Pourquoi l ai-je cru ?
176 pages
Français

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Pourquoi l'ai-je cru ? , livre ebook

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Description

Paris, vendredi 13 novembre 2015. Quatre adolescentes issues de milieux sociaux différents, scolarisées dans la même classe de terminale, assistent au concert d’un groupe de hard rock. Ce soir-là, au bataclan, le malheur va s’abattre sur les personnes présentes dans cette salle. Les quatre amies n’y échapperont pas et leur amitié n’y résiste pas. L’une d’elles, Malika, certainement plus fragile que les autres, va tomber entre les griffes de Samy, un jeune garçon radicalisé. Ce dernier est en recherche d’une proie facile devant lui permettre de faire ses preuves au sein de la cellule terroriste à laquelle il appartient.
Par amour au début, par idéologie ensuite, la jeune fille acceptera de couper les ponts aussi bien avec sa famille qu’avec ses amies. Elle va suivre ce nouveau compagnon dans un périple qui va les conduire de Paris à un camp militaire de Daesh en Syrie. La jeune fille va devoir y affronter des évènements auxquels elle n’était pas du tout préparée. Une fois rompus à l’art de la guerre, plutôt que d’aller combattre en première ligne, Il leur est demandé de rentrer au pays. Le championnat d’Europe de football organisé en France doit leur permettre de mourir en martyr. Tout ne va pas se passer comme prévu.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 avril 2017
Nombre de lectures 2
EAN13 9782312051505
Langue Français

Extrait

Pourquoi l’ai-je cru ?
Patrick Perrin
Pourquoi l’ai-je cru ?
Roman
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2017
ISBN : 978-2-312-05150-5
Avant -propos
À la mémoire de toutes les victimes d’attentats, que ces derniers aient été commis en France, chez nos voisins européens ou dans tout autre pays au monde visé par cette ignoble barbarie.
Avec également toute ma compassion et mon soutien aux familles des victimes.
***
Certains lieux évoqués ou certains faits relatés sont malheureusement bien réels, mais les personnages évoqués dans ce roman ne sont que le fruit de l’imagination de l’auteur. Les faits sont très largement romancés. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.
***
Prologue
Allez-y, demandez-moi ce qu’est un bruit sourd ? Je vais vous répondre.
Un bruit sourd est pour moi le résultat du contact entre un trottoir goudronné au pied d’un immeuble de banlieue et un corps venant de s’y écraser.
L’exemple peut vous paraître choquant mais, lorsque par hasard, également par malchance, vous vous trouvez à deux mètres d’un corps désarticulé duquel vient de s’échapper une projection rougeâtre venant de souiller vos chaussures vernies et de tacher le bas de votre pantalon, vous ne pouvez qu’associer à la question posée la réponse ainsi formulée.
Chapitre 1
Lorsque sans prendre aucune précaution, sa mère ouvre la porte de sa chambre puis en allume la lumière, Christelle se réveille en sursaut. D’un geste vif, elle remonte la grosse couette en plumes d’oie ornementée d’immenses fleurs roses qui en cette fin de nuit agitée ne lui recouvrait plus que la partie basse du corps. La tête de la jeune fille repose sur un coussin carré assorti au même motif. C’est fou comme cette parure ressemble à une tapisserie murale des années 70. Ce n’est pas vraiment l’idée que l’on peut se faire d’une chambre d’adolescente en ce début du 21 ᵉ siècle. En remontant le couvre-lit jusque au-dessus de sa tête, plus un seul centimètre de peau, pas même un brin de cheveux n’est offert au regard amusé de l’arrivante. Avec ce geste, Christelle entend mettre fin à ce qu’elle considère comme une véritable déclaration de guerre, une ignoble agression matinale perpétrée sur sa modeste personne et ce sans motif légitime. S’être rendue d’un coup invisible ne l’empêche toutefois pas de parler. La preuve, cinq mots jaillissent de sa bouche.
– Putain de bordel de merde ! Un juron, lancé à haute et intelligible voix, afin d’être sûre qu’il arrivera bien à bon port, c’est-à-dire jusqu’aux oreilles de la maudite personne qui vient d’oser interrompre sa fin de nuit.
La femme qui vient d’ouvrir cette porte mesure 1 M 70. Elle est mince, certainement même un peu trop, c’est du moins l’avis de son mari. Ses cheveux blonds très fins, coupés au carré, et ses lunettes à fine monture couleur or lui donnent assurément l’air d’une intellectuelle. Ce matin, comme souvent d’ailleurs, elle est vêtue d’une chemise de nuit blanche, bouffante, en coton avec manches longues et col boutonné jusqu’en haut. Ce vêtement de nuit ressemble à ceux portés par les épouses modèles au début des années mil neuf cent. Sa fille lui a déjà fait remarquer qu’il est bizarre de s’habiller à la dernière mode pour la journée et de se vêtir en « tue l’amour » pour aller se coucher. Malheureusement, rien n’a changé, elle continu à la porter prétextant que la douceur du tissu et le confort du vêtement sont bien plus essentiels à ses yeux que ce à quoi elle ressemble ou peut bien ressembler au moment où elle se glisse dans ses draps de lit.
Son aspect physique, dans son ensemble, ne trahit pas ses 45 printemps, mais il faut bien le reconnaître, cette chemise de nuit, d’un autre temps, ne lui est guère avantageuse.
L’intruse, appelons-la ainsi pour l’instant, celle qui a osé réveiller son adolescente de fille de manière si agressive, fait tout de même remarquer à cette dernière que l’emploi matinal de gros mots n’est pas une façon bien courtoise de souhaiter le bonjour à sa mère.
– Tu peux être un peu polie, s’il te plaît ? N’oublie pas que je ne suis pas ta copine, ni ton amie et que tu me dois le respect.
L’adolescente n’en a que faire, non seulement elle ne s’excuse pas mais en plus, elle reste la, au chaud, bien cachée sous sa couette. Elle n’envisage absolument pas de répondre à Nathalie, sa mère. Il faut dire que ce matin, Christelle, malgré la nuit censée avoir apaisé sa colère, est encore un peu plus remontée que la veille et ce n’est certainement pas ce réveil brutal qui va pouvoir tant soit peu apaiser les tensions nées à ce moment-là. Cette mauvaise humeur trouve source dans une dispute qui a éclaté à la fin du dîner familial. Le motif n’ayant rien de dramatique en soi, il n’aurait pas mérité que l’on ne s’y attarde plus d’une soirée. En effet, au moment du dessert, pensant venu l’instant propice à une légitime requête, du moins jugée comme-t-elle par la jeune fille, cette dernière a tout simplement demandé aux deux adultes lui faisant face, une sensible augmentation de son argent de poche. Voila, rien que ça, rien de plus. Là ou elle a poussé le bouchon un peu loin, c’est qu’après avoir essuyé un refus, elle a insisté lourdement, allant même jusqu’à des propos menaçants du style : « Hé bien vous l’aurez voulu, faudra pas vous plaindre » ou « vous verrez, vous le regretterez ! ». Son beau-père et sa mère sont montés petit à petit en pression, haussant le ton, se fâchant au final et mettant fin ainsi au débat.
En vérité, c’est plutôt Christelle qui mit fin à la conversation en se levant précipitamment de table et en quittant la pièce, alors même qu’elle n’avait pas terminé de manger. Par la suite, elle s’est enfermée dans sa chambre en prenant bien soin de claquer la porte en signe auditif de sa colère du moment.
Pour en revenir à son argent de poche, à chaque début de mois une somme, toujours la même, lui est allouée pour ses faux frais quotidiens et puis basta, plus rien. Par la suite, inutile de monter au créneau pour obtenir une petite rallonge, car la réponse sera systématiquement négative et ce quel que soit le bien fondé de sa demande. Même le gros câlin sur les genoux de maman, façon petit bébé, pouce dans la bouche, n’y changera rien. Les deux adultes sont raccords sur cette façon de procéder, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre.
Afin de pouvoir faire face à ses besoins quotidiens, sa mère et son époux lui remettent quatre-vingts euros par mois, pas un euro de moins, mais jamais un de plus. Christelle estime que cette somme ne suffit plus à couvrir l’ensemble de ses frais personnels. De nos jours dit-elle souvent, le paquet de Malboro est devenu hors de prix et dans les bars, le petit noir ou le demi de bière aussi. Devant le refus qu’une nouvelle fois elle s’est vue opposer, la discussion a donc très vite dégénéré. Le motif avancé par les décideurs n’est pas le manque de moyens financiers. En effet, la petite famille occupe un très bel appartement, dont elle est propriétaire, situé à l’intérieur d’une copropriété entièrement sécurisée avec même la présence physique d’un gardien. Les occupants de cet immeuble exercent presque tous une profession libérale, médecins, avocats, d’autres sont dans le monde des affaires. Bref, que des pauvres malheureux comme le dirait Christelle. Son beau-père lui aussi, ne déroge pas à la règle. Il est médecin, plus précisément gastro-entérologue. Il gagne ainsi très bien sa vie. Ça rapporte un max de soigner les intestins malades. Quant à sa maman Nathalie, elle a un bon job aussi, elle est secrétaire médicale.
C’est d’ailleurs grâce à cette profession qu’il y a une quinzaine d’années, elle a fait la connaissance de Jacques, le beau-père médecin. Dans un premier temps, ce dernier n’était simplement que son patron puis, très vite, il est devenu son amant. Cette liaison n’a pas été officialisée de suite, mais la jeune fille l’a immédiatement su. Elle a ressenti que sa mère était amoureuse de son patron avant même que Nathalie ne se décide à le lui avouer. Il faut dire aussi que d’un coup, sa mère qui était du genre à arriver à l’heure et à ne surtout pas offrir une minute de travail supplémentaire à un quelconque employeur, ne comptait soudain plus son temps passé au cabinet. Elle partait bosser fringuée comme une princesse et maquillée comme une voiture volée. On aurait dit que chaque jour, elle se rendait à une cérémonie de mariage. Et puis ce régime alimentaire, commencé d’un coup, sans raison valable car vu son poids et

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