Un aller simple pour l enfer
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Un aller simple pour l'enfer , livre ebook

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Description

Autobiographie riche de mon expérience dans l'univers des jeux, principalement les casinos terrestres et virtuels. Un vécu plein de souffrances par une descente vertigineuse en compagnie du diable et de mon addiction.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 janvier 2012
Nombre de lectures 7
EAN13 9782312007533
Langue Français

Extrait

Un aller simple pour l’enfer
Victor Daniel

Un aller simple pour l’enfer
LES ÉDITIONS DU NET 70, quai Dion Bouton 92800 Puteaux
© Les Éditions du Net 2012 ISBN : 978-2-312-00231-6
Avant propos
Ce n’est pas comme la chanson : « non je ne regrette rien… ».
Au contraire, mon passé, est ma grande déception.
Mon présent, des remords et mon futur, une espérance.
J’ai connu des suites dans des hôtels splendides, des restaurants de grande renommée, des moments intenses et inoubliables lorsque les trompettes de la chance jouaient leur folle partition quand les pièces tombaient dans le récupérateur métallique de ces maudites machines à sous. Des occasions si rares dans ma vie de joueur…
Le revers de la médaille, c’était comme des longues journées de pluie où tout semble vivre au ralenti, à finir mes nuits dans une chambre sordide et parfois dans ma voiture avec un sandwich ou l’estomac vide.
Tout ce que j’ai fait, enduré, ce n’est que le fruit pourri de mon étrange mariage avec le jeu
Je me suis enfermé dans une cage de solitude, dans cette prison dorée qui se nomme CASINO.
Ce récit est mon histoire…
Mon prénom : Victor et j’ai cinquante-huit ans.
J’ai eu une enfance heureuse, sans problèmes. Ma famille était soudée dans un parfait bonheur. Mes parents, un couple uni par l’amour, une grand-mère maternelle qui vivait avec nous sachant tout du bien en ignorant le mal. Une mamie comme on peut voir sur des photos jaunies avec le placard aux confitures inaccessibles. Enfin, un frère et une sœur pour fermer l’album. Comme j’aimerais retrouver la douce chaleur de la cuisinière à bois, les odeurs de cette enfance naïve où vous pensez que la vie est belle et que le monde est beau. Nous n’avions pas de soucis matériels sans pour autant vivre dans l’opulence et il m’était impossible d’imaginer qu’un jour, je quitterais le chemin de la sagesse pour prendre celui qui mène tout droit à l’enfer : le jeu. J’ai commencé à écrire mon histoire il y a maintenant plus de deux ans. Elle est basée sur vingt-cinq ans environ de pratique assidue au sein d’innombrables casinos. Il est évident que cela représente un modeste concentré, sans prétentions, qui a pour but de lancer un cri d’alarme par rapport au monde du jeu. De ce fait, certains passages de mon existence resteront à tout jamais enfouis au plus profond de mon jardin secret. J’ai tout essayé en matière de jeux d’une manière abusive et incontrôlée et je porte la douloureuse étiquette de ludopathe (joueur pathologique ayant une passion maladive pour le jeu, surtout les jeux d’argent).
J’ai fait mes premiers pas sur la route de la déconvenue à l’age de vingt-cinq ans et j’aimerais que ce vécu qui est loin d’être glorieux puisse servir de témoignage et donner matière à réfléchir à ceux qui commencent à prendre goût au jeu sous toutes ses formes. Je tiens à préciser que ce livre n’est pas un manifeste contre tous les endroits ou l’on a la possibilité de jouer, à chacun sa part de responsabilité et la mesure de son engagement. Cependant, entre le plaisir et l’esclavage il n’y a qu’un pas et je conseille vivement la plus grande prudence.
C’est un engrenage bien huilé, il fera de votre vie un enfer et pour ceux qui sont dejà les maillons de cette machine diabolique je les plains de toute mon ame. Un peu de philosophie basique. Une citation de Dostoeivski, écrivain russe : pour gagner, puis pour étonner, enfin pour espérer. Il n’a pas misé seulement de l’argent mais sa vie elle-même. Un titre de film de Guy Debord qui n’a rien à voir avec le sujet est cependant bien aproprié en la circonstance : in girum imus nocte et consumimur igni ( nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu). Vous comprendrez au fil de mon récit o combien ces phrases expriment une dure réalité avec les conséquences qu’il en résulte. En fait, c’est un monde ou errent des ombres, des âmes bien seules en quête d’un possible gain nourri par l’espoir mais elles s’éloignent peu à peu de la lumière. Cette lumière faite de raison et de sagesse. Je peux vous certifier que j’ai touché sans demi-mesure à tout ce qui peut exister en matière de jeux d’argent même si le casino est devenu par la suite mon lieu favori. En me focalisant idiotement sur cette passion coûteuse je ne suis pas devenu riche pour autant. Que d’amertume en me regardant dans le miroir de ma vie sordide, ce miroir aux reflets si pales, le portefeuille complètement anémié par mes abus excessifs. J’aimerais m’exorciser de cette addiction. Le fait d’écrire cette dure réalité, ce mea-culpa me sera peut-être profitable pour m’aider à lutter contre cette maladie invisible et destructrice pour laquelle il n’existe pas de traitement efficace à mon avis. Je le confirme, je suis un joueur pathologique et tout tourne sur cette passion dévastatrice. Une divine décadence qui vous entraîne dans une spirale infernale.
Je fais abstraction bien entendu des personnes qui vont dépenser occasionnellement un petit billet pour le plaisir. Ceux-là sont les touristes du jeu. Comment expliquer à un père dont la vie était une parfaite ligne droite, ce mal invisible, ingérable qui vous ronge les entrailles ? Ce père à qui j’avais promis que je ferais ce livre et qui m’a quitté l’année dernière. Si tu savais comme tu me manques, si tu savais o combien je t’aime sans jamais te l’avoir dit. Nous avions une étrange complicité sans jamais se comprendre bien sur nous faisions pas parti du même monde et je te demande pardon. Je n’ai jamais été le fils que tu souhaitais car j’ai pris le chemin le plus vicieux de la vie. Celui qui mène dans une impasse implacable. Je n’ai jamais eu la franchise de te parler à cœur ouvert mais je n’aurais pas trouvé les mots et quand bien même tu ne m’aurais pas compris. L’eau coule sous le pont, le fleuve est très agité pour ma yole si fragile dans le cours de ma vie et le passé laisse toujours des traces indelibiles et aucun miracle ne pourrait les effacer comme un simple coup de gomme sur le parchemin du destin. Mais regardons autour de nous, depuis l’essor de l’informatique et d’internet avec un modeste PC, vous avez accès à une multitude de jeux d’argent en étant confortablement installés chez vous. Je glisse une parenthèse car depuis peu les casinos virtuels de part la législation française sont interdits et vous n’avez plus la possibilité d’ouvrir un compte réél. Sauf bien-sur si vous l’aviez fait avant et certains d’entre eux conservent les joueurs français et là vous pouvez vous éclater à votre guise. C’est une aubaine et comment ne pas résister à la tentation ? Le vice n’a pas de limites. On n’arrête pas le progrès même si celui-ci ne va pas toujours dans le bon sens. Il est indispensable de vous donner quelques frissons, de vous étonner en vous faisant partager des anecdotes puisées sur différentes sources très sérieuses dont je vous laisse apprécier. En automne 2006, deux jeunes français d’une vingtaine d’années ont été internés en hôpital psychiatrique alors que l’un deux venait de passer trois semaines sans interruption, oui vous avez bien lu, devant son écran. Ce dernier du être arraché de son ordinateur afin d’être enfermé d’office.

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