Rattrapé par l adolescence
201 pages
Français

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Rattrapé par l'adolescence , livre ebook

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Description

Le héros, ingénieur agronome est en mission en Afrique en ce printemps 1977, il bourlingue au gré de son travail.
De retour chez lui à Chanoz en France, entre Bresse et Dombes, il va se faire happer, ou plutôt rattraper par son adolescence et se trouver projeté 15 ans plus tôt, un certain été 1962.
Que s’est-il passé cet été 62 ?
De ce retour, un bouleversement inattendu l’attend, une lettre s’immisce d’une manière peu orthodoxe et particulière dans sa vie, cette lettre va le projeter à son adolescence, cette lettre va lui rappeler cet été 62. Le message qu’elle contient va le bouleverser mais sans l’étonner vraiment, c’est plutôt de retrouver l’héroïne qui l’étonne et l’intrigue, qui est de surcroît en mauvaise posture, très mauvaise posture.
Comment a-t-elle pu faire une chose pareille ?
Cela valait-il la peine de prendre un si grand risque ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 21 décembre 2016
Nombre de lectures 2
EAN13 9782312049595
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Extrait

Rattrapé par l’adolescence
Jean - Luc Cinquin
Rattrapé par l’adolescence
LES ÉDITIONS DU NET
126, rue du Landy 93400 St Ouen
© Les Éditions du Net, 2016
ISBN : 978-2-312-04959-5
Prélude
A l’aurore de sa vie,
il faut planter l’arbre de son destin,
afin de construire son destin avec audace et détermination,
pourvu qu’il ne nous rattrape pas,
assumer son destin pour en faire une destinée.
L’homme suit son destin comme son ombre,
ou peut-être l’inverse, je ne sais plus,
ou plutôt tout dépend d’où l’on se place.
Vagabonde Africaine
C ÔTE D ’I VOIRE – A VRIL 1977
Ma mission se termine en ce début du mois d’avril 1977 en Côte d’Ivoire, la grande saison sèche tire à sa fin dans le Nord du pays, le paysage est déjà balayé par ce vent sec en provenance du Sahara que l’on appelle l’Harmattan. Dès le mois de juin les alizés humides vont marquer le pas de la grande saison des pluies.
Comme chaque soir je m’installe et m’isole à l’ombre des palmiers et frangipaniers, ignorant l’agitation qui règne dans la mission, assis ainsi à ma table de brousse sur mon siège en toile, je rédige mes notes de travail de la journée et je tiens aussi à jour mon carnet de voyage, je consacre à cette écriture qui est pour moi un rituel, un moment de détente et de relaxation.
Demain je vais reprendre la direction du sud et retrouver, à Abidjan , les alizés humides en provenance de l’Océan qui soufflent déjà sur le sud du pays. Ces vents sont gorgés d’humidité provoquant de fréquents grains et de nombreux orages. C’est ce qu’on nomme la mousson ou plus couramment la grande saison des pluies. Toute l’année, le sud est frappé par des brises de mer chaudes et humides qui lui confère cette douceur de vivre. En fait, le climat du pays varie en fonction du mouvement du front intertropical qui lui fait subir, tour à tour, le régime océanique et très humide des alizés du sud, puis le régime saharien des alizés du nord avec l’Harmattan , plus secs. La Côte d’Ivoire est en fait la zone de transition entre le climat équatorial humide et le climat tropical sec. Ce phénomène divise le pays en deux zones climatiques principales : le Sud et le Nord . La Côte d’Ivoire a un climat propice à une agriculture diversifiée, de cultures vivrières comme le manioc, le riz, les bananes plantain et taro, le mils et le Sorgho ; de cultures commerciales comme le coton, le café, le cacao, le kola, le tabac, l’hévéa, les bananes, les ananas, les palmiers à huile, les cocotiers.
Tout en relevant la tête pour réfléchir de la feuille que je noircie, j’observe, pensif, les enfants qui jouent à même le sol à quelques mètres de moi avec des jouets qu’ils ont confectionnés avec des objets de récupération et ce qu’ils trouvent dans la nature. Je souris en pensant que si les petits Français voyaient ça, ils en seraient stupéfaits. Je me remets à l’ouvrage et j’en reviens à mon écriture.
Ce pays a aussi une tradition pastorale d’élevage de bovins, d’ovins, de caprins et de porcins, on trouve le long de la côte une activité de pêche plutôt artisanale.
C’est précisément tout ça qui m’amène régulièrement dans ce pays africain. Cette ancienne colonie française assez loin de mon pays natal la France où je ne vis, qu’une partie de l’année certes car mes activités professionnelles m’amènent à beaucoup me déplacer et voyager, principalement sur le continent africain.
De par mon métier d’ingénieur agronome, je travaille et collabore fréquemment avec les gouvernements étrangers pour optimiser et développer les systèmes de productions agricoles en place, nous menons des missions de coopération et élaborons des programmes dans les domaines agricoles et de l’élevage.
J’ai choisi au grand dam de mon père de suivre la voie du « ailleurs » et d’exercer principalement dans les pays en voie de développement. Lui bien sûr aurait souhaité que je reste au pays et que j’apporte ma pierre à l’édifice de notre agriculture bressane ou tout au moins nationale « du cocorico », tradition oblige, mais l’envie de m’investir où les besoins étaient plus importants et d’aller à la rencontre des autres a été plus forte que moi. Mais la coopération de notre nation avec ses anciennes colonies me stimule d’autant plus, elle me permet de sortir des sentiers battus, d’innover et de se remettre en question au quotidien.
Je suis ce que j’appelle un jardinier de l’éden, j’entretiens, je développe, je préserve et je fais fructifier cette terre qui est notre garde-manger, il en dépend de notre vie et notre survie. Je me consacre essentiellement aux domaines agricoles et d’élevage. Je suis très respectueux de notre terre nourricière, présent des dieux, il y a l’eau, l’air et le ciel avec son ciel capricieux et cette « science climatique » difficile à prévoir dont il faut sans cesse composer et s’adapter. Tout ceci me passionne, me fascine, j’y consacre une grande partie de ma vie et absorbe une grande énergie. Je m’implique et m’investis entièrement dans mes activités professionnelles.
J’aime ce pays et je m’y sens à mon aise, loin du tumulte de la métropole, apprécie cette nature luxuriante et ces grands espaces. Dans ce petit village de Tioro près de la ville de Korhogo dans la région des savanes, où je me trouve, la vie est simple et en harmonie avec ma conception, mais pour combien de temps encore. Au retour j’ai promis à ma jeune épouse de me « sédentariser » et rester au pays, pour moi c’est un sacrifice, un cap auquel je devrai me soumettre et m’adapter. Mais je me réserverai quelques fredaines et j’effectuerai quelques bordées en terre africaine, ces rares escapades seront ma bouée d’oxygène pour mon équilibre mental.
***
Notre campement est établi dans l’enceinte de la mission catholique dotée aussi d’un dispensaire de brousse tenu par les sœurs de la charité. Cette institution est dirigée par sœur Jeanne, une française originaire d’un village de Bretagne proche de Morlaix. A soixante-cinq ans cette femme joviale et énergique a un tempérament bien trempé et un caractère de fer dans un gant de velours. Elle ne se laisse pas manipuler et il est difficile de lui tenir tête, voire impossible, elle est têtue, rien ne l’arrête pour atteindre son but, les autochtones ne s’en plaignent pas, ils s’en accommodent. Elle a eu sa vocation vers la trentaine et depuis elle dispense ses soins et son éducation sur le continent africain et plus spécialement en Afrique noire. Nous cohabitons dans une ambiance sympathique et partageons de bons moments forts et simples, nous vivons en communauté où chacun trouve sa place et son utilité.
– Félix appelais-je ?
– Oui Bouana.
– Puis-je avoir une tasse de thé s’il te plait.
– Tout de suite bouana.
Félix est notre aide de camp, jeune ivoirien d’à peine vingt ans. Le ministère de l’agriculture comme à chaque mission, met à notre disposition une équipe d’une dizaine de personnes.
Deux d’entre eux, dont Félix, sont chargés de l’intendance, de la cuisine, du ravitaillement, du montage et démontage du camp. Les autres sont directement impliqués dans nos activités, nous les formons, conseillons et les entourons pour qu’ils acquièrent à terme une certaine compétence et autonomie en la matière.
Deux d’entre eux, Taji et Jawad sont tout comme moi de jeunes ingénieurs agronomes tout fraîchement diplômés, ils sont d’ailleurs issus de la même école que moi. Ils ont fait leurs études en France et sont revenus exercer au pays, c’est à eux, cette jeune relève qu’il incombera ensuite de prendre le relais de nos travaux.
– Tiens voici ton thé bouana.
– Merci Félix, je t’ai déjà dit cent fois de m’appeler Hervé et non bouana. Hervé c’est mon prénom.
– Oui d’accord bouana, mais c’est difficile, très difficile, c’est comme ça.
Oui c’est difficile, je le comprends aisément après tant d’années de colonisation, il est difficile de changer les habitudes bien ancrées dans les mœurs. Mais le temps fera son sillon, j’en suis persuadé, il faut juste un peu de patience, le temps est ici notre allié. Ce n’est pas du jour au lendemain que l’on peut changer les habitudes, tout effacer et renverser la vapeur.
– Félix appelais-je encore ?
– Oui, boua…
– Que mange-t-on ce soir ?
– Nous avons préparé avec Alida et Salama une soupe aux cacahuètes et un ragoût d’antilope.
Félix est ravi de travailler avec les cuisinières de la mission, il bénéficie ainsi des installations de la cuisine de la mission et cela lui facilite grandement son travail quotidien. De plus les repas sont partagés tous ensemble en communauté, ce sont de bons moments de convivialité et d’échange.
– Ragoût d’antilope, c’est un souper de fête. C’est l’antilope que vous avez renvers

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