ScanLine
176 pages
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Description

Regardez votre main. Ne contient-elle pas un
plan? Les lignes, que signifient-elles?
David Modragne, jeune prodige doté d'un esprit
scientifique hors du commun, tente d'élucider le mystère entourant les lignes de la main. Guidé par sa curiosité, David conçoit ScanLine, une application si parfaite qu'elle est capable de prédire le futur. Mais comment interpréter les secrets que ScanLine révèlent? Connaître le futur donne-t-il le droit d'essayer de changer le destin?
David tentera par tous les moyens de tirer profit de l'information qui se trouve au creux des mains.
Magistrale interrogation sur le sens de la vie, ce roman est un fascinant mariage entre la
philosophie, la science et l'éthique. Aux frontières de la science-fiction et de la réalité, cette découverte sonde l'avenir, pour le meilleur… et pour le pire.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 18 décembre 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782924782057
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0040€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

ScanLine
FRAN OIS NO L
ScanLine
diteur et directeur du projet: Sylvain Harvey Adjointe l dition: Julia Harvey R viseure linguistique: Eve Renaud Concepteur de la couverture: ric No l Photographe: Marianne No l-Allen Mise en page: Marquis-Interscript Imprimeur: Marquis
Premi re dition, 2018 ditions Sylvain Harvey ISBN 9782924782033
Tous droits de traduction, de reproduction et d adaptation r serv s; toute reproduction d un extrait quelconque de ce livre par quelque moyen que ce soit est strictement interdite sans l autorisation crite de l diteur.
Imprim au Canada
D p t l gal - Biblioth que et Archives nationales du Qu bec, 2018 D p t l gal - Biblioth que et Archives Canada, 2018
ditions Sylvain Harvey
T l phone: 418 692-1336 (r gion de Qu bec)
Sans frais: 1 800 476-2068 (Canada et tats-Unis)
Courriel: info@editionssylvainharvey.com
Site Web: www.editionssylvainharvey.com
Diffusion: Les Guides de voyage Ulysse Distribution au Canada: Socadis
Les ditions Sylvain Harvey remercient la Soci t de d veloppement des entreprises culturelles du Qu bec (SODEC) pour son aide l dition et la promotion.
Gouvernement du Qu bec - Programme de cr dit d imp t pour l dition de livres - Gestion SODEC

Le livre est aussi offert en version num rique (ePUB) ISBN: 9782924782057
Remerciements
De mon tuteur l cole secondaire qui j crivais des neries pour expliquer mes retards au cours jusqu aux femmes qui ont eu subir ma po sie simpliste en passant par mon fr re Dominic qui je chantais des chansons totalement improvis es avant de dormir, nombreuses sont les personnes qui ont pos leurs yeux sur mes crits. Je voudrais remercier toutes celles qui ont pris le temps de lire ce premier roman et, surtout, m ont offert leurs commentaires qui ont tous t pris en compte pour le rehaussement de l histoire que j ai tent de raconter.
Merci de votre aide et de vos encouragements.
Fran ois
"C est peu donner que donner de ce qu on a. Le v ritable don, c est donner de soi.
Khalil Gibran
Table des mati res
Chaptire 1: L tonnement
Chaptire 2: Le premier test
Chaptire 3: Des lignes qui parlent
Chaptire 4: Premi res pr visions
Chaptire 5: Les traces in luctables
Chaptire 6: La perte
Chaptire 7: Le changement vident
Chaptire 8: Le voyage m ditatif
Chaptire 9: crire sa vie
Chaptire 10: Contrecarrer le plan
Chaptire 11: La raison d tre du plan
Chaptire 12: Le mal inconnu
Chaptire 13: Les chemins de vie
Chaptire 14: Le projet humain
Chaptire 15: Retour vers soi
1
L tonnement
La ligne de c ur
Elle donne des informations sur l tat du c ur, en tant qu organe, ainsi que sur la vie amoureuse. Elle est situ e sous les doigts, perpendiculaire ceux-ci .
David vient de franchir une tape. Il a r ussi ses cinq premi res ann es d cole. Et l an prochain, avec des notes semblables, il pourra demander une place dans une cole secondaire de son choix o il pourra s panouir pleinement.
- F licitations, mon gars! Je suis fier de toi! Et tu peux tre fier de toi! Maintenant, c est le temps de c l brer ce passage par
Robert sort de sa poche le d pliant publicitaire d une agence de voyages. Il le remet David qui le consulte f brilement. Il a toujours r v de faire un voyage, un vrai. Bien s r, les vacances sur la plage, dans des parcs nationaux pittoresques, et les nombreux s jours dans des parcs aventures l ont ravi. Mais il a parcouru nombre de fois l atlas g ographique la recherche de contr es lointaines, pour voir des paysages diff rents. De longues recherches sur Internet l ont port vers diff rents continents, mais toujours il revenait sur l Europe.
- Dix jours en France Visitez Florence Toute la Gr ce en quinze jours La C te d Azur et Cannes Westminster et Londres Mais? Wow, c est vrai maman?!
- Qu y a-t-il de vrai?
De toutes les destinations pr sent es dans le d pliant, une seule tait encercl e avec quelques notes en marge. Une seule: une croisi re sur le Danube!
- Papa, c est vrai?!
- Oui, mon homme, tu as bien lu. Nous partons pour l Europe, tu en as tellement parl . Et quoi de mieux pour visiter plusieurs pays qu une balade sur le Danube, ce fleuve majestueux qui traverse dix pays? Nous partons dans deux semaines, ce qui nous laisse un peu de temps pour conna tre l itin raire. Des moments libres de quelques heures sont pr vus dans chaque port. Il faudra donc choisir les bonnes activit s afin de maximiser notre temps de visite. Bien s r, il faudra aussi s accorder des p riodes de repos. Regarde le bateau, il est grand, n est-ce pas? J ai demand le plan du bateau l agent de voyages. Regarde! Nous aurons notre cabine juste l , avec une grande fen tre pour voir le plus de paysages possibles. Et voil le pont, nous pourrons nous tendre pour relaxer durant le trajet.
Robert sort alors les cartes g ographiques pour pr senter l itin raire David. Marie et lui ont convenu que David ferait les recherches afin de trouver ce qu il aimerait visiter chaque escale.
- Ce sera toi notre capitaine, notre guide touristique. C est une excellente id e que ta m re a eue de te confier la pr paration des activit s chaque escale. Voici le trajet: d part de Budapest jusqu Strasbourg, la fin de la croisi re. Amuse-toi! Moi, je dois aller au bureau, mais, mon retour, je veux que tu me pr sentes une partie de notre voyage.
- Moi, je vais en profiter pour aller m diter un peu; il y a d j quelques jours que je ne me suis pas arr t e: le tour des agences de voyages m a un peu tourdie.
Marie pratique la m ditation depuis son tout jeune ge. Elle a d couvert cette technique lors du passage d un moine bouddhiste dans un atelier scolaire alors qu elle n avait que dix ans. Elle a t subjugu e par la vibration qui est sorti du corps du moine lorsqu il a expuls le son primordial AUM. Une r v lation! Depuis, elle a suivi nombre de programmes de formation pour atteindre des niveaux de transcendance tr s lev s.
David se met tout de suite au travail: un voyage, a se pr pare.
D abord, il dresse une liste des points v rifier:
les pays visit s,
les capitales des pays,
la langue parl e chaque endroit,
les principales formules de civilit apprendre,
les villes o ils feront escale,
les cinq principaux attraits touristiques de chaque ville,
les r gles de conduite respecter.
Il est pr t commencer. On l entend m me faire le trajet haute voix.
- Budapest, quatre premiers jours. Arriv e par avion la veille 10 h le matin. Excellent! Nous aurons dormi un peu dans l avion. Le temps d aller l h tel se reposer un peu hmm! L apr s-midi, on pourra faire une excursion pied. Qu est-ce que nous pourrions voir? Tiens, le parc municipal avec le Mus e des beaux-arts. Rester au parc ou, si nous ne sommes pas trop fatigu s, une visite du mus e. Je note
Tout l apr s-midi, David consulte les nombreux sites Internet qui lui indiquent les attraits touristiques de chaque escale. Il a h te de pr senter le tout ses parents. Quand il redescend de sa chambre, il va retrouver sa m re la cuisine.
- J est t , maman!
- Pardon?
- a veut dire bonsoir en hongrois. J ai sorti quelques mots que nous devrions apprendre pour notre s jour Budapest. Savais-tu que Budapest est en r alit la fusion de deux villes: Buda et Pest? Comme cela fait pr s de 150 ans que les deux villes sont fusionn es, personne n y pr te attention, mais les Hongrois, eux, le savent tr s bien.
- Bonsoir tout le monde! lance Robert son retour du bureau.
- J est t ! r pondent en ch ur Marie et David.
- Qu est-ce que c est? De l allemand?
- Non, c est du hongrois. C est moi qui l ai appris maman tout l heure. Comme nous passerons quelques jours Budapest, je voulais que nous apprenions quelques mots pour au moins dire bonjour et merci aux gens de la place.
- Et comment dit-on merci?
- K sz n m sz pen . Merci beaucoup. a se prononce comme a: keuceuneum s penne.
- Wow, tu es devenu polyglotte!
- Polyglotte?
- a veut dire que tu connais plusieurs langues! Alors, cet itin raire, a avance?
- Il y a beaucoup de choses voir, apprendre, et il faut choisir parmi des centaines de monuments, des dizaines d attraits touristiques et des vues imprenables sur le Danube. Et je n en suis qu Budapest. Il me reste Vienne, Francfort, Strasbourg et plusieurs autres villes. Ce sera un voyage fantastique!
David serre ses deux parents dans ses bras pour les remercier du cadeau qu ils lui offrent.
***
L heure du d part a sonn . Toutes les valises sont pr tes, la maison est f brile. Robert v rifie la pr sence des documents importants: passeports, billets d avion et de croisi re, r servations d h tel, etc. Marie veille ce que les valises soient bien identifi es, que les bagages main ne contiennent pas d objets interdits l embarquement; ce serait dommage d tre retard s pour n avoir pas respect les r gles de l a roport.
- Maman? C est vrai que nous prenons un Boeing 747?
- Oui, mon ch ri! Tu sais que c est le deuxi me avion au monde par la grosseur?
- Oui, nous serons plus de 400 personnes bord. C est comme si toute mon cole embarquait dans un m me avion!
- Tout est pr t? Allons-y! Le taxi nous attend la porte.
Marie trouve que c est une excellente id e d avoir demand un taxi. De cette fa on, ils n ont pas besoin de se pr occuper de l auto et les zones r serv es pour le transport en commun acc l rent leur arriv e l a roport.
Rendus l a rogare et apr s les formalit s douani res, les trois voyageurs prennent place dans la zone d attente de leur vol. Soudain, l appel retentit, priant les passagers en partance pour Budapest de se diriger vers la porte d embarquement A2.
- C est pour nous! Dis donc, l enregistrement c est quelque chose! Heureusement que nous tions arriv s assez t t!
- Maman, pourquoi l agent a-t-il v rifi nos sacs main?
- Il voulait s assurer que nous n avions pas de liquides, d objets tranchants ou d autres objets pouvant repr senter un danger pour les autres passagers.
- Mais qui pourrait en vouloir aux autres passagers?
- Des gens qui veulent du mal notre pays ou des organisations. Ce sont des terroristes. Ils se font un malin plaisir de d jouer les zones de s curit pour y p n trer avec des objets dangereux.
- David, viens voir par la fen tre, on voit notre avion!
- Wow! Papa, il est immense!
"Les passagers des rang es 36 26 sont pri s de se pr senter l embarquement.
- C est maintenant nous d embarquer!
- Passeport et carte d embarquement, je vous prie! Merci! David Modragne! C est ton premier vol?
- Oui, Madame! J ai tellement h te!
- Je te souhaite un bon voyage!
- Merci!
David tant le dernier pr senter sa carte d embarquement, les trois voyageurs se dirigent vers la passerelle.
- Bonjour, puis-je voir votre carte d embarquement? Merci! Si ge 28A. Prenez la rang e de gauche.
- Papa, penses-tu qu on pourrait voir la cabine de pilotage?
- Non, je ne crois pas. Si tout le monde faisait cette demande, nous ne partirions jamais. Mais tu as vu toutes les photos sur Internet, non?
- Oui, mais ce n est pas comme de le voir en vrai!
- En plus, il y a toujours un encart dans le magazine d pos notre si ge qui donne des d tails sur l avion.
Le trio se dirige vers ses si ges et range les bagages main dans le compartiment sup rieur, puis chacun prend sa place.
- Papa! Il y a un minit l viseur devant chacun de nos si ges! Est-ce qu on pourra couter un film?
- Si tu le veux. L agent de bord nous donnera des couteurs tout l heure pour que tu puisses le suivre dans la langue que tu veux. Peut- tre ont-ils une version hongroise!
- Papa! Tu sais que je ne parle pas le hongrois!
- Quand m me! Tu connais beaucoup de mots et m me un peu d allemand, d apr s ce que maman m a dit.
- David et moi avons pratiqu quelques mots. Nicht wahr , David?
- Ja, mutti!
- Wow! Je suis heureux d avoir deux interpr tes avec moi. Je n aurai pas de probl me pour obtenir de l information pendant notre voyage!
Tous se mettent rire. David est si content d tre enfin dans l avion. Il l ve la t te pour regarder en arri re, se place debout pour voir devant: il y a des gens partout. D j , quelques-uns se sont install s pour sommeiller, d autres parcourent un livre, les autres lisent un magazine. Certains semblent nerveux et ne tiennent pas en place, v rifiant et rev rifiant si tous leurs bagages sont vraiment bien rang s.
- Bonjour, ici l agent de bord Cindy Paslinger. Notre quipe vous souhaite la bienvenue bord. Voici maintenant les instructions de s curit .
David coute attentivement les instructions et suit les gestes de l agent de bord. Il identifie tous les l ments sa port e, l emplacement du masque, de la ceinture de sauvetage et des sorties de secours. Bien qu excit , il est un peu nerveux et prend la main de sa m re. Robert le regarde et lui met la main sur l paule pour le rassurer.
"Bonjour et bienvenue sur le vol 456 de la compagnie American Airlines. Je suis le commandant de bord Peter Kowalski. Nous nous dirigeons vers Budapest, sans escale. Nous volerons une altitude de 10 000 m tres. La m t o nous indique un peu de turbulences pr voir au-dessus de l Atlantique; je vous aviserai le temps venu. Nous vous remercions d avoir choisi American Airlines et nous esp rons que vous appr cierez ce vol.
- a doit tre super de piloter un avion de cette grosseur!
- Il faut des ann es d entra nement. a va, toi?
- Oui, maman. J ai juste h te de sentir le d collage!
- Voil , nous empruntons la voie qui va nous conduire au d but de notre piste pour le d collage. Es-tu pr t, David?
- Oui, oui! fait David, un peu nerveux.
Les moteurs s activent, l avion prend de la vitesse. Par le hublot, David voit d filer les nombreuses lumi res en marge de la piste. Il sent que la vitesse le fait caler dans son si ge. Tout coup, plus de friction, et la piste s loigne subitement.
- Huh! C est a, un d collage? On ne voit d j plus qu un grand champ de petites maisons Je m nervais pour rien!
- Et l atterrissage, c est l inverse. Les maisons se rapprochent, les difices grossissent et la piste grandit. C est une autre sensation que de se retrouver sur le plancher des vaches apr s quelques heures de vol. Tu verras!
Apr s un vol de plusieurs heures, mais sans encombre, Robert voit l a roport au loin. C est ce moment que la voix de l agent de bord se fait entendre.
"Attention! Attention! Nous amorcerons notre descente vers Budapest dans quelques instants. Nous vous prions de regagner vos si ges et de boucler votre ceinture de s curit jusqu ce que l avion soit arr t au quai de d barquement.
David sommeillait d j depuis un bon bout de temps. Apr s avoir cout un film, il s tait appuy la t te sur l paule de son p re.
- David! David! R veille-toi! On va atterrir bient t! Regarde par le hublot, on voit des paysages au loin!
- Ah oui! Est-ce que j ai dormi longtemps?
- Apr s ton film, tu as commenc somnoler. C est normal! Tu sais qu notre heure, il est trois heures du matin. C est pour cela que tu t es endormi. Budapest, il est dix heures du matin comme pr vu selon le plan de vol.
- Regarde, plus on approche, plus le paysage se pr cise. On voit le Danube!
- Il n est pas tr s large, dis donc! s tonne Marie.
- Mais il est tr s long. Tu sais, de la fronti re franco-allemande jusqu la mer Noire, c est l un des plus longs fleuves du monde.
Apr s avoir r cup r leurs bagages, ils embarquent dans la navette qui les m ne leur h tel.
- Enfin, l h tel! Ce n est pas trop t t! Je suis vraiment fatigu e!
- Est-ce que tu veux te reposer pendant que David et moi allons explorer les alentours?
- Vous n tes pas fatigu s, vous deux?
- Moi maman, j ai dormi, tu sais.
- Et moi, les longs parcours m emp chent de dormir et la fatigue ne vient qu apr s quelques heures.
- Alors, allez-y, je ne peux pas vous suivre! Laissez-moi au moins trois heures et revenez me chercher pour aller manger.
- D accord, ma ch rie. Viens, David! Allons voir le parc dont tu m as parl .
- Bonne id e, papa!
Au parc, il r gne une ambiance magique: une f te foraine est en cours et David voit pour la premi re fois des Tsiganes.
- Qui sont ces gens, papa? Ils sont habill s diff remment de nous.
- Je crois que ce sont des Tsiganes. Ces gens sont des nomades et se prom nent de ville en ville. Ils ont toutes sortes de talents. Beaucoup sont acrobates, musiciens et certains peuvent m me pr dire l avenir. On dit qu ils sont capables de jeter des sorts!
- Comme des sorci res?
- Oui, mais ce sont des l gendes. Viens, allons voir par l , il semble y avoir des jeux d adresse: tu pourras me montrer ce que tu sais faire!
- American, English, Franc se ?
Une vieille femme interpelle David. Robert, amus , l accompagne vers elle.
- Donne main! Voir futur!
- Allez David, jouons le jeu et coutons cette vieille dame nous raconter notre avenir! dit Robert avec un air de d pit, bien qu intrigu de savoir ce que la vieille dame lui dira.
- Oh! Jeune homme talent grande intelligence d couvertes hmm! malheur dame maladie, pas bon Ah! belle jeune fille grand voyage beaucoup voyages musique chance, un peu argent, oui
- moi maintenant! dit Robert en tendant sa main la vieille dame.
- Hmm! Voyage toujours voyage amour, passion rupture non, mort
- Allez, c est fini, allons-nous en David, dit Robert en retirant sa main de celle de la vieille dame.
- Mais papa!
Robert tend deux pi ces la vieille dame, l air contrari .
- Tu sembles choqu , papa. Qu y a-t-il?
- Ce n est rien! Pourquoi couter ces balivernes? Allons nous amuser comme nous devions le faire au d but.
Tout l apr s-midi, ils circulent librement dans le parc, s arr tant de temps autre pour admirer le paysage, les habitants de la ville et leurs habitudes. Ils reviennent l h tel voir Marie. En les voyant entrer dans la chambre, Marie a un sursaut.
- C est vous d j !? Quelle heure est-il? dit-elle en s assoyant dans le lit.
- Il est plus de 4 h de l apr s-midi. As-tu bien dormi, mon amour?
Robert s assied pr s d elle pour la prendre dans ses bras. Il la serre tr s fort et l embrasse doucement. David observe la sc ne et trouve anormal que son p re d montre autant de tendresse alors qu il vient peine de quitter sa m re quelques heures auparavant. Lors de ses longs s jours l ext rieur de la maison, il ne paraissait pas aussi tendre et affectueux. C tait sans doute l effet des vacances.
- As-tu faim? Veux-tu aller prendre un peu l air avant d aller manger? Tu dois avoir soif?
- Non, non, a va. Et vous, qu avez-vous fait pendant tout ce temps? O tes-vous all s?
- Nous sommes all s dans un parc et il y avait des Tsiganes, une f te foraine. Une vieille dame
- David, a va, a va! Laisse maman se lever doucement, nous lui raconterons notre excursion plus tard.
David est surpris d tre coup subitement par son p re, alors qu l habitude il lui laisse raconter tout en d tail.
***
Le soir venu, apr s avoir savour un bon repas dans le restaurant de l h tel, les trois remontent la chambre. Pr paration du lit, douche, brossage des dents. Demain, une grande journ e de visite les attend: randonn e pied pour voir les principaux attraits de la ville.
De son lit, David peut voir la lumi re de la lune. Cette nuit est claire et la lune resplendit parfaitement jusqu son lit. Il n a pas sommeil. Il regarde sa main et se rem more ce que la vieille dame lui a dit. Il refait exactement le m me parcours que la dame en r p tant tout bas chacun des passages. Sur la grande ligne au milieu de la main, elle lui a dit "grande intelligence, beaucoup de talents . En faisant circuler son doigt crochu de haut en bas de la main, "chance, non , la ligne du haut sous les doigts, "belle jeune fille , la ligne en plein centre, "d couvertes, voyages . Ensuite, elle a pris la main de son p re. David se souvient que la ligne sous les doigts de la main de son p re tait coup e en deux et que la vieille dame lui a dit "amour, passion, rupture, non, mort . Tout a l intrigue au plus haut point, mais la fatigue le gagne et il tombe endormi.
***
Le voyage se d roule comme pr vu. Apr s quatre jours Budapest, la croisi re s amorce le long du fleuve.
- Ah! C est la vraie vie! Il y a longtemps que je r vais de me faire chauffer au soleil! Pourquoi ne l avons-nous pas fait avant?
- Tu as raison, ma ch rie, on ne devrait pas se priver de telles douceurs! Est-ce que je t ai dit aujourd hui combien je t aime?
- Robert! Tu me l as dit au r veil, au petit-d jeuner et, il n y a pas une heure, tu m embrassais comme nos premiers jours ensemble! Je te retrouve amoureux comme jamais! J adore le Danube!
David est sur le pont sup rieur et contemple les rivages qui lui montrent de nouveaux paysages. Parfois, il reconna t certains difices dont il a vu la photographie sur Internet. Il a le c ur joyeux et pense aux prochaines destinations: Vienne, Melk, Passau, Ratisbonne, et les autres. Des images plein la t te, il se laisse bercer par les reflets du soleil dans l eau et les moutons blancs que fait le bateau en fendant l eau.
Puis, on arrive M hlhausen: moins agr able cause de la pluie. Nuremberg: pleine d histoire, le c l bre proc s sur lequel il a fait beaucoup de recherches avec son p re. Bamberg: petite ville, mais quelle splendeur architecturale! Particuli rement l ancienne mairie construite sur une le. Quelle dr le d id e, pense-t-il en la voyant. Ensuite, Rothenbourg, Kitzingen. Kitzingen est fort int ressante: la tour au clocheton inclin construite, selon la l gende, par des ouvriers qui avaient remplac l eau par du vin pour s abreuver durant la construction. C est ce qui expliquerait le toit courb ! De plus, le cimeti re de la ville abrite, toujours selon une l gende, la tombe de Vlad Dracula, le c l bre comte vampire.
La croisi re se poursuit: Wurtzbourg, Wertheim, Miltenberg et Francfort, la Manhattan de l Europe. David est impressionn par l image f rique de Francfort en soir e, toute illumin e et se refl tant dans l eau. On dirait vraiment une reproduction de Manhattan avec ses nombreux gratte-ciel!
Mayence et, enfin, Strasbourg. La Petite France bahit David et ses parents. Les canaux, les petits ponts, les maisons typiques, l horloge et la cath drale Notre-Dame. Ils s y attardent pendant des heures pour contempler les centaines de figurines sculpt es. Plus de 150 ans pour la construire! Jamais David n a t aussi impressionn par un difice. Et il en a vu beaucoup pendant le voyage. la Grande Braderie, des centaines de marchands de toutes sortes offrent leur marchandise; un immense march est install ciel ouvert. Le soir venu, des feux d artifice concluent la f te.
***
- Alors David, pr t pour le d collage? Pourrons-nous seulement d coller? Avec tous les souvenirs que tu as en t te, il me semble que l avion est trop lourd tout coup!
- Papa! Arr te tes blagues! J ai vraiment beaucoup de souvenirs en t te, c est vrai. Mais j ai aussi h te de sentir le d collage de l avion. J aime mieux d coller qu atterrir. On dirait que c est nous qui sommes l avion et on se sent plus l ger.
- Maman, tu peux me pr ter l appareil photo pour que je regarde toutes les photos depuis notre d part jusqu aujourd hui?
- Tu en auras certainement pour tout le vol! Tu as pris tellement de photos que la carte m moire est presque pleine!
David regarde une une les photos: la vieille dame, qu il avait revue en revisitant Budapest, les nombreuses cath drales d une ville l autre, les cureuils dans le parc Francfort et les nombreux rivages: David aurait pu reconstituer toute la longueur du Danube en juxtaposant toutes les photos prises ou presque.
2
Le premier test
La ligne de chance
Elle d finit l accomplissement personnel, les facult s artistiques et le sens de l esth tique. Elle est au centre de la main et en continuit avec l annulaire .
D s le lendemain de son retour de voyage, David montre Jonathan de nombreuses photos prises en Europe. Il lui fait remarquer que le Danube n est pas tr s large, mais combien il est long! Il lui r cite le nom des villes visit es parmi des milliers qui se sont construites tout le long de son cours.
- Est-ce qu il vous est arriv des aventures? demande Jonathan.
- Tout s est bien d roul . Mais la vieille dame dans le parc Budapest nous a surpris; surtout mon p re, qui en tait choqu .
- Qu est-ce qu elle lui a fait?
- Elle a commenc lire dans les lignes de sa main.
- Et il tait choqu pourquoi?
- Elle a pris sa main Tiens, donne-moi la tienne Tu vois cette ligne sous tes doigts et qui traverse ta main? Elle est diff rente de la mienne et de celle de mon p re. On dirait que nous avons tous des lignes trac es diff remment.
- Et ton p re?
- Bien, la vieille dame parcourait les lignes de sa main et elle a prononc les mots suivants: rupture, non, mort. Mon p re a retir sa main imm diatement, a refil deux pi ces la dame et nous nous sommes loign s d elle. Il ne m a jamais dit pourquoi il tait choqu .
- Et toi, elle a dit quoi?
- moi, elle a dit "jeune homme intelligent , dit David en reprenant maladroitement l accent de la vieille Tsigane.
Les deux pouffent de rire et David poursuit le r cit de ses souvenirs de voyage en montrant des photos l aide de son appareil mobile.
Apr s l cole, David revient la maison et s installe avec son ordinateur portatif pour se connecter Internet. Il entreprend une recherche sur la signification des lignes de la main. M thodique, il commence par apprendre le nom des lignes principales.
***
David a toujours t dou pour apprendre rapidement. Lors de son cinqui me anniversaire, ses parents lui ont offert un cube de diff rentes couleurs. tonn , il a demand ce que c tait .
- C est un Cube Rubik! r pond sa m re .
- Un cube quoi?
- Rubik! C est le nom du monsieur qui l a invent !
- C est d coratif! Il n y a que des petits cubes de couleur semblable d une face l autre du cube!
Marie m lange les faces de diff rentes couleurs et lui explique que le jeu consiste remettre le cube de sorte que toutes les faces n ont qu une seule couleur: les petits cubes rouges, tous ensemble sur une face, les bleus, sur une autre face et ainsi de suite .
- Et c est cens tre un jeu?
- Quand tu en auras envie, tu essaieras de le reconstituer comme je te l ai dit. Tu ne verras pas le temps passer! Si tu d sesp res de r ussir reconstituer les couleurs, je te donnerai quelques trucs. Maintenant, il faudrait ramasser un peu tout ce fouillis! Dis, Robert, tu veux m aider?
Pendant que Marie et Robert rangent l essentiel dans le salon, d autres invit s s affairent pr parer en secret le g teau de f te. Comme David est mordu des histoires de Foni, le g teau a t trac l image du petit lutin. Les bougies tant d j dispos es, on les allume et le signal est donn pour fermer les lumi res afin d entonner le chant traditionnel soulignant le passage d une autre ann e .
- Bonne f te David! Bonne f
- Et c est quoi la suite qui devrait m amuser? dit David en pr sentant ses parents le Cube Rubik compl tement reconstitu .
- Mais David, comment as-tu fait? Tu as remis le cube comme il tait en moins de cinq minutes! C est impossible!
- Au d but, j avais un peu de difficult , mais c est facile: il suffit de faire une couche la fois. Je crois m me que grand-p re, qui n a pas toute sa vue, pourrait le r ussir lui aussi!
- Robert, j ai des frissons!
Robert rappelle Marie que David les surprendra toujours. Tr s jeune, il savait d j lire de courtes histoires et il pouvait crire plus de mots que des l ves de deux ans plus g s que lui! Il d clare que, sans lui imposer quoi que ce soit, il faudra qu ils s occupent de nourrir son esprit et de l aider profiter de son talent .
- Dites, Marie et Robert, n tes-vous pas tonn s de la performance du petit? demandent des amis assistant la f te. Le Cube Rubik, c est quand m me pratiquement impossible pour qui n utilise pas l une des techniques d velopp es par les math maticiens!
- En effet, bien qu un enfant, rappelez-vous, ait vendu 1,5 million d exemplaires de sa solution du Cube alors qu il n avait que douze ans, force est d admettre que David m a tonn e par la rapidit avec laquelle il a reconstitu le cube! s tonne Marie .
Comment canaliser cette intelligence? Nous avons convenu, Robert et moi, de ne pas brusquer les choses. Certes, nous le mettons en pr sence de diff rents d fis ou, plut t, situations qui peuvent faire appel ses capacit s intellectuelles. Mais nous d sirons surtout qu il se d veloppe sur diff rents plans plut t qu un seul. Nous avons lu beaucoup sur ce que plusieurs appellent les niveaux d intelligence .
Marie poursuit en disant que David ne d montre pas de propension vers l une ou l autre des formes d intelligence. Et, parfois, elle s tonne de voir comment il r ussit certaines activit s. Robert et elle pensent qu il a re u les forces de chacun d eux. Marie r v le m me qu il y a des jours o elle se demande de qui il a pu tirer une force semblable. Par exemple, elle explique que, comme tout le monde, ils ont appris jouer d un instrument de musique tant enfants et que plusieurs ont continu , l adolescence, mais que Robert et elle ne sont pas des musiciens plus forts que la moyenne des gens .
- Au contraire, j ai d pratiquer nombre d heures afin de ma triser la neuvi me de Beethoven la fl te bec!
- Mais David, lui, pianote sur le clavier num rique que son grandp re lui a offert l an dernier. notre grand tonnement, il peut reproduire les berceuses que nous lui chantons depuis qu il est b b ! rench rit Marie .
- Et si tu permets, Marie, il nous faudra faire des recherches l -dessus avant d affirmer quoi que ce soit, mais il y a parfois des m lodies que nous entendons lorsqu il est au clavier et que nous n avons jamais entendues auparavant!
- Vous n avez jamais pens l inscrire des camps pour des jeunes dot s de capacit s sup rieures?
- Oui, mais nous n avons jamais trouv d endroit o la philosophie est le d veloppement complet de l enfant. La plupart du temps, le camp insiste sur un aspect pr cis: le sport, la musique, les math matiques, la science, mais rien qui regroupe plusieurs disciplines!
- Et comme il nous r clame toujours la possibilit de jouer avec ses amis du voisinage, nous ne voyons pas l avantage de l loigner pendant plusieurs semaines de son environnement o il se d veloppe, avouons-le, plut t bien jusqu maintenant!
- Parlant d apprentissage, vous souvenez-vous de son projet d Expo-Science? demande Robert .
Robert relate la conversation que Marie et lui avaient eue avec David, qui leur avait expos son projet .
Il avait dit alors: "C est d cid : je vais pr senter l algorithme du Q20! . Robert lui avait demand des explications .
David avait d crit la "petite boule qui d couvre toujours ce quoi on pense . Il affirmait en conna tre le fonctionnement. Et il envisageait de l expliquer l exposition scientifique .
Robert lui avait demand par quel cheminement passe le miniordinateur du jouet pour d couvrir ce quoi les gens ont pens en utilisant leurs r ponses aux questions qu il pose. tonn , il avait d s asseoir un peu pour couter son jeune savant lui expliquer comment il avait fait .
Pour David, c tait assez simple. C est son professeur de fran ais qui lui en avait donn l id e, en pr cisant qu une personne peu instruite poss de un vocabulaire d environ 3 000 5 000 mots alors qu une personne instruite en conna t pr s de 50 000 .
Marie avait demand son fils comment il pouvait trouver le mot auquel une personne pensait parmi 50 000. David s tonnait que sa m re ne sache pas que la boule tait guid e par des algorithmes. Il avait expliqu qu au d part la boule fait faire un choix entre un min ral, un animal, un v g tal et une forme inconnue, ce qui fournit une partie de la r ponse. En fait, l algorithme utilise la dichotomie, c est- -dire qu il s pare la quantit de mots possibles. Lui, par exemple, a pris les 50 000 mots et a pos l hypoth se que cet ensemble se divisait en parts gales entre animal, v g tal, min ral et inconnu. Si quelqu un choisit "animal , il ne reste plus que 12 500 mots!
Pour Robert, cela paraissait encore beaucoup. David a repris en disant que la boule utilise le principe de la dichotomie, ce qui r duit encore le nombre. Apr s, elle se sert de la description du mot pour effectuer d autres dichotomies: le poids, la couleur, poil-pas poil, grand-petit, domestique-sauvage, et comme a pendant vingt questions. Et si jamais la boule ne tombe pas sur le bon mot, la boule est programm e pour poser encore cinq questions afin de trouver la bonne r ponse .
Marie s est demand si David savait ce qu tait un algorithme. En faisant des recherches, David avait d couvert en effet qu il s agissait souvent d un programme informatique bien que celui qui avait invent le premier algorithme vivait au IX e si cle et n avait pas acc s un ordi! Il avait donc fait sa d monstration - c est comme cela qu on appelle une partie de la preuve scientifique -, sur papier .
Robert l avait alors mis au d fi en lui demandant si son algorithme lui permettait de d couvrir quoi il pensait .
videmment, David avait r pondu par la n gative. Il avait fait un peu comme le savant du IX e si cle, tout au plus: il avait formul la th orie et d montr qu une dichotomie, en algorithmique, est un processus de recherche par it ration qui permet de couper en parties gales des blocs d information - dans notre cas des mots - jusqu la plus petite fraction qui permet de trouver la solution au probl me pos .
Elle termine en disant que David leur a r v l qu il n avait commenc y penser que le lundi en se couchant. Au matin, il tait all sur Internet chercher de l information sur les algorithmes et la dichotomie et le soir, au retour de l cole, il s tait mis griffonner des solutions possibles par it ration. Il avait travaill mardi apr s le souper et avait mis son travail au propre jeudi soir puisqu il fallait qu il remette sa demande de pr sentation Expo Science vendredi apr s-midi au professeur Caprio .
Tous les invit s sont tonn s par le r cit de Robert et Marie.
Le lendemain de la f te, David est devant son ordinateur et navigue sur diff rents sites pour en apprendre toujours plus. Comme l habitude, il parle seul, mais haute voix.
- Hmm! La ligne sous les doigts est la ligne de c ur diff rentes formes droite veut dire, euh! veut pr dire go sme, tendance retenir ses sentiments, un c ur sec. Wow! Ce n est pas tr s joli tout a! Longue et bien cannel e amour de plusieurs ann es, g n rosit , quilibre entre c ur et raison tiens, comme moi! surcharg e de petits traits sensuel et sensible plusieurs amours passionn es oh! oh! coup e en deux, comme papa, p riode difficile dans le domaine sentimental rupture, non, mort!
David demeure de longues minutes devant ces d finitions. Contemplant sa main, il reproduit les dessins de chaque signification pour bien les ancrer dans sa t te, car il envisage de mener sa petite enqu te sur la v racit de cette information.
- David, descends, mon ch ri! Tante Vanessa est ici! Viens la saluer!
Vanessa est une amie de longue date de Marie. Elle a t de tous les instants de la grossesse de Marie, si bien que David la consid re comme sa tante depuis toujours.
- Bonjour Vanessa!
- Bonjour David! Alors, tu as fait un beau voyage ce qu il para t?
- Oh oui! C tait magnifique! Dis, Vanessa, tu peux me montrer ta main?
- Euh oui. Pourquoi?
- Juste comme a, par curiosit Hmm, a va.
- Comment " a va ? Qu est-ce que tu as vu dans ma main?
- Rien de sp cial, je voulais juste voir quelle tait la forme de ta ligne sous les doigts, dit David, qui retourne vers sa chambre et griffonne f brilement dans un petit calepin de poche.
- Dis donc, Marie, David est-il devenu chiromancien?
- a vient d une histoire dans un parc de Budapest. Robert et lui auraient rencontr une Tsigane, mais je n en ai jamais su plus long. Laisse-le, c est sans doute l une de ses nombreuses recherches. Il est tellement curieux de nature.
Quelques heures plus tard, apr s le d part de Vanessa, David redescend et questionne sa m re propos de sa tante.
- Dis, maman, Vanessa a-t-elle eu beaucoup d amoureux?
- C est un peu indiscret de demander pareille information sur la vie de quelqu un, tu ne trouves pas?
- Toi et moi avons vu plusieurs de ses copains. J en connais au moins trois: il y a eu Mike qui m amenait toujours au parc quand j tais petit, ensuite Mortimer qui avait une loge pour assister aux parties de hockey et Karl qui est avec elle pr sentement, n est-ce pas?
- Oui, tu as raison!
- Y en a-t-il eu d autres avant? Tu la connais depuis combien d ann es?
- C est une amie de l universit : nous avons fait nos tudes ensemble. Elle tait tr s courtis e l poque comme aujourd hui d ailleurs! Je ne pourrais pas te nommer tous les gar ons qu elle a rencontr s. Par contre, je peux te dire qu chaque fois c tait l amour fou pendant les premi res ann es.
- Et a durait longtemps?
- Oh non! Il y avait toujours quelque chose qui arrivait. Mais rapidement, elle rencontrait quelqu un d autre: un "autre prince qu elle disait. Tiens, voil Bernard! Il doit tre envoy par sa femme pour me demander quelque chose encore!
- Bonjour, Marie! Bonjour, David!
- Bonjour! r pondent en ch ur femme et enfant.
- Marie, aurais-tu ton livre de recettes pas trop loin? Ma femme veut refaire la superbe tarte que tu as cuisin e la semaine derni re. J en salive encore tellement elle tait bonne!
- Oui, attends-moi ici. Je vais te le chercher.
- Et alors, mon petit David, remis de tes motions de voyage?
- Oh oui, monsieur! J ai un rouleau de papier sur lequel j ai coll toutes les photos prises sur le Danube. C est comme si on pouvait reconstituer le trajet Dites, monsieur Bernard, est-ce que je peux voir votre main, s il vous pla t?
- Oui, pourquoi donc?
- Pour rien, je fais un inventaire de mains pour une recherche.
- Mais l cole n est pas recommenc e pourtant tiens, regarde ce que tu veux.
David constate que la main du voisin a de nombreuses lignes courtes. Celle imm diatement sous les doigts est vraiment courte.
- Tiens, Bernard, voici le livre pour ta femme.
- Merci, Marie! Je te le ram ne sous peu quand elle aura recopi ingr dients et pr paration. plus tard!
Bernard s loigne alors que David est son calepin et crayonne habilement le dessin que faisait la ligne sous les doigts de la main du voisin.
- Veux-tu bien me dire ce que tu dessines dans ce calepin?
- C est pour ma recherche, maman. Monsieur Bernard est-il avec sa femme depuis longtemps?
- Non, c est assez r cent. Je dirais sept ou huit ans. C est un ancien vieux gar on.
- Un vieux gar on? C est quoi, un vieux gar on?
- C est quelqu un qui vit seul pendant un bon bout de temps, qui n aime pas trop se m ler aux autres.
- Pourtant, c est lui qui fait le plus de blagues autour du feu!
Marie explique que cela est aussi r cent. Bernard est fils unique, comme David. Il y a dix ans, il a perdu ses deux parents dans un accident d auto. Il s en est remis tr s difficilement. Il venait souvent la maison chercher du r confort. Nombre de fois, il est all la p che avec Robert. Puis, il a chang petit petit. Aujourd hui, il est agr able, tout de m me assez serviable et donne de son temps diff rents organismes. Cet accident, aussi malheureux soit-il, l a compl tement chang . Marie termine en disant que Bernard r p te souvent qu il "profite du moment pr sent .
***
David accumule ainsi quelque cinquante lignes de c ur ici et l , au hasard des rencontres ou des visites chez le boulanger, le p tissier, le boucher, etc. Sa plus grande difficult r side dans la collecte de l information concernant les amours de chaque personne. Il a d s y prendre plusieurs fois, par personnes interpos es, pour d couvrir un tant soit peu la vie amoureuse des gens qui s taient pr t s au jeu.
Il juge qu il en a assez et d cide de ranger les lignes selon le type de dessin, tout en d crivant la vie amoureuse du ou de la propri taire de la main.
Curieusement, les vies amoureuses correspondent aux descriptions accol es aux dessins des lignes trouv s sur Internet. C est comme une r v lation! Un seul type de ligne de c ur lui manque: la ligne coup e en deux, comme celle de son p re.
Sans plus tarder, David se dirige vers le centre commercial et, sans g ne, demande aux gens de lui tendre leur main. Plusieurs refusent, mais nombreuses sont les personnes qui acquiescent sa demande. Chaque fois, David vise juste: "Vous avez une vie amoureuse passionn e. ou "Vous tes avec votre dame depuis fort longtemps . "Hmm! vous n avez pas encore trouv la personne id ale , dit-il des lignes de c ur courtes pour ne pas choquer les gens. Tout coup, une personne tend la main et David aper oit une ligne coup e en deux. son d but, elle est divis e en lignes plus petites, puis elle est coup e et, enfin, devient un trait droit bien marqu . Comme il n a pas de r ponse donner, il demande la personne quelques d tails sur sa vie amoureuse.
- Ah, mon petit! J ai eu plusieurs femmes au d but. Un jour, je croyais avoir rencontr la femme de ma vie , dit l homme en regardant David, mais sans le voir, comme s il tait ailleurs.
- Qu est-il arriv ?
- La mort m a fauch ma Theresa, une maladie rapide, dans la douleur Pauvre Theresa, qu est-ce qu elle a eu mal
- Euh et depuis? demande David, la voix h sitante.
- Et bien, je ne pensais pas refaire ma vie comme on dit, mais voil qu est arriv e Gigi, une petite minette aux yeux doux. J ai fini par craquer, mais je n oublierai jamais Theresa. Et Gigi le sait Je ne sais pas pourquoi je te raconte tout a petit. Ce sont des histoires de grandes personnes Bon, je dois y aller maintenant!
Pendant plusieurs minutes, David reste sans voix, immobile, le regard vide.
- H petit, pousse-toi, tu es en plein milieu du chemin, lance un homme bourr de paquets qui accroche David, le faisant presque tr bucher.
David reprend conscience de son environnement et part en courant jusque chez lui. Arriv la maison, il cherche sa m re partout, mais ne la trouve pas.
- Maman! Maman!
Il monte l tage, descend au sous-sol.
- Maman! Maman! crie-t-il d une voix de plus en plus forte, aux accents de d tresse.
- Qu y a-t-il, David?
Marie appara t dans la porte donnant sur le jardin. David lui saute au cou et la serre si fort que Marie perd quelque peu l quilibre. David fond en larmes et n arrive plus l cher sa m re.
- H ! H ! Mon ch ri! Qu as-tu tant pleurer? Que t est-il arriv ? Raconte-moi tout.
David a peine contenir ses larmes et il lui faut quelques minutes avant de pouvoir prononcer une syllabe audible.
- La ligne de c ur de papa est coup e en deux Et il repart sangloter de plus belle.
- C est quoi a, cette histoire de ligne de c ur? Ce sont les dessins que tu fais depuis quelque temps? Tu ne crois pas ces sottises, j esp re?!
David a du mal reprendre ses esprits. Il rassure sa m re et lui promet qu il ne s agissait que d un jeu et qu il laissera tout tomber. Il serre sa m re encore une fois pendant de longues minutes, sans rien dire. Marie tente tant bien que mal de le consoler, respectant son silence.
***
Et si ce n taient que des sottises comme sa m re le pr tend? David veut v rifier la capacit des lignes de la main de fournir le dessin d un quelconque destin. Il reprend ses recherches, notamment sur la ligne de chance, celle qui est sous l annulaire et qui peut descendre jusqu au poignet. Il reprend son carnet de notes. Encore une fois, on l entend bien.
- Cette ligne r v le les r alisations personnelles, notre c t artistique et notre sens inn pour le beau, l esth tique. Alors, la mienne est comment? Je la vois bien bien creus e vraiment du poignet jusque sous le quatri me doigt, l annulaire. Bon! Allons voir ce que a veut dire M tiers reli s l art et la communication avec probablement la possibilit d tre reconnu. Bien! C est vrai que je dessine bien, je peux parler quand il y a beaucoup de gens et je deviendrai c l bre? Wow! Voyons les autres types de ligne Ligne effac e ou non apparente pas de chance plus de r ussite par le travail et la pers v rance. Bon! Ligne entrecoup e remettez-vous en question et tirez profit de certaines occasions pour provoquer la chance. Ligne en lots avec des maillons oups! Trahison m me parmi les proches surtout sur le plan sentimental. a ne va pas bien! Ligne en fourche changement possible au travail et b n fique chaque fois a, c est mieux! Alors, cinq types de ligne: absente, longue, fourchue, en maillons ou entrecoup e. Il faudrait que je v rifie tout a avec quelques personnes. Et si en plus je les connaissais, je pourrais vraiment v rifier si c est vrai ou non. Je sais! L cole recommence dans quelques semaines et je reverrai les amis. C est a! Mes amis seront mes v rificateurs de destin!
***
La rentr e scolaire ram ne la joie de retrouver les amis d il y a quelques mois. Bien s r, quelques-uns sont des voisins, on en croise aussi dans les magasins et d autres font partie d une quipe de soccer ou de baseball. Mais l , ils sont tous de retour, chacun parlant de ses vacances, des voyages avec les parents. Tous sp culent sur le professeur qui sera le leur. Madame Mireille est-elle encore l ?
David ne perd pas de temps. chaque ancien ami, il parle de sa rencontre au parc de Budapest. Il laisse entendre qui veut bien l couter que la vieille dame lui a transmis ses pouvoirs et il demande chacun de lui montrer sa main. Tous se pr tent volontiers au jeu et David se transforme en diseuse de bonne aventure. M me s il n a approfondi le sujet que pour deux des nombreuses lignes de la main, il v rifie attentivement la ligne de c ur et la ligne de chance. C est cette derni re qui l int resse.
- Jonathan, montre-moi ta main! Hmm! As-tu jou des jeux de hasard cet t , la f te foraine ou ailleurs?
- Oui! la f te foraine, j ai jou au bingo avec ma grand-m re et devine quoi?
- Ne me dis rien, je sais d j .
- Tu sais d j quoi?
- Je sais que tu n as rien gagn . Je dirais m me que lorsque tu joues des jeux de hasard, tu ne gagnes que tr s rarement!
- C est vrai. Comment le sais-tu?
- Je te l ai dit: la Tsigane m a transmis ses pouvoirs!
- Bouah! a ne se peut pas! Des pouvoirs! Voyons donc!
- Suis-moi. Tiens, allons voir Oc ane, dit David en sortant son calepin pour prendre quelques notes.
- En plus, elle est jolie! Chanceux, tu vas lui prendre la main!
Les deux gar ons se dirigent vers Oc ane, David devant, Jonathan derri re, quelque peu intimid par la beaut de la jeune fille.
- Oc ane, est-ce que tu aimerais que je te dise ton destin?
- Mon destin! Et tu peux faire a comment?
David explique qu en Europe, une vieille dame lui a transmis des pouvoirs sp ciaux qui lui permettent de lire dans les lignes de la main et de pr dire l avenir des gens.
- Ben voyons! Comme si a se pouvait! r plique Oc ane.
- Donne-moi ta main et tu verras bien!
- D accord, tiens.
- Hmm! Tu auras une liaison avec un homme et ce sera le bon pour le reste de tes jours Tu n es pas vraiment chanceuse aux jeux de hasard Tu ne devrais jamais acheter des billets de loterie ou tenter des jeux dont tu ne ma trises pas le d roulement. Tu vivras vieille et tu auras trois enfants. Voil ! C est pas mal, n est-ce pas?
- Qui peut me dire si tout cela est vrai?
- C est ton destin, Oc ane. Tu verras bien!
- Bon! Allez, les gars, au revoir! Je vais rejoindre les autres filles!
- Au revoir! dit Jonathan en murmurant "jolie Oc ane pour qu elle ne l entende pas. David, tu lui as dit n importe quoi, n est-ce pas?
- Pour ce qui est de l homme qu elle rencontrera et du fait qu elle n est pas chanceuse, je l ai vraiment lu dans sa main. Pour le reste, j ai invent pour avoir le temps de m moriser ce que je voulais lire.
- Il me semblait aussi que tu ne pouvais pas lire dans les lignes de la main!
La cloche retentit et tous doivent prendre le rang afin d entrer dans la classe. Ils vont enfin conna tre leur professeur. Moment f brile s il en est un. Il y a un bourdonnement de murmures. Arriv s au gymnase, les l ves sont invit s s asseoir par terre. La directrice va prendre la parole.
- Bonjour tous et toutes! J esp re que vous avez pass un bel t et que vous tes pr ts d marrer une nouvelle ann e scolaire. Nous avons beaucoup de nouveaut s cette ann e, commencer par notre quipe d enseignants et d enseignantes. Je vous pr sente les personnes qui se sont jointes nous au cours de l t . Madame Miller sera responsable de la classe de cinqui me. Venez, madame Miller, que tous puissent vous voir voil ! Ensuite, nous avons un nouvel enseignant en ducation physique. Monsieur Fitzback ayant pris sa retraite, monsieur Carlotta prendra la rel ve. Enfin, nous accueillons aussi une nouvelle enseignante en musique. Malheureusement, madame Grant nous a quitt s pour faire des tudes sup rieures. Nous avons trouv un jeune homme dynamique en la personne de monsieur Francis. Applaudissons nos nouveaux enseignants!
Tous applaudissent en ch ur l arriv e des nouveaux enseignants. La directrice poursuit en expliquant les c l brations de la rentr e.
- Mercredi, nous ferons une grande f te dans la cour. Il y aura des jeux gonflables, des ballons, des surprises et surtout coutez bien: nous aurons une chasse au tr sor. Vous devrez choisir des amis dans diff rentes classes et former des quipes de six personnes qui devront se r partir dans la grande cour afin de trouver les pi ces d or que nous aurons dissimul es partout. La premi re quipe rapporter six pi ces aura droit un laissez-passer familial pour chacun des membres de l quipe. Vous irez donc voir votre film favori avec votre famille. Nous remercions d ailleurs notre pr cieux commanditaire de nous avoir offert ces prix.
La directrice continue pendant de longues minutes. Tous commencent s agiter. Il est temps de regagner les classes respectives, de rep rer sa place et de ranger ses affaires dans le pupitre.
David passe toute la r cr ation et un peu de temps apr s l cole rencontrer d autres amis dont il veut lire la main. Il note dans son calepin chaque trait repr sentant l un des types de ligne de chance observ s.
De retour chez lui, il compte douze malchanceux, dix artistes et communicateurs, huit pers v rants, trois trahis et sept personnes qui changeront de cap pendant leur vie.
Le lendemain, il se rend dans la grande cour afin de constituer son quipe. Il recrute trois gar ons et deux filles venant de classes diff rentes, suivant la consigne.
- David! Comment se fait-il que tu ne m aies pas choisi dans ton quipe? demande Jonathan.
- Euh Je t expliquerai plus tard. Je fais une exp rience et j ai besoin de prendre des gens qui ont quelque chose de particulier.
Quand arrive mercredi, les jeux gonflables sont install s partout dans la grande cour et tous s amusent ferme monter et descendre, parcourir les obstacles gonfl s et savourer le jus de fruits servi par les enseignants.
- Attention! Attention! Que toutes les quipes se rassemblent! Nous allons donner le signal de d part de la course aux pi ces d or!
F brilement, les jeunes de toutes les classes se rassemblent en groupes de six. Quelques-uns rest s part sont rapidement pris en charge par les enseignants qui composent une nouvelle quipe.
David regroupe son monde et donne ses directives.
- Il est important qu on se r partisse dans toute la cour. Il ne faut pas tre ensemble. Les pi ces d or sont s rement cach es dans des endroits diff rents. Voici comment on devrait proc der: milie, tu iras du c t de la grande glissade gonflable. Cherche bien tout autour, particuli rement l arri re. Carlo, je t envoie vers l araign e. Si tu grattes un peu le sol, peut- tre y aura-t-il quelque chose d couvrir. Marla, va du c t de l escalier de secours. Ahmed, v rifie chaque poteau de la balan oire. Thierry, je te charge de regarder pr s de la tente o sont distribu s les jus. Enfin, moi j irai pr s des bicyclettes. Tout le monde a bien compris? Ayez l il ouvert! Faisons un cri de ralliement Les pi ces, nous, les pi ces, nous, les pi ces, nous, nous, nous!
Les autres quipes entendent le cri de ralliement propos par David et bient t, elles se motivent toutes de la m me fa on. Toutes attendent le signal.
- tes-vous pr ts?
- Ouiiii! s crient les enfants.
- Je n ai rien entendu! tes-vous pr ts?
Un "oui des plus forts retentit dans la cour de l cole. Il faut lib rer les chercheurs de pi ces.
- 1, 2, 2 et demi, 3 allez-y!
La directrice est tout sourire de voir les enfants partir dans tous les sens. C est son id e et elle est fi re du d roulement de la f te jusqu maintenant.
Les co quipiers de David suivent ses consignes la lettre et chacun va vers l endroit assign .
- J en ai une! crie Marla.
- J en ai trouv une! crie un membre d une autre quipe.
David s affaire pr s des bicyclettes. Furetant pr s de l arbre, tassant quelques vieux papiers, grattant le sable
- La voici! J ai une pi ce!
Il se dirige vers l estrade o chacun doit venir d poser les tr sors. Il retourne rapidement vers Ahmed pour l aider examiner chacun des seize poteaux de balan oire. Apr s quelques minutes, plusieurs quipes ont d j amass deux ou trois pi ces.
- David, j en ai trouv une! fait milie, avec un grand sourire.
- J ai la mienne, les amis! crie Carlo du fond des jeux d quilibre.
- Ahmed, regarde partout! Il faut qu il y en ait une ici, quelque part!
- Je l ai David! J en ai une!
- Nous avons d j trois quipes avec cinq pi ces! Allez! Il ne vous reste que quelques minutes avant
- Je l ai, madame, je l ai! dit Thierry en courant vers l estrade.
- Ouais! Nous avons gagn ! Nous avons gagn ! crient les six amis.
Au loin, Jonathan regarde David. Les regards des deux gar ons se croisent. David comprend que Jonathan aurait aim tre de l quipe et gagner lui aussi un laissez-passer pour sa famille.
- Attendez-moi ici, je reviens tout de suite!
David va rejoindre Jonathan.
- Jonathan, je m excuse de ne pas t avoir pris dans mon quipe, mais j ai prouv quelque chose aujourd hui!
- Tu as prouv que tu pouvais laisser tomber les amis, oui! C est a qui te r jouit?
- Non! Tu ne comprends pas! J ai choisi l quipe en fonction des lignes de chance de chacun!
- C est n importe quoi! Avoue que tu ne me voulais pas dans ton quipe.
- Non! Puisque je te le dis! Viens avec moi, je vais te montrer quelque chose.
Les deux gar ons se dirigent vers l quipe de David.
- Les amis, tendez votre main droite et montrez votre paume pour que Jonathan puisse la voir correctement.
Chacun tend sa main.
- Regarde Jonathan. Regarde comment chacune des lignes de chance est bien marqu e: elle descend de ce doigt jusqu au poignet. Leur ligne de chance correspond celle des gens qui ont de grandes possibilit s de r ussite. Ils sont cr atifs et c est pour cela que je les ai choisis. J ai fait la preuve que les lignes de la main peuvent indiquer des choses qu on ne pourrait pas d couvrir autrement.
Jonathan reste bouche b e. Les autres ne comprennent pas, mais ce n est pas important: ils ont gagn leur laissez-passer et c est tout ce qui compte.
3
Des lignes qui parlent
La ligne de t te
Elle est en rapport avec les aptitudes mentales. Elle se situe entre le pouce et l index, puis elle coupe la paume de la main vers le mont de la lune .
De retour la maison, David monte directement sa chambre. Marie, qui le voit passer en trombe, l intercepte et lui rappelle de lui adresser la parole en entrant.
- J est t , se or Modragne! lance-t-elle.
- Maman, tu m langes le hongrois et l espagnol!
- Bonjour quand m me! Et viens un peu me voir pour me raconter comment a s est pass l cole.
- Bonjour, maman! a s est tr s bien pass . Nous avons gagn la chasse au tr sor et, non, je n ai pas de devoirs.
- Wow! Tout un accueil! Et si tu n as pas de devoirs ni de le ons, pourquoi montes-tu ta chambre plut t que d aller jouer dehors avec Jonathan et les autres?
- Euh Jonathan devait aller faire des courses avec son p re et les autres je ne sais pas ce qu ils font.
- Tr s bien alors, Monsieur press ! Tu dois s rement avoir une id e derri re la t te pour vouloir aller aussi rapidement ta chambre.
- Ouais un autre projet d cole mettre en branle Bye! Tu m appelles quand le repas sera pr t?
- Bien oui, c est a je t appellerai.
- Et j ai gagn des laissez-passer pour tout le monde. Nous pourrons aller au cin ma dans les prochaines semaines! dit David en redescendant rapidement les marches pour les remonter aussit t.
- F licitations! Des laissez-passer? Pour le cin ma? murmure-t-elle.
Marie reste perplexe devant l empressement que met David s enfermer dans sa chambre, lui qui aime tant jouer dehors pendant des heures. Il est m me difficile "r cup rer pour le repas tellement il ne fait pas attention l heure.
Elle demeure quelque temps au pied de l escalier, songeuse. Son David franchit une tape, dernier chelon avant un autre niveau d tudes. 11 ans, ce n est plus le petit gar on qui r clamait un c lin r guli rement. Il devient un jeune homme.
- Suis-je en train de perdre mon petit gar on?
- Est-ce que tu me parles, maman?
-
- Maman? Est-ce que tu me parlais?
- Euh, non, non, a va. Tu peux continuer.
Marie trouve elle-m me la r ponse: David vieillit et il reste peu de temps avant que ses priorit s de pr adolescent ne l loignent de la maison. Il sera de moins en moins pr sent. Il faut qu elle profite de chaque instant, chaque occasion de c lin, chaque minute avec lui.
- Ouais, bien c est mal parti pour aujourd hui
Elle repart vers la cuisine et ouvre le r frig rateur et y jette un coup d il sans vraiment regarder.
- Je crois que j ai besoin d aller m diter un peu. Et puis les gars m aideront faire le repas. Il y a de ces jours o je ne sais plus quoi faire pour les satisfaire. Ils choisiront, nous le ferons ensemble. Ce sera une occasion de plus, vite vapor e, d tre ensemble!
Elle s installe dans son lieu pr f r , adopte une pose ad quate, entame le son primordial et fait le vide pour aller rejoindre son plexus. Qui lui r v le tout sur ses motions profondes.
Elle se rem more cette journ e o elle s est sentie pr te avoir un enfant, son David. C tait une s ance de m ditation avec son groupe et un invit tr s sp cial.
- Vous tes parmi nous depuis plusieurs ann es maintenant. Vous avez atteint un haut niveau de s r nit par la pratique de la m ditation. Nous allons vous offrir la possibilit de pousser plus loin votre rapprochement avec vous-m me. Nous avons invit le professeur Driany Pavisnitu, qui est en tourn e actuellement. Accueillons chaleureusement le professeur Pavisnitu! dit l animatrice .
Des applaudissements nourris clatent l apparition du professeur Pavisnitu, minent chercheur qui a abaiss les fronti res mystiques de la m ditation pour les rendre acceptables la communaut scientifique mondiale. Ses recherches ont permis de raffiner les m thodes accessibles aux adeptes de la m ditation afin qu ils se rapprochent de l unit qui transcende tout le corps lorsque l esprit prend toute la place de l tre .
- Merci, merci! Merci de m accueillir en votre groupe. Merci madame Shevanitsa de m avoir invit vous parler de mes plus r centes d couvertes sur l approche m ditative. En ces temps de grande vitesse o tout doit tre constamment acc l r , les gens sont toujours la limite du futur, jamais dans le moment pr sent. Ils ne prennent plus conscience d eux-m mes, mais plut t de ce qui doit suivre, de la prochaine tape. Futilit ! La seule et unique raison de vivre n est pas demain, car nul ne sait de quoi il sera fait! Demain est aussi illusoire qu un mirage. Chacun a con u son propre mirage et tente d sesp r ment de s y accrocher. Demain devient la raison de vivre de la majorit des gens .
Et qu arrive-t-il lorsque "demain ne se r alise pas comme planifi , comme souhait ? Le d senchantement, la remise en question, le rejet, la col re, le d sespoir et l abandon s installent. Pardessus tout, nombre de maladies surgissent de nulle part, sans explications. Cancer, maladies r nales, cardiaques et autres contrecoups semblables sont les r sultantes d un trop-plein de stress, d anxi t , d espoirs perdus .
Il faut donc changer sa fa on de voir le monde, de se voir soi-m me. Vous faites partie d une globalit , vous tes une goutte d eau essentielle la rivi re de la Vie. Vous devez toutefois canaliser votre apport la Vie .
La m ditation est votre porte d entr e vers l harmonie entre votre corps et votre esprit. En lib rant votre esprit des "bruits quotidiens, vous am nerez votre corps dans un tat o seul le pr sent compte. Ce rapprochement entre le corps et l esprit vous permettra de r g n rer l ensemble de votre tre, de laisser sortir les "bruits qui ont endommag vos cellules. L esprit est alors au service du corps, et le corps au service de l esprit. Vous ne formez plus qu une unit !
Pour celui ou celle qui est pass ma tre de cette transition vers l unit , le passage se fait rapidement. En choisissant la position qui lui sied le mieux, la personne entre vite dans cet tat qui lib re les "bruits et rapproche le corps et l esprit .
Pour vous qui tes exp riment s, ce rapprochement se fait g n ralement dans les vingt premi res minutes de m ditation. Je vous apporte aujourd hui le fruit de mes recherches qui vous permettra d atteindre ce niveau d exaltation en moins de trois minutes .
Contradictoire, professeur! Eh oui, je vous entends penser, en quelque sorte. Il est vrai que la m ditation doit tre exerc e dans un climat de calme, sans empressement. Cependant, nous savons tous que nous ne changerons pas notre environnement, les gens autour de nous et le syst me qui nous accable de sa rapidit toujours id alis e. C est pourquoi mes recherches ont port vers la mise en place d un outil qui vous permettra d atteindre le plein potentiel de votre nergie interne en un minimum de temps .
J ai besoin d une personne volontaire, dit le professeur en cherchant des yeux quelqu un qui veuille bien se pr ter l exp rience .
En parcourant la salle, il rencontre les yeux de Marie. Il per oit d j en elle l nergie sublime que distille son corps. Elle a joint le groupe apr s son arriv e dans la ville. Elle a t ravie de savoir que le professeur Pavisnitu tait de passage. Pour rien au monde, elle n aurait manqu sa conf rence!
- Venez par ici! Oui!Vous, la dame en l otard noir. Venez!
Marie regarde Vanessa, une amie avec qui elle pratique r guli rement la m ditation .
- Vas-y, Marie! Ne manque pas cette chance de vivre une nouvelle exp rience!
D un pas l ger et exprimant le ravissement par son large sourire, Marie s approche du professeur. Enthousiaste, elle tend son bras pour prendre d licatement la main du professeur qui la dirige vers une petite estrade am nag e pour que tous puissent voir parfaitement chacune des tapes de l exp rience .
- Assoyez-vous sur ce coussin, dans la position qui vous est la plus agr able et qui, habituellement, vous permet de pratiquer la m ditation. Vous tes bien l aise?
- Oui, parfaitement, dit Marie qui va de quelques petits mouvements du bassin pour arriver la parfaite position du Lotus, sa pr f r e .
- Je vous place sur la t te quelques capteurs, les "m tacaptaris , qui sont reli s un ordinateur par des ondes qui n entreront pas en conflit avec les ondes c r brales qui manent de votre cerveau en pratique de la m ditation. Il m a fallu d ailleurs plusieurs ann es d essais afin d isoler les ondes qui pourraient transmettre celles du cerveau sans qu il y ait toutefois d interf rences entre elles .
Lorsque vous tes concentr e sur ma voix, votre cerveau r agit. Vos neurones et vos synapses mettent certaines ondes. Par contre, pendant que je vous parle, vous essayez d anticiper ce qui va se passer. Vous tes plus vers le moment futur que dans le moment pr sent. C est ainsi que se trouvent la plupart des gens au quotidien, au travail, la maison, pendant les loisirs ou la pratique d un sport .
Vous savez que la m ditation peut vous permettre d tre totalement dans le moment pr sent, en faisant fuir les "bruits environnants. Sur l cran que j ai plac devant vous et l cran g ant que tous peuvent voir, les ondes canalis es par les m tacaptaris apparaissent en sinuosit s. Par la pratique de la m ditation, l aspect des sinuosit s va changer. Leur amplitude va diminuer et plus vous vous rapprocherez de la transcendance, plus les sinuosit s se transformeront et deviendront proches de la ligne droite. Vous verrez aussi que les sinuosit s, d abord bleues et vertes, en alternance, deviendront presque une ligne droite et les couleurs s estomperont pour se rapprocher sensiblement du blanc. C est la couleur de l unit , l o le moment pr sent prend toute la place! Vous tes alors dans un tat o le corps et l esprit sont presque une seule entit .
- Mais, professeur, lorsque je m dite, j ai toujours les yeux ferm s, pour am liorer ma concentration et me rendre dans un tat avanc .
- Les yeux ferm s permettent le retour vers soi, j en conviens. Mais c est une illusion! En r alit , vous devriez tre en mesure de provoquer le rapprochement de votre corps et de votre esprit tout en tant consciente du monde qui vous entoure. Il est plus facile, et plus rapide, d atteindre le niveau recherch en utilisant tous vos sens qui captent le monde ambiant. Je vous explique. Prenons ce prisme. Si je bloque l arriv e de la lumi re, je ne peux utiliser les rayons qui la composent pour la segmenter ou l unifier. Si je mets le prisme dans un certain angle, je peux fragmenter la lumi re et, par un jeu d optique, la recr er dans toute sa blancheur .
Il en est de m me avec ce qui nous entoure. Votre esprit doit capter toutes les formes de lumi re (les bruits ambiants) pour les fondre dans un seul rayon. Et pour acc l rer ce processus, les m tacaptaris vous indiquent le chemin suivre .
Allez! Contemplez l cran et utilisez vos techniques de m ditation!
Marie s ex cute. D j , les sinuosit s ont modifi leur amplitude. Le professeur commente alors, mais voix basse .
- Voyez! Les sinuosit s s abaissent et changent de couleur! Je me tais et vous laisse poursuivre votre m ditation .
Avec stup faction, les gens voient changer l amplitude des sinuosit s. tonn s par la rapidit avec laquelle Marie a pu les abaisser, les gens murmurent .
- Chut, je vous en prie! dit le professeur en bougeant rapidement les bras .
Les gens font alors totalement silence .
Les ondes deviennent alors tr s faibles d amplitude et les couleurs disparaissent jusqu ne laisser qu une ligne courbe et blanch tre qui fait sursauter le professeur .
- Je n ai jamais vu pareil r sultat avec une personne inexp riment e qui utilise l outil pour la premi re fois! C est fascinant! Madame Shevanitsa, est-ce que votre groupe a exp riment le son primordial AUM?
- Oui, certains d entre eux utilisent le son primordial pour une m ditation totale. Et Marie en fait partie .
- D accord Marie, si vous le voulez bien, je vous prierais de recommencer en utilisant le son primordial .
Marie reprend sa concentration. Les yeux ouverts, fixant l cran, elle met le son primordial. Rapidement, les sinuosit s s aplanissent. Quelques secondes plus tard, la courbe blanch tre revient l cran. Enfin, au bout de trois minutes, une ligne droite, presque blanche appara t, la grande stup faction de la salle et du professeur luim me. Ce dernier esquisse un sourire et joint ses mains sur sa bouche, empreint d une motion profonde .
Les gens s extasient et se regardent l un l autre dans un enthousiasme m morable. Tous se l vent d un bond pour applaudir la fois la prestation de Marie et le r sultat des recherches du professeur. Marie, un peu g n e, affiche son plus beau sourire: elle vient de vivre un moment magique qu elle n avait jamais exp riment auparavant .
- Professeur, c est incroyable! Jamais je n aurais imagin vivre une telle exp rience! Je n tais plus avec vous! J tais ailleurs!
- Vous tiez en vous, ma ch re Marie. En vous. Bravo! Merci d avoir pu utiliser cet outil comme nulle autre personne ne l avait fait avant aujourd hui! Je vous en suis si reconnaissant!
Dans un brouhaha enthousiaste, les membres du groupe viennent serrer la main du professeur et le remercier. Des gens entourent Marie pour s enqu rir de ses sentiments. Elle partage g n reusement chaque seconde v cue! Elle vient de d couvrir un stade vers l panouissement qu elle recherchait depuis longtemps. Ce moment indescriptible lui donne une force int rieure jamais ressentie auparavant. Il semble que rien ne pourra l arr ter Tout coup, tout semble sa port e. Elle se tourne imm diatement vers Vanessa .
- a y est, maintenant je suis pr te!
- Pr te quoi?
- avoir un enfant! Je voulais tre pleinement panouie avant d avoir mon premier b b . Maintenant, je me sens pr te et j ai les outils n cessaires pour maintenir cet panouissement au degr esp r .
- Mais c est magnifique! C est Robert qui sera heureux, lui qui veut tant avoir un gar on!
- Oh attention! J ai dit un b b . Que ce soit un gar on ou une fille, a m est bien gal! De toute fa on, on verra bien ce que la vie m apportera .
- Et tu n as pas peur des absences prolong es de Robert? Tu sais, avoir un enfant, a change totalement les horaires et ton b b demandera une pr sence soutenue des deux parents .
- Je sais que les nombreux d placements l tranger de Robert sont un handicap. Mais je suis fin pr te et je sens que j ai toute l nergie n cessaire pour ce changement .
Marie poursuit sa s ance de m ditation. David, lui, tablit un plan.
- Il me faut tre syst matique. D abord, quelles sont les lignes de la main?
En consultant Internet, David constate qu il y a plus que les traits marquants, c est- -dire plus que les lignes de vie, de t te et de c ur. Il s est d j servi de la ligne de chance, qui est dans la cat gorie des lignes secondaires, mais il y a aussi les lignes de sant , d intuition, et plus encore.
- Je dois tout mettre en perspective. Dressons un tableau.
Dans un tableur, David inscrit chacune des lignes de la main, les principales et les secondaires. Il examine les diff rents aspects que peut avoir la ligne de vie et constate qu elle peut fournir elle seule pr s de trente indications diff rentes sur la vie d une personne, tout comme la ligne de c ur et la ligne de t te.
- Wow! Avec tous ces diff rents l ments, j aurai des milliers, voire des millions de combinaisons possibles!
David d cide alors de commencer par la ligne de vie et d tablir les d finitions possibles de chaque caract ristique. Sous un autre onglet du tableur, il inscrit les diff rentes caract ristiques, qui ont chacune une signification distincte. Voyant que les nombreuses significations possibles des caract ristiques touchent des aspects g n raux de la vie, il cherche les regroupements possibles.
De nombreux sites Web traitent des lignes de la main et la majorit pr sentent aussi une section sur l horoscope. Pour s amuser, David lit ce qui "devait lui arriver aujourd hui .
- Bon voyons voir en amour, Saturne est bien plac e pour vous offrir l occasion de rencontrer l me s ur. Pour les gens d j en couple, une surprise vous attend, qui donnera un souffle nouveau votre union Bien s r! Du c t des finances, entr e soudaine d argent ou d un montant consid rable Bon, allons-y pour les laissez-passer Sant : aucun malaise, mais faites attention votre cholest rol C est a! Travail: de bonnes nouvelles vous attendent, acceptez la proposition. Ben voyons donc!
David pense alors aux gens qui sont aux prises avec des inondations depuis quelques jours et aux r fugi s dans des camps, en Afrique. Il s imagine le p re de famille qui ne sait pas qui de son clan pourra manger aujourd hui.
- Un homme du m me signe que moi (et il doit y en avoir des millions travers le monde) serait content de savoir que son couple aurait un nouveau souffle - probablement plus de chances d avoir une rafale de sable - et une entr e soudaine d argent, qu il n aura aucun malaise - c est d j a! -, mais que son cholest rol est suspect - ce n est plus le chol ra qui est suspect l -bas? - et qu il aura de bonnes nouvelles c t travail - probablement un arrivage de poches de riz porter sur vingt kilom tres!
N anmoins, il retient les diff rents rassemblements possibles. Apr s avoir consult d autres sites, il classe ceux r pertori s pour arriver une quinzaine de groupes significatifs. Un autre onglet du tableur sert d "entrep t aux regroupements qu il compte utiliser par la suite.
chacune des significations, il attribue un crit re de regroupement.
Pour v rifier si son tableur fonctionne, David place les l ments dans les cellules appropri es et tablit des r f rences au moyen de formules de condition pour extirper la signification de sa ligne de vie.
- Bon, allons-y! Longueur Ma ligne est courte, non, longue, oui, lisse et tr s nette, oui. Je s lectionne ce choix. Rameaux des rameaux? C est quoi des rameaux?
Consultant Internet, David en trouve la d finition.
- Ah! Des brins sortis d une m me tige Oui, ma ligne de vie commence ainsi Je s lectionne. Ah! Une petite ligne traverse ma ligne de vie. C est quoi cette ligne?
David doit consulter diff rents sites et constate que c est la ligne de destin e.
- Je s lectionne aussi. Maintenant, la direction de ma ligne de vie Elle traverse les lignes c ur et t te. Ai-je ce choix? Oui, juste l ! Je s lectionne encore!
David s arr te sur chacune des caract ristiques possibles et s lectionne les bonnes descriptions pour circonscrire l ensemble des caract ristiques de sa ligne de vie.
- Bon! Allons voir ce que mon sommaire de vie me donne Je vais vivre vieux, en excellente sant et riche. Je triompherai en amour et en affaires et je serai r compens pour mes efforts Ouais, c est bon tout a! Oups! Une catastrophe Ah! a, c est moins bon.
David demeure pensif. Il doit travailler sur une ligne du pr sent ou, mieux, sur des lignes ou des aspects qui le d crivent, de sorte qu il pourrait v rifier si les r sultats de la chiromancie sont v ridiques et applicables au quotidien de celui qui choisit les diverses options.
- Bonjour tout le monde! lance Robert en entrant.
-
- Bonjour tout le monde! crie-t-il nouveau avec insistance, en d tachant bien chaque syllabe.
Il se dirige vers la cuisine. Il y trouvera s rement Marie, bien qu il s interroge d j sur l absence d odeur de nourriture, inhabituelle cette heure-ci.
Personne la cuisine.
Il monte l tage et passe devant la chambre de David, toujours songeur devant son cran.
- H ! Tu ne me r ponds pas? Comment vas-tu?
- Ah! Tu m as fait sursauter.

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