Un coeur de truand
211 pages
Français
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Un coeur de truand

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Description

Truand. Voleur? Mafieux, racaille, criminel, artiste, imposteur, béblard, déclassé, c'est au choix. Des noms comme des marques de cigarettes, tu changes le label mais c'est le même poison.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2012
Nombre de lectures 19
EAN13 9782296502062
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0118€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-99679-3 EAN : 9782296996793
Un cœur de truand
Du même auteur
Dylan, l’authenticité et l’imprévuMusiques et (L’Harmattan, champs social, 2005)
Les Poings serrés(L’Harmattan, Écritures, 2007)
Thomas Karsenty-Ricard
Un cœur de truand
L’Harmattan
«Ce n’est pas toujours l’objet défendu, mais c’est fort souvent l’attache qui fait des crimes damnables.»
Bossuet, Second sermon sur l’impénitence finale
Chapitre 1
Au fond je suis assez laid. J’ai eu les rifflardes, les diamants, mais ça ne veut rien dire. Je vais vous raconter ma cavalcade. Des années de rôdaille. Sans esquive, sans fla-fla. De lion je finis margouillat, une jolie trame…
Truand. Voleur ? Mafieux, racaille, criminel, artiste, imposteur, blédard, déclassé, c’est au choix. Des noms comme des marques de cigarettes, tu changes le label mais c’est le même poison. Voyez la métaphore, je m’échauffe…
Alors bingo ! J’ai fui le Milieu et trouvé une chaumière, presque une maison de pain d’épices. Du temporaire, mais que voulez-vous ? Je me sentais bien de vivre en relique. Une bonne vieille statue comme on en voit dans les jardins publics, ignorée des bécoteurs, ancien roi auquel on ne prête plus attention…
Je m’en étais échappé, et soudain c’est l’air qui s’effondre et le lierre qui se tourne en gangrène… Coquet, je pourrais dire que j’espérais qu’ils laissent goutter.... Ou jouer l’offusqué, le mec à bon fond, attaché aux valeurs, voulant s’en sortir… Le plus grand mensonge du patelin ! L’erreur, ma tâche, ça a été de croire au petit oubli sur sa croix peinard…
J’avais trouvé mon rythme à l’Est, du grand banditisme j’étais passé aux boulons, les trois huit, les délices de la vie d’usine. L’homme tranquille en somme. Je restais humble au bord de ce vacarme.
Et voilà qu’Ils me retrouvent…
Pas la police, non, eux je m’en suis toujours accommodé. Je vous parle des Autres. Mes anciens frères. Le retour des Sales Trognes… Le Milieu coco ! Avec la douloureuse impression qu’en vérité je n’en étais jamais vraiment sorti…
Toutes ces années la prévenance m’a gardé la tête hors de l’eau. De la gouaille, de l’allure, de la faribole… J’en ai enjôlé des coriaces, à coups de petite cuillère j’ai transformé des dragons en canaris… Il a fallu éviter la carluche, jouer profil bas quand j’aurais voulu chiffonner. Le dos droit et je le sais bien, la fierté sent le vinaigre. Enfin… La mort m’a guetté, la camarde fait de l’œil, la vie mal embarquée, pas tendre. J’ai ma liste de péchés. Je ne vais pas jouer l’alangui ou faire, la nuit tombée, le coup d’une toussote à laquelle personne ne comprendra goutte —l’indifférence ou les remords, ce sont de mauvaises fréquentations. Je ne vais pas non plus jouer l’enchanteur et raconter que ce que j’enviais, c’était des moutards qui sautent à la corde en m’attendant sur le perron, le bénard rempli de sucreries, la chartreuse offerte pour faire plaise à la dame avant la sieste digestive. Non, cette vie de confiture, ce quotidien de risette, je ne l’ai pas eu,e et je ne l’ai pas non plus désirée !
Alors j’ai eu les braquages, plume en main, les placards et la carambouille… Ça éblouit le bourgeois, rêvant à ce qu’il aurait pu tâter pendant que sa donzelle finit ses ablutions. Cruel destin pour l’enfriqué. Il éteint sa lampe de chevet, roupille tranquille. La vie de sans-souci ! Ça peut sembler loyal… Crève-tôt, congés payés et mort-papito, c’est de l’aveuglement syndiqué ! De la vérole première classe, mais pas mon genre de diète. Les petits pères s’occupent, esquivent les malheurs, ne sortent que tôt le matin, au soleil, évitant le goût de la terre, des amours, et des ennuis. La sérénité éclabousse, les ordures s’étalent au bord des pavillons dès que les éboueurs ne passe plus. Au régal des mouches ! Il faudrait leur filer, à ces
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