer .
Trois camarades sont tombés au cours des dix dernières minutes, moi je ne veux pas, je ne peux pas !
Après avoir fait l’école de maistrance à Brest, j’ai été incorporé à l’école des fusiliers marins hier matin. Nous ne sommes qu’au deuxième jour et je touche déjà du doigt les souffrances que je vais devoir endurer pour atteindre mon Graal, le même que mon père il y a quelques années !
Mon nom est Mandrier, Michael Mandrier et mon père, Jacques, a toujours été un exemple pour moi !
— Attention pour les couleurs !
Cette phrase prononcée par l’officier de garde signifie qu’il va y avoir la cérémonie des couleurs. Je relève la tête et regarde ce mât au pied duquel se trouvent deux quartiers-maîtres fusiliers tenant notre pavillon national en main.
— Envoyez !
Le clairon résonne et nos trois couleurs sont hissées en haut du mât, la musique me donne des frissons ! Comme à chaque fois lorsque je vois notre pavillon flotter au vent, je ressens un sentiment de fierté et là, au milieu de cette place d’honneur, je ferme les yeux et repense aux dernières paroles de mon père, celles qu’il a prononcées lorsqu’il m’a laissé hier matin à l’aubette.
«  Michael, va au bout de ton rêve, bats-toi, fais de la douleur ton alliée, construis ta propre histoire et surtout sois heureux !  »
Je vais avoir vingt ans cette année, le bel âge pour attaquer ce chemin de vie que je me suis promis d’emprunter depuis ma plus tendre enfance.
Mon père, mon héros ! Depuis toujours, il est mon modèle, je veux être digne du nom qu’il m’a offert en héritage, je veux être à son image, mais le chemin va être très long, je le sais, j’en suis conscient !
— Allez ! En petite foulée, on est partis !
Notre instructeur vient de se positionner devant nous, lui aussi est en tee-shirt, mais contrairement à nous, lui ne semble pas souffrir du froid ! Il doit avoir trente ans, tout en muscles. Son visage ne laisse paraître aucune émotion ! Je m’élance derrière lui, du moins mon esprit suit, car mon corps, lui, est gelé, mais mon père me l’a toujours dit : ce que la tête veut, le corps fait . Alors, j’avance et viens me positionner derrière notre instructeur.
Mon père, le maître principal Jacques Mandrier, a effectué plus de vingt ans au sein de l’institution. Aujourd’hui, c’est à moi d’écrire mon histoire, mais je suis conscient que son ombre est là, présente, au-dessus de moi.

Quarante minutes que nous courons, je n’ai absolument plus froid, le rythme est soutenu et je remercie mon père de m’avoir entraîné. Certains sont moins à l’aise, alors j’essaie de les aider, de les pousser, de les réconforter.
— Oh ! Si certains lâchent, laissez-les, la sélection commence maintenant, il n’y a pas de place pour les faibles chez nous !
L’instructeur est dans son rôle, ses paroles ont claqué, ont touché certains. Guillaume, un Vendéen avec qui j’ai sympathisé depuis l’école de maistrance, n’est pas au mieux.
— Souffle, Guillaume, accroche-toi, tu vas y arriver !
Pour toute réponse, celui-ci s’arrête et se met à vomir tripes et boyaux. Je reste à ses côtés et le réconforte, les autres n’ont pas ralenti et je les vois s’éloigner. Je ne sais pas quoi faire, le laisser et rejoindre le groupe ou ne pas abandonner mon nouvel ami.
Putain de merde, que faire ?
— Allez, on les rattrape, on y va, accroche-toi à moi, on va y arriver.
Guillaume m’emboîte le pas, je le sens vidé, mais il ne me lâche pas, je le regarde, il a cette flamme en lui. À cet instant précis, alors que, foulée après foulée, nous réintégrons le groupe, je sais que nous avancerons ensemble, je sais que ce garçon va progresser à mes côtés, car nous avons le même rêve, la même envie, la même flamme dans les yeux !
Il nous faut moins de cinq minutes pour nous retrouver au milieu de nos camarades.
Mon regard croise celui de l’instructeur, je n’arrive pas à déchiffrer ce qu’il pense, son visage est fermé et il repart de plus belle. Son accélération nous surprend, mais je place ma main dans le dos de Guillaume et lui souffle à l’oreille :
— Allez, on ne décroche plus, on est dans le groupe, on y reste !
CHAPITRE 2


Lorient, école des fusiliers marins,
20 novembre, 9 h 15

En quinze jours, nous avons perdu sept stagiaires. Le brevet d’aptitude technique de fusilier marin n’est pas le stage commando, mais il n’est pas si facile à décrocher, alors je résiste. Tous les soirs, j’ai le besoin de contacter mon père, de lui parler, de lui raconter ma journée, comme je le faisais lorsque j’avais neuf ans. À chaque fois, ses mots font mouche, il me booste, il me donne sa force ! En raccrochant, je n’ai qu’un seul but : ne pas le décevoir, être à la hauteur de ce qu’il a été.
Alors oui, cela me met une pression supplémentaire, mais cela me donne surtout l’envie d’aller au bout de mon rêve, car je sais que mon destin est calqué sur le sien, je sais qu’un jour je porterai ce béret vert, tout comme lui !
Depuis tout petit déjà, je sais que je serai commando marine, je me suis toujours nourri des histoires de mon père, des histoires de ses amis et très tôt je me suis mis à rêver de ce béret. Je voulais devenir, comme mon père, un héritier de ceux du 6 juin 1944 !
Ce matin, nous allons effectuer notre première nage de combat dans la cuve.
Tout le monde connaît la cuve, tout le monde l’a déjà vue, soit dans un reportage, soit en photo. Il s’agit de grands réservoirs creusés dans le sol et qui servaient, durant la Seconde Guerre mondiale, à stocker de l’eau ou du carburant !
Depuis que l’école des fusiliers marins s’est installée à Lorient, elle sert de « piscine » : les stagiaires y effectuent leur nage de combat, leur apnée, leur parcours nautique, toutes les épreuves aquatiques qu’ils devront réussir pour obtenir le droit de porter le béret vert.
Lorsque, petit, j’accompagnais mon père à l’école, je venais souvent la voir en me disant à chaque fois qu’un jour, je plongerais dedans.
Pour une première, c’est une première ! L’hiver est rigoureux cette année, le thermomètre affiche un timide huit degrés, un léger crachin typiquement breton me fouette le visage.
Le « patron » de formation nous échauffe depuis un quart d’heure.
— Rassemblez-vous face à moi !
Nous ne perdons pas de temps et nous mettons sur trois colonnes face à notre instructeur.
— Ce matin, vous allez connaître le bonheur de plonger dans la cuve, c’est un honneur et vous devez vous sentir fier de le faire.
Même si ces mots sont à prendre au second degré, pour moi, c’est vraiment un honneur. Tant de personnes que je connais, que je respecte, sont passées par cette épreuve.
L’instructeur reprend :
— Rien de très compliqué aujourd’hui, vous descendez le long de l’échelle, vous vous mouillez et au top ! vous plongez pour effectuer un demi-tour et basta !
Le « M » de Mandrier n’est pas situé dans les premières lettres de l’alphabet, il me faut donc attendre avant de pouvoir plonger à mon tour.

— Mandrier ! Descends !
Voilà ! C’est à moi ! Mon cœur s’emballe un peu, le froid des barreaux de l’échelle me surprend et plus je descends, plus je ressens cette fraîcheur. Arrivé sur la plateforme, je me mouille la nuque et descends dans l’eau. La température me saisit ! Vite, je remonte. Le plongeur se présente à moi.
— Suivant ! Tu t’es mouillé ? OK, allez, fais-moi un beau plongeon et c’est parti !
Je ne veux pas réfléchir, alors j’effectue mon plus beau saut en allant chercher très loin devant moi. Mince, le froid me brûle les poumons, je n’arrive pas à contrôler ma respiration, je souffle, m’oblige à contrôler mes pulsations.
— Alors, c’est toi le fils de Jacques Mandrier ! Souffle, calme-toi ! Calme-toi, souffle !
Cette phrase «  c’est toi le fils de Jacques  », prononcée par le plongeur de sécurité qui m’accompagne, je l’ai entendue bien souvent. Parfois je ressens du respect pour mon père, parfois c’est différent, un mélange d’ironie, de méchanceté. Mais je m’en fiche, je suis fier d’être son fils et surtout je

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